VIDÉOS – Ce qu'il faut retenir de la déclaration de politique générale … – France Bleu

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La Première ministre Elisabeth Borne a prononcé mercredi sa déclaration de politique générale devant les députés. Face à une Assemblée nationale où son gouvernement n’a pas la majorité absolue, elle a appelé les oppositions à « bâtir ensemble » des « compromis ».
Elisabeth Borne a prononcé ce mercredi sa déclaration de politique générale devant les députés. Un exercice incontournable de la Ve République qui permet au chef du gouvernement de dévoiler les grandes lignes de son projet. Voici ce qu’il faut en retenir.
Faisant le constat que son gouvernement ne dispose pas de la majorité absolue à l’Assemblée nationale, Élisabeth Borne a débuté sa déclaration par la nécessité de trouver « des compromis » et à « bâtir ensemble » les solutions aux défis des prix de l’énergie ou du climat, ajoutant que « le désordre et l’instabilité ne sont pas des options« .
La Première ministre a assuré vouloir mener « pour chaque sujet une concertation dense« , esquissant ce qu’elle veut mettre en place comme méthode pour les cinq années à venir. « Nous aborderons chaque texte dans un esprit de dialogue, de compromis et d’ouverture« , a-t-elle insisté, en appelant à construire des « majorités de projet« .
Tout en défendant le bilan social ou économique du premier quinquennat Macron, la Première ministre a assuré avoir entendu « le message » des électeurs qui ont privé le camp présidentiel d’une majorité absolue lors des législatives. « Par le résultat des urnes, ils nous demandent d’agir et d’agir autrement. Par leur message, ils nous demandent de prendre collectivement nos responsabilités« , a détaillé Elisabeth Borne, dont c’était le grand baptême de feu à l’Assemblée, avant le Sénat à 21h.
Énumérant les défis qui se posent au pays (guerre en Ukraine, prix de l’énergie ou « urgence écologique ») et appelant à reprendre le « chemin de l’équilibre » des finances publiques, la Première ministre a exhorté les députés à dépasser les clivages et à redonner « un sens et une vertu au mot compromis« .
Au cours de son long discours d’une heure et demie, l’hémicycle gonflé à bloc a fait entendre quelques huées et invectives. Dès ses premiers mots, la majorité a montré son soutien, mais aucun applaudissement à signaler du côté LFI et RN.
Quand Elisabeth Borne a rendu hommage aux soignants, les applaudissements nourris de la majorité ont été brouillés par des claquements de pupitres et des « hypocrite ! » qui fusaient du côté de la coalition de gauche Nupes. « Pas de telles manifestations dans l’hémicycle« , a lancé Yaël Braun-Pivet au Perchoir.
Après avoir esquissé ce qui sera sa méthode de gouvernance, Elisabeth Borne s’est lancée dans une longue liste des chantiers qu’elle comptait mener. A commencer par l’urgence du moment, le pouvoir d’achat. Ce sera la premier projet de loi porté par son gouvernement et elle rappelé quelques unes des mesures comme la prolongation des boucliers tarifaires sur les prix du gaz et de l’électricité, des aides au carburant pour les gros rouleurs, etc. 
Sur le fond, la Première ministre a assuré que le projet de loi pour le pouvoir d’achat, qui sera présenté jeudi en Conseil des ministres, comporterait des mesures « concrètes, rapides, efficaces » contre l’inflation et pour aider « les plus vulnérables« .
Elle a également confirmé la suppression de la redevance audiovisuelle qui permettra de rendre 138 euros à tous les foyers.
Deuxième thème abordé par la Première ministre, celui de l’emploi. Celle qui a été durant deux ans ministre du Travail dans le précédent gouvernement a estimé que le plein emploi était « à notre portée ». Et que cela passerait par une simplification de l’accompagnement « trop complexe » des chômeurs à travers une « transformation de Pôle emploi en France Travail« .
« Aujourd’hui le plein emploi est à notre portée. Et le travail reste pour moi un levier majeur d’émancipation« , a-t-elle affirmé. Sans annoncer de date ou de chiffre précis pour cet atteindre cet objectif, le plein emploi en France est généralement considéré comme un taux de chômage autour de 5%. « Lors du précédent quinquennat, nous avons déjà parcouru la moitié du chemin vers le plein emploi« , a-t-elle souligné.
Elle a vanté les mesures prises lors du précédent quinquennat qui ont permis d’atteindre le taux de chômage « le plus bas depuis 15 ans« . Elle est également revenue sur la réforme du RSA, annoncée par Emmanuel Macron pendant la campagne électorale. « Verser une allocation ne suffit pas. Ce que nous voulons, c’est que chacun s’en sorte et retrouve sa dignité grâce au travail« , a-t-elle affirmé, sans mentionner explicitement les 15 à 20 heures d’activité ou d’accompagnement mentionnées par le président en échange de l’allocation.
Mesure phare d’Emmanuel Macron, qu’il n’a pas pu mettre en œuvre lors du précédent quinquennat, Elisabeth Borne est revenue sur la réforme des retraites. La Première ministre a prévenu que les Français devraient « travailler progressivement un peu plus longtemps« .
« Notre pays a besoin d’une réforme de son système de retraite« , réforme qui « ne sera pas uniforme« , qui « devra prendre en compte les carrières longues et la pénibilité » et « veiller au maintien dans l’emploi des seniors« , a ajouté la Première ministre, précisant que cette réforme serait menée « dans la concertation avec les partenaires sociaux, en associant les parlementaires le plus en amont possible« .
La réforme « n’est pas ficelée. Elle ne sera pas à prendre ou à laisser. Mais elle est indispensable« , a assuré Elisabeth Borne, notamment « pour bâtir de nouveaux progrès sociaux« , « pour la prospérité de notre pays et la pérennité de notre système par répartition« . Néanmoins, elle n’a pas cité l’âge de 64, voire 65 ans que veut atteindre Emmanuel Macron pour le report de l’âge de départ à la retraite. 
Le président de la République souhaite un report progressif, à raison de quatre mois supplémentaires par an à partir de 2023. 
Passant à un autre enjeu majeur, Élisabeth Borne a promis des « réponses radicales à l’urgence écologique« , que ce soit « dans notre manière de produire, de nous loger, de nous déplacer, de consommer« . « Dès le mois de septembre, nous lancerons une vaste concertation en vue d’une loi d’orientation énergie-climat« , a-t-elle annoncé.
« Nous allons définir ensemble un plan d’action. Un plan de bataille » pour une « révolution écologique« , a-t-elle martelé, ajoutant que chaque ministre aurait une « feuille de route climat et biodiversité » et qu’elle même chapeauterait la planification écologique. Des « objectifs de réduction d’émissions, des étapes et des moyens appropriés » seront définis « filière par filière, territoire par territoire« , avec les élus locaux qui « bien souvent, dans leurs territoires, ont montré le chemin« , a-t-elle insisté.
La France sera la « première grande nation écologique à sortir des énergies fossiles«  afin de garantir sa « souveraineté énergétique » face à des pays producteurs d’hydrocarbures comme la Russie, a-t-elle assuré. Pour cela, elle s’appuiera sur « un mix énergétique équilibré autour des énergies renouvelables et du nucléaire« , a dit Élisabeth Borne, reprenant une antienne du président Emmanuel Macron.
Pour garantir la « souveraineté de la France face aux conséquences de la guerre » en Ukraine, l’État va renationaliser EDF à 100%, a annoncé Elisabeth Borne , esquissant un parallèle avec les grandes décisions de politique publique, dont la création d’EDF, prises après 1945. « Je vous confirme aujourd’hui l’intention de l’Etat de détenir 100% du capital d’EDF. Cette évolution permettra à EDF de renforcer sa capacité à mener dans les meilleurs délais des projets ambitieux et indispensables pour notre avenir énergétique« , a-t-elle déclaré devant l’Assemblée nationale.
L’Etat détient aujourd’hui près de 84% de l’électricien, 1% étant détenu par les salariés et 15% par des actionnaires institutionnels et individuels. 
Pour réduire la dépendance vis-à-vis du gaz russe, même si la France est moins exposée en la matière que d’autres pays européens, les « consommations inutiles » vont être réduites, notamment dans le domaine du chauffage pour lequel le dispositif MaPrimeRenov sera étendu à 700.000 logements par an.
En matière de transport, un système de location de voitures électriques à moins de 100 euros par mois sera mis en place, a-t-elle également confirmé. Élisabeth Borne a par ailleurs assuré que personne ne serait laissé « sur le bord de la route » du fait de l’abandon de certaines filières et certains modes de consommation. « Nous avons retenu les leçons du textile et de l’acier. Chaque transition ira de pair avec un accompagnement pour la formation et la reconversion« , a-t-elle promis.
Le gouvernement veut créer « un service public de la petite enfance » afin d’ouvrir 200.000 places d’accueil supplémentaires pour répondre au besoin actuel de solutions de garde des jeunes enfants, a indiqué la Première ministre Elisabeth Borne. « Mon gouvernement souhaite bâtir, avec les collectivités, un véritable service public de la petite enfance« , a-t-elle assuré.
« Il permettra d’offrir les 200.000 places d’accueil manquantes« , a-t-elle ajouté. Ces solutions de garde seront « proches des domiciles » et « accessibles financièrement ». Elisabeth Borne a également annoncé que le gouvernement accorderait « une aide aux familles monoparentales pour la garde des enfants jusqu’à 12 ans« .
Poursuivant le thème de la jeunesse, Elisabeth Borne a annoncé la volonté du gouvernement de rendre accessible dès la 6e le pass culture, qui permet actuellement aux 15-18 ans de disposer d’un budget pour acheter des produits culturels, a annoncé mercredi la Première ministre Élisabeth Borne. 
Initialement destiné aux jeunes atteignant 18 ans avec 300 euros à dépenser, ce pass a été élargi en début d’année aux adolescents dès 15 ans avec 20 euros l’année de leur 15 ans, 30 euros l’année de leurs 16 ans et 30 euros l’année de leurs 17 ans. Il comprend aussi actuellement un volet collectif, avec une enveloppe dépendant du nombre d’élèves pour les classes à partir de la 4e.
Le gouvernement compte réformer l’allocation adultes handicapés afin de la calculer de façon individuelle, c’est-à-dire sans tenir compte des revenus du conjoint, comme le réclament les associations, a indiqué la Première ministre Elisabeth Borne. « Mon gouvernement réformera, avec vous, avec les associations, l’Allocation adultes handicapés » (AAH), a-t-elle promis. « Nous partirons du principe de la déconjugalisation« , a-t-elle précisé.
La Première ministre, qui a annoncé l’organisation d’une « conférence nationale du handicap » début 2023, a assuré que le gouvernement agirait en faveur de « l’autonomie des personnes handicapées » et de la « transformation des structures médico-sociales« .
La cheffe du gouvernement veut lutter « contre l’insécurité du quotidien, contre la cyberdélinquance, contre les trafics« . Elle souhaite le « refus de l’impunité » et veut « doubler le temps de présence des forces de l’ordre sur le terrain d’ici 2030″.
Côté justice, « nous voulons notamment recruter 8.500 magistrats et personnels de justice supplémentaires ». Elisabeth Borne a annoncé que « pour que chaque peine prononcée soit exécutée et pour lutter contre la surpopulation carcérale« , « une quarantaine d’établissements pénitentiaires, 15.000 places, seront livrés dans les prochaines années« .
Concernant le volet agriculture, Elisabeth Borne a appelé à bâtir « une loi d’orientation et d’avenir pour l’agriculture » afin de faire émerger une « nouvelle génération d’agriculteurs » et assurer la « souveraineté alimentaire » française.
« Bâtissons ensemble une loi d’orientation et d’avenir pour l’agriculture. Elle permettra de faire émerger une nouvelle génération d’agriculteurs« , a-t-elle dit, soulignant l’urgence de la situation quand « près de la moitié des agriculteurs prendront leur retraite d’ici 2030« .
Assurer l’avenir de la filière agricole, et par là « l_a souveraineté alimentaire_ », a-t-elle relevé, « cela passe d’abord par une meilleure rémunération » des agriculteurs, par « le soutien à la transmission » des exploitations, et par un « soutien massif à l’adaptation de l’agriculture au changement climatique, avec l’assurance récolte, avec des moyens de protection des exploitations« .
Avant de conclure sa longue déclaration de politique générale, Elisabeth Borne a tenu à rendre hommage à toutes les femmes « qui ont ouvert le chemin avant nous » en politique, assurant que « le combat continuera jusqu’à ce que l’égalité ne pose plus de question« .
« Je sais, dans cette Assemblée présidée pour la première fois par une femme et comme chaque femme sur ces bancs, ce que je dois à toutes celles qui ont ouvert le chemin avant nous« , a déclaré la Première ministre. Elle a salué « la République, qui a ouvert la voie à tant de femmes avant moi« , citant « Irène Joliot-Curie, Suzanne Lacore et Cécile Brunschvicg, premières femmes membres d’un Gouvernement, en 1936, sous le Front populaire« .
« Je pense aux 33 premières femmes à faire leur entrée dans cet hémicycle au lendemain de la Libération. Je pense à Simone Veil, dont la force et le courage m’inspirent à ce pupitre. Je pense à Edith Cresson, première femme à accéder aux fonctions de Première ministre« , a-t-elle poursuivi. « Je crois à la force de l’exemple et le combat continuera jusqu’à ce que l’égalité ne pose plus de question« , a déclaré Elisabeth Borne.
Peu de temps avant la prise de parole de la Première ministre, les quatre groupes de gauche à l’Assemblée ont déposé leur motion de censure en signe de « défiance » à l’égard du gouvernement. « En l’absence de vote de confiance« , qui n’a pas été demandé par la Première ministre, « nous n’avons d’autre choix que de soumettre cette motion de défiance« , ont justifié les groupes LFI, PS, écologiste et communiste, alliés dans la coalition Nupes, dans leur texte remis à la présidence de l’Assemblée nationale et transmis à la presse.
La motion devra être soumise au vote de l’Assemblée nationale au moins 48 heures après son dépôt, en vertu de l’article 49-2 de la Constitution, soit vendredi en début d’après-midi au plus tôt. Pour faire tomber le gouvernement, il lui faudrait réunir une majorité absolue, ce qui paraît très peu probable faute d’un rassemblement des oppositions.
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