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[Update] Le train, figure de proue d'une mobilité plus durable
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A l’heure où l’urgence climatique est au cœur de tous les débats, le train se présente comme un mode de transport durable de premier plan. Son nombre d’usagers ne cesse d’augmenter et de nombreuses actions sont mises en place afin d’encourager les indécis à le privilégier. Toutefois son coût parfois élevé et la fermeture de nombreuses petites gares dans les zones rurales ne permet pas à tout le monde de profiter pleinement de ses services. Comment faire pour inciter toujours plus de personnes à délaisser leurs voitures au profit du train ? Comment concurrencer l’avion sur des courts et moyens trajets ? Comment rendre le train accessible au plus grand nombre tout en maintenant une offre qualitative ? Tout autant d’interrogations auxquelles les acteurs du transport tentent d’apporter des bribes de réponse.
L’année 2022 signe le retour tant attendu de l’activité touristique avec un nombre d’arrivées de touristes internationaux en hausse selon l’OMT. Une reprise de l’activité qui profite également à la SNCF qui dans un communiqué en date du 30 juin expliquait s’attendre à un été record en termes de fréquentation. Si le nombre de passagers accueillis à bord des trains de la compagnie n’a pas encore été révélé, Laurent Trevisani, directeur général délégué de la SNCF en charge des finances, a dévoilé le chiffre d’affaires. Celui-ci s’élève ainsi à 20,3 milliards d’euros, soit une hausse de 14% comparé à celui de 2019, une évolution attestant bien de la reprise du tourisme mais également de l’attrait grandissant pour le train comme mode de transport pour se rendre sur son lieu de séjour.
La journée du vendredi 29 juillet a notamment marqué un pic dans la fréquentation des trains de la compagnie. C’est en effet le premier jour du fameux chassé-croisé qui fait la jonction entre le mois de juillet et le mois d’août. Un week-end particulièrement important pour la SNCF qui attendait jusqu’à un million de passagers au cours de cette journée. Selon les chiffres de la société de transport, le niveau de réservations pour juillet et août étant fin juin de 10 % supérieur à celui, déjà record, de 2019.
Si les touristes représentent une part importante des usagers des trains, les voyageurs d’affaires semblent également faire leur grand retour cette année avec la reprise du secteur MICE. Du côté d’Eurostar, les voyages d’affaires représentent aujourd’hui 70% des niveaux de 2019, tandis que le nombre de comptes d’entreprises gérés par la compagnie a augmenté de 40% au cours de ces trois dernières années. Constat similaire chez Thalys, « notre offre de transport a augmenté de mois en mois pour retrouver en avril son niveau pré-Covid » commente un porte-parole de la compagnie. Les résultats sont toutefois plus nuancés pour Lyria, ces derniers étant encore en retrait de 18% par rapport à 2019 sur le premier semestre. Néanmoins les résultats semblent s’améliorer depuis mars et présagent une rentrée prometteuse.
Le segment business revêt également une importance considérable pour la SNCF, le trafic affaires ayant bien repris depuis le printemps 2022. Si les chiffres affichent malgré tout un certain retard sur ceux enregistrés en 2019, la SNCF demeure optimiste quant aux mois à venir. En effet, le trafic pour motif professionnel accusait un retard de l’ordre de 40% fin 2021/début 2022 et se stabilise désormais aux alentours des 10%. L’essor du bleisure profite également à l’industrie ferroviaire comme en attestent les 45% de détenteurs de la carte Liberté qui ont voyagé pour motif professionnel et loisir entre mars 2021 et mars 2022.
Toutefois un problème se pose, celui du coût de l’entretien du réseau qui se révèle être relativement élevé. De nombreuses voix du secteur s’élèvent donc afin d’alerter sur l’urgence à préserver et entretenir un réseau ferré vieillissant alors qu’il devrait, au contraire, bénéficier d’investissements massifs pour répondre aux enjeux d’aménagement du territoire et de développement durable. Pour ce faire, Jean-Pierre Farrandou, le Président de la SNCF, demande 100 milliards d’euros sur 15 ans pour le ferroviaire.
Une urgence d’agir également soutenue par Jean Rotter, Président de la Région Grand Est et Président de la commission mobilité, transports et infrastructures à Régions de France qui alerte la Première ministre, Elisabeth Borne sur un « modèle français à bout de souffle ». Quant à Jean-Luc Gibelin, Vice-Président chargé des transports et mobilités de la Région Occitanie et Renaud Lagrave, Vice-Président chargé des transports et mobilités de Nouvelle-Aquitaine, ils proposent de prendre exemple sur le modèle allemand. Alors que l’Allemagne consacre 13 milliards d’euros par an à son réseau, la France, elle, n’en consent que 2,7 milliards.

L’ouverture à la concurrence change la donne

Votée en 2018, la loi Pacte Ferroviaire actait l’ouverture à la concurrence en France, mettant ainsi fin au monopole de la SNCF. Trenitalia, une compagnie italienne comme son nom l’indique, est ainsi l’un des acteurs majeurs qui a fait son entrée il y a peu sur le marché ferroviaire français. Le 18 décembre 2021, la compagnie lançait son service grande vitesse pour la première fois en France, sur la ligne Paris-Lyon-Turin-Milan. Trois mois après, Trenitalia poursuivait le développement de son offre et mettait en circulation un premier aller-retour Paris gare de Lyon – Lyon Perrache via Lyon Part-Dieu avec le TGV Frecciarossa. A terme, Trenitalia proposera 5 allers-retours quotidiens entre Paris et Lyon.
Pour séduire davantage de potentiels passagers, Trenitalia tente de réponde aux attentes liées au coût et à la flexibilité. La compagnie propose ainsi une réduction de 50% du prix accordée aux enfants jusqu’à 14 ans, la gratuité du voyage pour les enfants de moins de 4 ans, ainsi qu’un système d’échange de billets gratuit et illimité jusqu’au départ du train. De quoi faire de l’ombre à l’offre SNCF qui ne propose pas autant d’avantages à ses usagers.
La compagnie italienne n’est pas la seule à vouloir concurrencer l’offre de la SNCF. En effet, Railcoop a pour ambition d’ouvrir un axe transversal Bordeaux-Lyon, avec plusieurs arrêts, une ligne que la SNCF ne souhaite plus commercialiser elle-même. Première coopérative ferroviaire en France, Railcoop souhaite redonner du sens à la mobilité ferroviaire en impliquant citoyens, cheminots, entreprises et collectivités. Ce projet a une vocation durable mais également sociale en voulant offrir un service ferroviaire adapté aux besoins de tous les territoires, notamment en milieu rural où l’offre se fait parfois rare en raison du manque d’infrastructures et de lignes commercialisées. Son but premier n’est pas réellement de concurrencer la SNCF mais plutôt de faire vivre des axes laissés à l’abandon afin d’inciter les personnes à prendre le train au lieu de leurs véhicules personnels.
Si la coopérative fait déjà circuler un train de marchandises entre Figeac et Toulouse depuis novembre 2021, tout n’est pas aussi simple pour le transport de passagers. L’exploitation de la ligne Bordeaux-Lyon aurait dû débuter en juin 2022 mais en décembre dernier, Railcoop avait annoncé un premier report de six mois, à décembre 2022. Un report dû à SNCF Réseau qui n’avait pas pu lui assurer les sillons nécessaires. Toutefois le lancement de la ligne est à nouveau repoussé en raison du retard de la finalisation du plan de financement des banques et des investisseurs du projet, ainsi qu’un manque de disponibilité de rames de train. En effet, Railcoop a signé un contrat de cession de huit anciens TER de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui doivent être rénovés. Mais ces rames ne seront pas prêtes d’ici la fin de l’année comme prévu initialement. La coopérative n’a pour l’instant pas annoncé de nouvelle date pour le lancement officiel de son offre.
Pour faire face à l’arrivée de ces nouveaux concurrents, la SNCF lance une nouvelle offre aux prix attractifs. Exploités sur le modèle des TGV low-cost Ouigo, ces trains utiliseront des voitures Corail rafraîchies et repeintes avec des billets qui couteront entre 10 et 30 euros, avec un prix fixe sur toute la période de vente jusqu’au départ du train. Les enfants payeront 5 euros quel que soit le trajet. Baptisé « Ouigo Train Classique », cette nouvelle offre proposera deux allers-retours quotidiens entre Paris-Bercy et Lyon-Perrache, qui prendront entre 4 heures 45 et 5 heures 15. Il faudra compter entre 3 heures 30 et 4 heures 15 pour rallier Paris-Austerlitz à Nantes, avec trois allers-retours par jour. Tout comme ainé Ouigo, les bagages supplémentaires ainsi que les vélos seront soumis à des frais supplémentaires compris entre 5 et 10 euros. Ce nouveau service sera exploité par la société Oslo (acronyme de « Offre de services librement organisés »), une filiale de SNCF Voyageurs.
Cette ouverture à la concurrence permet malgré tout à la SNCF d’envisager des perspectives de développement hors de l’Hexagone. La SNCF a ainsi lancé en mars 2021 son offre de TGV low-cost Ouigo en Espagne sur l’axe Madrid-Barcelone, desservant également Saragosse et Tarragone. Un réseau qui sera étendu à partir du 7 octobre prochain à l’axe Madrid-Valence, en attendant son prolongement vers Séville et Malaga en 2023. Mais là encore, la compagnie française va devoir faire face à de nouveaux concurrents avec l’arrivée prochaine de Trenitalia via sa compagnie iryo. En effet, la compagnie italienne devrait arriver sur le marché espagnol le 25 novembre prochain en circulant pour commencer sur les mêmes axes que Ouigo. L’objectif étant d’aller ensuite vers le Pays basque et la Galice avant une potentielle extension sur les lignes internationales, iryo soutenant par exemple la création d’une ligne à grande vitesse entre Madrid et Lisbonne.

Le secteur ferroviaire ne cesse d’innover

L’un des problèmes majeurs du secteur ferroviaire en France est la désertification des petites lignes rurales, laissées à l’abandon faute de rentabilité. Un consortium mené par la SNCF, dont fait partie l’entreprise alsacienne Lohr, cherche à réhabiliter ces fameuses lignes via la conception d’un train léger d’un nouveau genre. Baptisé Draisy, ce véhicule de la taille d’un bus et doté de batteries rapidement rechargeables peut circuler sur des voies non électrifiées. Une vraie révolution dans le monde des trains. Ce projet a été retenu en mars 2022 dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) sur la digitalisation et la décarbonation du transport ferroviaire. La mise sur le marché de ce véhicule qui peut accueillir 80 personnes, dont 30 assises, est espérée à l’horizon 2026. Des discussions sont en cours avec plusieurs régions pour identifier une ligne pilote. Elle sera choisie d’ici 2023 pour un essai probablement en 2025. Le coût global du projet s’élève à 30 millions d’euros, dont 14 millions d’euros financés par la SNCF et 11 millions d’euros par Lohr, les 40% restants seront pris en charge par l’Ademe. Au total, 80 lignes de train régionales ont été identifiées comme éligibles au projet, avec un potentiel de 80 000 voyageurs par jour.
De son côté la Commission Européenne souhaite s’attaquer à la mobilité transfrontalière en développant un réseau trans-européen à grande vitesse. Avec l’objectif de doubler le trafic ferroviaire à grande vitesse d’ici à 2030 et de le tripler d’ici à 2050, il est nécessaire d’augmenter d’au moins 75% la longueur du réseau actuel à grande vitesse, qui atteint 11 526 km. Le constat est sans appel, le réseau actuel de trains à grande vitesse est principalement constitué « d’îlots nationaux à grande vitesse » dans près de la moitié des pays européens. Un projet majeur est ainsi la création d’un réseau de trains à grande vitesse au cœur de l’Europe centrale, cette dernière ayant fortement besoin de se moderniser. Parmi les principaux projets d’infrastructure approuvés, notamment par la République Tchèque, figurent ainsi deux axes majeurs en Europe centrale. Le premier doit relier Berlin-Dresde-Prague-Brno-Vienne et Budapest tandis que le second partirait de Vienne et Budapest pour rallier Bratislava-Brno-Ostrava-Katowice-Varsovie. Grâce à la « Via Vindobona » et au projet Rail Baltica, ces futures liaisons à grande vitesse se connecteront également au reste de l’Europe. 

Le train à grande vitesse représente l’avenir des voyages en Europe. C’est pourquoi le développement des lignes à grande vitesse est l’une de nos principales priorités en matière de transport pendant la présidence tchèque du Conseil de l’Union européenne. Nous devons surmonter les « îlots nationaux à grande vitesse » et construire un véritable réseau paneuropéen de connexions à grande vitesse. À cet égard, la connexion la plus importante dans la région d’Europe centrale, la « Via Vindobona », permettra des déplacements rapides et pratiques entre les capitales d’Europe centrale que sont Prague, Berlin et Vienne. 

Le train à grande vitesse représente l’avenir des voyages en Europe. C’est pourquoi le développement des lignes à grande vitesse est l’une de nos principales priorités en matière de transport pendant la présidence tchèque du Conseil de l’Union européenne. Nous devons surmonter les « îlots nationaux à grande vitesse » et construire un véritable réseau paneuropéen de connexions à grande vitesse. À cet égard, la connexion la plus importante dans la région d’Europe centrale, la « Via Vindobona », permettra des déplacements rapides et pratiques entre les capitales d’Europe centrale que sont Prague, Berlin et Vienne. 
Martin Kupka, ministre tchèque des transports
Et si le 21ème siècle signait la fin des trains à diesel ? C’est en tout cas ce qu’il semble se passer en Allemagne avec l’inauguration le 24 août 2022 de la première ligne ferroviaire au monde fonctionnant entièrement à l’hydrogène. La flotte de quatorze trains, fournis par le groupe français Alstom à la région de Basse-Saxe, circule désormais sur la centaine de kilomètres de la ligne reliant les villes de Cuxhaven, Bremerhaven, Bremervörde et Buxtehude, non loin de Hambourg. Ces trains à hydrogène, baptisés Coradia iLint, sont pionniers dans le domaine et sont mis en avant pour réduire les émissions de CO2 et remplacer le diesel. La nouvelle flotte, qui a coûté « 93 millions d’euros », évitera de générer « 4 400 tonnes de CO2 chaque année », selon la LNVG, l’exploitant régional du réseau. L’Allemand Siemens a dévoilé en mai dernier un prototype de train à hydrogène avec la Deutsche Bahn, en vue d’une mise en service dès 2024.
La technologie permet également de révolutionner le secteur, à l’image de Siemens Mobilité qui s’apprête à moderniser la flotte de trains montréalaise exo avec des locomotives plus écologiques. Grâce aux dernières technologies, l’entreprise est en capacité de produire des locomotives qui consomment moins de carburant et peuvent même fonctionner au biodiesel. Elles se distinguent des autres locomotives par une réduction de 95% des matières polluantes et une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 89%. En outre, ces locomotives nouvelles générations fourniront également à exo une flotte plus silencieuse et plus fiable qui permettra d’augmenter la disponibilité du service, en plus d’améliorer l’expérience des voyageurs. 

Nous sommes ravis de nous associer à exo et sommes impatients de travailler avec lui pour moderniser sa flotte en y intégrant les plus récentes technologies ferroviaires durables et intelligentes. Nos locomotives de pointe offriront à exo et à ses passagers une option de voyage moins polluante ainsi qu’une expérience de voyage sûre, fiable et agréable. Cet important projet s’appuie sur notre travail visant à aider les villes canadiennes à moderniser leurs infrastructures de transport en commun afin de répondre à la demande en transport, et ce, d’une manière moderne, sûre et écologique. 

Nous sommes ravis de nous associer à exo et sommes impatients de travailler avec lui pour moderniser sa flotte en y intégrant les plus récentes technologies ferroviaires durables et intelligentes. Nos locomotives de pointe offriront à exo et à ses passagers une option de voyage moins polluante ainsi qu’une expérience de voyage sûre, fiable et agréable. Cet important projet s’appuie sur notre travail visant à aider les villes canadiennes à moderniser leurs infrastructures de transport en commun afin de répondre à la demande en transport, et ce, d’une manière moderne, sûre et écologique. 
Yves Desjardins-Siciliano, Chef de la direction de Siemens Mobilité Canada
Le numérique révolutionne aussi la distribution ferroviaire comme le démontre la SNCF avec une nouvelle application et un nouveau site web baptisés SNCF Connect en lieu et place de OUI.sncf. Cette nouveauté digitale a pour ambition de regrouper tous les services SNCF sur une seule et même plateforme, exceptés pour les trains OUIGO et Inoui Pro. En plus de la réservation des billets et de la recherche d’itinéraires, la plateforme propose également d’acheter des titres de transports urbains. L’objectif final étant d’étoffer son offre train en proposant un accompagnement plus complet de ses clients sur l’entièreté de leurs trajets.
Trainline de son côté a récemment dévoilé une nouvelle fonctionnalité qui permet d’avertir les utilisateurs de l’application du retard des trains. Pour les voyageurs effectuant des trajets directs, ils reçoivent une notification à partir de 15 minutes de retard tandis que ceux ayant des correspondances en reçoivent dès 5 minutes de retard. Une fonctionnalité des plus utiles quand on sait qu’entre 12 et 14% des trains français sont arrivés en retard en 2019 selon le rapport annuel de l’AQST (Autorité de la qualité de service dans les transports). De plus, la société d’origine anglaise séduit un nombre croissant d’acteurs de l’industrie touristique comme Travelport qui l’a choisi comme partenaire privilégié pour distribuer le train.
Toujours dans l’objectif d’inciter plus de personnes à privilégier le train comme mode de transport, les sites sites Chronotrains EU et Direkt Bahn Guru ont décidé de mettre à disposition une carte qui montre la distance parcourable à partir de chaque gare ferroviaire en Europe en moins de 5 heures. Créés par des développeurs, ces sites ont pu voir le jour grâce à des données issues de la Deutsch Bahn. Un moyen efficace et ludique de montrer que l’on peut partir en vacances et être dépaysés sans pour autant prendre sa voiture ou l’avion. Le numérique au service de l’environnement.
Si les initiatives pour une mobilité durable sont légion, le secteur ferroviaire n’en oublie pas pour autant la dimension sociale. Le gouvernement espagnol a ainsi décidé de rendre gratuit les trains publics de la Renfe de banlieue et de moyenne distance du 1er septembre au 31 décembre 2022. Sont concernés les billets comptant plus de 10 voyages car les allers simples, tout comme les trajets longs, demeurent payants. Si cette initiative vise à réduire le réchauffement climatique en promouvant le train, elle a également pour vocation d’aider les Espagnols sur le plan financier face à l’inflation actuelle. Non loin de s’arrêter en si bon chemin, le Gouvernement a également approuvé la gratuité des cartes de transport de Renfe pour les trains Cercanías, Rodalies et Media Distancia. Il n’exclut pas par ailleurs de prolonger la mesure en 2023. D’autres pays lancent des initiatives similaires comme l’Allemagne qui a lancé un ticket de transport public mensuel illimité, valide jusqu’à fin août, à 9 euros pouvant être utilisé dans les transports locaux et régionaux. De son côté, fin 2021, l’Autriche a mis en place un « ticket climat » fortement réduit valable sur tous les modes de transports publics du pays.

L’union fait la force

Les partenariats et autres collaborations sont légion ces dernières années dans le secteur, avec toujours le même but : promouvoir les voyages en train afin de s’inscrire dans la tendance du tourisme durable. Thalys et KLM ont ainsi signé un accord de coopération pour développer leur produit Air/Rail, continuant ainsi à offrir une offre plus durable. L’objectif est notamment d’augmenter le nombre de clients qui prennent le train de Bruxelles à l’aéroport d’Amsterdam Schiphol pour ensuite prendre un vol KLM. Avant la crise sanitaire, entre 20 et 25% des passagers en transfert choisissaient le produit Air/Rail. Le tourisme international retrouvant des couleurs cette année, l’objectif est à présent de remettre en avant cette offre afin de notamment booster le nombre de passagers optant pour cette alternative.

KLM veut réduire les émissions en proposant le train comme alternative aux vols court–courriers. Ce nouveau développement du produit Air/Rail avec Thalys est un pas vers la bonne direction. Le fait de relier les deux réseaux à Schiphol pour permettre des connexions rapides, efficaces et confortables est une évolution positive. Cette coopération avec Thalys s’inscrit dans notre vision de l’intermodalité. 

KLM veut réduire les émissions en proposant le train comme alternative aux vols court–courriers. Ce nouveau développement du produit Air/Rail avec Thalys est un pas vers la bonne direction. Le fait de relier les deux réseaux à Schiphol pour permettre des connexions rapides, efficaces et confortables est une évolution positive. Cette coopération avec Thalys s’inscrit dans notre vision de l’intermodalité. 
Boet Kreiken, Executive Vice President Customer Experience chez KLM
Une offre similaire est également en vigueur en France entre la SNCF et Air France à travers le service « Train + Air » qui permet de combiner dans une même réservation des trajets en train et en avion. Plus de 160 000 passagers par an ont recours à ce dispositif depuis ou vers les aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly. Depuis l’année dernière, 7 liaisons se sont ajoutées à cette offre : entre Paris-CDG et les gares d’Aix-en-Provence TGV, Bordeaux Saint-Jean, Marseille Saint-Charles et Montpellier Saint-Roch, mais aussi entre Paris-Orly et la gare de Valence TGV, d’Avignon TGV, et de Marseille Saint-Charles. Le réseau couvre désormais 18 gares.
Les compagnies ferroviaires nouent également des partenariats entre elles afin de proposer de nouvelles lignes aux voyageurs soucieux de leur bilan carbone. L’Eurostar et la Deutsche Bahn se sont ainsi associés pour lancer EuroNight, un tout nouveau train couchette qui permettra de relier Hambourg à Stockholm, en passant par Londres. Le premier trajet devrait avoir lieu le 1er septembre 2022. Le train EuroNight est alimenté par des énergies renouvelables, en effet, l’opérateur suédois SJ n’utilise que de l’électricité d’origine hydraulique et éolienne, tandis que les conducteurs de train utilisent des techniques dites de « roue libre » pour minimiser la consommation d’énergie.
Dans le pays de la Dolce Vita, Trenitalia a décidé de passer un accord avec Enit, l’organisme national de promotion touristique. L’idée du partenariat étant de renforcer la promotion des localités desservies par le réseau ferroviaire Intercity. Les trains Intercity arborent désormais des paysages italiens semblables à des cartes postales promouvant ainsi 8 destinations au sein du pays. Un moyen efficace de mettre en lumière les différents visages de l’Italie tout en faisant la promotion du train comme moyen de se déplacer pour découvrir le territoire. 

Nous sommes fiers de la façon dont le train Intercity est intégré dans la promotion de l’Enit. Plus de cinq millions de clients auront voyagé en Intercity d’ici la fin de l’été. Parmi les destinations les plus populaires figurent la Riviera ligure et la région de Versilia (Toscane), la Sicile et toute la Riviera adriatique. 

Nous sommes fiers de la façon dont le train Intercity est intégré dans la promotion de l’Enit. Plus de cinq millions de clients auront voyagé en Intercity d’ici la fin de l’été. Parmi les destinations les plus populaires figurent la Riviera ligure et la région de Versilia (Toscane), la Sicile et toute la Riviera adriatique. 
Domenico Scida, Directeur Unit Intercity Trenitalia SpA
 

Il existe encore bel et bien une marge de progression dans le secteur ferroviaire mais celui-ci est sur les bons rails pour guider l’industrie touristique vers un avenir plus vert. Les synergies en place entre les différents acteurs du tourisme, du transport mais aussi de la technologie présagent de belles avancées pour un mode de transport aux avant-gardes du développement durable. Si les habitudes en matière de mobilité ont la vie dure, de plus en plus de personnes sont prêtes à délaisser leurs véhicules personnels afin d’adopter des moyens de transports plus durables tels que le train. Bien que le prix et l’accès soient encore des freins pour certains, ces critères paraissent bien moindre pour d’autres face à l’urgence climatique à laquelle nous faisons face.
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