Troubles du langage chez l'enfant : quels sont les signes à … – Parents.fr

Les troubles du langage sont nombreux et ont des symptômes distincts. Marie Plaziat-Lecroq, orthophoniste et membre de la Fédération nationale des orthophonistes (FNO) dévoile les signes qui peuvent alerter les parents.
Sommaire
Avec Marie Plaziat-Lecroq, orthophoniste et membre de la Fédération nationale des orthophonistes (FNO)
L’objectif du langage est de faire passer un message à un interlocuteur. Le spectre du langage est
très large : il va de la production des sons, jusqu’à l’organisation de la pensée.
Chez un tout-petit, l’acquisition du langage débute par la perception, c’est-à-dire qu’il comprend ce
qu’on lui dit avant de pouvoir s’exprimer. Il va, par exemple, réagir à la voix de ses parents qu’il a
déjà entendue in-utero, à certains bruits, et surtout, il va interagir avec son regard. Au fil des mois, il
communique par des cris, des bruits de bouche et des rires. « En tant qu’adultes, nous sommes
interpellés par les sons produits par l’enfant dans ses vocalisations ou son comportement corporel.
Nos réactions lui renvoient un modèle. Il va donc essayer de refaire des bruits pour voir comment
son père ou sa mère réagit », explique Marie Plaziat-Lecroq, orthophoniste et membre de la
Fédération nationale des orthophonistes (FNO).
Au fur et à mesure des mois, le nourrisson affine ses vocalises et ses bruits de bouche. Les
premiers sons (babillage canonique) comme les “bababa” ou les “dadada” sont dus au hasard. Il
s’agit d’une ouverture et d’une fermeture de bouche. « Lorsqu’un des parents s’exclame en disant ‘Oh, mais il a dit Papa’, le bébé va alors le refaire. Grâce aux réactions de l’entourage, le langage
se développe, mais pour cela, il est nécessaire que le petit voie et entende bien, mais surtout qu’il
aie un interlocuteur », note la spécialiste.
En grandissant, le bébé affine également son développement corporel, en particulier sa motricité
de bouche. Il commence à réaliser des sons plus précis tout en y mettant du sens. L’enfant a
encore plus de choses à dire lorsqu’il explore l’environnement qui l’entoure en marchant ou en
faisant du quatre pattes. Son monde s’élargit et il a les mains libres pour explorer. Grâce à ses
déplacements, il commence également à se créer du vocabulaire. 
Par exemple, si l’enfant se rend devant la fenêtre et pointe du doigt un camion de pompier présent
dans la rue, ses parents vont lui expliquer ce que c’est. Ils peuvent lui dire : « Tu vois, ce véhicule
est le camion des pompiers. Il fait ‘pimpom pimpom’ et il est de couleur rouge ». Le bébé interprète
donc ces informations et étoffe son champ lexical. Plus tard, quand il aura l’âge de lire, il
découvrira de nouveaux éléments au quotidien.
« Le terme ‘trouble du langage‘ est assez vaste. Le langage représente l’expression et la
compréhension. Il existe trois niveaux d’expression : le vocabulaire ou lexique, la production des
sons, et la syntaxe (la façon de faire des phrases). Un enfant peut faire de très belles phrases,
mais avec deux mots. Il aurait donc un manque de vocabulaire, tandis que d’autres enfants ont un très bon vocabulaire, mais ils ne parviennent pas à faire des phrases. Il s’agit alors d’un déficit en syntaxe », indique Marie Plaziat-Lecroq.
Dans le langage, on retrouve également des compétences pragmatiques, c’est-à-dire les
compétences sociales du langage. Il existe un aspect social du langage, car on adapte la
manière dont on communique en fonction de son interlocuteur et/ou de la situation. Parfois, un
enfant peut s’adresser à son institutrice ou à un adulte comme il parle à son copain d’école. « On
peut identifier des déficits de ces compétences pragmatiques dans certaines pathologies, comme
chez les patients ayant subi un traumatisme crânien ou chez des enfants porteurs d’autisme »,
complète l’orthophoniste.
La dysphasie est un trouble de la structure du langage qui affecte aussi bien l’expression orale que
la compréhension orale. « Parmi les professionnels de santé, ce terme n’existe plus. Aujourd’hui,
on parle de trouble neuro-développemental du langage. Mais cette terminologie n’évoque rien aux parents, donc on leur parle encore de dysphasie », détaille la thérapeute.
L’ensemble des troubles dys sont également considérés comme des troubles du
neurodéveloppement. On recense notamment :

  • la dyslexie qui se caractérise par des difficultés liées à la lecture ;
  • la dyscalculie qui se manifeste par des difficultés survenant lors des compétences
    associées aux mathématiques ;
  • la dysgraphie qui est un trouble qui affecte l’écriture et son tracé ;
  • la dysorthographie qui correspond à des difficultés associées à l’écriture.

On distingue également d’autres troubles du langage comme : 

  • les troubles de la voix qui se traduisent par une voix essoufflée ;
  • les troubles des sons de la parole, autrement dit la difficulté à articuler certains sons ;
  • les troubles liés à la syntaxe. 

Le trouble de la fluence, communément appelé bégaiement, est également un trouble
neuro-développemental qui entre dans la catégorie des troubles des sons de la parole. 
« Un trouble neuro-développemental est présent dès la naissance, mais comme l’enfant ne parle
pas, on ne s’en rend pas compte de suite. Cependant, il aura un retentissement pendant toute la
vie de l’enfant. En soins, on apprend à compenser et à pallier ce trouble. Dans certaines situations,
il peut revenir. Par exemple, un adulte peut perdre ses mots lorsqu’il est fatigué ou stressé. Il en va
de même pour le bégaiement qui peut revenir en cas d’angoisse », précise l’orthophoniste.
Le trouble du langage peut être associé à une condition médicale, comme un trouble du spectre de
l’autisme, à une surdité ou à un traumatisme crânien. Mais il est possible qu’un trouble du langage
n’ait pas de cause clairement identifiée.
Pour rappel, il est possible de consulter un orthophoniste à tout âge. Ce professionnel de santé
prend en charge les nouveau-nés, comme les personnes âgées ! Il ne faut donc pas hésiter à le
consulter le plus tôt possible, dès qu’on a une plainte ou une inquiétude concernant notre enfant.
Différents signes peuvent alerter les parents sur une potentielle pathologie qui pourrait causer un
retard de développement du langage chez un enfant. Par exemple, un enfant âgé de sept à dix
mois qui ne réagit pas, sans pleurer ou se retourner, lorsqu’une porte claque fortement, peut être
susceptible de souffrir d’une surdité. Mieux vaut alors vérifier son audition auprès d’un oto-rhino-
laryngologiste (ORL). 
Un bébé âgé de sept ou huit mois qui ne regarde pas son interlocuteur lorsqu’il lui parle ou qui
n’arrive pas à savoir d’où vient la source du bruit peut alerter sur une potentielle cécité ou un
trouble de la communication que l’on repère fréquemment chez les enfants avec un autisme. 
Les enfants présentant des malformations physiques telles que les fentes labio palatine peuvent
également avoir des difficultés de motricité de la langue et de la bouche. La découverte de la
sphère orale avec la bouche, les lèvres et les claquements est plus compliquée. Cela peut donc
avoir un impact sur le développement du langage. Mais, les enfants qui naissent avec une fente
labio palatine, sont désormais opérés dès la naissance.
Il peut être intéressant d’aller chez l’orthophoniste très tôt pour toute question, ce professionnel saura
vous aiguiller vers d’autres professionnels au besoin.
« Avec la FNO, nous avons mis en place un site internet ‘Allo Ortho’ où des orthophonistes
répondent aux questions que se posent fréquemment les parents. Il n’est pas toujours simple
d’avoir accès à ces professionnels de santé. Ce dispositif permet de rassurer et d’aider les
parents. Dans certaines régions expérimentatrices, nous avons également développé un centre
d’appel qui regroupe des orthophonistes régulateurs. Ces derniers sont à l’écoute des questions
des parents. Ils peuvent parfois recommander un bilan orthophonique ou ORL », assure Marie
Plaziat-Lecroq.
Avant d’accéder à une consultation avec un orthophoniste, il est nécessaire de prendre rendez-
vous avec le médecin traitant de l’enfant (pédiatre ou médecin généraliste) afin qu’il réalise une
prescription médicale pour un bilan orthophonique.
« En cabinet, on reçoit la famille. On débute par une anamnèse, autrement dit un entretien, pour
identifier la plainte de l’enfant et des parents. Cela permet de détailler précisément les symptômes
: une incapacité à lire, à comprendre les autres ou à s’exprimer… En fonction de l’entretien, on fait
aussi le point sur la grossesse, la naissance et la petite enfance. On demande également s’il y a
eu des troubles ORL ou de nombreuses otites qui peuvent expliquer des problèmes d’audition. On creuse ainsi toute l’histoire de l’enfant », détaille la spécialiste. 
L’enfant passe ensuite des tests standardisés normalisés et obtient un score qui va le situer dans
un étalonnage en fonction de son âge. Les tests dépendent du trouble à identifier. L’orthophoniste
prépare des épreuves de situation de langage souvent sous forme de jeux. Il peut montrer un
dessin à l’enfant et lui demander ce qu’il représente afin d’observer son lexique ou lui désigner une
photo d’un garçon qui joue au football et lui demander ce qu’il fait afin d’analyser sa syntaxe. « On regarde toujours sa manière de se tenir, comment il communique avec son regard et s’adresse à
l’autre. On tente d’observer l’ensemble de l’enfant, et pas uniquement sa phonologie, son lexique
ou sa syntaxe », résume la professionnelle de santé. 
Lors du bilan, l’orthophoniste recherche les points faibles de l’enfant, mais surtout ses points forts.
L’objectif est de les mettre en avant aux yeux du petit et de ses parents, afin de les utiliser pour
soutenir les points faibles. Ils peuvent être utilisés comme des leviers valorisants.
« En fonction de notre bilan orthophonique, on sait si le patient relève de l’orthophonie ou pas.
Lorsque le langage est pathologique, on fait le point avec les parents et l’enfant, quand il est en
capacité de comprendre, sur le plan thérapeutique que l’on va mettre en place. Il s’agit d’une prise en soins sur le long terme. Un partenariat parental est indispensable. On donne des pistes aux
parents pour qu’ils accompagnent leur enfant au quotidien afin de soutenir leur langage au
maximum », prévient Marie Plaziat-Lecroq.
Le nombre de séances dépend du trouble, de son intensité et de son retentissement dans la vie de
l’enfant. La fréquence des consultations est donc évaluée à partir de ces éléments et sur la capacité des parents à pouvoir emmener régulièrement leur enfant chez l’orthophoniste. Certaines
familles doivent parfois faire beaucoup de route pour voir ce professionnel de santé.
Les séances d’orthophonie sont soumises à une nomenclature, c’est-à-dire que les tarifs sont
conventionnés et la durée minimum d’une consultation est de 30 minutes.
Lorsqu’un trouble du langage est repéré, 50 séances d’orthophonie sont prescrites.
Cette ordonnance est renouvelable pour 50 autres consultations. Au bout de 100 consultations,
l’orthophoniste effectue un bilan de renouvellement qui permet d’objectiver l’évolution de l’enfant et
de savoir si les séances doivent continuer ou non. 

Il n’est pas obligatoire d’attendre la normalisation du langage pour arrêter les séances
d’orthophonie. Chez certains enfants, il ne se normalise jamais. « Une pause thérapeutique peut
être envisagée si, par exemple, l’enfant ne parlait pas du tout au début de la prise en soins, mais
que désormais, il communique, il a des copains et il aime aller à l’école. Même si tous les sons ou
la syntaxe ne sont pas parfaits. Dès lors qu’on a répondu à la demande de la famille et qu’il n’y a
plus de souffrance, on peut stopper les séances pendant quelques mois », indique l’orthophoniste.
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