Toujours en attente du pivot – Zonebourse.com

En jetant un coup d’œil à la couleur des différents indices mondiaux ce matin au réveil, je me dis qu’il y a du pain sur la planche pour expliquer le sapin de Noël des variations. Alors autant démarrer par ça, malgré une vivacité intellectuelle assez discutable, qu’un double café n’a pas réussi à améliorer.

Côté Europe, on est resté hier dans des bornes relativement étroites et haussières, qui ont poussé les indices assez haut pour dépasser leurs pics de septembre dernier. Pour le CAC40 français, la clôture juste au-dessus des 6600 points permet même de renouer avec des niveaux inédits depuis le mois d’avril. La seule ombre au tableau européenne est Zurich, où le SMI a cédé 1,15% en clôture, tiré vers le bas par Roche, sa seconde plus grosse capitalisation, qui a coulé de 4% après un revers majeur en phase avancée pour son traitement contre la maladie d’Alzheimer, décidément une indication très compliquée pour la recherche médicale. Hormis cet accroc suisse, la tendance de fond est plutôt correcte avec des indices qui se laissent porter par les signaux positifs en provenance de la politique monétaire américaine et des décisions pro-économie en Chine. Des indices qui choisissent aussi, il faut le souligner, d’ignorer les nouvelles moins enthousiasmantes.
Aux Etats-Unis, la séance s’est soldée par un repli proche de 1% pour le S&P500 et le Nasdaq, après des rebonds assez rares la semaine précédente. Mais la journée a été animée avec une tentative d’incursion en hausse après une prise de position de Lael Brainard. Dans une allocution publique, la vice-présidente de la Fed a souligné que la banque centrale allait pouvoir bientôt modérer ses hausses de taux, signe que le fameux « pivot » attendu par les investisseurs se rapproche. Brainard est dans son rôle : elle est dans le camp des « colombes » de la banque centrale américaine, c’est-à-dire des partisans de la souplesse. Sa sortie n’a finalement pas suffi à empêcher une consolidation à Wall Street, mais elle a confirmé que l’ambiance monétaire s’est (un peu) détendue.
Je ne raffole pas des gros pavés économico-politiques, mais vous n’allez pas y échapper ce matin. La rencontre physique hier à Bali entre Joe Biden et Xi Jinping semble s’être mieux déroulée que ne le pensaient les milieux autorisés. Ceci dit, les deux dirigeants ont déjà, par le passé, affiché un superbe sourire crispé sur le moment avant de reprendre les invectives plus ou moins feutrées quelques jours après. Selon d’autres milieux autorisés, les dirigeants du G20 devraient adopter un projet de communiqué rejetant « l’ère de la guerre« . Ce qui devrait avoir à peu près autant d’impact que de décréter la disparition de la faim dans le monde ou l’amitié entre les peuples. Bon, si je mets de côté ma part de cynisme d’ours mal léché, disons que la position de Xi Jinping apparaît comme étant plus constructive que ce qui était redouté et que le communiqué devrait contenir des mentions telles que « l’utilisation ou la menace d’utilisation d’armes nucléaires est inadmissible« , ce qui ressemble à une panier à trois points en faveur du camp occidental contre la Russie.
L’agenda macroéconomique contient quant à lui quelques statistiques, comme la confiance des milieux financiers allemands (l’indice ZEW) à 11h00, en même temps que la seconde estimation du PIB européen du T3, avant un double rendez-vous aux Etats-Unis à 14h30, les prix à la production (qui pourraient avoir un effet confirmatoire ou infirmatoire sur l’allégresse des investisseurs après la publication de l’inflation) et l’indice d’activité Empire State. Cette nuit, les statistiques asiatiques étaient fort décevantes, avec un PIB japonais du T3 en contraction alors que les économistes visaient une petite hausse et des ventes de détail chinoises en berne, alors que le marché les voyait progresser. Pour être complet, j’ajoute que le pétrole a nettement flanché hier (-4,4% pour le Brent) après une nouvelle révision des prévisions de la demande mondiale par l’Opep. Révision en baisse, bien sûr.
Côté sociétés, il reste quelques publications de résultats, mais ils commencent à être sérieusement clairsemés. Une curiosité à noter quand même, la place de Paris a dépassé la place de Londres en matière de capitalisation, selon les données Bloomberg. Les capitalisations cumulées des cotations primaires pèsent environ 2 823 milliards de dollars pour les valeurs parisiennes contre 2 821 milliards de dollars pour les actions britanniques. J’avoue avoir été un peu surpris parce que le FTSE 100 est à l’équilibre depuis le début de l’année alors que le CAC40 baisse. Mais par le jeu du change (le classement Bloomberg est en dollars) et parce que l’échantillon comprend aussi des valeurs moyennes, très attaquées à Londres, le décompte tourne légèrement en faveur de Paris. Avant le Brexit, l’écart avoisinait 1 500 milliards de dollars en faveur du Royaume-Uni. Mais depuis, le CAC40 a repris 56% contre 22% seulement au FTSE100, hors effets de change cette fois. Paris est donc actuellement le plus gros marché boursier européen, en tout cas en matière de capitalisation.
Retour à l’actualité des marchés boursiers ce matin. Ça va toujours fort pour le Hang Seng, qui profite des signes de retour d’une politique plus favorable à l’économie en Chine. L’indice de Hong Kong se fiche comme d’une guigne des derniers indicateurs macroéconomiques médiocres en Chine pour bondir de 3,3%. L’indice a repris 24% depuis le point bas du 31 octobre. Ailleurs, le Japon et la Corée progressent sans conviction, tandis que l’Australie et l’Inde reculent légèrement, sans beaucoup plus d’implication. Les indicateurs avancés européens sont proches de l’équilibre avec un biais plutôt haussier autour de 8h00. Les « futures » américains sont plus fermement ancrés dans le vert. Le CAC40 gagnait 0,4% à 6634 points peu après l’ouverture.
Les temps forts économiques du jour
Le marché s’intéressera à l’indice ZEW de confiance des financiers allemands en novembre (11h00) et à deux statistiques américaines à 14h30 (Empire State et indice des prix à la production). D’autres données sont aussi attendues (emploi britannique, seconde lecture de l’inflation française notamment). Tout l’agenda macro ici. Cette nuit, le Japon a annoncé une légère contraction de son PIB au T3, alors que les économistes anticipaient une légère progression. En parallèle, la Chine a annoncé une contraction de ses ventes de détail en octobre de -0,5% alors que le marché visait une croissance de 0,7%.
L’euro reste ferme à 1,0309 USD. L’once d’or se hisse à 1770 USD. Le pétrole flanche, avec un Brent de Mer du Nord à 92,85 USD le baril et un brut léger américain WTI à 85,35 USD. Le rendement de la dette américaine sur 10 ans atteint 3,87%. Le bitcoin tente un petit rebond, autour de 16 740 USD ce matin.
Les principaux changements de recommandations
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Dans le monde
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