Tennis: les Bleues au Portel, Julien Benneteau répond aux lecteurs de La Voix du Nord – La Voix du Nord

Le capitaine de l’équipe de France, qui joue son barrage de maintien dans le groupe mondial face aux Pays-Bas, ces vendredi et samedi au Portel, a répondu aux questions de nos lecteurs. Caroline Garcia, la compétition, son rôle, l’avenir, l’ancien numéro 25 mondial a répondu sans langue de bois.
Joël : Comment avez-vous géré la situation de Caroline Garcia, qui a remporté le Masters dans la nuit de lundi à mardi au Texas ?
« Le voyage, le décalage horaire, l’émotion, ce sont des données qu’il faut prendre en compte. On a fait le bilan avec elle pour savoir comment elle se sent et avoir toutes les informations. Il y a les bienfaits de cette victoire qui est historique pour le tennis français, et pour elle, et la complexité de devoir enchaîner sur la rencontre de Billie Jean King Cup avec si peu de repos et un si long voyage. Je l’avais eue avant le Masters, je l’ai laissée tranquille pendant son tournoi. On avait parlé un peu de l’aspect logistique de sa venue, des conditions de jeu qu’on allait retrouver ici. »

« Il y a des objectifs individuels tout au long de l’année et puis il y a l’équipe de France »

Il n’a jamais été question de ne pas la convoquer finalement ?
« Elle ne me l’a pas demandé. Et je n’y ai jamais pensé. C’est aussi la complexité du tennis. Il y a des objectifs individuels tout au long de l’année et puis il y a l’équipe de France. Les rencontres de l’équipe de France sont placées dans le calendrier à un moment. Les instances du tennis, en l’occurrence, la WTA (qui gère les tournois féminins de haut niveau) et l’ITF (la fédération internationale), font n’importe quoi. Ils ne prennent pas en compte les joueuses et se tirent une balle dans le pied. Par exemple, pour la phase finale, (Iga)Swiatek, la numéro un mondiale, ne pourra pas jouer avec la Pologne. Je trouve ça à la fois dommage pour elle, pour son pays et pour l’épreuve. L’épreuve reine est privée de la numéro un mondiale. Pourquoi ? Parce qu’il y a le Masters juste avant et qu’il se joue sur un autre continent. C’est très dur pour les joueuses de se situer. Cette ambivalence entre les compétitions par équipes, le calendrier individuel et les instances qui ne s’entendent pas… Les joueuses se retrouvent au milieu de tout ça. »
Franck : D’autant qu’en plus, le Masters s’est joué devant des tribunes clairsemées…
« Effectivement ! Et c’est dommage de voir une demi-finale de Masters devant des tribunes vides. Tout comme c’est dommage de voir une phase finale de Billie Jean King Cup, en ce moment à Glasgow, où il n’y a quasiment pas de public. Nous, on va jouer, ici au Portel, un match de barrages devant 3 000 ou 3 500 personnes. Eh bien, on va jouer devant 3 000 personnes de plus que l’année dernière, quand on a joué la phase finale à Prague. On a joué le Canada, la Russie, devant 200 personnes. Ce n’est pas normal. Il faut que les dirigeants se posent les bonnes questions. »

Tout en préservant la santé des joueuses…
« Bien évidemment ! Je sais bien qu’il n’y a pas de solution miracle. Les saisons sont longues et il y aura toujours des arbitrages à faire. Mais là, pour le coup, faire le Masters sur un autre continent, avec une finale qui se joue le lundi – il faudra qu’ils m’expliquent pourquoi –, tout en laissant plus de huit jours entre la fin du dernier tournoi et le début du Masters… »

« Qu’il y ait des nouvelles ou pas dans l’équipe, je rappelle souvent que c’est une étape d’être sélectionné, mais que la vraie mission, c’est de tout faire pour gagner un point pour l’équipe de France »

Deux nouvelles joueuses sont sélectionnées (Chloé Paquet et Diane Parry), est-ce que c’est une façon différente de gérer l’équipe ?
« Chaque rencontre est différente en fonction du contexte, de l’adversaire, de où on joue, du format… Ce n’est pas parce qu’elles sont nouvelles dans l’équipe que je vais avoir des craintes à les faire jouer si je dois les faire jouer. C’est ce que je leur ai dit. Je les sélectionne parce que je les sens capables, si je les appelle, d’apporter un point à l’équipe de France. Elles ont ma confiance là-dessus. Après, il y a des choses à aborder avec elles dans la préparation en amont. Qu’il y ait des nouvelles ou pas dans l’équipe, je rappelle souvent que c’est une étape d’être sélectionné, mais que la vraie mission, c’est de tout faire pour gagner un point pour l’équipe de France. Moi, ma mission, c’est de les mettre en condition pour les faire gagner. C’est une chance et une fierté de jouer pour l’équipe de France et j’espère que c’est le début d’une longue aventure pour elles. C’est l’occasion aussi de vivre des choses différentes. »

« Ce n’est pas le même travail non plus quand on est entraîneur à la Fédération ou en club »

Joël : Hormis Caroline Garcia, le tennis français, garçons et filles confondus, manquent en ce moment de « locomotives ». La Fédération ne devrait-elle pas faire plus de masse que de se fixer sur l’accompagnement de quelques joueurs ?
« Mais c’est ce que la Fédération fait déjà ! Chez les garçons, il nous manque deux ou trois joueurs dans les 20-30 premiers mondiaux. Après, la masse, on l’a à peu près, il y a quand même quelques joueurs dans les 100. Chez les filles, c’est différent, il nous manque un peu de masse dans les 100. Il manque un nombre de joueuses important dans les qualifications de Grand Chelem, entre 100 et 250e. Parce qu’une fois qu’on est dans cette fourchette de classement, qu’on joue ce type de tournois, c’est ce qui va alimenter le futur Top 100. C’est la suite logique des choses. Et il nous manque, entre-temps, quelques filles en nombre entre 50 et 100. Pour ça, je n’ai pas de recette miracle. Il y a des choses qui auraient dû être faites différemment. Il y a eu des changements de politiques fédérales qui sont compliqués pour les clubs et les ligues, c’est évident. Tout part des clubs. Mais ça part des clubs jusqu’à un certain moment. C’est-à-dire qu’à un moment, il ne faut pas se tromper. Et il n’y a rien de péjoratif, mais c’est chacun son métier. Moi, j’ai les compétences pour manager une équipe de France parce que j’ai l’expérience du haut niveau. Mais vous me mettez dans un club avec des joueurs de 30-40 ans à faire progresser, je vais les faire rigoler, leur raconter quelques anecdotes sur ma carrière. Mais les faire progresser, je ne sais pas faire. Ce n’est pas ma compétence. L’entraîneur de club sera plus fort que moi. Ensuite, c’est la ligue qui va prendre le relais. En complément du club ! À un moment donné, les jeunes doivent voyager, vont avoir besoin de moyens, et il faudra libérer du temps aux entraîneurs de club, dont ce n’est pas le boulot ! Ce n’est pas le même travail non plus quand on est entraîneur à la Fédération ou en club. Tout le monde doit être aligné. C’est comme une équipe de foot… On retient toujours Benzema qui va marquer un super but, mais le milieu défensif, il est hyper important. C’est pareil en tennis. Tout part des clubs mais il faut ensuite savoir que le travail est fait et qu’il passe ailleurs. Il faut que les meilleurs s’entraînent ensemble. Densifier, et que les meilleurs se retrouvent sur un même site. Des « locomotives », on en aura toujours. »

« Le club, c’est le premier étage de la fusée »

Jean-Louis : Moi, je viens du basket, et je vois comme les clubs se structurent pour former des joueurs. Ne faudrait-il pas que les clubs de tennis se « professionnalisent » eux aussi ?
« Ça veut dire quoi professionnaliser les clubs ? Dans chaque club, il y a un professeur diplômé d’État, obligatoirement. Cette formation, c’est la Fédération qui la dispense. Dans les sports collectifs, il y a une ligue professionnelle qui peut aider les clubs formateurs. Nous, ce n’est pas pareil. Ce qui est hyper important, c’est le binôme président – moniteur en chef. C’est ce binôme qui va être moteur. Dans l’école de tennis, il y a forcément un joueur ou une joueuse qui va bien fonctionner. Et là, c’est le rôle de l’entraîneur du club de le signaler à la région : « Là, j’en ai un qui joue pas mal. » Et là, le mec de la ligue doit se déplacer. Ça a été remis au goût du jour. Ce n’était plus fait et c’est hyper important. Les clubs, à un moment donné, étaient isolés… Le club, c’est le premier étage de la fusée. »
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