Tennis : « La nouvelle génération a un peu de mal à prendre le … – 20 Minutes

Sport « Le tennis français, surtout masculin, n’est pas à sa place »
Interview Le DTN Nicolas Escudé fait le point sur la situation du tennis français, et sur le chantier en cours pour former la relève
Cette semaine, le directeur technique national Nicolas Escudé et une partie de l’état-major de la Fédération française de tennis (FFT) se sont rendus à Tarbes, pour assister aux Petits As, le Mondial officieux des moins de 14 ans. Avant de descendre en Bigorre, l’ancien 17e joueur mondial, vainqueur de la Coupe Davis 2001, a fait le point avec « 20 Minutes » sur la situation peu reluisante du haut niveau tricolore et sur les travaux menés pour changer la donne.
Quel bilan tirez-vous de l’Open d’Australie, avec Caroline Garcia éliminée en 8es de finale et Ugo Humbert et Benjamin Bonzi sortis au troisième tour ?
J’ai été forcément déçu, certainement pas autant qu’elle, de voir Caro s’arrêter si vite, par rapport au statut qui est le sien aujourd’hui. C’est son ambition cette année d’aller chercher un Majeur. Il reste trois opportunités. Si ça peut se faire à Roland-Garros, on sera d’autant plus contents. Côté garçons, il n’y a pas eu de bonne surprise malheureusement, quand on regarde les classements des uns et des autres.
Êtes-vous d’accord avec les déclarations de Richard Gasquet, n° 1 Français avant Melbourne : « Ce n’est pas possible de laisser un pays comme la France à ce niveau. A mon époque, le 42e mondial était 6 ou 7e Français… » ?
Je suis plus que d’accord. Il y a certes un turn-over avec la génération de Richard, puisque Jo (Tsonga) et Gilles (Simon) ont arrêté l’an dernier. Gaël (Monfils) est absent depuis la deuxième partie de saison dernière. La nouvelle génération a un peu de mal à prendre le relais. Est-ce qu’elle sera aussi forte que la précédente ? On peut en douter quand on voit la présence de ces quatre garçons dans le top 10 pendant de nombreuses années.

Mais ils peuvent être beaucoup mieux classés et ils travaillent pour. Il ne faut pas oublier que Bonzi ou Rinderknech ont surtout émergé l’année dernière. Il faut leur laisser encore un peu de temps. Ceci dit, le tennis français, surtout masculin, n’est pas à sa place et se doit d’être représenté au plus haut niveau.
Vous parlez de la génération intermédiaire, celle des Bonzi, Rinderknech ou Halys. Que dire de celle d’après, avec les quatre demi-finalistes de Roland-Garros juniors en 2021 (Van Assche, Fils, Cuenin, Mpetshi Perricard) et Debru ?
Certains ne sont pas encore majeurs, ou alors tout juste. Cette génération progresse très bien. Quand on voit la saison dernière de Luca Van Assche qui ne termine pas loin du Top 100 ou la progression d’Arthur Fils, qui vient de remporter son premier tournoi Challenger… Sans leur mettre plus de pression qu’il n’en faut – ils se la mettent suffisamment tous seuls – on sera plus que vigilants pour faire en sorte qu’ils atteignent le plus haut niveau.
Pour en revenir à la génération transitoire, il n’y a pas si longtemps Lucas Pouille était 10e mondial, Ugo Humbert pas loin du Top 20. Ils ont connu des petits pépins physiques, une crise de confiance… Ugo Humbert est en train de revenir quand on regarde son parcours à Melbourne. On a des représentants, certes pas dans le top 10. Mais dans le Top 150, on fait partie des meilleures nations. Il va falloir aller encore plus haut.

Après le dernier Roland-Garros, vous parliez de « secouer le cocotier ». Qu’est-ce qui a été fait, notamment dans l’encadrement des jeunes ?
Il fallait que tout le monde prenne conscience de là où se situe le tennis français, des efforts qu’on a tous à faire. Pas seulement l’encadrement mais aussi les joueurs et les joueuses. Cela peut demander du temps comme pour la génération qui a atteint le dernier carré de Roland-Garros junior en 2021. On aimerait que ça grimpe aussi vite qu’un Alcaraz ou qu’un Rune, mais on sait que ce n’est pas si facile.
Quand on regarde les mesures annoncées, on en trouve beaucoup qui concernent les 14 ans ou moins. Est-ce à cet âge que tout se joue ?
Oui. Le constat a été fait d’un énorme déficit en matière de volume de gamins et de gamines, mais aussi sur le niveau de jeu. Il faut reprendre les choses à la base. C’est ce qui a été enclenché depuis un petit peu plus d’un an et qui commence à porter ses fruits. Mais on sait aussi que former un joueur ou une joueuse prend plus de 10 ans. L’accent a été mis sur le bas de la pyramide, sans laisser de côté le sommet. Même si on a moins la main, voire pas du tout, sur ce qui se joue au plus haut niveau.
Dans ce cadre, qu’attendez-vous d’Ivan Ljubicic, nommé directeur de la mission « Ambition 2024 » ?
Il commence tout juste, depuis le 16 janvier. On attend qu’il nous apporte son œil. Il va falloir qu’il apprivoise tout l’écosystème. C’est la raison pour laquelle il s’est rendu aux Petits As, avant d’aller voir une ligue, puis un club, pour comprendre comment les choses fonctionnent au niveau de la formation. Il va pouvoir nous dire ce qu’il en pense et nous aider aussi sur une chose pour laquelle on a été pas mal critiqués : la transition entre les cadets-juniors et le circuit pro.

La FFT l’a aussi engagé pour sa « gnaque ». C’est peut-être un cliché, mais on dit souvent que les Français, notamment jeunes, en manquent.
Ça peut être vrai, il ne faut pas non plus se voiler la face. On est dans un beau pays, au sein d’une Fédération qui a des moyens avec un tournoi comme Roland-Garros. Tout l’écosystème vit grâce à ce tournoi. L’ambition, elle ne se décide pas. Un entraîneur va certes pouvoir accompagner, faire progresser, mais c’est le joueur ou la joueuse qui sait où il ou elle veut aller, qui va s’en donner les moyens.
Mathilde Ngijol (15 ans) a remporté les Petits As 2021. Elle s’est entraînée en France, puis elle est partie en Espagne. Est-ce symbolique du flou qui peut régner chez les jeunes ?
On peut trouver par moments que l’herbe est plus verte ailleurs. C’est ce que Mathilde a pu penser en partant en Espagne. Elle est rentrée en France et va de nouveau être entraînée à la Fédération, à Paris. Mais ce n’est pas parce qu’on a des moyens que c’est un gage de réussite. A nous de faire les bons choix et d’être aussi parfois un peu plus rigoureux. Parce que de l’extérieur, bon nombre de joueurs, de gamins, de gamines, de personnes de l’encadrement et de parents ont pu prendre la Fédération comme une banque. Ce n’est pas comme ça que ça se passe.
La porte est grande ouverte, dans un sens mais aussi dans l’autre. Si à un moment, on estime que ce n’est pas suffisamment bien à la Fédération, pas de problème, vous pouvez aller voir ailleurs, en académie ou dans une structure que vous avez montée. A nous d’arriver à structurer les choses pour arriver à démontrer qu’en plus d’être dans le vrai, on a des résultats.

Cela peut passer par les pôles régionaux, que vous avez voulu relancer…
Il y a deux ans, il ne restait que deux pôles. A Poitiers, il n’y avait que six joueurs et plus du tout de pôle national au niveau féminin, si ce n’est le Centre national d’entraînement (CNE). Il a fallu relancer la machine. On revient au fait de travailler à la base, « redensifier », pour pouvoir arriver à remplir nos pôles nationaux et surtout réunir les meilleurs. C’est ce qui a péché par le passé avec l’idée que le tennis était un sport individuel, où l’on travaillait dans son coin avec son propre entraîneur dès son plus jeune âge. Bon nombre de nos jeunes ont souffert de cet isolement, d’où le fait d’arriver à les rassembler.
Quel peut être votre rôle pour relancer certains joueurs, comme Lucas Pouille, mais aussi Hugo Gaston qui a connu une saison compliquée ?
Ils sont majeurs et vaccinés. Ce sont eux qui décident. On se retrouve quand même aujourd’hui à la tête de la direction technique nationale avec une Pauline Parmentier au niveau féminin, un Paul-Henri Mathieu au niveau masculin, un DTN qui a été un ancien joueur. On a des compétences chez nos entraîneurs et un outil formidable au Centre national d’entraînement. On a de quoi aider et accompagner. Après, le joueur ou la joueuse le veut ou pas.
La Fédération est-elle sensible à l’aspect mental du sport ?
Au haut niveau, tout le monde est conscient de l’investissement et du travail à fournir. En revanche, comment gère-t-on une balle de break ou une balle de match ? Ce sont des choses capitales. J’ai estimé qu’on avait pris énormément de retard en France dans ce domaine.
C’est pour ça qu’à mon arrivée, j’ai monté un département en dimension mentale et psychologique, avec à sa tête Francisca Dauzet et Mélanie Maillard. C’est quelque chose qui se travaille, comme on s’entraîne physiquement et techniquement. Ça a encore du mal à rentrer, pas uniquement dans la tête des joueurs et des joueuses, mais aussi dans celle des entraîneurs. On ne dit pas qu’il faut faire de la préparation mentale sur des gamins de 12 ans. A cet âge, on ne parle pas de préparation mentale mais de compréhension de certaines choses. C’est un travail différent.
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