Sois libre et tais-toi | La Presse – La Presse

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PHOTO DARRYL WEBB, COLLABORATION SPÉCIALE
Charlie Kirk, cofondateur du groupe conservateur Turning Point, répond aux questions d’étudiants pendant une conférence à l’Université Grand Canyon à Phoenix, en Arizona.
Il est de bon ton au Québec de pourfendre la menace woke qu’on dit tout droit importée des États-Unis. On ne compte plus le nombre de chemises déchirées et d’appels solennels à combattre les dérives liées à la « culture de l’annulation » venue de campus américains qui seraient pris d’assaut par de vilains gauchistes.
On entend plus rarement parler d’une autre menace, pas woke du tout celle-là, qui est pourtant bien plus inquiétante sur certains campus américains.
Comme en témoigne le reportage de ma collègue Léa Carrier, les universités américaines sont au cœur d’une guerre culturelle féroce. À l’approche des élections de mi-mandat, on assiste à une radicalisation des forces conservatrices et réactionnaires sur les campus.
Au premier plan de cette bataille, on trouve le groupe conservateur Turning Point, cofondé par Charlie Kirk, polémiste de 29 ans, président de Students for Trump, souvent invité à Fox News pour défendre des théories du complot sur les vaccins ou la dernière élection « volée ».
On ne parle pas d’un petit groupe obscur constitué d’une poignée de jeunes Américains réactionnaires, mais bien de l’organisation étudiante la plus importante et la plus riche des États-Unis, qui radicalise la prochaine génération de leaders républicains. Une organisation qui se dit pour la « liberté » sur les campus et ailleurs, mais qui en a une conception pour le moins étrange. Cela inclut la « liberté » de tenter de faire taire des professeurs « radicaux », en publiant une liste de « surveillance » pour cause de « propagande gauchiste » de ceux qui oseraient critiquer, par exemple, la suprématie blanche.
Une « liberté » qui fait en sorte que nombre de professeurs dont le nom s’est retrouvé sur cette liste ont reçu des menaces de mort et des messages haineux après avoir, par exemple, pris la parole dans les médias dans la foulée de la mort de George Floyd. Façon de leur dire : sois libre et tais-toi…
Sur certains campus, le clivage est si marqué entre étudiants progressistes et conservateurs qu’il devient difficile, voire impossible, de débattre sans craindre pour sa sécurité. C’est le cas à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) où, comme le rapporte Léa, un climat particulièrement toxique en 2019 a mis un terme à la longue tradition de débats électoraux cordiaux entre jeunes démocrates et républicains. Et pour cause : à quoi bon débattre avec un type comme Christian Secor, ex-étudiant en science politique de UCLA, fasciste autoproclamé, qui était à la tête d’une association d’extrême droite sur le campus ? Le faire, c’est contribuer à normaliser des idéologies dangereuses, comme si toutes les opinions se valaient et méritaient d’être débattues.
Christian Secor, adepte d’armes à feu et de suprémacisme blanc, a récemment été condamné à trois ans et demi de prison pour sa participation à l’émeute du Capitole. Le 6 janvier 2021, il y avait fait irruption avec des centaines d’émeutiers en portant le drapeau du mouvement extrémiste anti-immigrant et antisémite America First dont il avait établi une antenne sur le campus de UCLA.
Loin d’être anecdotique, ce cas est plutôt emblématique d’un clivage croissant sur des campus américains où le curseur de ce qui constituerait une idée socialement acceptable est sans cesse poussé un peu plus loin, un peu plus bas, exactement comme au sein du Parti républicain. Ce qui a pour résultat, comme le souligne bien le professeur de UCLA David Myers, d’effacer la ligne entre le courant dominant et l’extrême.

En lisant le reportage de Léa, j’ai repensé à l’essai fort éclairant Panique à l’université (Lux, 2022) de Francis Dupuis-Déri. Le livre déboulonne plusieurs idées reçues au sujet de ce fameux courant woke des campus américains qui, s’il faut en croire la rumeur, menacerait nos universités désormais assiégées par des féministes et des antiracistes.
En s’intéressant à l’histoire ancienne et récente de l’université, le professeur de science politique à l’UQAM remet les choses en perspective et dénonce la panique morale fabriquée autour de ces enjeux. Non, rassurez-vous, il n’y a pas plus de tyrannie totalitaire dans les universités que d’ogre sous votre lit, plaide-t-il, recherche fouillée à l’appui.
Ce qui apparaît pour le moins paradoxal, c’est que pendant que l’on monte en épingle une poignée de scandales woke sur des campus américains, on passe généralement sous silence la montée autrement terrifiante des forces conservatrices de plus en plus radicalisées sur ces mêmes campus.
Au Québec, la situation est certes moins intense, constate Francis Dupuis-Déri. « Notre polarisation du champ politique n’est pas encore aussi forte qu’en France et aux États-Unis. »
Si on trouve des étudiants adeptes d’idées d’extrême droite et que des réseaux en ligne se déploient facilement en quelques clics, on ne parle pas d’associations étudiantes organisées comme on en trouve sur des campus américains.
Pour qui a à cœur la liberté universitaire et la liberté tout court, la situation n’en demeure pas moins préoccupante. Bien qu’on n’ait pas l’équivalent au Québec d’une organisation comme Turning Point qui publie des listes de professeurs « gauchistes » à « surveiller », on a rapporté plusieurs cas d’universitaires progressistes et féministes ayant reçu des menaces de mort.
Dans certains cas particulièrement alarmants, il y a eu des poursuites criminelles qui ont mené à des condamnations. L’été dernier, un blogueur antiféministe, qui vénérait l’auteur de l’attentat de Polytechnique, a été déclaré coupable d’avoir fomenté la haine envers les femmes. Sur son blogue, il lançait des appels à tuer des féministes et à brûler les universités, il donnait des trucs pour commettre une tuerie dans une école, il s’en prenait à des professeurs en études féministes de l’UQAM, dont Francis Dupuis-Déri lui-même, semant la peur à l’université1.
Pour une raison qui m’échappe, cette affaire effroyable n’a pas suscité le même émoi que la controverse autour du mot qui commence par un N à l’Université d’Ottawa. Pas de chemises déchirées par des polémistes. Pas d’appel du premier ministre à défendre la liberté d’expression, nos valeurs d’égalité ou l’importance de l’héritage féministe au Québec. Cherchez l’erreur.
Sur la question autochtone, le gouvernement caquiste aurait intérêt à améliorer ses réflexes nationalistes. Cela devrait d’ailleurs être la priorité du ministre des Affaires autochtones, aidé par la ministre Kateri Champagne Jourdain, première Autochtone nommée ministre à Québec.
Il y a beaucoup d’idées complètement folles dans le grand buffet des théories du complot. Et Danielle Smith, la nouvelle première ministre de l’Alberta, fréquente assidûment ce buffet1.
À peine le jugement-fleuve sur le « profilage racial » sorti, le premier ministre du Québec a dit qu’il fallait « laisser les policiers faire leur travail ».
Quand Justin Trudeau est invité dans les sommets environnementaux, il ne se fait plus applaudir. La semaine dernière, le premier ministre a subi une entrevue corsée lors de la conférence de l’Institut climatique du Canada.
Si un jeune meurt du cancer faute d’avoir pu obtenir les traitements dont il avait besoin, diriez-vous que c’est la faute de ses parents ou encore sa propre faute ?
Nous avons un trio de ministres à la santé et aux services sociaux et, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a un gros contrat devant lui : améliorer le réseau de la santé. Il y a, dans l’esprit qui animait la mise en place des CLSC il y a 50 ans, des principes dont il devrait s’inspirer.
Ça fait quelques années que cette chronique mijote quelque part dans mon inconscient. Je savais que je l’écrirais un jour. Je ne savais juste pas quand je l’écrirais.
Cela faisait quatre jours qu’on cherchait Sara-Jane lorsque deux policiers se sont présentés devant son père, à Ottawa.
La France va-t-elle passer l’hiver ? La hausse des prix et les pénuries d’énergie font craindre le pire. Le gouvernement Macron a donc décidé d’agir. Si, il y a deux ans, pour combattre la pandémie, il a imposé à sa population le port du masque, aujourd’hui, pour combattre la crise de l’énergie, il propose fortement à sa population le port du col roulé.
La première victime de notre fiscalité municipale déficiente est l’environnement. Parce qu’elle ne répond plus aux missions des villes, cette fiscalité vieille de deux siècles encourage puissamment l’étalement urbain. Cette déficience fait toutefois une autre victime, trop souvent oubliée, la culture. Partout au Québec, chaque budget municipal apporte de nombreux déchirements, dont celui-ci : on répare les rues ou on investit dans la culture ?
Il avait été puni par là où il avait péché.
Finalement, « Continuons » n’était pas qu’un slogan. La moitié des ministres du premier gouvernement Legault ont été reconduits dans leurs fonctions.
Oui, je mets le gros orteil dans le terrain de jeu de mon camarade Hugo Dumas. C’est une chronique sur Occupation double. Une fois n’est pas coutume.
Je vous parlais de Léa Rose, la semaine passée. Une fillette de 4 ans, atteinte d’un syndrome rare, qui a besoin d’être branchée à des machines, la nuit. Une infirmière auxiliaire dépêchée par le CIUSSS passe six nuits par semaine à veiller Léa Rose.
Ça ne devrait pas être si facile.
Au tour de Québec solidaire de sauter dans le bain antimonarchique. Le parti de gauche se joint au mouvement lancé en campagne électorale par Paul St-Pierre Plamondon. Ils sont maintenant 14 députés québécois à refuser de prêter serment au roi Charles III.
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