Socialistes, nous prônons l'efficacité énergétique plus que la sobriété macronienne – PS

Thème : Transition énergétique
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Le 6 octobre 2022, le président Macron annonçait son plan de sobriété énergétique. Fidèle à sa formule de prédilection bien connue, le Président déclarait vouloir accélérer dans le même temps la transition énergétique. Pourtant, l’effet d’annonce ne saurait masquer son inaction quant au questionnement et à l’évolution de notre modèle énergétique. La puissance de ce dernier est pourtant indispensable au maintien d’une société viable, ainsi qu’au bien être collectif. Dépourvu de toute vision dans une mise en œuvre d’une économie décarbonée, le Président Macron n’a d’autre solution que celle de recourir à la sobriété énergétique. Imposée à toutes et à tous, c’est-à-dire au client final, alors que le problème se situe bien plus en amont dans la phase de production de l’énergie. Nous autres Socialistes affirmons l’exigence à repenser la stratégie énergétique de notre pays, afin qu’elle soit fondée sur une véritable efficacité énergétique promue par les acteurs publics en premier lieu à la place de cette sobriété injustement et fallacieusement imposée à chacune et à chacun de nos concitoyens et concitoyennes.
 
Décarboner l’économie impliquera l’augmentation de la consommation d’électricité de l’ordre du doublement d’ici 2050 si l’on veut être ambitieux et gageons ici que ce phénomène sera amplifié en raison de la coupure de gaz en provenance de Russie. A cet égard, c’est bien d’une stratégie de substitution d’électricité non carbonée aux consommations fossiles dont la France a besoin dans l’industrie et les services, dans l’habitat, les bureaux, les commerces, comme dans les transports des personnes et des marchandises. En ce qui concerne ces transformations, peu est de dire que le consommateur final n’est guère décisionnaire ; faire appel à sa sobriété est fallacieux ! Ce sont pour l’essentiel les producteurs de biens et de services qui doivent agir bien en amont. La puissance publique peut les y inciter par des subventions ou des réglementations ; cependant, là encore le Président Macron reste silencieux.
Pour produire cette d’électricité décarbonée, on ne pourra s’appuyer uniquement sur les énergies « renouvelables », solaire et éolien, en effet pour multiplier au moins par deux la puissance électrique installée, le solaire et l’éolien ne pourront suffire et, même avec des hypothèses optimistes, Planter des éoliennes dans chaque jardin de France et de Navarre ou encore installer des fermes photovoltaïques sur tous les toits des chaumières de notre pays ne serait pas acceptable. Et d’ailleurs, la préservation de la faune ne serait pas respectée, à l’instar des chauves-souris qui ne leur diraient certainement pas merci. Près de 300 GW non carbonés devront être installés d’ici 2050, compte tenu de l’intermittence des énergies renouvelables. Or celles-ci ne fourniront, au mieux, que de l’ordre de 170 GW (éolien en mer 50 GW, éolien terrestre, 20 GW au plus, photovol- taïque, de l’ordre de 100 GW) (1).
Le nucléaire est donc indispensable pour atteindre un parc de quelques 300 GW, nécessaires pour se conformer aux objectifs de décarbonation de l’industrie, des transports et du chauffage. Sur ce dernier point, observons que de nombreuses villes françaises com- portent un important bâti ancien dont l’isolation ne sera pas toujours possible et l’installation de pompes à chaleur demandera de nouvelles réglementations et des inves- tissements significatifs ; une importante production d’électricité décarbonée restera donc incontournable pour le chauffage des habitations.
Aussi, il est bien évident que la société a besoin d’une fourniture d’électricité en continu, or le solaire et l’éolien sont intermittents, c’est donc le nucléaire qui, fournira la composante pilotable de la production d’électricité décarbonée. Toutes les énergies primaires non carbonées doivent être mobilisées afin d’atteindre cet objectif : énergie renouvelables (EnR) et nucléaire ! L’absence de mise en œuvre volontaire d’une telle stratégie conduirait à des coupures d’électricité qui sont déjà à craindre pour cet hiver 2022/2023, ainsi que leur indigente conséquence : les coupures de chauffages. Un comble dans un pays développé, comme la France qui se targue d’être la cinquième puissance économique.
L’impérieuse nécessité de faire évoluer le mix énergétique pâtit fortement de ne n’avoir pas été prise en considération assez tôt. Le conflit ukrainien ne fait que mettre le doigt sur une lacune largement antérieure. Décarboner certes, mais à quelles conditions et avec quels prérequis ! La construction de six réacteurs nucléaires nouvelle génération puis ensuite 14, annoncée le 22 septembre 2022 par le Président Macron, n’est qu’une fuite en avant bien risquée. L’EPR de la centrale de Flamanville n’est toujours pas en activité ; le savoir-faire français s’est estompé, il faut le reconstruire, tâche immense, après le dégâts causés par le Président Macron : durant son premier quinquennat il a programmé la fermeture du nucléaire, puis au début de son second quinquennat, il a organisé la ruine d’EDF en aggravant l’ARENH, scandale absolu, alors qu’il aurait fallu se battre pour abolir l’ARENH au lieu d’organiser la ruine
Pour nous chauffer cet hiver, pourquoi ne pas utiliser entre autres le bois qui est une énergie renouvelable et qui n’a aucuns effets nocifs à l’égard de l’effet de serre ?
 
 Il faut renforcer la biomasse et l’hydraulique. Selon la FAO, la forêt française représente 10 % de la surface boisée européenne. Le bois-énergie recouvre la presque totalité de la biomasse solide ; en France, elle est la première source d’énergie renouvelable consommée, bien loin devant l’électricité hydraulique. Son principal usage est le chauffage. Or, cet hiver nous pourrions fort en avoir besoin. Les incendies dans la forêt landaise qui nous ont bouleversés cet été ont laissé une réserve de bois de chauffage importante pour cet hiver. En effet, les souches ligneuses pourraient servir de bois de chauffage, alors que la transition énergétique a mis en évidence leur rôle dans un mode de chauffage dé- carboné. Les évolutions technologiques permettent un chauffage au bois associé à une faible consommation de combustible, un bon confort d’utilisation et un faible taux de pollution.
Mobiliser les systèmes énergétiques intelligents s’impose alors que la France possède un savoir-faire et une avancée scientifique mondialement reconnue en la matière. Que l’efficacité énergétique et la gestion prédictive soient utilisée à leur juste valeur et avant tout par les pouvoirs publics ! Que diable, relever le défi de la transition énergétique pour le bien-être commun exige des réseaux de distribution flexibles et intelligents. Un réseau intelligent (smart grid) intègre les nouvelles technologies de l’information et de la com- munication (NTIC), afin d’optimiser une multitude d’usages. Rendre les réseaux plus in- telligents en les équipant de NTIC, permet d’améliorer la fourniture d’énergie, en permet- tant une gestion prédictive.
Distribuer de l’électricité à partir d’un réseau d’énergies verte est désormais possible, grâce à la mise en place et à l’utilisation de ces smart grids « réseaux électriques intelligents » qui permettent de produire et de stocker localement des unités d’électricité (kWh). Les concepts de Smart Cities proposent ainsi aux collectivités locales des solutions, afin d’optimiser la gestion de leurs ressources et d’améliorer la qualité des services rendus aux usagers. Les pompes à chaleur sont également un excellent moyen de gagner en efficacité énergétique. Face à l’augmentation de la population urbaine et aux problèmes environnementaux – entre autres – engendrés par cette situation, ces outils numériques permettent aux villes de relever les défis qui se posent à elles en améliorant leur efficience énergétique et en optimisant le fonctionnement des services publics de l’énergie, des transports, ou encore de la distribution de l’eau.
En réalité, c’est par la recherche d’une meilleure efficacité énergétique et d’une réelle volonté politique de mettre en œuvre la transition énergétique que nous pourrons garantir notre souveraineté et le bien-être de nos concitoyennes et de nos concitoyens.
1 Ces chiffres sont ceux de Jacques Roger-Machart.
Contribution déposée par Debout les Socialistes.
Signataires :
Pauline Gavrilov, Jacques Roger-Machart, Remi Thomas, Adam Delfin, membre du CN sup, 31, Barthélémy Ruiz Chantal, adjointe au maire, 92, Beneton Jean-Claude, conseiller fédéral, 39, Dahlab Meziane, coordinateur fédéral, 80, Delaporte Wandrille, 75, Derosier Jean-Philippe, membre du CN, 75, Doucet Philippe, membre du BN, 95, Gaillard Emilie, membre du CN, 75, Kalfon François, membre du BN, 92, Leblanc Nathalie, VP du conseil régional, conseillère communautaire et membre du CN, 71, Levy Danielle, conseillère fédérale, 75, Loukombo-Senga Valentine, 33, Louviers Angèle, membre du CN, 75, Mpondo Grace, membre du CN sup, 60, Peirano Mireille, membre du CN sup, 84, Petrose Franck, conseiller municipal, 93, Pineda Delphine, membre du BN, 75, Promonet Annie, membre du BN, 06, Regis Daniel, membre du CN, 31, Stephan Colette, 75.
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