Rendez-vous avec les Journées archéologiques régionales 2022 en Ile-de-France – Ministère de la Culture

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Drac Île-de-France
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Publié le 24.11.2022
Les 2 et 3 décembre, Les Journées archéologiques d'Île-de-France 2022 accueillent professionnels et grand public à l'auditorium du Musée d'archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye. Pour cette nouvelle édition, organisée par DRAC Île-de-France (Service régional de l'archéologie) et le Musée d'archéologie nationale, trois sites emblématiques sont mis à l'honneur : Bouqueval, Châteaubleau, Étiolles.
 
Le service régional de l’Archéologie (SRA) de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) d’Île-de-France organise chaque année les Journées archéologiques régionales dans le cadre d’une collaboration avec une collectivité territoriale, un établissement public ou un service à compétence nationale du ministère de la Culture. Pour cette édition 2022, le Musée d’archéologie Nationale – Domaine de Saint-Germain-en-Laye, acteur majeur pour la recherche archéologique et la valorisation auprès des publics franciliens et nationaux, nous fait l’honneur de nous accueillir dans son auditorium.
Ces Journées permettent de présenter les recherches archéologiques récentes effectuées sur le territoire francilien. Ouvertes tant aux professionnels qu’aux bénévoles et au grand public, elles réunissent des représentants de toutes les institutions actives en la matière et constituent un point fort de l’activité archéologique régionale.
Elles se déroulent sur deux jours et font l’objet d’une publication des actes l’année suivante.
 
La richesse de la recherche archéologique en Île-de-France, en effet, repose tant sur les découvertes nombreuses et régulières faites en archéologie préventive que sur les connaissances nouvelles apportées par l’archéologie programmée sur le patrimoine de notre région. Ces deux volets de l’archéologie, que seules les procédures administratives séparent, se retrouvent dans une même pratique scientifique et technique de la discipline, et portent des enjeux complémentaires pour nos politiques territoriales et culturelles. Pour le grand public ils constituent un seul et même univers.
Lors de ces journées archéologiques régionales 2022, la « thématique » met en avant l’archéologie programmée dont la temporalité ne permet pas toujours aux archéologues de présenter leurs travaux et l’avancée de leur recherche aussi régulièrement qu’ils le souhaiteraient. Or, l’Île-de-France se distingue depuis longtemps par le nombre de ses acteurs, la pluralité des recherches menées, et ces dernières années l’essor de programme pilotes que le SRA Île-de-France a soutenus voire initiés avec ses partenaires.
L’archéologie programmée recouvre un nombre important de types d’opérations et de pratiques : prospections de terrain (aériennes, subaquatiques, pédestres, géophysiques, LIDAR, avec détecteurs de métaux…), projets collectifs de recherches, sondages, fouilles programmées annuelles et pluriannuelles, relevés d’art rupestre, études documentaires, préparations de publication, aides à l’édition… Ce gradient opérationnel, qui accompagne toute la chaîne opératoire de la recherche, fait appel à de nombreuses compétences et des expériences diverses qu’il est intéressant de partager.
Au-delà des résultats scientifiques, il s’agira aussi de faire un bilan sur les axes de recherches, les périodes chronologiques et les secteurs géographiques privilégiés en Île-de-France de façon à réfléchir à la programmation future, mais aussi de prendre le temps d’échanger sur les méthodes et les pratiques scientifiques en matière de conservation et de gestions des données scientifiques de l’archéologie (biens archéologiques mobiliers et documentation).
Ces journées sont ouvertes à tous les acteurs de l’archéologie, bénévoles ou professionnels, qui souhaitent en apprendre plus sur leur région.
Pour des raisons d’organisation et d’accès au bâtiment, les inscriptions sont obligatoires. Elles se font depuis le site internet suivant : Journées archéologiques d’Île-de-France 2022
En cas de difficultés, vous pouvez nous contacter sur l’adresse mail suivante : cynthia.domenech-jaulneau@culture.gouv.fr
 
La nécropole gauloise de Bouqueval
La nécropole de Bouqueval (Val-d’Oise), attribuée aux IVe et IIIe siècle avant notre ère, est située sur le versant nord de la vallée de la Daubée, ruisseau désormais disparu, affluent du Crould. Le site, découvert par M. Cecchini en prospection pédestre, est connu depuis 1976 pour son exceptionnel vase à décor plastique et a fait l’objet de campagnes de fouilles en 1977 et 1978 par les bénévoles de la Jeunesse Préhistorique et Géologique de France sous la direction de R. Guadagnin. Elles ont permis de mettre au jour deux tombes à char et douze sépultures dont deux ont livré chacune une épée et une lance, mais aussi des éléments de parure (fibules, bracelets, torque).
Dessin de la Jatte de Bouqueval  © M. Cecchini – 1978
Dans le cadre d’un projet d’aménagement, un diagnostic mené en 2021 a conduit à la découverte de deux sépultures supplémentaires à armement ainsi qu’une inhumation sans mobilier conservé.
Vue en plan des bandages de roues de la structure 111, photo © L. Devilliers , SDAVO
Détail du moyeu en alliage cuivreux de la fosse 111, photo © L. Devilliers, SDAVO
La fouille, prescrite par l’État et réalisée en 2022 par le SDAVO (Service départemental d’archéologie du Val d’Oise), a permis de recaler spatialement les découvertes des années 1970, de refouiller intégralement les fosses et de définir l’extension de la nécropole (environ 3 180 m²). Deux tombes à char supplémentaires ont pu être identifiées, mais du fait d’une érosion particulièrement intense sur la partie est de l’emprise, seuls des bandages de roues et un moyeu sont conservés. Un individu inhumé en arme avec une panoplie complète, deux individus avec épée ainsi que trois fosses sans os conservés mais avec armement (lance et épée, ou épée seule) ont également été découverts. Treize autres inhumations ont été mises au jour contenant le plus souvent de la parure (fibule, ou bracelet de fer). L’une d’elles est une sépulture d’enfant accompagnée d’un dépôt funéraire (céramique et faune).
Inhumation de l’individu 303 avec son armement, photo © C. Quatrelivre, SDAVO et Détail d’une céramique dans une fosse à incinération, photo © C. Gillain, SDAVO
Un résultat inattendu de cette opération réside dans la découverte, en plus des inhumations, de quinze incinérations dont certaines contenaient jusqu’à trois petits vases. Elles font actuellement l’objet d’une fouille en laboratoire. Leur présence pose question, non seulement sur le plan des pratiques funéraires, mais aussi de la chronologie : ces incinérations révèlent-elles une durée d’utilisation de la nécropole plus longue qu’envisagé ?  Par ailleurs, l’état de conservation des nombreux éléments métalliques, permettra d’effectuer des recherches sur les restes minéralisés (fibre textile et végétale) en plus des problématiques liées aux réseaux de production et à la provenance de ces mobiliers. Élisabeth Tribouillard, archéologue
Agglomération antique sur la commune de Châteaubleau
Sur la petite commune de Châteaubleau en Seine-et-Marne, une agglomération antique fait l’objet de fouilles archéologiques depuis le début des années 1960, dont une grande partie par l’association La Riobé. Ce site exceptionnel se développe dès le 1er siècle de notre ère avec la construction de la Via Agrippa reliant Boulogne-sur-Mer à Lyon, avec plusieurs phases d’occupation lors de la Pax Romana (de 29 avant J.-C. jusqu’à 180 après) puis au Bas-Empire (IIIe et IVe siècles). Au-delà de ses quartiers d’habitation, d’artisanat et de son théâtre (1), cette agglomération a vu se développer divers sanctuaires attestant le rôle cultuel important de Châteaubleau pendant l’Antiquité.
Le théâtre vu du ciel. Construit au cours du IIe siècle de notre ère, le théâtre est forme un demi-cercle outrepassé de 80 m de diamètre. Les gradins étaient desservis par cinq allées munies de quatre escaliers permettant l’accès au niveau supérieur. Le mur extérieur se voit parer de contreforts afin de maintenir les poussées du monument, photo © Ludovic Delage – https://journees-archeologie.fr/c-2022/fiche-initiative/13659/Site-archeologique-de-Chateaubleau
Un sanctuaire de Châteaubleau. En 2018, la fouille d’un nouveau sanctuaire a été menée. Un vaste bassin, long de plus de 15,2 m et large de 8,7 m y a été découvert. Un pont en bois comprenant plusieurs rangées de pieux en chêne en permettait le franchissement est-ouest sur une largeur d’au moins 6 m. Cette structure, qui a fonctionné entre le début du IIe s. (au moins) et la fin du IIIe s., avait une fonction de collecte des eaux de ruissellement mais aussi, très certainement, une vocation cultuelle. Une statuette en bronze d’une divinité féminine tenant une corne d’abondance et une autre d’âne le suggèrent, de même que les mobiliers céramique et monétaire notamment, photo © Fabien Pilon – Association La Riobé
Tuile de couverture de forme rectangulaire du 1er siècle après JC. (provient probablement d’un temple. Découverte au bord d’un grand bassin). Il s’agit d’une tuile en argile de couleur marron gris, et de forme avec une écriture dessus. L’alphabet employé est l’alphabet latin, en cursive, c’est à dire l’écriture « attachée », mais il note la langue gauloise. On suppose l’emploi d’un mot grec. Les gaulois n’avaient pas d’alphabet propre, mais employait celui des peuples voisins : grec ou latin.Comment peut-on écrire sur une tuile ? Eh bien c’est très simple : avant que l’argile ne durcisse on écrit avec un stylet métallique puis l’argile durcit car on la cuit et cela forme ce que nous avons vu, photo © Association La Riobé – https://archeochateaubleau.wordpress.com/la-tuile-de-9-lignes/
Les fouilles menées ont permis de mettre au jour un mobilier archéologique remarquable dont, par exemple, des tuiles présentant des inscriptions gravées en langue gauloise datées de l’Antiquité ainsi que des objets attestant la présence d’un atelier de faux-monnayeurs.
Étiolles : plusieurs campements de chasseurs-cueilleur nomades
Le site d’Étiolles dans l’Essonne (-14 000 à -12 500 avant notre ère) est daté du paléolithique récent, plus particulièrement du Magdalénien. Fouillé depuis les années 1970, il est un site de référence exceptionnellement bien conservé, au même titre que le site de Pincevent situé en Seine-et-Marne.
Des niveaux étagés dans la stratigraphie : Les alluvions déposées par les crues annuelles de la Seine recouvrent chaque niveau d’occupation. Ici, on observe plusieurs niveaux superposés en cours de fouille montrant la répétitivité des installations. Parfois, quelques centimètres seulement les séparent, parfois davantage, photo © ARPE – https://archeologie.culture.gouv.fr/etiolles/fr/organisation-campements
Une aire d’activité périphérique du campement U5-P15, photo © ARPE – https://archeologie.culture.gouv.fr/etiolles/fr/organisation-campements
Ce site a révélé plusieurs campements de chasseurs-cueilleur nomades superposés les uns sur les autres (stratigraphie) et situés en bord de Seine, à proximité de gîtes de silex nécessaires pour fabriquer les outils, et proche de zones de gibiers pour la chasse (chevaux et rennes).  
Dans un campement d’Étiolles, vue extérieure et intérieure d’une habitation, dessins © MAN / Gilles Tosello – https://archeologie.culture.gouv.fr/etiolles/fr/les-habitations-1
Fagot de lames isolé en marge de l’habitation W11 à Étiolles, photo © ARPE – https://archeologie.culture.gouv.fr/etiolles/fr/savoir-faire-quotidiens et Coquillage perforé trouvé sur un niveau récent à Étiolles, photo © Marianne Christensen – https://archeologie.culture.gouv.fr/etiolles/fr/parure-art-et-curiosites
Chaque campement était constitué de plusieurs habitations (tentes de 5 mètres de diamètre), de foyers, d’aires d’activité (taille du silex principalement, boucherie) et de lieux d’évacuation des déchets (silex, vidanges de foyers, restes de faune). Les études menées suggèrent que chaque campement était le lieu de vie temporaire d’une petite communauté composée de quelques familles.
Le galet gravé d’Étiolles (3D). Long d’une trentaine de centimètres pour un poids de 3 kg, le bloc de calcaire dur possède des arêtes arrondies et deux faces très lisses : il s’agit donc au sens strict d’un galet, même si, dans le langage courant, un galet désigne généralement une pierre plus petite et plus légère. Recto : un cheval est suivi d’un être imaginaire qui combine des attributs humains et animaux. La zone rougie près du bord gauche est due à l’exposition à la chaleur du foyer. Verso : sur cette face couverte de minuscules concrétions, les gravures sont plus fines et plus denses. On distingue un cheval et deux rennes de facture plus sommaire, disposés tête-bêche. Objet conservé et présenté au musée départemental de Préhistoire d’Île-de-France, à Nemours. Relevé Gilles Tosello 2018 © MAN / Summum 3D (numérisation), Marjorie Fremaux (animation) – https://archeologie.culture.gouv.fr/etiolles/fr
Parmi l’imposante quantité de mobilier archéologique en silex, en os, en coquillage par exemple, une pièce unique pour tout le nord de la France et pour toute la période magdalénienne a été découverte en 2000 dans un foyer. Il s’agit d’un galet gravé sur deux faces représentant deux chevaux, un thérianthrope (dieu ou une créature dotée d’attributs humains et animaux) et deux rennes.
 

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