Qui doit sauver Olymel ? | La Presse – La Presse

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PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE
Les abattoirs de porcs du Québec sont contrôlés à 80 % par Olymel.
Les contribuables québécois devraient fournir cette année 90 millions de dollars en subvention indirecte aux abattoirs de porcs de la province, contrôlés à 80 % par Olymel, a appris La Presse. Tout ça parce que les éleveurs sont forcés de vendre leurs animaux à perte depuis le printemps. Une situation qui alimente la grogne et soulève des questions sur les mécanismes d’aide existants.
Les producteurs de porcs n’ont pas vraiment eu le choix. En avril, ils ont accordé un rabais de 40 $ par bête de 100 kg aux abattoirs. Car Olymel laissait alors planer la possibilité de réduire encore davantage ses achats si elle ne pouvait s’approvisionner en dessous du prix du marché.
Cette réduction de prix d’environ 20 % devait durer 3 mois. Mais en juillet, elle a été prolongée. Et à l’approche de l’hiver, les concessions ne sont pas encore finies.
À la mi-octobre, les Éleveurs de porcs ont toutefois décidé que le rabais diminuerait à 25 $. La réplique d’Olymel ne s’est pas fait attendre. Le transformateur a décrété une « réduction d’abattage de 250 000 porcs d’ici 4 mois ». Tout en prévenant qu’il pourrait se rétracter.
« Dans le cas où les Éleveurs décideraient de rétablir le rabais au montant de 40 $ jusqu’au 31 décembre 2022, Olymel annulerait la décision de réduire ses achats et s’engagerait à ne pas annoncer de nouvelles réductions d’ici le 31 décembre 2022 », a annoncé à ses membres le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, dans un courriel.
Le 4 novembre, un autre important transformateur, Aliments ASTA, a utilisé la même stratégie qu’Olymel dans l’espoir de faire diminuer le coût de ses porcs. Une réduction d’abattage de 1000 porcs par semaine a été annoncée, a-t-on appris. Joint en Floride, le président d’ASTA, Jacques Poitras, n’a pas voulu répondre à nos questions. « Je m’embarque pas là-dedans », nous a-t-il dit en précisant que c’était sa fille qui était au courant du dossier.
De telles réductions forcent les éleveurs à trouver des acheteurs pour leurs porcs à l’extérieur du Québec, ce qui complique la logistique et augmente les coûts de transport. Pour le moment, le rabais de 25 $ demeure en vigueur. Les Éleveurs assurent être « à pied d’œuvre pour que ces avis soient gérés de manière ordonnée, équitable et efficace ».
« Les menaces, est-ce que ça va devenir récurrent ? Ça rend les producteurs nerveux », raconte une source de l’industrie qui craint les représailles si elle est identifiée.
Du Breton, l’autre important transformateur de la province, n’a pas transmis d’avis du genre. Étant donné la mise en marché collective du porc au Québec, Olymel, ASTA et Du Breton bénéficient tous trois du même rabais depuis avril.
Les éleveurs qui se sont confiés à La Presse n’en peuvent plus de ce « chantage » dont ils ne voient pas la fin. Ils s’inquiètent de ce qui les attend après le 31 décembre et s’indignent de devoir « financer la mauvaise administration d’Olymel » et ses acquisitions coûteuses.
« C’est une année où on aurait dû être à profit, mais finalement, on va être dans le rouge », se désole le producteur René Harton, dans le Bas-Saint-Laurent.
Le rabais de 40 $ finira aussi par coûter cher en fonds publics.
Car Québec finance les deux tiers du Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) géré par La Financière agricole du Québec (FADQ). Quand les éleveurs vendent leurs bêtes à perte, les versements de l’ASRA leur permettent de finir l’année kif-kif.
Pour 2022, l’ASRA prévoit verser 138 millions aux éleveurs de porcs, nous a annoncé André Houle, vice-président aux assurances et à la protection du revenu de la FADQ. Ce sont donc 91 millions qui proviendront des contribuables. L’autre tiers sera payé par les producteurs, même s’ils ne font aucun profit.
Le plus récent exercice financier de l’ASRA s’était conclu par un déficit de 107,3 millions.
Les éleveurs et d’autres sources dans cette industrie qui fait vivre 31 000 personnes comprennent qu’Olymel a des problèmes financiers. Mais ils se questionnent sur l’utilisation actuelle de l’ASRA qui n’a rien à voir avec sa mission de soutien des fermiers en cas de bond subit des coûts de production ou de marché qui s’écroule.
« Le rabais de 40 $, c’est une façon de subventionner les transformateurs en passant par les producteurs qui sont des boîtes à malle pour les chèques », dit une source bien au fait du dossier qui n’est pas autorisée à parler aux médias.
En Beauce, l’éleveur Cécilien Berthiaume croit que l’État devrait agir au plus vite. Et qu’Olymel devrait utiliser un autre mécanisme que l’ASRA pour garder la tête hors de l’eau. Un mécanisme qui ne met pas en péril la survie et la capacité d’innovation des fermes porcines de la province. « Il faut réévaluer qui doit soutenir une entreprise privée qui a des problèmes. Pourquoi est-ce que ce sont les producteurs ? »
Le directeur du département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation de l’Université Laval, Maurice Doyon, est d’accord avec les éleveurs. « À partir du moment où tu dis : “Je ne vais pas te donner le prix du marché parce que tu vas avoir l’ASRA », ça devient une subvention détournée. Il y a un détournement. L’ASRA subventionne Olymel. »
À La Financière agricole, André Houle estime que « c’est une opinion qui peut être valable en fonction de la façon dont les gens interprètent les choses », mais il soutient que les sommes versées sont « conformes aux règles ».
La légitimité de cette « subvention aux transformateurs » dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre est remise en question par l’une de nos sources. En plus, 70 % de la production de porc est exportée, rappelle cette personne. À son avis, « la situation va amener inexorablement à une révision de l’ASRA. Car ça commence à titiller des gens au niveau du gouvernement ».
Il n’a pas été possible de savoir si le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, est à l’aise avec la facture de plus de 90 millions qui sera refilée aux contribuables et celle que devront payer les éleveurs de porcs. Il a refusé notre demande d’entrevue. Son cabinet nous a toutefois précisé que la prochaine étude du secteur porcin sera menée en 2023 et que le ministre « suivra avec intérêt les recommandations du comité qui seront formulées à La Financière agricole ».
Le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, et la haute direction d’Olymel ont aussi refusé de nous parler, étant donné que la convention qui régit leur relation est en négociation.
Les producteurs porcins qui se sont confiés à La Presse racontent qu’ils n’ont aucun problème à faire des sacrifices pour aider leur filière qui génère des retombées de 3,36 milliards de dollars. Ce qu’ils digèrent mal, c’est de devoir vendre leurs bêtes à perte à une entreprise qui s’est trop endettée pour acheter presque tous ses concurrents et dont la gestion soulève des questions, comme l’écrit mon collègue André Dubuc.
« Si on regarde 25 ans en arrière, Olymel a toujours grossi par acquisitions. Et après chacune, leur part de marché baissait, alors ils faisaient une autre acquisition. Ça ne donne pas l’impression que ce sont les meilleurs opérateurs », analyse Maurice Doyon.
« Quand tu paies des compagnies plus cher que leur valeur marchande et que les taux d’intérêt augmentent, c’est comme deux tapes sur les doigts », dit une source de cette industrie qui refuse d’être identifiée pour ne pas nuire à son entreprise. Cette personne s’interroge aussi sur les coûts d’exploitation d’Olymel qui a annoncé à la mi-octobre la suppression de 177 postes de cadres sur 800. Comment l’entreprise a-t-elle pu avoir une telle masse salariale de trop ? se demande-t-elle.
La fermeture du marché chinois au début de la pandémie a particulièrement fait mal à Olymel. L’année 2021 a ensuite été marquée par une grève éprouvante de quatre mois à l’abattoir de Vallée-Jonction.
PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE
Les employés de l’abattoir de Vallée-Jonction d’Olymel ont déclenché une grève de quatre mois en 2021.
Olymel affirme avoir pris des mesures pour améliorer sa situation après que sa division porcine eut perdu 60,2 millions (avant impôts et ristournes), l’an dernier. Sa capacité d’abattage a été réduite dès l’automne 2021 en raison de la pénurie de main-d’œuvre « historique » qui sévit. L’abattoir de Princeville a été transformé en « usine à valeur ajoutée » qui se consacre au désossage et aux découpes qui génèrent de meilleures marges de profit.
« Il fallait se reconcentrer sur la rentabilité », résume le porte-parole Richard Vigneault.
Un rabais de 40 $ a ensuite été réclamé aux éleveurs. « C’est important, poursuit M. Vigneault. Ça permet de travailler avec des marges qui peuvent mieux soutenir les coûts d’opération. »
On ne sait pas encore si Olymel réussira à générer un bénéfice en 2022. Mais l’entente prévoit qu’une tierce partie validera les états financiers des abattoirs et que d’éventuels profits seraient distribués aux producteurs.
Pour le professeur Maurice Doyon, une solution à la crise devra impérativement être trouvée. Car en raison de sa position dominante au Québec, Olymel est devenu « too big to fail ».
Sans Olymel, toute la filière s’écroule. Tout le monde le sait, et personne ne veut que ça arrive.
Dans son mini-budget, Chrystia Freeland a annoncé l’instauration d’une taxe qui fait jaser. Une taxe qui viserait les riches, en principe, mais dont les effets sont loin d’être aussi évidents qu’il y paraît.
Bien des consommateurs auraient préféré que la Banque du Canada module ses hausses de taux d’intérêt de façon moins draconienne qu’elle ne l’a fait depuis le mois de mars. La banque centrale aurait-elle dû étaler ses hausses de taux dans le temps pour épargner le choc dévastateur que subissent ceux qui doivent renouveler leur prêt hypothécaire ?
On ne pourra pas dire que Lowe’s a fait des miracles avec Rona. Malgré sa longue expérience dans le secteur de la quincaillerie, ses succès aux États-Unis et ses gros moyens, le géant a été incapable de faire croître ce fleuron québécois.
Deux éléments m’ont frappé dans l’énoncé économique de Chrystia Freeland, deux luttes qui sont fondamentales.
Une autre variable vient compliquer le travail d’Hydro-Québec et du comité sur la transition énergétique dirigé par François Legault : les grands besoins des provinces de l’Atlantique.
La crainte du changement d’emploi peut aller au-delà de la peur de perdre sa « prison dorée » et du besoin de confort liés aux conditions de travail ou au statut d’emploi. Bien que la tendance actuelle soit aux changements de carrière fréquents, vous êtes de ceux qui ont le sentiment de s’être enfermés dans leur emploi. Nombreuses sont les raisons qui pourraient vous laisser une impression d’impasse.
Après quelques minutes de conversation, ses positions étaient claires. Le superministre Pierre Fitzgibbon défendra avec vigueur l’industrie de l’aluminium, très énergivore, mais il n’est pas enthousiaste pour la filière d’hydrogène vert.
Au Québec, 51 % des adolescents travaillent pour gagner de l’argent. Mais leur salaire ne vient pas avec des connaissances financières. Bien des parents aimeraient donner un coup de pouce à leur progéniture, sans trop savoir comment s’y prendre.
La fin de l’année arrive bientôt et ce ne sont pas les quelques rares sursauts haussiers qu’enregistrent à l’occasion les principaux indices boursiers qui laissent présager un éventuel ralliement de dernière heure. En cette année de forte inflation, marquée par des interventions bien senties et répétées des autorités monétaires, les investisseurs ne se font plus d’illusions et évaluent plutôt froidement les pertes qu’ils devront escompter dans leur bilan de fin d’année.
Alors que la tempête inflationniste alimentaire se poursuit, certains épiciers, notamment Loblaw, tentent de marquer des points auprès des consommateurs en gelant les prix de nombreux produits. Bel effort, mais la réaction de Metro à la campagne de Loblaw a soulevé de sérieuses questions sur les pratiques de fixation des prix de l’industrie, encore une fois.
Le party immobilier est bel et bien terminé. Les hausses des taux d’intérêt de la Banque du Canada ont brusquement freiné les transactions et fait chuter les prix.
Même les monstres de l’Halloween ne réussissent pas à faire peur à l’inflation au point de la faire déguerpir.
Les automobilistes qui ont eu à circuler entre la Rive-Sud et Montréal le week-end dernier ont eu un bel aperçu de ce qui les attend pour les trois prochaines années alors que les usagers de la route vont entrer de plain-pied dans l’ère du chaos circulatoire. Les automobilistes et camionneurs qui doivent franchir quotidiennement le fleuve pour se rendre au travail ou pour alimenter la chaîne d’approvisionnement devront apprendre à survivre dans un corridor beaucoup plus étroit.
Il y a eu la Sun Life. Puis la Banque Royale, le Canadien Pacifique et Bell Canada. Saputo pourrait-elle s’ajouter à cette liste de grandes entreprises qui ont dégonflé leur siège social à Montréal ?
« Voici une histoire d’horreur de service à la clientèle qui pourrait être intéressante pour vos lecteurs », m’a écrit une lectrice pendant qu’elle était coincée à l’aéroport de Manille, aux Philippines.
Pour découvrir les nouveaux aliments qui pourraient se retrouver dans notre assiette, le Salon international de l’alimentation (SIAL) est un incontournable. Cette semaine, l’évènement avait lieu à Paris, et les visiteurs ont pu y voir une flopée d’imitations végétales. Des imitations de viande, de produits laitiers, de poissons.
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