Prononcé le 27 octobre 2022 – Gabriel Attal 27102022 Politique économique – Vie publique.fr

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Prononcé le

MARC FAUVELLE
Bonjour Gabriel ATTAL.
GABRIEL ATTAL
Bonjour.
MARC FAUVELLE
On va revenir, bien sûr, sur l’intervention d’Emmanuel MACRON hier soir sur France 2 mais d’abord les derniers résultats du groupe TotalEnergies qui sont tombés il y a quelques minutes. En neuf mois, l’entreprise vient de réaliser 17 milliards d’euros de bénéfices. C’est plus que les bénéfices complets de l’année dernière. Est-ce que c’est une bonne nouvelle ?
GABRIEL ATTAL
D’abord c’est des bénéfices qui sont réalisés pour l’essentiel à l’étranger. C’est une première chose. Ensuite, c’est une bonne nouvelle s’ils partagent la valeur dans l’entreprise.
MARC FAUVELLE
Vous n’en êtes pas certain ?
GABRIEL ATTAL
Il y a des décisions qui ont été prises un peu dans la douleur ces dernières semaines sur des revalorisations salariales après une grève qui a beaucoup impacté les Français. Donc s’ils partagent la valeur dans l’entreprise, s’ils font baisser la facture des Français. Je rappelle qu’il y a ces derniers mois une ristourne qui a coûté 500 millions d’euros. Et s’ils investissent en France notamment dans le secteur des renouvelables. C’est ça qu’on leur demande.
MARC FAUVELLE
Ça veut dire que vous allez surveiller l’utilisation de cet argent ?
GABRIEL ATTAL
Bien sûr. Vous savez, ce qu’on fait depuis plusieurs mois. Quand il y a eu la ristourne qui a été mise en place par TOTAL de 500 millions d’euros, c’est parce qu’on a mis une pression très forte en leur disant : vous faites des bénéfices, vous les faites pour l’essentiel à l’étranger et donc ils ne sont pas taxables en France puisque c’est un grand principe de la fiscalité internationale, et donc on vous demande d’investir pour faire baisser la facture d’essence des Français à un moment où il y a de l’inflation et d’investir dans des énergies renouvelables.
MARC FAUVELLE
Et si TOTAL ne fait pas tout ce que vous demandez, que se passera-t-il ?
GABRIEL ATTAL
D’abord on leur demande de le faire.
MARC FAUVELLE
Oui, mais si ?
GABRIEL ATTAL
Ensuite, vous savez qu’on a pris une décision importante, c’était le quatrième point que je voulais évoquer. C’est qu’on va les taxer puisqu’il y a un mécanisme européen auquel on a contribué, qui a été acté. Dans le projet de loi de finances qui est actuellement en discussion au Parlement, on a introduit un mécanisme qui va permettre de taxer les activités notamment de raffinage. C’est ça qui concerne TOTAL en France, en tout cas pour les énergies fossiles, et donc contribue aux finances publiques.
SALHIA BRAKHLIA
Vous disiez à l’instant que c’était le gouvernement qui avait mis la pression à TOTAL pour cette fameuse ristourne à la pompe, pour le carburant. Maintenant que vous savez que les bénéfices s’élèvent à plus de 17 milliards en neuf mois, est-ce que vous allez demander à TOTAL de rallonger, de prolonger cette ristourne à la pompe ?
GABRIEL ATTAL
D’abord ils l’ont déjà prolongée.
SALHIA BRAKHLIA
Jusqu’au 15 novembre.
GABRIEL ATTAL
Oui, puisque nous-mêmes, le gouvernement, on a annoncé que la ristourne de l’Etat allait prolongée de quelques semaines et TOTAL s’est aligné. Nous ce qu’on va leur demander encore une fois, c’est encore les 3 éléments que je viens d’évoquer. C’est 1/ partager la valeur dans l’entreprise avec les salariés ; 2/ faire baisser la facture des Français quand ils le peuvent ; et 3/ investir…
SALHIA BRAKHLIA
Mais sur la ristourne, vous allez leur demander de la prolonger ?
GABRIEL ATTAL
Je vous dis, il y a une demande générale de s’engager. Ensuite on verra comment est-ce que ça se réparti.
MARC FAUVELLE
Parce que vous dites faire profiter des Français sur l’énergie, c’est-à-dire sur le gaz, sur l’électricité mais pas sur les carburants ?
GABRIEL ATTAL
Mais sur le carburant, ils ont mis en place une ristourne, je le rappelle.
MARC FAUVELLE
Mais est-ce que ça ira au-delà ?
GABRIEL ATTAL
Ils ont annoncé 15 jours supplémentaires. Moi je ne fais pas des annonces à la place de TOTAL.
MARC FAUVELLE
D’accord. Patrick POUYANNE, le patron de TOTAL, explique dans Le Monde daté d’aujourd’hui qu’il avait prévu depuis le mois de juillet de reverser un mois de salaire à tous les salariés mais qu’il ne voulait pas l’annoncer tout de suite pour en garder un peu sous le coude. Quand vous voyez les blocages qui ont été provoqués par la grève, est-ce que vous comprenez sa manière de faire ?
GABRIEL ATTAL
Je ne suis pas là pour accabler ou donner des leçons aux uns et aux autres. Ce qui est certain c’est que, évidemment, on aurait tous aimé que ce dialogue social se passe différemment pour éviter ce qu’ont vécu et ce que vivent encore une partie des Français, c’est-à-dire des files d’attente interminables pour aller faire le plein.
MARC FAUVELLE
Et qui continuent aujourd’hui dans certains départements.
GABRIEL ATTAL
Oui, bien sûr. C’est ce que je dis : ce qu’ils vivent encore.
MARC FAUVELLE
On a une station sur 10 dans toute la France, une station sur 10 qui n’a plus aucun carburant. Dans un quart du pays, on a une station sur 5 qui est privée de carburant. Ça va durer encore combien de temps ?
GABRIEL ATTAL
Vous savez qu’on a une mobilisation absolue justement pour faciliter les choses et pour débloquer les choses. D’ailleurs, il y a quand même eu une amélioration depuis ces derniers jours et on continue à se mobiliser, voilà, en faisant en sorte que les dépôts relâchent du carburant, que les raffineries fonctionnent. Ça met un peu de temps. Moi ce que je vois, c’est qu’au niveau national il y a cette amélioration mais on pourra vraiment parler d’amélioration et de problèmes réglés quand il n’y aura plus de Français qui devront se lever deux heures plus tôt le matin pour aller faire le plein pour leur voiture.
MARC FAUVELLE
Il n’y a plus de calendrier cette fois-ci fixé là-dessus ? Il n’y a pas de promesse du gouvernement de dire : dans une semaine c’est terminé par exemple ?
GABRIEL ATTAL
On va continuer à avancer et on va continuer à mettre la pression et la mobilisation.
SALHIA BRAKHLIA
Gabriel ATTAL, hier sur France 2 Emmanuel MACRON parlait d’un mécanisme sur les gros rouleurs pour remplacer la ristourne actuelle sur les carburants à la pompe. De quoi il parle ? Est-ce qu’il va voir le jour déjà en janvier et de quoi il parle précisément ?
GABRIEL ATTAL
Vous savez qu’on veut continuer à accompagner les Français face à l’augmentation des prix. On doit le faire de manière plus ciblée. Moi je suis ministre du Budget, je suis là pour dire la vérité. La ristourne ça coûte très cher, on ne peut pas se payer une ristourne à vie parce qu’à la fin, ça voudrait dire qu’on dépense beaucoup d’argent pour la ristourne mais cet argent, on sera obligé de le trouver quelque part. Et moi je n’ai pas envie d’augmenter les impôts ou les taxes des Français, donc il faut pour aller vers des mécanismes plus ciblés. On a travaillé cet été, on ne l’a pas encore mis en place, mais à un mécanisme que certains ont appelé gros rouleurs- c’est le terme qu’a employé président de la République hier. Moi je parle aussi de gros bosseurs parce qu’il vise à accompagner ceux qui travaillent. Ceux qui nous écoutent là par exemple, qui se lèvent, qui prennent leur voiture pour aller travailler et qui n’ont pas le choix d’utiliser leur voiture pour aller travailler. Et donc ce à quoi on travaille, c’est un mécanisme ciblé pour les accompagner. C’est-à-dire les Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler, qui sont de classe moyenne, qui subissent l’augmentation des prix, il faut cibler l’accompagnement sur eux. C’est ce qu’on prévoit avec ce mécanisme.
MARC FAUVELLE
Ça va coûter combien ?
GABRIEL ATTAL
Il faut définir les paramètres.
MARC FAUVELLE
On est en train et de voter le budget en ce moment. Il n’y a pas une enveloppe déjà prévue ?
GABRIEL ATTAL
Moi ce que j’ai prévu dans le budget, j’avais prévu une enveloppe au cas où on devrait mobiliser ce dispositif – on a eu raison puisque le président l’a annoncé – autour d’un milliard 500 millions d’euros. Je ne vous dis pas que c’est ce que va coûter le dispositif, ce sera peut-être un peu moins, peut-être un peu plus, mais en tout cas on a une enveloppe qui est prévue pour ça dans le budget.
SALHIA BRAKHLIA
Donc les critères qui vont être prise en compte, ce sera forcément utiliser la voiture pour aller au boulot, ce sera aussi en fonction du salaire du salarié ?
GABRIEL ATTAL
Ce qu’on a prévu cet été quand on avait pensé ce dispositif, c’est 3 critères. C’est 1/ travailler, donc il faut déclarer des revenus d’activité à l’administration fiscale. C’est 2/ avoir une voiture, donc un certificat d’immatriculation et une carte grise. Et 3/ effectivement avoir un certain niveau de revenus ; ce qui avait été prévu cet été, c’est que la moitié de ceux qui travaillent puissent en bénéficier. Je crois que ça fait 11 millions de foyers. Je ne vous dis pas que ça sera les paramètres qui seront dans l’aide qu’a annoncée le président de la République.
MARC FAUVELLE
Il faudra le réclamer ou pas ? Ou ce sera automatique, le versement ?
GABRIEL ATTAL
Alors non, il y aura un guichet qui sera un site Internet très simple. On l’avait préparé, encore une fois, cet été si on avait mis en place ce dispositif. Finalement on a prolongé la ristourne mais il y avait un site Internet très simple qui avait été mis en place. Vous mettez votre numéro de télé-déclarant pour les impôts, votre numéro de carte grise, le fichier croise tout ça et ensuite vous pouvez recevoir l’aide en quelques jours.
SALHIA BRAKHLIA
Donc on n’est pas sur une usine à gaz comme le chèque alimentaire.
GABRIEL ATTAL
Pas du tout.
SALHIA BRAKHLIA
Là, ça va vraiment voir le jour à partir du mois de janvier.
GABRIEL ATTAL
Le président de la République a annoncé la mise en place de ce dispositif et donc, évidemment, on va y travailler.
MARC FAUVELLE
On va parler des entreprises dans un instant. Elles sont nombreuses en ce moment à faire face à une envolée des tarifs de l’énergie. On a parlé beaucoup des boulangers ces derniers temps mais d’autres professions qui s’inquiètent beaucoup. Emmanuel MACRON a fait une annonce hier, on n’a pas compris exactement le détail. On va essayer d’y voir un tout petit peu plus clair avec vous, si vous le permettez Gabriel ATTAL, dans une petite minute.
SALHIA BRAKHLIA
Toujours avec Gabriel ATTAL, le Ministre délégué aux Comptes publics pour les PME, les TPE et les collectivités locales. Emmanuel MACRON disait hier vouloir mettre en place un mécanisme pour amortir les prix de l’électricité. De quoi il s’agit ? Ce sera différent du bouclier tarifaire qui existe déjà ?
GABRIEL ATTAL
Oui. Aujourd’hui, vous avez un bouclier tarifaire qui bénéficie aux très petites entreprises. Si vous avez moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires, moins de 10 salariés, comme tous les Français, individus, vous bénéficiez du bouclier tarifaire. C’est-à-dire qu’au lieu d’augmenter de 120% comme ce serait le cas si on ne faisait rien l’an prochain, votre facture d’électricité et de gaz sera bloquée à 15%. Ça c’est le bouclier tarifaire tous les Français qui nous écoutent vont avoir une augmentation plafonnée à 15% au lieu de 120%, puisque la différence entre 15 et 120 % c’est les finances publiques qui l’amortissent.
MARC FAUVELLE
120% ç’aurait été l’augmentation du gaz, pour l’électricité elle était nettement de l’ordre de 40%.
GABRIEL ATTAL
Non, 40% c’est cette année. L’an prochain l’électricité, ç’aurait dû augmenter de 100% si on ne faisait pas de bouclier tarifaire. 40%, c’est ce qui aurait dû augmenter en 2022, ç’a été 4%.
MARC FAUVELLE
Est-ce qu’on toutes les l’entreprise désormais seront protégées ?
GABRIEL ATTAL
J’y viens. Donc jusqu’à 2 millions de chiffre d’affaires, 10 salariés, vous avez ce bouclier tarifaire. Ensuite vous avez des petites et moyennes entreprises qui sont au-dessus de ces seuils ou alors qui consomment beaucoup d’énergie. Je pense à nos boulangers par exemple. Eux ils n’ont pas accès à ce bouclier.
SALHIA BRAKHLIA
Mais Bruno LE MAIRE qui était à votre place il y a deux semaines avait dit chez nous qu’il changerait les critères du bouclier tarifaire pour que ces entreprises entrent dans le bouclier.
GABRIEL ATTAL
Et donc on met en place un nouveau dispositif, c’est ce qu’a annoncé le président de la République, les précisions seront données par la Première ministre demain, pour que ces petites-moyennes entreprises qui sont au-dessus des seuils puissent aussi avoir un amortissement de leur facture d’électricité, qu’on puisse leur dire que ça n’augmentera pas de plus de tant. C’est important, il faut qu’elles préparent leur budget l’année prochaine. Et ensuite vous avez les plus grandes entreprises, les entreprises de taille intermédiaire. Je crois que c’est au-dessus de 250 salariés, les grandes entreprises où elles on va mettre en place un guichet avec des aides qui permettront de les aider à amortir le choc. Des aides qui pourront être versées avec des acomptes dès la fin de cette année et qui pourront être de plusieurs millions voire plusieurs dizaines de millions d’euros. L’objectif de ça c’est quoi ? C’est de permettre 1/ à nos entreprises de tenir, de tenir le choc et donc à tous les Français qui travaillent dans ces entreprises de pouvoir continuer à garder leur emploi. Et 2/ de limiter aussi l’inflation parce que plus on accompagne les entreprises pour faire baisser leurs coûts, moins elles le répercutent dans leurs prix sur les consommateurs.
SALHIA BRAKHLIA
Mais on limite à quel niveau ? Hier le président de la République parlait de prix raisonnable. Est-ce qu’on sera à une augmentation maximum de 15% comme pour le bouclier tarifaire ou alors ce serait beaucoup plus ?
GABRIEL ATTAL
Ça sera annoncé demain par la Première ministre donc moi je ne peux pas donner plus de détails aujourd’hui. Ce qui est certain, c’est que ça sera nettement en dessous de l’augmentation que se prendraient ces entreprises si on ne faisait rien.
MARC FAUVELLE
Sur la réforme des retraites, Emmanuel MACRON a rappelé son objectif qui est de repousser l’âge légal de départ à 65 ans, mais il a dit que ça pourrait être 64 finalement à condition qu’on allonge dans le même temps la durée de cotisation. Ça veut dire quoi ? Jusqu’où on l’allonge ?
GABRIEL ATTAL
Ça veut dire qu’aujourd’hui vous avez 2 critères pour partir à la retraite : c’est l’âge légal de départ pour liquider vos droits…
MARC FAUVELLE
62 ans aujourd’hui.
GABRIEL ATTAL
Et puis la durée de cotisation pour le montant de votre…
MARC FAUVELLE
42 ans aujourd’hui. 42 ans et quelques mois aujourd’hui.
GABRIEL ATTAL
Voilà. Le président dans la campagne présidentielle a dit : je vais sur 10 ans reporter l’âge légal de départ à 65 ans, donc de 3 ans puisque c’est 62 ans aujourd’hui. Ce qu’il a dit hier, c’est que dans la discussion qu’on a avec les syndicats et les partenaires sociaux, on est prêt à reculer moins l’âge légal de départ si, en contrepartie, les syndicats nous disent : allongez un peu la durée de cotisations.
MARC FAUVELLE
Mais un peu, c’est quoi ? C’est 45 ans de cotisations, 44 ans ?
GABRIEL ATTAL
Il y a une négociation en cours, aune concertation avec les syndicats. Donc si moi je vous disais là ce que c’est, la concertation ne servirait pas à grand-chose. Il y a un travail qui a été engagé, il y a déjà plusieurs réunions qui se sont tenues avec mon collègue ministre du Travail, qui vont se poursuivre jusqu’à la fin de l’année pour définir les contours de la réforme. Il y aura aussi d’autres dimensions dans cette réforme : la prise en compte de la pénibilité, des carrières longues, du cumul emploi retraite. Tout ça est sur la table.
MARC FAUVELLE
Les carrières longues aujourd’hui c’est 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans. Si on applique le principe de la réforme aux carrières longues, on repousse de 3 ans comme pour les autres Français, donc ça fait 63 ans. Ils pourraient prendre leur retraite à 63 ans ?
GABRIEL ATTAL
Ce qui est certain, et le président de la République l’a dit hier, c’est que les carrières longues, c’est-à-dire les Français qui ont commencé à travailler tôt, continueront à partir avant les autres. Voilà, c’est ce qu’a dit le président de la République.
MARC FAUVELLE
Donc quelque part entre 60 et 63.
GABRIEL ATTAL
Il y a une discussion autour des paramètres avec les partenaires sociaux.
SALHIA BRAKHLIA
Gabriel ATTAL, au Sénat la droite majoritaire vient de durcir la réforme de l’assurance chômage. Elle propose de supprimer les allocations lorsqu’un salarié en CDD refuse 3 CDI en l’espace d’un an. Est-ce que vous allez conserver cette version du texte ?
GABRIEL ATTAL
Alors je crois que mon collègue ministre du Travail s’est opposé à cette mesure dans la discussion. Je vais vous dire dans un instant pourquoi mais d’abord l’important, c’est d’insister sur cette réforme de l’assurance chômage qui est très importante. On a aujourd’hui beaucoup d’entreprises qui nous disent : on n’arrive pas recruter. On a des postes ouverts, d’ailleurs on a augmenté les salaires, mais on ne trouve pas preneurs pour ces postes. Et de l’autre côté, il y a encore des Français qui sont au chômage même si on a le taux de chômage le plus bas depuis 15 ans. Et donc cette réforme, elle vise à inciter à la reprise de l’emploi. Donc oui, il y a durcir quand l’économie va bien les conditions d’accès au chômage. Et notamment il y a une mesure qui est importante, c’est que désormais on n’aura plus les allocations chômage quand il y aura un abandon de poste. Il y a beaucoup de chefs d’entreprise, de restaurateurs qui vous disent : on galère à recruter, finalement on arrive à recruter quelqu’un puis au bout de quelques semaines ou quelques mois, on ne le voit plus. Et en fait, il est au chômage.
MARC FAUVELLE
On ne sait pas combien de personnes ça concerne aujourd’hui. Il n’y a aucun chiffre.
GABRIEL ATTAL
On ne sait pas statistiquement, oui, mais on sait que quand on discute avec des restaurateurs, des commerçants, des artisans, des chefs d’entreprise ils vous disent qu’il y a beaucoup de cas comme ça auxquels ils ont été confrontés donc on durcit sur ça.
SALHIA BRAKHLIA
Donc on durcit pour les abandons de poste mais est-ce qu’on durcit aussi pour ceux qui refusent des CDI ?
GABRIEL ATTAL
Ensuite effectivement il y a eu cette proposition qui a été faite de dire : quand on a un CDD et qu’on refuse un CDI à la fin, on n’a pas les allocations chômage. Mon collègue ministre du Travail s’y est opposé en expliquant plusieurs choses. 1/ Aujourd’hui quand vous avez eu un CDD, qu’on vous a proposé un CDI et que vous le refusez, déjà vous n’avez pas accès à la prime de précarité de la fin de votre CDD. Donc il y a déjà une forme de sanction entre guillemets. Et la deuxième chose, c’est qu’il voyait un risque avec cette disposition : que des personnes parce qu’elles ne veulent pas être en CDI, qu’elles veulent enchaîner des CDD, finissent par refuser un CDD et donc refuser de travailler, ce qui n’est quand même pas l’objectif de la réforme puisque je viens de vous l’expliquer.
MARC FAUVELLE
Gabriel ATTAL, on a aujourd’hui une dette de la France qui est de 3 000 milliards d’euros. Le remboursement nous coûte un petit peu plus cher chaque mois parce que les taux augmentent. Est-ce que vous pouvez garantir à tous les Français qu’ils ne paieront pas un euro d’impôt de plus à la fin du quinquennat qu’aujourd’hui ?
GABRIEL ATTAL
Oui, il y a un engagement du président de la République qu’on avait pris en 2017, je le rappelle. C’est de ne pas augmenter les impôts et même de les baisser. On les a baissés de 54 milliards d’euros. Alors 54 milliards d’euros, ça paraît comme ça très abstrait pour tout un chacun, mais encore là en ce moment les Français auraient dû recevoir 138 euros de redevance audiovisuelle à payer que nous avons supprimés, comme on a supprimé la taxe d’habitation. Et donc on a cet engagement, on va continuer à le faire. Dans le budget qu’on discute actuellement, il y a une baisse de 6 milliards 400 millions d’euros d’impôts sur le revenu moyen. Si on ne prenait pas cette mesure, les impôts sur le revenu auraient augmenté du fait de l’inflation.
MARC FAUVELLE
Les Français qui sont propriétaires reçoivent en ce moment leur taxe foncière et ils voient que ça augmente, la taxe foncière, et qu’elle va augmenter encore de 3 milliards d’euros l’an prochain. C’est bien un impôt, la taxe foncière.
GABRIEL ATTAL
Alors la taxe foncière, elle est à la main des collectivités locales qui nous rappelle régulièrement, à raison, qu’il y a une autonomie constitutionnelle des collectivités locales et que donc, pour les impôts qui relèvent des collectivités locales – c’est le cas de la taxe foncière – c’est à eux de déterminer le taux.
SALHIA BRAKHLIA
Sauf que le gouvernement avait la possibilité de la plafonner cette augmentation de la taxe foncière, c’était une proposition de l’opposition, vous avez dit non.
GABRIEL ATTAL
Alors ce n’était pas une proposition très partagée dans l’opposition, puisque la quasi-totalité des oppositions nous ont dit : il ne faut pas plafonner. En gros si je dois expliquer les choses, il y a une règle légale qui est que tous les ans, la base de cette taxe foncière est revalorisée avec l’inflation. Et on aurait pu plafonner les choses, c’est-à-dire bloquer l’augmentation, toutes les associations d’élus et la plupart des oppositions nous ont dit : il ne faut pas le faire. Et il ne faut pas le faire pourquoi ?
SALHIA BRAKHLIA
Il y avait un amendement qui allait dans ce sens.
GABRIEL ATTAL
Mais il ne faut pas le faire, pourquoi ? Parce que les collectivités elles-mêmes, les mairies, ont la possibilité de plafonner cette augmentation. Vous avez des mairies qui disent : la revalorisation légale avec l’inflation, c’est, on va dire, de 5 % ou 7 %, moi je vais baisser mon taux pour compenser, pour pas que ça augmente pour les gens. Et donc les associations d’élus nous ont dit : ne prenez pas cette mesure au niveau national, c’est de la responsabilité des mairies que de bloquer l’augmentation.
MARC FAUVELLE
Donc si ça augmente, ce sera de la faute des maires et pas du gouvernement.
GABRIEL ATTAL
C’est une décision des collectivités bien sûr.
MARC FAUVELLE
C’est 7 % d’augmentation prévisible pour l’an prochain.
GABRIEL ATTAL
Oui, c’est une décision des municipalités.
MARC FAUVELLE
Il y a une mesure, Gabriel ATTAL, dans le budget de la Sécu qui suscite la colère des laboratoires d’analyses. Le gouvernement prévoit une baisse des tarifs des examens effectués dans les labos pour faire 250 millions d’euros d’économies. Les biologistes ne sont pas contents, ils ont décidé dès aujourd’hui de ne plus transmettre les résultats des tests Covid. Est-ce que vous allez revenir sur cette mesure ?
GABRIEL ATTAL
Certainement pas et je veux dire que cette décision de ne pas transmettre les résultats des tests Covid est inacceptable. Voilà. On a la chance d’avoir des biologistes médicaux très engagés dans notre pays et on a eu la chance de les avoir pendant la crise Covid. Ils nous ont aidés à résister en réalisant énormément de tests. Ces tests leur ont permis d’augmenter leur chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros. 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en plus grâce aux thèses Covid payés par la Sécurité sociale pendant la crise Covid, dans un secteur qui est déjà très rentable, qui a des marges qui sont passées je crois de 18% à 26%. Donc moi ce que j’assume, c’est de leur demander un effort dans le budget de la Sécurité sociale de 250 millions d’euros en 2023. 250 millions d’euros d’efforts après 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en plus grâce aux tests Covid payés par les Français. C’est quand même la Sécurité sociale à 75% qui leur verse leurs revenus.
SALHIA BRAKHLIA
Eux disent qu’ils sont d’accord pour faire un effort uniquement l’année prochaine. Il fallait en discuter ensemble. Là ils disent que c’est une décision unilatérale et donc ils la subissent.
GABRIEL ATTAL
D’abord il y a beaucoup d’échanges avec eux. Mon directeur de cabinet les a reçus encore récemment. Moi je le dis, j’assume de demander des efforts à ceux qui peuvent en faire. Tout le monde fait des efforts. Les Français ils font des efforts. Vous avez des prix qui augmentent. L’Etat fait des efforts, les collectivités locales font des efforts dans des secteurs qui ont eu un certain nombre de bénéfices ces dernières années…
SALHIA BRAKHLIA
C’est des superprofits.
GABRIEL ATTAL
Je veux dire à un moment, il faut qu’il y ait une contribution évidemment qui soit apportée.
MARC FAUVELLE
Des superprofits chez les biologistes ?
GABRIEL ATTAL
Je n’ai pas employé le terme, vous l’avez vu.
MARC FAUVELLE
C’était une question de la part de Salhia.
GABRIEL ATTAL
Encore une fois, il ne s’agit pas de remettre en cause le rôle des biologistes qui est absolument essentiel et fondamental, voilà, et qui ont été admirables pendant la crise Covid. Mais à un moment où tout le monde fait des efforts, un secteur qui a une rentabilité importante, qui a fait 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires grâce aux tests Covid payés par la Sécurité sociale, oui on peut leur demander un effort de 250 millions d’euros. (…)
SALHIA BRAKHLIA
Gabriel ATTAL, la RATP va mettre en place une prime de présence pour lutter contre l’absentéisme de ses chauffeurs de bus. Ils pourront toucher jusqu’à 450 € en 3 mois consécutifs. Est-ce que vous considérez que c’est une bonne idée ?
GABRIEL ATTAL
Ah oui. Parce qu’on le voit, il faut arriver à partager la valeur, à améliorer le pouvoir d’achat de ceux qui travaillent. Et quand il y a des primes qui sont mises en place, moi je préfère qu’elles aillent à ceux qui travaillent, plutôt qu’à ceux qui sont absents. Il y a un gros problème d’absentéisme à la RATP, qui est était très important au mois de septembre. Ça fait partie des éléments qui permettent de garantir qu’il y ait plus d’assiduité, de présence, et donc moi je trouve que c’est une bonne initiative. Je crois qu’il y en a d’autres qui ont été prises, notamment pour contrôler davantage un certain nombre d’arrêts maladie, il y a des sanctions d’ailleurs qui ont été prises contre certains salariés. Mais oui, quand on dit, qu’on met en place une prime, eh bien je préfère que ça aille à ceux qui sont présents, qui permettent de conduire les Français dans des bus ou dans des rames de métro, plutôt qu’à ceux qui sont absents.
SALHIA BRAKHLIA
Sauf que parmi les motifs de non-versement de cette prime, il y a la maladie, si on tombe malade, on ne l’a pas cette prime.
GABRIEL ATTAL
Non mais, encore une fois…
SALHIA BRAKHLIA
Si on fait grève, on ne l’a pas cette prime.
GABRIEL ATTAL
Je le dis, il y a des d’autres initiatives qui sont prises pour vérifier que les arrêts maladie sont de vrais arrêts maladie, etc., mais encore une fois…
SALHIA BRAKHLIA
Ce n’est pas une mesure antigrève ? C’est ce que disent les syndicats.
GABRIEL ATTAL
Oh non, ce n’est pas ce que dit la Direction de la RATP. C’est une entreprise, je ne suis pas leur porte-parole, je crois que c’est un dispositif qui existe dans d’autres entreprises, il est en place depuis le 12 octobre, moi je trouve que c’est une bonne initiative.
MARC FAUVELLE
Mais toucher moins que son collègue, quand on tombe malade, ça vous semble normal ?
GABRIEL ATTAL
Là vous prenez un exemple…
MARC FAUVELLE
C’est l’un des critères qui a été retenu dans l’attribution de cette prime.
GABRIEL ATTAL
D’accord, ce qu’il faut…
MARC FAUVELLE
L’arrêt maladie.
GABRIEL ATTAL
Par ailleurs, c’est une prime qui, regardez, il me semble, encore une fois je ne suis pas porte-parole de la RATP, au niveau mensuel. C’est-à-dire que si vous êtes présent pendant un mois, vous touchez 100 €, puis le mois suivant 150 etc. Donc je ne pense pas qu’il ait beaucoup de salariés qui se mettent en arrêt maladie toutes les semaines ou tous les mois.
MARC FAUVELLE
Gabriel ATTAL, l’ancienne ministre de la Santé Agnès BUZYN est la seule membre du gouvernement mise en examen par la Cour de justice de la République, pour la gestion de la crise du Covid. Dans des documents qu’elle a fournis à la Cour de justice et que le journal Le Monde a révélé cette semaine, elle affirme qu’elle a alerté à plusieurs reprises Edouard PHILIPPE et Emmanuel MACRON au tout début de l’année 2020 de l’arrivée du virus, et de sa dangerosité. Est-ce qu’elle a raison quand elle dit que tout le monde s’en foutait ?
GABRIEL ATTAL
D’abord, pour moi c’est assez compliqué de commenter une enquête qui est en cours, donc là vous me demandez de commenter un document sorti dans la Presse, qui aurait été transmis à la justice…
SALHIA BRAKHLIA
Oui, mais vous étiez au gouvernement.
MARC FAUVELLE
 » Tout le monde s’en foutait autour de moi « 
GABRIEL ATTAL
Moi, par définition, moi ce que je peux vous dire, c’est quoi ? C’est que j’étais membre du gouvernement à l’époque de la crise Covid. Je n’étais pas encore au budget, je n’étais même pas encore porte-parole…
SALHIA BRAKHLIA
Vous étiez à la Jeunesse.
GABRIEL ATTAL
J’étais secrétaire d’Etat à la Jeunesse. Mais j’ai quand même une vision de la manière dont les choses ont été gérées, et je peux vous dire que l’on a eu un président de la République, un Premier ministre et des ministres qui étaient totalement en alerte et mobilisés sur ce sujet-là. Voilà.
MARC FAUVELLE
Elle dit aussi, toujours dans Le Monde, qu’on lui a tordu le bras pour quitter le gouvernement, pour être candidate aux municipales à Paris, elle dit qu’on ne lui a pas laissé le choix. Vous étiez sur ses listes à l’époque aux municipales à Paris…
GABRIEL ATTAL
Non ?
MARC FAUVELLE
Non, vous étiez…
GABRIEL ATTAL
… de Vanves et Issy-les-Moulineaux.
MARC FAUVELLE
Ah oui pardon, ça n’était pas très loin. A aucun moment, vous, quand vous avez travaillé avec elle au sein du gouvernement, vous n’avez eu l’impression qu’elle y allait à marche forcée ?
GABRIEL ATTAL
Pas du tout, non, ça je le dis aussi…
SALHIA BRAKHLIA
Vous ne l’avez pas vue.
GABRIEL ATTAL
… très transparente, moi j’ai plutôt vu qu’elle avait très envie d’y aller, mais encore une fois, voilà, chacun a son ressenti.
SALHIA BRAKHLIA
En tout cas, aujourd’hui Agnès BUZYN ne peut plus sortir de chez elle sans être accompagnée d’un agent de sécurité, parce qu’elle reçoit tellement de menaces. Vous avez pris de ses nouvelles ?
GABRIEL ATTAL
Comment ?
SALHIA BRAKHLIA
Vous avez pris de ses nouvelles ?
GABRIEL ATTAL
J’ai eu l’occasion de la croiser dans certains événements, mais, voilà.
SALHIA BRAKHLIA
C’est une perche, qui a été tendue par l’ancien président de la République Nicolas SARKOZY, il enjoint Emmanuel MACRON à sceller un accord politique avec Les Républicains. Réponse du président hier soir sur France 2 :  » Oui, je souhaite qu’il y ait une alliance « . Alors, ça y est, c’est acté, vous tendez la main aux Républicains, ils doivent faire partie de la majorité ?
GABRIEL ATTAL
Non, mais cette question-là elle s’est posée au début de l’été, Elisabeth BORNE avait consulté l’ensemble des formations politiques pour voir s’il y avait lieu d’engager des discussions pour une coalition ou voilà, une extension de la majorité. Ça n’a pas été le cas. Nous, ce qu’on recherche c’est quoi ? C’est des alliances ou des majorités de projets sur le fond. On parlait tout à l’heure de la réforme de l’assurance chômage, pour inciter les gens qui sont au chômage à travailler. Cette réforme elle a été adoptée, il n’y a pas eu besoin de 49.3, parce que les LR l’ont votée. On a au Sénat une loi sur le ministère de l’Intérieur qui prévoit d’augmenter le nombre de policiers et de gendarmes de 3 000 l’an prochain, de 8 500 sur le quinquennat, de doubler la présence sur la voie publique, elle a été adoptée très largement au Sénat, avec les voix des LR et même des voix de la gauche.
MARC FAUVELLE
Mais ça sera toujours avec la droite.
GABRIEL ATTAL
Non, je viens de vous dire, il y a eu des voix de la gauche sur la loi sur le ministère de l’Intérieur…
MARC FAUVELLE
Sur la réforme des retraites, très clairement, les voix à aller chercher sont là.
GABRIEL ATTAL
Eh bien, ce qui est sûr c’est que dans la campagne présidentielle, la candidate des LR disait qu’elle voulait reculer l’âge légal. Donc par cohérence si les LR sont cohérents avec leurs engagements pris il y a quelques mois devant les Français, ils devraient voter une telle réforme. On verra les discussions, elles vont s’engager. Mais il y a un autre texte de loi qui arrive sur le développement des énergies renouvelables, développer le renouvelable dans notre pays, c’est bon pour l’environnement, c’est bon pour la production d’électricité. Si les écologistes ou la gauche sont cohérents avec leurs engagements et ce qu’ils disent devant les Français, ils devraient la voter. Donc voyez, on peut avancer avec des majorités de projets, des alliances de projets…
SALHIA BRAKHLIA
Selon les textes.
GABRIEL ATTAL
Sur des textes.
SALHIA BRAKHLIA
Selon les textes, et pas d’accord global voulu par Nicolas SARKOZY avec Les Républicains.
GABRIEL ATTAL
Non mais quand cette question s’est posée il y a quelques mois seulement, les parties concernées n’ont pas voulu s’engager dans cette voie, donc…
MARC FAUVELLE
Je voudrais vous poser une question presque technique sur la motion de censure qui a été votée à la fois par la gauche et le Rassemblement national, il y a il y a quelques jours. Emmanuel MACRON a laissé entendre hier soir dans son intervention, que la gauche avait volontairement retiré des points de la motion de censure pour qu’elle soit RN compatible, ou en tout cas pour que les députés de Marine LE PEN la votent. Vous avez des preuves de ça ?
GABRIEL ATTAL
J’ai vu des déclarations de responsables du Parti socialiste qui l’ont dit. Je pense à François KALFON qui est membre du bureau national du Parti socialiste.
MARC FAUVELLE
Et qui n’est pas député.
GABRIEL ATTAL
Je pense à Jean-Christophe CAMBADELIS aussi qui est un responsable…
MARC FAUVELLE
Vous citez uniquement des opposants socialistes.
GABRIEL ATTAL
Des membres du Parti socialiste qui ont dit qu’il y avait des références à l’immigration qui avaient été retirées. J’étais dans l’hémicycle et j’ai entendu Marine LE PEN quand elle s’est exprimée. Elle a dit : nous voterons la motion de censure présentée par la France insoumise parce qu’elle est présentée dans des termes qui nous sont acceptables, avec un sourire d’ailleurs en les regardant. Donc ça laissait quand même aussi penser qu’il avait eu probablement des discussions sur le texte pour que le texte puisse être voté par le Rassemblement national. Voilà. Et donc ce qu’on a vu effectivement, c’est une forme de bascule. Quand vous avez des partis de gauche qui affirment lutter contre l’extrême-droite, qui font évoluer leur texte en retirant un certain nombre de sujets pour pouvoir avoir les voix de l’extrême-droite, ça pose question, voilà. Et moi je me mets à la place d’électeurs de gauche qui ont voté pour un député socialiste, un député écologiste, je ne pense pas qu’ils aient voté pour eux en se disant qu’il se passerait ça au Parlement.
MARC FAUVELLE
Merci Gabriel ATTAL et bonne journée à vous.
GABRIEL ATTAL
Merci.

Source : Service d’information du Gouvernement, le 28 octobre 2022
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