Prévoir une deuxième vie pour les 800 000 tonnes de panneaux solaires destinés au dépotoir – Radio-Canada.ca

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La moitié des panneaux solaires que l’autorité de gestion du recyclage a récupéré ne présente aucun dommage apparent et ces panneaux seront testés en vue d’être réutilisés.
Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette
Le Canada pourrait accumuler jusqu’à 800 000 tonnes de panneaux solaires en fin de vie en 2050 selon les estimations de l’International Renewable Energy Agency. Depuis deux ans, l’Alberta étudie comment faire face à ce potentiel raz-de-marée de déchets et éviter qu'il déferle sur les dépotoirs.
Une montagne de panneaux solaires entassés occupe un coin du hangar de Hi-Tech Recyclers. L’entreprise d’Edmonton est devenue le point de chute de tous les panneaux solaires en fin de vie depuis que l’Alberta a inclus les cellules photovoltaïques à la liste des matériaux électroniques recyclés pour un projet pilote de deux ans, en septembre 2020.
Un peu plus loin, une autre pile provient du gouvernement fédéral, qui ne savait pas quoi faire de ces panneaux devenus inutiles.
Même si l’accumulation atteint déjà plusieurs centaines de panneaux, c’est le calme avant la tempête, estime le directeur des opérations de l’autorité de gestion du recyclage en Alberta (ARMA), Brad Schultz.
Avec son ensoleillement et son marché déréglementé de l’électricité, la province attire de nombreux projets de production d’électricité solaire. Les fermes aux milliers de panneaux se multiplient, sans qu’un plan provincial n’ait été développé pour gérer ces infrastructures à la fin de leur durée de vie.
La durée de vie d’un panneau est d’environ 20 ans. Donc nous allons commencer à les voir arriver [dans les dépotoirs] par centaines de milliers. Ce serait utile d’avoir une solution avant que cela devienne un problème, explique Brad Schultz.
« Les gouvernements provinciaux et fédéral offrent des incitatifs financiers pour développer les énergies alternatives comme le solaire. Mais ils n'ont pas réfléchi à ce qu'il se passait à l'expiration de ces panneaux. »
Brad Schultz estime que le programme pilote a prouvé la possibilité de recycler plus de matériel électrique comme les panneaux solaires.
Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette
Une des solutions qu’ARMA explore est la réutilisation des panneaux. Sur les 700 que l’autorité a déjà récupérés et évalués, la moitié n’avait aucun dommage apparent. Pour tester si ces panneaux étaient encore utiles, l’organisme a fait appel à l’Institut de technologie du Nord de l’Alberta (NAIT).
Le directeur du NAITCentre for Grid Innovation, Darren Dunfield, développe depuis plusieurs mois un processus permettant d'évaluer si ces panneaux sont sécuritaires et quelle est leur durée de production restante.
Darren Dunfield (à gauche) et Mark Schell montrent comment les panneaux solaires sont testés.
Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette
Pour minimiser les coûts, sa source d’énergie reste le soleil. Les outils qu’il utilise sont les mêmes qui permettent de tester l’efficacité des panneaux à leur production.
Celui qu’il teste devant nous produit autant d’électricité qu’à sa sortie d’usine. Surement un surplus de commande, selon M. Dunfield. Les deux autres qui lui servent de bancs d’essai ont encore 60 % à 70 % d’efficacité.
Typiquement, un panneau perd un demi pourcent d’efficacité par an. Il s’arrête rarement de fonctionner du jour au lendemain, sauf s’il casse, bien sûr, explique-t-il.
Le processus de test est, pour l’instant, fastidieux, mais l'électricien de formation n’a pas de mal à imaginer une automatisation future. Nous avons besoin de processus qui permettent de tester et de rejeter ou réutiliser les panneaux rapidement. […] Si nous pouvons en sauver le plus grand nombre, nous allons étendre l’accessibilité du solaire, croit-il.
Déjà le propriétaire de Hi-Tech Recyclers, Mark Schell, a été formé au processus et deux de ses employés vont aussi recevoir la formation pour accélérer les tests des centaines de panneaux solaires déjà récupérés.
C’est excitant d’être à l’avant-garde, d’être la première personne. Nous apprenons beaucoup et nous aurons un train d’avance sur les autres entreprises de recyclage, se félicite Mark Schell.
Darren Dunfield teste si l’isolation des panneaux est encore fiable et la quantité d’électricité qui peut être produite.
Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette
Les panneaux réutilisables ne peuvent, pour l’instant, pas produire de l’électricité pour le réseau provincial à cause d’enjeux de certification et d’assurance. ARMA prévoit plutôt de les offrir aux municipalités pour éclairer leur dépôt de recyclage isolé ou aux fermiers pour alimenter leurs pompes à eau, par exemple.
Darren Dunfield espère toutefois que si le processus se développe, une voie sera possible pour le remis à neuf comme cela existe pour les ordinateurs et téléphones.
Qu’arrive-t-il aux autres panneaux? Ceux qui sont endommagés et complètement inutilisables sont, pour l’instant, envoyés aux États-Unis, où une usine de recyclage récupère le métal du cadre. Les cellules photovoltaïques sont pulvérisées en fine poudre de verre qui peut être utilisée pour la peinture réfléchissante pour les routes par exemple.
Environ 1200 ont déjà été recyclés de cette manière et Hi-Tech Recyclers s’apprête à en envoyer un autre semi-remorque.
Le directeur des opérations l’ARMA, Brad Schultz, aimerait pouvoir faire ce travail en Alberta, mais le volume n’est pas encore suffisant pour justifier l’investissement d’un million de dollars pour l’équipement.
Les panneaux solaires sont récoltés à 450 points de recyclage en Alberta.
Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette
Le programme pilote de l’Alberta suscite toutefois de la curiosité d’autres provinces.
C’est l’occasion d’accélérer le processus. N’attendons pas seulement les panneaux en fin de vie de l’Alberta, mais collaborons avec nos voisins de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan, du Manitoba pour récupérer leurs vieux panneaux et les recycler ici, lance-t-il.
L’autorité a demandé au gouvernement provincial d’entériner la liste étendue de matériel électronique recyclable et d’associer des frais de recyclage à l’achat des produits. Son rapport sur le projet pilote sera prêt dans les prochaines semaines.
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