Pour un partenariat médiatique renouvelé entre la France et le Liban – L'Orient-Le Jour

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OLJ / Par David HIVET, le 24 décembre 2022 à 00h00
Photo d’illustration : le ministre libanais sortant de l’Information Ziad Makari et l’ambassadrice de France Anne Grillo au moment de la signature d’une convention entre le ministère de l’Information, la direction de Télé-Liban, l’ambassade de France à Beyrouth et l’Institut national de l’audiovisuel (INA), en avril 2022. Photo d’archives Dalati et Nohra
Le Liban et la France ont un héritage audiovisuel et médiatique commun. Depuis des décennies, journalistes, animateurs, producteurs, réalisateurs libanais et français façonnent ensemble les imaginaires au Proche et au Moyen-Orient, de Beyrouth au Caire, en passant par Damas, Alexandrie, Amman ou Bethléem.
Ainsi, l’histoire de la radio française en langue arabe, Monte-Carlo Doualiya, autrefois RMC Moyen-Orient, est indissociable de l’histoire du Liban. Plusieurs générations de Libanaises et de Libanais ont écouté durant des jours et des nuits les émissions de Hekmat Wehbé, Gaby Lteif, Mona Ghandour, Hiam Hamaoui, Wadad Alameddine, Hana Marcos ou plus récemment de Fady Matar, Alia Kdeih et Samira Ibrahim, pour ne citer qu’eux. Pendant la guerre civile, beaucoup de Libanais se tenaient informés grâce à Antoine Naufal, Édouard Tarabey, Antoine Abou Samra, Georges Cordahi, Antoine Baroud ou Farida ech-Choubachy, grandes voix de RMC Moyen-Orient.
Formidable héritage
Il y a vingt ans encore, ce sont les équipes de RFI qui accompagnaient celles de Radio Liban pour moderniser les émissions radiophoniques en langue française. À la même époque, grâce à Péri Cochin, productrice franco-libanaise, des concepts de programmes TV français, comme Taratata, Un gars, une fille ou Vivement dimanche, voyageaient, via les chaînes de télévision libanaises, à travers tout le Moyen-Orient.
Aujourd’hui, c’est l’INA (l’Institut national de l’audiovisuel basé en France) qui accompagne le Liban pour sauvegarder et numériser ses archives audiovisuelles, la mémoire collective du tout un peuple, de Tyr à Tripoli, en passant par Hadeth. En France, le Liban est chaque jour ou presque à l’honneur grâce à la journaliste franco-libanaise Léa Salamé, une des figures les plus en vue du paysage médiatique français actuel.

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« La langue est aussi un objet politique ; en France, c’en est même une affaire d’État »

Ces dernières semaines, d’autres personnalités libanaises ont également été à la une de l’actualité culturelle et médiatique en France. L’écrivain et chroniqueur à L’Orient-Le Jour Sabyl Ghoussoub s’est vu décerner le Prix Goncourt des lycéens pour son livre Beyrouth-sur-Seine. La grande médaille de la francophonie a également été attribuée par l’Académie française à L’Orient-Le Jour. Deux événements qui démontrent la vitalité des liens qui unissent nos deux pays.
Cet héritage, fruit d’un métissage des cultures, des regards et du savoir-faire des professionnels des médias et de l’audiovisuel des deux rives de la Méditerranée, constitue un formidable capital pour nos deux pays. Mais saurons-nous l’exploiter ? Serons-nous à la hauteur pour ne pas le laisser péricliter comme nous avons laissé décliné, année après année, le « joyau » RMC Moyen-Orient ? Cette radio faisait autrefois la fierté de la France et du Liban. Son nom résonne encore dans beaucoup de têtes. Mais il évoque aujourd’hui le passé et la nostalgie. Pas l’avenir.
Oser
Il faut donc réagir, avoir beaucoup plus d’ambitions et voir grand si nous voulons continuer à faire rayonner, à travers le monde arabe et au-delà, nos visions et nos valeurs communes.
Littérature, musique, cinéma, sciences, journalisme, architecture, médecine, gastronomie : grâce à la force, à la créativité et aux talents de ses forces vives, le Liban reste un pays unique dont le rayonnement international demeure, malgré tout, puissant.
Alors que le monde est bouleversé par des crises multiples, le Liban et la France doivent relancer leur partenariat médiatique pour œuvrer ensemble à faire dialoguer les cultures et les peuples.
À travers ses médias, comme France 24 et Monte-Carlo Doualiya, la France dispose de formidables vecteurs pour promouvoir et soutenir les nombreuses initiatives culturelles, patrimoniales et médiatiques portées avec détermination par des Libanaises et des Libanais.
Alors que Beyrouth est depuis toujours le centre de créativité du monde arabe, il faut plus que jamais encourager les producteurs, créateurs, artistes et journalistes du Liban et mettre en place des partenariats gagnants-gagnants. France Médias monde peut leur permettre de mener à bien leurs projets en investissant dans leurs productions, en s’engageant dans des coproductions ou en donnant de la visibilité à leurs créations et productions.
France Médias monde doit aujourd’hui renouveler ses publics dans le monde arabe et s’adresser à la jeunesse qui rêve de justice et de progressisme, et qui croit aux valeurs universelles. L’heure est venue d’inventer le RMC Moyen-Orient du XXIe siècle. Faisons-le avec les talents du Liban d’aujourd’hui comme nous le faisions il y a trente ou quarante ans, à l’époque où cette radio était une fenêtre ouverte sur le monde, sans équivalent pour de nombreux auditeurs et auditrices de la région.
Mettons nos talents et nos moyens en commun pour inventer et créer ensemble les podcasts – à l’image de Sarde-After Dinner (animé par Mouin Jaber et Médéa Azouri) – les vidéos et autres contenus numériques qui intéresseront les jeunes du Proche et du Moyen-Orient, et qui leur permettront de s’exprimer sur les sujets qui les touchent aujourd’hui : changement climatique, égalité femme-homme, sexualité, droits humains, démocratie, culture, sport… Créons ensemble une émission hebdomadaire panarabe, produite et diffusée en partenariat avec des médias libanais, pour permettre aux jeunes de la région de débattre et de s’exprimer ! Faisons preuve d’imagination ! Osons !
Parallèlement, la France se doit de soutenir les actions des organisations libanaises qui œuvrent pour soutenir la liberté d’expression et le journalisme indépendant, en particulier la Fondation Samir Kassir, la Fondation Maharat ou encore la Fondation May Chidiac. Ces organisations sont les alliées, comme aucun autre dans la région, de celles et ceux qui défendent la liberté d’expression. Inventons avec ces organisations de nouveaux
podcasts, de nouvelles émissions, bilingues ou trilingues, pour évoquer les questions liées aux médias et au journalisme dans le monde arabe.
En redéfinissant le partenariat médiatique entre le Liban et la France, en l’adaptant aux usages, en investissant dans les talents et dans la production de contenus, nous poursuivrons le chemin tracé par nos prédécesseurs. L’alliance des savoir-faire libanais et français a fait ses preuves hier. Il n’y a aucune raison qu’il n’en soit pas de même demain.
Par David HIVET

Candidat à la présidence du groupe France Médias monde (France 24, Monte-Carlo Doualiya, RFI).
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Il est « amusant » ce Monsieur Hivet ! En tout cas, il a l’air de maîtriser les codes de communication du Marconisme niveau V, il va aller loin…Mais de grâce, épargnez nous la fille à papa, médiocre, simpliste et vulgaire, comme représentation des libanais en France…
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Il est « amusant » ce Monsieur Hivet ! En tout cas, il a l’air de maîtriser les codes de communication du Marconisme niveau V, il va aller loin…Mais de grâce, épargnez nous la fille à papa, médiocre, simpliste et vulgaire, comme représentation des libanais en France…
Grand merci pour votre enthousiasme pour une coopération unique, en effet, France Liban sont de vieux amis, dans maintes domaines. Courage !
Lea Salame se prend pour la reine d’Angleterre, waw
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