Playbook Paris: Paris vaut bien une liasse — Macron et Xi à Bali — Les adieux à l'arène ? – POLITICO Europe

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Le briefing politique essentiel du matin, par Elisa Bertholomey et Anthony Lattier.
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Présenté par Meta.
Par ANTHONY LATTIER
avec ELISA BERTHOLOMEY
PRÉSENTÉ PAR
Meta
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Bonjour à toutes et à tous, très bon réveil, nous sommes mardi 15 novembre 2022.
PARIS VAUT BIEN UNE LIASSE. Anne Hidalgo présente aujourd’hui au Conseil de Paris les grandes lignes de son budget 2023. Ce sera l’occasion pour la maire de la capitale d’assumer et de défendre devant les élus de la capitale sa décision d’augmenter de 52% la taxe foncière, annoncée la semaine dernière, et qui lui a valu un torrent de critiques.
On sort. Le Conseil promet donc d’être “dynamique”, pour reprendre l’euphémisme d’un proche d’Anne Hidalgo avec qui nous échangions hier soir (pour en avoir la confirmation, le Conseil est à suivre en direct ici dès 9 heures). En effet, la droite — qui voit dans cette hausse “une fuite en avant” et dénonce l’absence de réforme de structure — a prévu de boycotter le débat en signe de protestation et de quitter l’hémicycle. La cheffe de file de l’opposition, Rachida Dati, n’a pas manqué de dézinguer un choix “sans surprise” et dénoncer une nouvelle fois l’explosion de la dette de la Ville, qui atteint officiellement 7,7 milliards d’euros. “Le boycott, c’est l’arme des faibles. C’est parce qu’ils n’ont rien à dire”, fustigeait de son côté la même source citée plus haut.
C’est pas moi, c’est lui. Pour faire passer la pilule, la maire renvoie la faute sur le gouvernement, responsable selon elle de la hausse de la taxe foncière. Explication : Anne Hidalgo a cherché à obtenir des recettes supplémentaires par l’augmentation de la taxe de séjour dans les hôtels de luxe et celle sur les résidences secondaires, mais le gouvernement n’en a pas voulu, s’en tenant à sa ligne “pas d’augmentation des impôts”. Le ministre des Comptes publics Gabriel Attal a renvoyé la balle à Anne Hidalgo, estimant que “l’Etat ne [pouvait] pas combler l’absence de gestion de la Ville de Paris”.
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Anne Hidalgo a donc estimé n’avoir “d’autre choix” que de recourir à une forte hausse de la taxe foncière. Cela lui permettra de dégager environ 580 millions d’euros par an et d’absorber notamment l’explosion de la facture énergétique l’an prochain. Justification avancée par la maire : c’était “soit dégrader les services publics” (augmentation des tarifs de cantine, fin de la gratuité dans les transports pour les enfants et les seniors, fermeture de piscines…), soit “réduire les investissements dans la transition écologique”.
Ressouder sa majo. L’augmentation de la taxe foncière présente, au passage, un intérêt politique non négligeable pour Anne Hidalgo : resserrer les rangs au sein de sa majorité. Une nécessité six mois après son crash à la présidentielle (rappelons qu’elle a recueilli 2,18% des voix à Paris). A noter qu’Hidalgo ne s’attaque qu’à une minorité de Parisiens, et pas forcément les moins favorisés. 33% des ménages de la capitale étaient propriétaires en 2018, et 58% du parc locatif appartient à des multi-propriétaires. “L’impôt, ce n’est pas un gros mot pour la majorité, on revient à un débat droite/gauche. C’est le meilleur ciment pour nous”, voulait croire un proche de la maire contacté hier soir.
Caisse de communauté. Le plan d’économies de 250 millions d’euros que souhaitait imposer la maire de Paris en septembre a en effet suscité des crispations. Anne Hidalgo ne voulait pas au départ revenir sur sa promesse de ne pas augmenter les impôts locaux alors que les écologistes poussaient déjà pour une hausse de la taxe foncière. “Anne Hidalgo n’avait pas la majorité pour faire passer un plan d’économies. Donc la facilité pour elle était d’augmenter la taxe foncière”, analysait hier soir un élu d’opposition, au téléphone avec Playbook. “Le prix politique à payer de faire des mesures d’économies aurait été beaucoup plus lourd que celui de s’attaquer aux seuls propriétaires”, expliquait hier soir à votre infolettre un soutien d’Anne Hidalgo.
ELLE COURT, ELLE VOLE AU COMBAT. La proposition de loi (PPL) sur la corrida du député LFI Aymeric Caron sera débattue en commission demain, mais le choix du ministre présent au banc continue de faire débat au sein de l’exécutif. Alors que dans un premier temps le nom de Dupond-Moretti semblait acquis — le Garde des Sceaux fervent défenseur de la corrida était prêt à mouiller son habit de lumière —, depuis la semaine dernière, la confusion règne, comme vous le racontait Playbook. L’hypothèse d’un ministre plus technique a circulé, le nom du ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a de nouveau été cité. Mais le choix de l’exécutif pourrait finalement se porter sur Dominique Faure, secrétaire d’Etat à la Ruralité, a appris Playbook hier soir. Une ministre peu médiatique et au profil bien moins clivant qu’EDM.
Aymeric Cabrón. La raison de ce changement de braquet ? La majorité n’est pas totalement alignée sur cette question. Certes, Aurore Bergé, la présidente du groupe Renaissance, et Sylvain Maillard, le président par intérim, sont favorables à l’abolition de la corrida. Mais une grande majorité du groupe — deux tiers, voire 80% selon les décomptes — est opposée à la PPL Caron. Et personne, sur les bancs macronistes, n’est un grand fan du journaliste aux positions antispécistes. Lors de la séance, les députés Renaissance conserveront donc leur liberté de vote, mais le groupe aura “une expression contre les théories d’Aymeric Caron”, nous glissait pudiquement hier après-midi un cadre de la majorité. Une position sur laquelle le MoDem et Horizons devraient également s’aligner.
Les adieux à l’arène. Même s’il ne s’agit que d’une PPL défendue par l’opposition, le sujet est en tout cas pris au sérieux en (très) haut lieu. La corrida a été ainsi l’un des dossiers à l’ordre du jour de la réunion de calage hebdomadaire qui s’est tenue hier à l’Elysée, comme tous les lundis après-midi, autour d’Alexis Kohler. Selon un participant à qui votre infolettre a passé un coup de fil hier, le secrétaire général de l’Elysée a demandé aux présidents de groupes de mobiliser leurs troupes pour que cette PPL ne soit pas votée. Dit avec des mots plus fleuris par notre informateur : “Si le texte passait, ça serait vraiment la merde. C’est un texte de loi perdant-perdant, on perd en crédibilité politique, on perd des électeurs…”
Venga pas. Le sujet est politiquement si inflammable qu’il crée même des divisions jusqu’au sein de la Nupes. D’ailleurs, même si la PPL est portée par l’un des leurs, les quatre groupes alliés ne la voteront pas d’une seule voix. Playbook s’est replongé dans l’accord signé entre les forces de gauche en mai dernier. Il stipule clairement que “le Parti socialiste et le Parti communiste français ne soutiendront pas les propositions relatives à la chasse et à la corrida.” Un cadre (qui n’est pas LFI) se confiait hier à Playbook, lui aussi dans des termes fleuris : “Ça nous emmerde. C’est le débat impossible. C’est du pétrole pour l’extrême droite. Il y a beaucoup d’entre nous qui iront pisser [au moment du vote].” Une technique d’esquive peu orthodoxe en tauromachie.
MATTARELLA-MACRON. Le président italien Sergio Mattarella est personnellement intervenu pour tenter de calmer la crise diplomatique entre la France et l’Italie, causée par le refus de la Première ministre italienne Giorgia Meloni d’accueillir le navire humanitaire Ocean Viking et les 234 migrants qui s’y trouvaient à bord. Sergio Mattarella et Emmanuel Macron se sont entretenus par téléphone hier matin, alors que le président français est à Bali pour le G20. Dans un communiqué minimaliste, les deux chefs d’Etat ont insisté sur la “grande importance” des relations entre les deux pays et sur la “nécessité de réunir les conditions d’une pleine coopération dans tous les domaines”. Un geste inhabituel, explique ici notre collègue Hannah Roberts, alors que le président italien a un pouvoir limité. 
PARIS-PÉKIN. Emmanuel Macron s’est entretenu avec le président chinois Xi Jinping plus tôt dans la journée pendant 43 minutes, d’après le chronomètre très précis de l’Elysée. Il faut dire que les 20 minutes initialement calées dans l’agenda de Xi faisaient très pâle figure face aux trois heures et quelques accordées à l’Américain Joe Biden. C’est toutefois plus, il faut le noter, que tous les autres leaders européens qui ont eu 0 minute avec le leader chinois.
Xi dans les bottes. Les deux leaders se sont mutuellement appelés à contribuer à la négociation de la paix en Ukraine, d’après l’Elysée et l’organe de presse chinois Xinhua News. Xi “a insisté sur le fait que la position chinoise sur l’Ukraine était claire et constante, par la promotion d’un cessez-le-feu, de l’arrêt de la guerre et de pourparlers de paix,” d’après l’agence de presse d’Etat. Macron a aussi annoncé souhaiter vouloir se rendre en Chine l’année prochaine, si les conditions sanitaires le permettent.
L’Ukraine est bien sûr dans toutes les têtes à Bali, a fortiori après le discours en visio du président ukrainien Volodymyr Zelenskyy. S’adressant au G19 (bien que le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov fût dans la salle), Zelenskyy a fait le parallèle entre la récente libération de Kherson et le D-Day en Normandie. Il a aussi rejeté toute perspective de négociation qui rogne sur son territoire, comme les accords de Minsk 1 et 2, après l’invasion de la Crimée, puis du Donbas par des forces pro-Russes. Plus de détails avec notre collègue Stuart Lau, à Bali.
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Emmanuel Macron est toujours à Bali pour le G20. Il s’entretient avec le président chinois Xi Jinping à 8h15 (heure locale, -7 heures en France). Il s’entretient avec le président turc Recep Tayyip Erdogan à 16h10 et avec le président indonésien Joko Widodo à 17h15. Il participe à une réunion de travail Union européenne/Union Africaine sur la question des engrais avec ses homologues Paul Kagame, Macky Sall, avec le chancelier allemand Olaf Scholz, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva et le président du groupe de la Banque mondiale David Malpass. Au programme de la journée également, deux sessions de travail : l’une sur la sécurité alimentaire et énergétique (9h30) et l’autre sur la santé (14 heures). 
Elisabeth Borne participe au 50e anniversaire de l’ouverture de l’école Polytechnique aux femmes à l’Ecole militaire, accompagnée d’Isabelle Lonvis-Rome. Elle prononce le discours de clôture de la soirée à 20h20. Dans la foulée, elle échange avec des lycéennes qui se préparent au concours d’entrée de Polytechnique en présence d’élèves et d’anciennes de l’école.
Olivier Dussopt ouvre le deuxième cycle de concertations sur la réforme des retraites avec les partenaires sociaux, sur le thème de l’équité et de la justice sociale. Olivier Becht ouvre à 9 heures la 17e édition des “Etats de la France”, le “rendez-vous annuel des entreprises étrangères de France”. Patricia Mirallès visite le musée de l’Air et de l’Espace à 10 heures. Olivia Grégoire se rend à 9h30 dans le Rhône au Congrès annuel des indépendants de l’hôtellerie et de la restauration. 
Assemblée nationale : en séance publique à partir de 15 heures, questions au gouvernement puis ultime vote sur la loi assurance-chômage (sur le texte issu de la commission mixte paritaire). Suite de la discussion du projet de loi Lopmi. La commission des affaires économiques examine la proposition de loi visant à accélérer la rénovation thermique des logements à 17h15. Yaël Braun-Pivet s’entretient dans la journée avec Richard Ferrand, son prédécesseur. Premier débat ouvert au public de “L’Assemblée des idées”, à l’initiative de Yaël Braun-Pivet, sur le logement (20 heures à l’hôtel de Lassay). Présentation à 10 heures des propositions de loi à l’ordre du jour de la niche parlementaire LFI du 24 novembre. A 14h05, présentation par les députés RN Julien Odoul et Michaël Taverne de leur proposition de loi sur les rodéos urbains. 
Le Sénat vote en séance publique à 14h30 sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2023. A partir de 18h45, ordre du jour réservé au groupe RDSE, avec notamment une proposition de loi sur le soutien aux édiles victimes d’agression. La commission de la culture auditionne à 16 heures Marlène Schiappa et Sarah El Haïry sur le PLF 2023. 
LR : Aurélien Pradié est en réunion publique à 19 heures à Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne), Eric Ciotti à 18h30 à Arcachon (Gironde). Bruno Retailleau, lui, anime un Facebook Live à 19 heures. 
Yannick Jadot est sur l’île de la Réunion cette semaine. Aujourd’hui, il consacre sa journée à la biodiversité marine et à l’agriculture. 
Dans le cadre du congrès du PS, présentation de la contribution féministe “Pour Christine et toutes les autres” et de son programme à 18 heures à la brasserie l’Assemblée (Paris 7e). 
7h20. RFI : Eric Bothorel, rapporteur du projet de loi relatif à l’accélération de la production d’énergies renouvelables, député Renaissance des Côtes-d’Armor. 
7h30. Public Sénat : Nathalie Delattre, sénatrice RDSE de la Gironde, vice-présidente du Sénat et auteure de la proposition de loi pour soutenir les édiles victimes d’agression. 
7h40. France 2 : Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, candidat à la présidence du parti … RTL : Mathias Wargon, chef de service des urgences de l’hôpital Delafontaine et son interne Amin Bouheniche  … RMC : Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie … France Culture : Eric Monnet, historien de l’économie et macroéconomiste et Guénaëlle Gault, sociologue et politiste, directrice générale de L’Observatoire Société et Consommation.      
7h45. Radio J : Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne. 
7h50. France Inter : Rodolphe Saadé, PDG du groupe CMA CGM. 
8h00. Public Sénat : Olivier Faure, premier secrétaire du PS. 
8h15. Europe 1 : Clément Beaune, ministre chargé des Transports … CNEWS : Pierre de Villiers, ancien chef d’état-major des armées … Sud Radio : Marion Maréchal, vice-présidente exécutive de Reconquête … BFM Business : Eric Niedziela, président d’Arcelor Mittal France. 
8h20. France Inter : Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’AN. 
8h30. France Info : Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique … BFMTV/RMC : Manuel Bompard, député LFI des Bouches-du-Rhône … LCI : Vladimir Fedorovski, ancien diplomate et écrivain franco-russe.
DANS LE JORF : Sur sa proposition, Agnès Pannier-Runacher “ne connaît pas des actes de toute nature relatifs au groupe Défense conseil international, au groupe EP2C et au groupe Perenco”, qui sont déportés vers la Première ministre.
ANNIVERSAIRES : Maud Petit, députée MoDem du Val-de-Marne … Emmanuelle Cosse, conseillère régionale EELV d’Ile-de-France … Jean-François Lovisolo, député Renaissance du Vaucluse … Frédéric Maillot, député GDR de la Réunion.
Un grand merci à : Hannah Roberts, nos éditeurs Jules Darmanin et Pauline de Saint Remy, Julie Tomiche pour la veille et Grace Stranger pour la mise en ligne.
**Un message de Meta: À l’avenir, il sera possible de constater les effets concrets du métavers dans des secteurs comme l’agriculture ou l’enseignement. Les urbanistes simuleront les conditions de circulation pour réduire les temps de transport et désengorger les villes. Les agriculteurs pourront utiliser des outils de réalité augmentée pour optimiser rapidement l’irrigation et la santé des sols. Et les étudiants en sciences pourront apprendre l’astronomie en explorant virtuellement les anneaux de Saturne. Même si le métavers est virtuel, son impact sera réel. Découvrez pourquoi Meta contribue au développement du métavers.**
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