Playbook Paris: Le grand jour des retraites — EnR: vote solennel … – POLITICO Europe

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Le briefing politique essentiel du matin, par Elisa Bertholomey et Anthony Lattier.
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Le briefing politique essentiel du matin.
Par ELISA BERTHOLOMEY
Avec ANTHONY LATTIER
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Bonjour à toutes et à tous, excellent réveil, nous sommes mardi 10 janvier 2023. Plus que dix petites heures avant de connaître le contenu global de la réforme des retraites. Votre infolettre préfère être honnête : ce sujet risque d’occuper vos lectures matinales pendant de longues semaines. Mais promis, Playbook s’engage à tout faire pour vous éviter l’indigestion. Vivement la quille !
C’EST LE GRAND JOUR. Après quelques semaines de temporisation, Elisabeth Borne va révéler, pardon, détailler la future réforme des retraites à 17h30 cet après-midi. Son contenu a déjà été largement éventé : le gouvernement envisage le report de l’âge de départ à 64 ans et une accélération de l’allongement de la durée de cotisation (la fameuse réforme Touraine). D’autres mesures concernant la pénibilité, les carrières longues ou l’emploi des seniors seront également explicitées par la Première ministre.
Team building. Au sein de l’exécutif, l’heure est aux derniers calages et à la mobilisation des troupes avant ces longues semaines de débat consacrées à la “mère des réformes”. D’ultimes arbitrages devaient encore être rendus hier soir, a appris Playbook. Olivier Dussopt a convié quelques députés à déjeuner ce midi. Et demain, la cheffe du gouvernement participera à une réunion de tous les groupes de la majorité à l’Assemblée nationale.
Février sera enfiévré. Plus que la présentation du texte, les parlementaires ont déjà la tête tournée vers les débats qui débuteront le 6 février dans l’hémicycle. La réforme étant examinée dans un texte financier, le PLFSSR (projet de la loi de financement de la sécurité sociale rectificatif), les députés auront 20 jours ouvrés et pas un de plus pour terminer les discussions. Si elles n’ont pas abouti au terme de ce délai, le texte sera envoyé au Sénat sans vote. La majorité a donc d’ores et déjà prévu de déposer peu d’amendements et d’appeler certains articles en priorité pour pouvoir discuter des dispositions essentielles.
La sulfateuse. Problème : les insoumis sont bien décidés à faire de l’obstruction en déposant des amendements à tire-larigot — leur cheffe de file, Mathilde Panot avançant même le nombre de 75 000, à raison d’un millier par député de son groupe. “On risque potentiellement de passer des heures et des heures pour remplacer un ‘par’ par un ‘pour’, mais pas pour débattre de la pénibilité ou des carrière longues”, s’inquiétait un conseiller de l’exécutif au téléphone avec Playbook dimanche soir. Et le même d’anticiper : “On peut terminer le débat dans le temps prévu sans avoir examiné l’article 1.”
Le plan. La majorité a donc élaboré une stratégie pour tenter de retourner à son avantage l’obstruction de LFI. Le projet de loi initial devrait intégrer toutes les dispositions envisagées par le gouvernement. Et ce dès le départ, pour ne pas risquer que des mesures essentielles soient seulement abordées par le biais d’amendements. Par ailleurs, l’exécutif compte bien tenir les débats durant 20 jours. Double avantage : en cas d’obstruction, le texte ne serait certes pas voté, mais directement transmis en l’état au Sénat. Autre avantage : le gouvernement éviterait d’en passer par un 49.3 et une motion de censure.
La suite du plan. Une fois le texte adopté par la chambre haute — où la majorité de droite vote chaque année un amendement reportant l’âge de départ à la retraite à 64 ans — la loi ira en commission mixte paritaire (CMP) où députés et sénateurs devront se mettre d’accord sur un texte commun. “Il y a de bonnes chances que la CMP soit conclusive”, anticipait déjà une cadre de la majorité hier. Le texte n’aurait plus qu’à être adopté par un vote solennel, vers la mi-mars, sans deuxième lecture. Une affaire rondement menée. Enfin, si le plan se passe sans accroc.
UNE HISTOIRE DE VALEURS. Renaissance tenait son premier bureau exécutif de l’année 2023 hier soir. Outre la réforme des retraites, le sujet du partage de la valeur était au menu des discussions. La convention sur ce thème voulue par Bruno Le Maire aura lieu début février, a appris votre infolettre dans la soirée. La date précise et le lieu restent encore à déterminer, mais le ministre de l’Economie souhaite y associer des salariés, des chefs d’entreprise et des patrons de TPE-PME.
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LES SOCIALISTES ET LIOT AU SECOURS D’APR ? Plusieurs groupes parlementaires ne vont décider que ce matin de leur consigne de vote sur le projet de loi d’accélération des énergies renouvelables (EnR) défendu par Agnès Pannier-Runacher. Un vote solennel dans l’hémicycle aura lieu après les questions au gouvernement. Il devrait être éclipsé par la présentation de la réforme des retraites, à moins que le texte ne soit rejeté.
Le sens du vent. Le ministère de la Transition énergétique a sorti la calculette : si l’ensemble des députés des trois groupes avec qui APR a négocié (écologiste, socialiste, Liot) s’abstenaient et que les autres oppositions votaient toutes contre, il manquerait trois voix pour que le texte passe. Autant vous le dire tout net : ce scénario a peu de chances de se produire.
L’important, c’est la rose. Après la décision prise jeudi par les écologistes de s’abstenir — ce qui a été perçu comme une trahison par la majorité — les espoirs de la ministre de la Transition énergétique se portent désormais sur les députés socialistes, bien qu’officiellement, le groupe, composé de 26 élus, fasse durer le suspense.
Problème de calendrier. Plusieurs députés PS nous glissaient pourtant hier que le groupe se dirigerait vers un vote pour. De fait, cela suffirait à offrir une victoire à l’exécutif. Petit souci : la concomitance du vote avec la présentation de la réforme des retraites par Elisabeth Borne en “agace” certains, qui ne voudraient pas avoir l’air de donner un blanc-seing au gouvernement. Ainsi Gérard Leseul, qui prévient déjà qu’un “vote en faveur du texte ne vaudrait pas quitus au gouvernement” sur le reste. Même son de cloche chez Dominique Potier, qui appelle à “faire la part des choses” entre le texte sur les EnR et le projet de loi sur les retraites.
Le tour de Potier. Le même, qui compte parmi les députés en charge du texte, souligne avoir contribué avec son groupe à un véritable travail de “co-construction” parlementaire. Tous comptes faits : sur les 351 amendements adoptés, 42 proviennent du groupe socialiste, soit le chiffre le plus élevé parmi les groupes d’opposition (pour tout savoir sur les votes des uns et des autres, Paris Influence a fait le décompte pour nos abonnés). Gérard Leseul textotait hier à votre infolettre une liste des “avancées” que les socialistes ont obtenues, par exemple “le renforcement des obligations de solarisation des toitures des bâtiments tertiaires et des parkings”.
Pancher pour oui. Le salut d’Agnès Pannier-Runacher pourrait aussi venir du groupe Liot, dont 16 amendements ont été adoptés. Le groupe Libertés, indépendants et outre-mer et territoires, composé de 20 membres, “devrait très majoritairement voter en faveur du texte”, nous confirmait hier le président du groupe Bertrand Pancher (là aussi, la décision doit être prise ce matin). Pancher avait été reçu la semaine dernière par APR au ministère de la Transition énergétique, comme l’avaient aussi été les représentants des écologistes et des socialistes, vous racontait Playbook jeudi dernier.
Les autres. Les élus de La France insoumise se décident également aujourd’hui. Le groupe s’achemine, lui, vers un vote contre selon une source interne, alors que majorité et gouvernement espéraient une abstention au regard du programme présidentiel de Mélenchon sur les énergies renouvelables. Quant aux groupes LR, RN et communiste, ils ont déjà fait savoir qu’ils voteraient contre ce texte.
CMP en vue. Signe que l’exécutif s’attend malgré tout à ce que le texte passe ce soir, une commission mixte paritaire est d’ores et déjà programmée le 24 janvier. Mais la majorité aurait aimé arriver en meilleure posture à cette CMP. “L’abstention des écologistes nous met en difficulté pour négocier face aux sénateurs. On ne peut pas leur rétorquer qu’on a une majorité solide avec la gauche à l’Assemblée”, regrettait hier un des rapporteurs du texte, au téléphone avec Playbook. 
PRESSION SUR BERLIN. Moins d’une semaine après que l’Allemagne s’est décidée à envoyer des véhicules de combat d’infanterie en Ukraine, la France et la Pologne poussent le pays à équiper Kiev de puissants chars Leopard. Sachant que la Grande-Bretagne envisage d’envoyer une douzaine d’exemplaires de son principal char de combat, le Challenger 2, il devient de plus en plus difficile pour Berlin d’invoquer sa réticence historique à livrer des chars pour combattre les tanks russes, acte qui rappellerait les années 40.
Cadeau d’anniversaire. Selon une source proche de l’exécutif français, Paris met la pression sur les Allemands pour qu’ils acceptent d’envoyer des Leopards en Ukraine avant le sommet franco-allemand du 22 janvier. Cette date marque le 60e anniversaire du traité franco-allemand de l’Elysée où Konrad Adenauer et le général de Gaulle avaient acté la réconciliation des deux pays. Tout un symbole. “Les Ukrainiens veulent vraiment des Leopards parce qu’il y en a beaucoup en stock en Europe”, explique cette même source. 
Façon Avengers. Le tank Leopard est utilisé par de nombreux pays comme l’Allemagne, l’Espagne, la Pologne, le Danemark ou encore la Finlande. Une coalition de pays alliés pourrait organiser conjointement la livraison et l’entretien de ces chars. Mais ils sont construits par l’entreprise KMW, basée à Munich : leur exportation vers l’Ukraine nécessite donc une autorisation allemande. La décision est entre les mains de l’Allemagne et la pression internationale se concentre sur Berlin. Plus de détails sur ce dossier ici (en anglais) grâce au travail de nos collègues Hans von der Burchard, Clea Caulcutt et Gabriel Rinaldi. 
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Emmanuel Macron adresse ses voeux aux membres du Conseil constitutionnel à midi. 
Elisabeth Borne présente le projet de réforme des retraites lors d’une conférence de presse à 17h30, en présence de Bruno Le Maire, Olivier Dussopt et Stanislas Guerini. La Première ministre sera l’invitée du 20 heures de France 2 avant de répondre aux questions du public sur franceinfo. 
Roland Lescure s’entretient avec l’ambassadeur allemand en France Hans-Dieter Lucas à 10h30 et participe à 17h30 au comité de pilotage ministériel France 2030 “Innovation et Startups” avec Sylvie Retailleau, Jean-Noël Barrot et Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement en charge de France 2030. 
Assemblée nationale : en séance publique à 15 heures, questions au gouvernement suivies d’un vote solennel sur le projet de loi relatif à l’accélération de la production d’énergies renouvelables. Toujours en séance publique, questions sur la mise en œuvre des mesures de soutien face à l’augmentation des coûts de l’énergie. Débat sur l’état de l’école en France à 21h30.
La commission d’enquête sur la perte de souveraineté énergétique de la France auditionne à 16 heures l’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage et Pierre-Marie Abadie, directeur général de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. A la même heure, réunion de la commission d’enquête sur les ingérences étrangères. A 17 heures, la commission des lois auditionne Eric Dupond-Moretti sur la mise en œuvre des états généraux de la justice. Pierre Moscovici présente à la commission de la culture à 18 heures le premier rapport de la Cour des comptes sur l’organisation des JO 2024. La commission examine dans la foulée la proposition de loi visant à instituer dans les écoles et collèges publics le port d’un uniforme. 
Sénat : en séance publique à partir de 14h30, débat sur la gestion de l’eau. Dans la foulée et à la demande du groupe LR, débat sur les zones à faible émission (ZFE) en présence de Christophe Béchu. A la même heure, Pierre Moscovici présente à la commission de la culture le rapport de la Cour des comptes sur les JO. La commission aménagement du territoire se penche sur le projet de loi accélération du nucléaire à 17h30.
Jordan Bardella adresse ses voeux à la presse à 11 heures aux Salons Hoche, en présence des parlementaires et des membres du bureau national. Jean-Luc Mélenchon est toujours en Guyane. Il se rend notamment à Apatou dans la matinée pour échanger sur les conséquences de l’orpaillage, rencontrer les populations Bushinenges locales et les chefs coutumiers. 
Meeting commun sur la réforme des retraites à l’initiative de Fakir et de Reporterre, en présence de François Ruffin, Marine Tondelier, Fabien Roussel, Léa Filoche, Boris Vallaud et Mathilde Panot à partir de 19 heures à Paris. Réunion intersyndicale sur la réforme des retraites à la Bourse du Travail à Paris.  
7h20. RFI : Danièle Obono, députée LFI de Paris. 
7h30. Public Sénat : Céline Boulay-Espéronnier, sénatrice (app. LR) de Paris et auteure de la PPL rendre obligatoire le port d’une tenue d’établissement scolaire. 
7h40. France 2 : Fabien Roussel, secrétaire national du PCF … RTL : François Molins, procureur général près la Cour de cassation … France Culture : Michaël Zemmour, maître de conférences en économie à l’Université Paris 1. 
7h45. Radio J : Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen et candidat au poste de premier secrétaire du PS.
7h50. France Inter : Caroline Fourest, journaliste et essayiste … France Info : Jean-Lin Lacapelle, eurodéputé, porte-parole du RN. 
8h00. Public Sénat : Annie Genevard, députée LR du Doubs et vice-présidente déléguée des Républicains. 
8h15. Europe 1 : Marc Ferracci, député Renaissance des Français de l’étranger et rapporteur de la réforme de l’assurance-chômage … CNEWS : Renaud Muselier, président de la région PACA … Sud Radio : Christian Estrosi, maire de Nice et vice-président d’Horizons … BFM Business : François Hommeril, président de la CFE-CGC … France 2 : Antoine Pelissolo, psychiatre.
8h20. France Inter : Christiane Taubira, ancienne ministre de la Justice, auteure. 
8h30. France Info : Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne, présidente du groupe LFI à l’Assemblée … BFMTV/RMC : Clémentine Autain, députée LFI de Seine-Saint-Denis … LCI :  Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis, vice-président du groupe parlementaire LFI. 
AUJOURD’HUI DANS PARIS INFLUENCE : Les lobbies des énergies se donnent à fond dans la dernière ligne droite … Les alcooliers frustrés par le Dry January … Bercy se penche déjà sur la future loi influenceurs. C’est à 7h30 pour nos abonnés POLITICO Pro
ANNIVERSAIRES : Marie-Christine Dalloz, députée LR du Jura … Jean-Raymond Hugonet, sénateur LR de l’Essonne … Arnaud Bazin, sénateur LR du Val-d’Oise … Dominique Bertinotti, ancienne ministre déléguée à la Famille. 
Un grand merci à : Clea Caulcutt, Mark Scott, nos éditeurs Jules Darmanin et Pauline de Saint Remy, Julie Tomiche pour la veille et Grace Stranger pour la mise en ligne.

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Correction : cette newsletter a été mise à jour pour corriger une erreur sur l’agenda d’Elisabeth Borne.
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