«On innove pour faire correspondre offre et demande» : à Pôle emploi, le défi des pénuries de main-d'œuvre – Le Figaro

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REPORTAGE – Pôle emploi multiplie les actions hors de ses agences, comme à Roissy, où était organisé lundi un «job dating» pour dénicher des agents de sûreté aéroportuaire.
Plutôt qu’un «job dating» classique en agence, l’équipe du Pôle emploi de Roissy-en-France (Val-d’Oise) a décidé d’innover en ce lundi matin. Elle a convié 200 demandeurs d’emploi au siège du groupe ADP (Aéroports de Paris), à quelques pas de l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle, pour un événement centré sur le métier d’agent de sûreté aéroportuaire, auquel participent cinq entreprises. Un métier en tension qui a du mal à recruter.
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Avec en arrière-plan l’image – et le son – des avions en plein décollage, Farhat fait le tour des recruteurs, chacun assis à une table ronde dans cette longue salle vitrée, décorée en l’honneur d’illustres aviatrices. Lui n’a aucune expérience ni dans le secteur de la sûreté, ni dans le milieu aéronautique, mais dit «aimer les gens qui voyagent». «Je voudrais finir ma carrière en tant que salarié», glisse l’homme de 58 ans qui, après une longue carrière d’indépendant dans le commerce, a été licencié de son poste de réceptionniste en 2020, au moment où le Covid-19 terrassait l’économie mondiale.
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Ces actions dites «hors les murs», l’agence Pôle emploi de Roissy les multiplie depuis quelques années. «Avec les pénuries de main-d’œuvre que l’on observe dans certains secteurs, on tente d’innover pour faire correspondre offre et demande», explique Orée Le Coz, directrice adjointe de l’agence francilienne. À l’instar de l’hôtellerie-restauration ou du bâtiment, le secteur aéroportuaire manque en effet cruellement de bras. Il y a quelques semaines, le PDG d’ADP, Augustin de Romanet, a indiqué avoir besoin de 4000 personnes. Parmi les métiers les plus en tension, celui d’agent de sûreté.
Si les besoins sont énormes, il n’y a pas foule ce lundi matin au siège d’ADP pour le «job dating» organisé par Pôle emploi. Seulement quelques petites dizaines de personnes, CV sous le bras, sur les 200 invitées, aux profils variés. De Cassandra, bénéficiaire du tout récent «contrat d’engagement jeune» et qui se dit intéressée par le métier d’agent de sûreté, à Hayat, une «touche-à-tout» de 45 ans dont le contrat de conductrice d’enfants handicapés s’achève à la fin du mois. «J’ai travaillé dans la police municipale, j’aime les côtés autorité et protection du métier d’agent de sûreté. Et puis c’est prestigieux», explique la dynamique quadragénaire.
« On regarde la présentation, le sourire, la capacité à communiquer, et surtout la motivation, car agent de sûreté, c’est un travail intense. »
Entre d’un côté des recruteurs à l’affût et de l’autre de rares demandeurs d’emploi déambulant dans la grande salle, se met en place un petit jeu mutuel de séduction. «La sûreté, c’est l’image de la France. On lutte contre le terrorisme», lance une responsable du recrutement à cinq candidats. À une autre table, une jeune Bulgare, au français encore hésitant, a mentionné sur son CV qu’elle parlait quatre langues. Mais si la maîtrise d’au moins une langue étrangère est «une grosse plus-value», confie un autre recruteur, ce n’est pas ce qui est principalement recherché. «On regarde la présentation, le sourire, la capacité à communiquer, et surtout la motivation, car agent de sûreté, c’est un travail intense», poursuit le même homme.
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Des savoir être donc, davantage que des compétences techniques. Ces dernières seront enseignées aux candidats par la suite, au cours d’une formation de six semaines, financée par Pôle emploi. Mais les recruteurs tombent parfois sur de bonnes surprises. «On a eu une candidate qui était déjà formée et qui avait déjà travaillé à Roissy. On a donc décidé de l’embaucher immédiatement», se réjouit sa future employeuse. Le temps presse en effet : «D’ici la fin de l’été, nous avons besoin de 50 à 80 personnes sur l’aéroport.»
Face au constat frappant d’un événement qui n’a pas trouvé son public, Delphine Philippe-Giraux, directrice territoriale déléguée Val-d’Oise Est de Pôle emploi, se montre désabusée. «On leur a envoyé un mail vendredi soir, on leur a rappelé par SMS ce matin, en leur donnant l’adresse, tout… Mais bon, on a toujours un taux d’absentéisme très fort pour ce type d’ateliers», souffle-t-elle. Selon la responsable locale de Pôle emploi, le taux de présence oscille généralement «entre 30 et 60%». «La vraie difficulté est la mobilisation des publics», pointe-t-elle.
Le bassin d’emploi particulier de l’aéroport y est sans doute pour quelque chose, avec pas moins de la moitié des demandeurs d’emploi qui sont des chômeurs de longue durée – soit en recherche depuis au moins un an –, contre moins d’un tiers au niveau national selon l’Insee. Plus difficile donc d’aller chercher ce type de publics. Même si ce défi semble essentiel si le gouvernement veut atteindre son objectif de plein-emploi d’ici 2027, soit autour de 5% de chômage, contre 7,3% au premier trimestre 2022 selon l’Insee. La première ministre Élisabeth Borne a répété lundi qu’il était «à portée de main».
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Si les pénuries de main-d’œuvre dans les aéroports parisiens, en particulier d’agents de sûreté, s’expliquent par une reprise soudaine autant qu’inattendue du trafic aérien, les raisons sont également plus profondes. «La crise du Covid a révélé des choses déjà présentes avant mais qu’on refusait de voir», admet Xavier Gondaud, PDG de la société Securitas, présente sur le «job dating». «En premier lieu les conditions de travail dégradées des agents, dont les plannings ne permettent pas d’avoir de la visibilité sur plusieurs semaines.» Auxquelles s’ajoutent des horaires de travail souvent décalés.
Depuis la pandémie, ces éléments constituent des lignes rouges pour bon nombre de demandeurs d’emploi, et plus largement de Français, qui sont nombreux à désormais privilégier leur vie personnelle au détriment de leur vie professionnelle. Les mêmes problématiques se retrouvent ainsi dans d’autres secteurs en tension, comme l’hôtellerie-restauration, le bâtiment ou l’industrie. Selon Xavier Gondaud, dans l’aéroportuaire du moins, «les entreprises vont s’adapter, car l’appareil de production est mis en péril par ces pénuries». À cause de ce manque de personnel, des délais d’attente supplémentaires sont en effet attendus cet été dans les aéroports parisiens.
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OTIX
le
coupons les allocs et il n’y aura plus de pénurie
Geneviève Meunier-dumont
le
S’ il y a une pénurie face à la demande c’ est qu’ il y a aussi un déficit dans la formation en amont … toujours lents à s’ adapter les Français enfin pour ceux qui veulent encore travailler dans du productif réel !
LISIANTHUS83
le
Quand un Président de la République incite son peuple à ne pas aller travailler car l’état paiera les salaires, il ne faut plus s’étonner que les postes ne soient plus pourvus par la suite, les mauvaises habitudes perdurent et perdureront !
Ce lundi, lors d’une réunion au ministère du Travail, ils ont enjoint au gouvernement d’éviter un «passage en force» qui mettrait «le feu dans le pays».
Emmanuel Macron n’a pas donné de détails sur la méthode et le calendrier.
Air France, Transavia, Easyjet, Ryanair ou Volotea… Tour d’horizon des conséquences de la grève des aiguilleurs du ciel le 16 septembre en fonction des compagnies aériennes.
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«On innove pour faire correspondre offre et demande» : à Pôle emploi, le défi des pénuries de main-d’œuvre
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