OL : Peter Bosz, autopsie d'un échec – Foot Mercato

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29 mai 2021. Un jour qui a marqué le début officiel de l’ère Peter Bosz à l’Olympique Lyonnais. Le Néerlandais, qui était un plan B dans l’esprit des dirigeants rhodaniens qui avaient pour priorité Christophe Galtier, avait dit oui aux Gones. Libre après avoir été limogé par le Bayer Leverkusen le 23 mars 2021 suite à une série de mauvais résultats, le technicien batave était très motivé à l’idée de relever un nouveau challenge dans l’Hexagone après des passages mitigés sur les bancs de plusieurs écuries aux Pays-Bas, dont l’Ajax Amsterdam, du Maccabi Tel-Aviv ou encore du Borussia Dortmund.
Ce qui ne l’a pas empêché d’avoir la cote auprès des dirigeants rhodaniens qui ont vu en lui l’homme idéal pour donner un nouvel élan à Lyon après le passage de Rudi Garcia. « L’Olympique Lyonnais est très heureux d’informer de la nomination de Peter Bosz en qualité d’entraîneur de l’équipe professionnelle pour les deux prochaines saisons, soit jusqu’au 30 juin 2023. L’entraîneur néerlandais qui devient le 30ème entraîneur de l’histoire de l’OL prendra ses fonctions le 1er juillet prochain, à la reprise du groupe professionnel», pouvait-on lire sur le communiqué de presse des pensionnaires du Groupama Stadium.
Ils avaient ajouté ensuite : «priorité de Juninho, Peter Bosz a dirigé plus de 500 matches en tant qu’entraîneur et a régulièrement démontré, lors de ses diverses expériences en club, ses facultés à pouvoir s’appuyer activement sur les jeunes joueurs qu’il avait à sa disposition. Le profil de Peter Bosz a immédiatement séduit et son arrivée conforte l’orientation stratégique de l’Olympique Lyonnais visant à s’appuyer davantage sur les joueurs issus de son Académy, classée 3ème centre de formation européen derrière le Real Madrid et le FC Barcelone et présente dans le top 4 depuis 8 années consécutives».
Plus qu’un entraîneur, l’OL a voulu confier les clés de l’équipe à un coach réputé pour être un amoureux du beau jeu tout en intégrant de jeunes talents. Séduisant donc pour une écurie comme Lyon. D’ailleurs, Peter Bosz avait annoncé la couleur dans la foulée lors de sa présentation aux médias. «Je suis fier d’être là, d’être l’entraîneur ici dans un grand club. J’ai plein d’ambition pour faire un jeu qui sera, j’espère pour les fans, très intéressant. J’aimerais un jeu très intense. On essaye d’installer une manière de jouer et il faut travailler».
Il avait confié ensuite : «on veut un pressing haut, même si ce n’est pas toujours possible, et il faut rester compact. Quand on a le ballon, je veux qu’on joue, qu’on n’en ait pas peur. Et si on le perd, je veux le récupérer tout de suite en pressant. Peut-être qu’au début, ce sont les principes les plus importants, mais pas si faciles». Pour l’aider dans cette mission, Bosz s’est entouré de ses hommes de confiance, à savoir Hendrie Krüzen, Rob Maas ou encore Terry Peters. Il a aussi conservé une partie du staff en place, notamment Claudio Caçapa, qui est dans l’équipe encadrante du groupe professionnel depuis janvier 2016.
Ensemble, ils espéraient donc remettre l’OL au plus haut niveau. Le tout, en produisant un football offensif avec un pressing intensif à la perte du ballon. Expérimenté, Bosz arrivait toutefois en n’ayant pas gagné de titre majeur. Le coach, qui avait remporté aux Pays-Bas le championnat amateur avec l’AGOVV Apeldoorn en 2001-02 et le championnat de D2 avec l’Heracles Almelo en 2004-05, avait atteint la finale de la Ligue Europa avec l’Ajax Amsterdam en 2017 (perdue face à Manchester United). Il avait aussi été finaliste de la Coupe d’Allemagne avec Leverkusen en 2020.
Un palmarès peu garni, mais qui n’a pas empêché Bosz de plaire par son style. C’est d’ailleurs ce qui a plu à Lyon, où il a rapidement imposé ses idées et son franc-parler. Il ne restait plus qu’à convaincre sur le terrain. Malheureusement, cela n’a pas été le cas. Pour sa première saison sur le banc rhodanien, il n’a pas du tout convaincu. Mal embarqué en championnat puisque l’OL était 10e après 30 journées, il était attendu au tournant en Ligue Europa. Jean-Michel Aulas avait même indiqué que Lyon était capable de faire quelque chose en C3.
Après un nul (1-1) à Londres face à West Ham en quart de finale aller, Lyon a craqué au retour à domicile (3-0). Une désillusion pour les Gones, qui ont terminé l’exercice 2021-22 en huitième position et sans qualification en Coupe d’Europe. On imaginait mal Peter Bosz résister. Même lui l’avait avoué. Mais l’OL lui a fait confiance pour mener le nouveau projet basé sur l’ADN OL. L’écurie rhodanienne a fait revenir des anciens joueurs (Riou, Lacazette, Tolisso) pour repartir de l’avant. Le Néerlandais, qui a été abandonné par son adjoint historique Hendrie Krüzen qui ne se faisait pas à la vie en France, a été rejoint par Ludovic Giuly.
Un homme qui connaît parfaitement la maison puisqu’il a porté les couleurs du club par le passé. Tous les voyants étaient donc au vert pour que Bosz fasse une deuxième année d’un meilleur niveau. Il l’avait d’ailleurs promis puisqu’il avait confié qu’il connaissait mieux son groupe et la L1. Lors de la préparation, le coach batave a intégré des jeunes. Ce qui collait parfaitement au projet du club. Dans le même temps, il a mis de côté des éléments comme Dubois (parti à Galatasaray), Aouar (en instance de départ), Boateng ou encore Moussa Dembélé. Malgré tout, des doutes ont commencé à émerger.
Comme expliqué sur notre site en juillet dernier, il y avait eu un premier désaccord tactique entre Alexandre Lacazette et lui. Pas de quoi déstabiliser le groupe et le coach qui a lancé cette nouvelle saison avec un onze évoluant en 4-3-3, mais avec des éléments qui revenaient de l’infirmerie. Après 5 journées, l’OL était invaincu (4 victoires, 1 nul). Malgré tout, des doutes persistaient, notamment par rapport au fait de placer Thiago Mendes en défense centrale, de ne pas associer Dembélé et Lacazette en attaque et de continuer à être irrégulier sans produire du beau jeu.
Par la suite, ils se sont confirmés avec 4 défaites et 1 nul face à Toulouse vendredi dernier. Un match qui a scellé le sort de Peter Bosz, qui a été taclé publiquement par Alexandre Lacazette. «Est-ce que la philosophie du coach passe ? Personnellement, c’est clair, je sais ce qu’il veut. Je ne peux pas parler au nom de chaque joueur. En tout cas, quand on voit le match ce soir, je ne pense pas que tout soit clair pour tout le monde, c’est ça qui est dommage. Si je veux qu’il reste coach de l’OL ? Moi, je veux gagner des matchs, après, c’est au board de décider. Je suis là pour jouer, je me donne à fond pour les couleurs et pour le club, je veux juste gagner des matches.»
Lâché par son capitaine, Bosz a été ensuite remercié par l’OL le 9 octobre. «Compte tenu des résultats décevants obtenus au cours de ce début de saison, qui demeurent très en deçà des attentes et des objectifs fixés, l’Olympique Lyonnais informe de la mise à pied à titre conservatoire de Peter Bosz, en qualité d’entraineur de l’équipe professionnelle, ainsi que celles de Rob Maas, entraîneur adjoint, et de Terry Peters, préparateur physique». Remplacé par Laurent Blanc, le Néerlandais boucle son passage à Lyon avec un bilan très mauvais (27 victoires, 16 nuls, 15 défaites).
Avec seulement 46% de succès, il a l’un des pourcentages les plus faibles de victoire en tant que coach de Lyon. Difficile donc de rester, lui qui a eu pourtant beaucoup plus de temps et de soutien de la part de sa direction que d’autres entraîneurs. En 2019, Sylvinho avait été remercié après 11 matches. Peter Bosz, lui, en a eu 58 pour faire mieux. Mais au final, il a échoué. Il s’est souvent entêté, notamment en refusant que ses dirigeants signent un nouveau défenseur central pour placer Thiago Mendes à ce poste ou en mettant de côté les jeunes talents lyonnais cet été alors que le nouveau projet était justement basé sur l’ADN OL. Ce qui en a frustré pas mal qui ambitionnaient d’intégrer le groupe professionnel.
Le Batave a connu plusieurs échecs à Lyon, mais il a aussi été celui qui a lancé avec succès les jeunes Lukeba et Gusto. Son bilan reste malgré tout très mauvais (surtout en ayant que la L1 à jouer cette saison). Mais il n’est pas le seul à blâmer. Durant son mandat, il a vu Juninho rapidement s’en aller. Sans directeur sportif à ses côtés, sa mission n’a pas été évidente. Il a également dû composer avec un effectif trop riche en quantité car sa direction n’a pas réussi à vendre cet été. Ceci n’excuse pas ses échecs bien évidemment. Limogé, Peter Bosz n’a pas marqué l’OL lui qui arrivait pourtant avec l’étiquette d’un entraîneur capable de faire passer un cap à Lyon. C’est raté.
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