Octobre, le mois du Dow Jones – Zonebourse.com

Si vous vous intéressez un peu à l’actualité financière, vous avez probablement déjà lu ou entendu quelque part que septembre est le pire mois pour investir au hasard (j’utilise ici les données compilées par Yardeni à partir de S&P et Haver Analytics). Statistiquement, septembre n’a enregistré que 42 hausses en 95 ans. C’est le seul mois qui compte plus de baisses que de hausses et dont le bilan est si mauvais : -1,1% en moyenne. Pour vous donner un ordre d’idée, c’est février qui occupe l’avant-dernière place, avec un bilan de 50 hausses pour 45 baisses sur 95 ans et une perte moyenne de -0,1%. En 2022, le S&P500 a perdu -9,3% en septembre, confirmant la tendance précitée. Quant au mois d’octobre, il ne sort pas particulièrement du lot dans les données historiques.

Mais il fut particulièrement positif cette année, puisque le S&P500 vient de le boucler en hausse de 8%. On a même du +8,75% du côté du CAC40 en France, du +9,4% pour le DAX allemand et un impressionnant +13,95% pour le vénérable Dow Jones. L’indice plus que centenaire a été tracté par sa vieille garde, en particulier le trio Caterpillar (+32%), Chevron (+26%) et Honeywell (+22%). C’est la revanche de l’ancienne économie sur la nouvelle. Dans le même temps, le Nasdaq 100 n’a d’ailleurs rebondi que de 3,96%, trahi par ses vedettes, si l’on fait une exception d’Apple. J’ignore si la déception des investisseurs face aux performances financières de Microsoft, Amazon, Alphabet et Meta Platforms est durable, mais la période récente a montré que les cycles ne sont pas infinis, même pour ces entreprises.
Attention quand même aujourd’hui, le secteur de l’énergie risque de souffrir après que la Maison Blanche a annoncé réfléchir à taxer les superprofits pétroliers. Un projet qui reste à confirmer et qui sera quoi qu’il en soit dépendant de l’issue des élections de mi-mandat qui auront lieu dans une semaine : on voit mal les républicains soutenir une telle mesure.
Hier, les indices européens ont généralement clôturé le mois sur une hausse légère, ou en baisse symbolique comme ce fut le cas pour le CAC40. A Wall Street, la consolidation était un peu plus marquée, en allant de -0,4% pour le Dow Jones, décidément le grand bonhomme du mois d’octobre, à -1,2% pour le Nasdaq 100. Les investisseurs sont un peu plus enclins à prendre des risques depuis qu’ils se sont persuadés il y a quelques jours que la banque centrale américaine allait mettre de l’eau dans le vin de ses hausses de taux. Mais plus l’heure du verdict approche, plus la tension monte. C’est en effet demain que la Fed abattra ses cartes monétaires à l’issue de sa réunion du mois de novembre. Il ne fait guère de doute qu’elle donnera un nouveau tour de vis de 75 points de base à ses taux directeurs, mais elle est attendue au tournant sur ses commentaires. Les investisseurs veulent absolument que Jerome Powell emploie une sémantique un peu moins inflexible sur la nécessité de relever les taux. Sans quoi ils risquent d’être fort déçus. La publication hier d’une inflation hors de contrôle en Europe pousse à la prudence, même si les bourses du vieux continent ont donné l’impression de s’en contrefoutre. Le marché obligataire US raconte d’ailleurs une histoire un peu différente de celle du marché actions. En laissant le rendement de la dette à 10 ans naviguer proche des 4%, il exprime sa prudence à la veille de la réunion couperet de la Fed.
Si le 1er novembre est parfois férié, il n’est pas chômé en bourse. Ce qui me vaut d’ailleurs d’être en train de vous raconter tout ça face à un lac d’Annecy dont les rives battues par le vent et la pluie sont désertes, alors qu’elles étaient hier embouteillées comme en plein été. Il y a donc de l’actualité de par le monde, en particulier des résultats d’entreprises à foison. Mais ailleurs qu’en France, où l’on ne rigole pas avec les jours fériés. Toyota et Sony au Japon par exemple, en attendant Eli Lilly, Mastercard et Pfizer aux Etats-Unis. Je note aussi que le géant pétrolier saoudien Aramco a publié ses résultats du troisième trimestre ce matin avec un bénéfice net presque incroyable de 42,43 milliards de dollars. C’est plus que le PIB annuel de la Serbie.
L’agenda macroéconomique du jour est principalement occupé par deux statistiques américaines publiées à 15h00, qui permettront probablement d’alimenter la machine à fantasmer les annonces de la banque centrale américaine prévues demain. D’abord l’indice ISM manufacturier d’octobre, qui est un solide capteur de la tendance économique du pays. Ensuite l’enquête JOLTS sur les ouvertures de postes en octobre. On sait que le marché du travail est, avec l’inflation, la variable la plus regardée par la Fed pour piloter sa politique monétaire.
Ce matin en Asie-Pacifique, ce sont les places chinoises qui suscitent le plus d’intérêt parce que le Hang Seng tente un gros rebond après avoir touché un plus bas de 17 ans hier. L’indice s’envole de 5% en fin de parcours, pendant que les indices de Chine continentale sont aussi à la fête, mais dans des proportions plus réduites (pour avoir quelques pistes sur le fonctionnement des actions chinoises, c’est par ici). Le Japon, l’Australie et la plupart des autres places sont en hausse plus modérée. Les indicateurs avancés européens sont haussiers autour de 8h00. Le CAC40 gagnait 1,2% à 6342 points à l’ouverture.
Les temps forts économiques du jour
Aux États-Unis, les investisseurs s’intéresseront surtout à l’indice ISM manufacturier et à l’enquête JOLTS se sur les ouvertures de postes (15h00). Tout l’agenda macro ici. Ce matin, le PMI manufacturier chinois d’octobre est descendu à 49,2 points pour un consensus à 49,8 points. Cette nuit, la banque centrale australienne a relevé ses taux de 25 points de base, comme prévu, pour les porter à 2,85%. Par ailleurs, l’indice PMI manufacturier chinois compilé par Caixin est resté en zone de contraction en octobre (49,2), mais ressort légèrement moins dégradé que prévu.
L’euro se reprend après avoir souffert hier, à 0,9922 USD. L’once d’or est stable autour de 1641 USD. Le pétrole s’est redressé, avec un Brent de Mer du Nord à 93,93 USD le baril et un brut léger américain WTI à 87,53 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans se maintient juste au-dessus de 4%. Le bitcoin se négocie autour de 20 700 USD.
Les principaux changements de recommandations
En France
Annonces importantes (et moins importantes)
Dans le monde
Résultats des entreprises (les indications sont données à chaud et ne préjugent pas de l’orientation des actions)
Annonces importantes (et moins importantes)
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