«Mon combat, c'est que le FC Metz se fasse respecter» – Luxemburger Wort – Edition Francophone

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Entretien avec Charles Michel et Pascal Mittelberger
Lundi 12 septembre, 18h, Stade Saint-Symphorien. Installé au salon des Paraiges, Bernard Serin accepte, pour Virgule.lu, de revenir longuement sur l'actualité du FC Metz. C'est avant l'abracadabrantesque réception de Guingamp, soldée par quatre exclusions et une lourde défaite (3-6). Désireux de lui (re)donner la parole sur cette improbable rencontre et, surtout, sur ses conséquences, nous avons relancé à de multiples reprises le club qui nous a fait savoir, via son service communication, que la direction ne souhaitait «pas s'exprimer avant le verdict de la commission de discipline de la Ligue». Celui-ci est tombé jeudi soir: un match ferme à huis clos lors de la 12e journée contre Sochaux. Vendredi, via un communiqué, «le FC Metz a pris acte de cette décision regrettable en ce qu'elle punit aveuglément l'ensemble du public de Saint-Symphorien». Ce samedi, à 19h, les Messins, seulement 10e au classement de Ligue 2, reçoivent Pau.

Vous êtes plutôt discret et peu en vue dans les médias. Est-ce un choix ?
«La communication, il faut qu’elle serve à l’institution, pas à moi. Je m’exprime donc au moment que je juge le plus propice. Ce fonctionnement, je l’applique tant au FC Metz que dans mon entreprise (Ndlr: il dirige la société de maintenance et d’ingénierie John Cockerill). Là, je réponds à votre sollicitation car la saison est lancée, le mercato terminé… Que se passe-t-il entre fin septembre et janvier? Pas grand-chose. Donc, dans les prochains mois, je ne répondrai pas forcément aux sollicitations médiatiques. Sauf si un événement nécessite une explication ou un éclairage.
Vous en recevez donc…
«Oui, mais je les décline. Je ne recherche pas la lumière…
Vous êtes également administrateur du Républicain Lorrain depuis 2012. Quel rôle y jouez-vous?

«C’est vrai, j’y suis depuis que le Républicain Lorrain est passé sous le contrôle du Crédit Mutuel (Ndlr : En 2012, le quotidien régional est la propriété du Groupe Ebra). Mon rôle est d’écouter mais aussi, parfois, si ça peut être utile, de donner éventuellement mon avis. Notamment sur des sujets d’ordre managérial et financier. Dans un conseil d’administration, on essaie d’avoir différentes sensibilités et compétences afin d’enrichir les débats.
Quelles sont les vôtres en tant qu’administrateur du Républicain Lorrain?
«Déjà, une bonne connaissance de la région. Ici, j’y ai grandi et étudié, je me suis marié, j’ai eu mes enfants, j’ai dirigé l’usine de Florange, travaillé à celle de Gandrange… Je connais parfaitement les tissus économique, industriel et sportif. Propriétaire depuis 14 ans du FC Metz, je suis au courant d’un certain nombre de choses. Et en tant que chef d’entreprise, je sais quelles sont les questions que se posent un directeur général ou un conseil d’administration.
On ne parle pas beaucoup de Metz dans les médias nationaux. Notre présence en Ligue 2 n’est pas une raison, c’était déjà le cas en Ligue 1.
Certains de vos homologues, à l’image du président de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas, occupent davantage le terrain médiatique…

«Dans une entreprise, le personnel a besoin d’être reconnu pour ce qu’il fait de bien, pour ses succès, etc. Alors, on se tourne vers l’extérieur, donc vers la presse, afin de transmettre un message qui, finalement, est destiné vers l’interne.  Dans le cas du club, où il s’agit d’une relation « B to C » (d’une société au consommateur) et non pas un  « B to B » (d’une société à une autre), c’est différent car on va chercher à informer et expliquer des choses à tous nos supporters. Après, quant à savoir qui prend la parole? Ça peut être moi, l’entraîneur (Laszlo Böloni), la directrice générale (Hélène Schrub), le directeur sportif (Pierre Dréossi)… Il n’y a pas de raison que ce soit plus moi qu’un autre.
Mais cette discrétion peut-elle avoir une influence sur le sportif?
«Vous voulez dire sur le résultat? Non, enfin je ne crois pas. Après, il ne faut pas bouder les médias. Le club en a besoin et réciproquement. Certains, comme L’Équipe, ne se vendent d’ailleurs que pour le football. Alors, comme il y a 12 millions de parisiens, il parle beaucoup du Paris Saint-Germain parce que ça vend plus que si on parle de Clermont-Ferrand ou…
De Metz?

«Oui, on ne parle pas beaucoup de Metz dans les médias nationaux. Notre présence en Ligue 2 n’est pas une raison, c’était déjà le cas en Ligue 1… On ne demande pas à être traité comme le PSG, Marseille ou Lyon qui sont des clubs aux palmarès exceptionnels, qui ont des budgets incomparables au nôtre, avec des joueurs connus dans le monde entier… Mais j’estime qu’un tel déséquilibre dans le traitement n’est pas normal. Mais comment faire pour le changer ?
Il se dit que l’accès aux joueurs est «difficile», que leur communication est très restreinte voire bridée. Vous confirmez?
«Pas du tout. Les joueurs sont présents en conférence de presse.
Lors des relégations de Saint-Étienne et de Bordeaux, les médias nationaux ont parlé de la descente de «deux monuments» du football français. Et Metz là-dedans?
«Il faut être lucide, on n’a pas le même palmarès et la même histoire que ces deux clubs. Saint-Etienne, c’est dix titres de champion de France et des aventures européennes; Bordeaux, lui, compte six sacres. À Metz, qu’avons-nous? Deux Coupes de France en 1984 et 1988 et notre dernière finale date de 1999 en Coupe de la Ligue.
Une finale perdue contre Lens (0-1). Justement, pensez-vous que s’il avait été sacré champion en 1998, aux dépens des Sang et Or, le regard porté sur le FC Metz serait différent?
«Peut-être, mais pas sûr. Auxerre a bien été champion (Ndlr : en 1996, le club bourguignon a même réalisé le doublé coupe/championnat) et pourtant, Auxerre ça reste Auxerre…
Pour cette saison en Ligue 2, vous avez fait le choix de vous séparer de Frédéric Antonetti. Cette décision a-t-elle été difficile à prendre?
«J’avais une relation très forte avec lui, mais il fallait être pragmatique. Des tensions et des crispations entre certains joueurs et l’entraîneur étaient apparues en cours de saison. Dans ce genre de situation, ce qui prime, c’est le club. C’est l’institution. Et il m’est apparu nécessaire de repartir sur quelque chose de neuf.
Tout comme le technicien corse, Laszlo Bölöni, son successeur, a la réputation d’être un entraîneur «à poigne». Était-ce un critère de choix?
«Oui, clairement. Dans un groupe traumatisé, ébranlé par une saison éprouvante ponctuée par une relégation, il fallait être capable de mettre un cadre. Et Laszlo, qui a dirigé beaucoup de clubs (voir encadré), en a les compétences. 
Dire que Laszlo Bölöni a «roulé sa bosse» est un euphémisme. Si, comme joueur, il a connu cinq clubs en 22 ans de carrière, l’ex-international roumain (108 sélections) a eu beaucoup plus la bougeotte en tant qu’entraîneur. Le FC Metz n’est ni plus ni moins que son quinzième club, dans sept pays, en 28 ans de métier. 
À propos du mercato, sur Mirabelle TV, Pierre Dréossi a déclaré être «arrivé dans l’urgence et avoir fait dans l’urgence». Il estime aussi nécessaire de «réorganiser la cellule de recrutement pour être plus attractif et plus efficace. Au-delà de l’aspect salarial, dans quel secteur le club peut-il se montrer plus attractif qu’un autre?
«Dans les infrastructures par exemple. Le centre d’entraînement de Frescaty, ça n’a rien à voir avec ce qu’on pouvait proposer il y a cinq ans. Je me souviens d’un jeune joueur suédois (Ndlr : Sam Larsson) venu visiter les installations et repartir en nous assurant revenir avec son agent. On ne l’a jamais revu. Il ne l’a jamais dit, mais s’il n’est pas revenu, c’était à cause de nos installations… Mais l’image du club a complètement changé. Parmi les autres points forts du FC Metz, je dirai sa ville qui est très agréable. Les joueurs et leur famille s’y plaisent.
Certains clubs pensaient qu’en raison des répercussions financières liées à cette relégation, ils allaient pouvoir nous dépouiller.
Malgré tout, l’été s’est révélé mouvementé, et le club s’est montré d’une fermeté inhabituelle vis-à-vis, par exemple, de Boubacar Kouyaté et Fabien Centonze, tous deux désireux de quitter la Moselle. Le second est d’ailleurs finalement parti à Nantes…
«Je ne suis pas d’accord, cette fermeté n’est pas inhabituelle. Par contre, ce qui l’est, c’est l’envie de ces joueurs de partir coûte que coûte parce que nous sommes descendus. Certains clubs pensaient qu’en raison des répercussions financières liées à cette relégation, ils allaient pouvoir nous dépouiller… Concernant Kouyaté et Centonze, nous ne nous étions pas opposés à leur départ. À condition toutefois que l’indemnité de transfert proposée soit cohérente par rapport au salaire proposé au joueur… Si ce n’est pas le cas, c’est un manque de respect vis-à-vis du club. Et ça, je ne peux l’accepter.
Le début de saison messin a été marqué par des épisodes capricieux de joueurs. Kouyaté, mécontent de ne pas être transféré en Italie, a séché une convocation à un match puis a été sanctionné par le club. Centonze, qui n’a pas pu signer à Nantes avant la fin du mercato le 1er septembre, a tout simplement disparu des entraînements et étalé son spleen dans la presse, avant de revenir. Il a finalement rejoint le club nantais comme joker le 22 septembre.
À l’inverse, vous avez laissé partir deux jeunes joueurs issus du centre de formation : Lenny Lacroix et William Mikelbrencis. Est-ce plus difficile, paradoxalement, de retenir des joueurs de 18 ans ?
«Non, pour eux, la situation était totalement différente. En fin de contrat à l’issue de la saison, ils auraient pu, dès le mois de janvier, signer gratuitement où ils le souhaitaient. Cela fait plusieurs mois qu’eux, et leurs agents, qui leur ont fait un tas de promesses, nous disaient qu’ils ne prolongeraient pas à Metz. Dans ce cas, autant les vendre maintenant et récupérer un peu d’argent (Ndlr: selon le site spécialisé Transfertmarkt, 1 million d’euros pour Lacroix, parti à Benfica. 700.000 euros pour Mikelbrencis parti à Hambourg).
En conférence de presse, Laszlo Bölöni s’est dit surpris de voir autant d’agents avoir accès au centre d’entraînement de Frescaty…
«Non, cela a été monté en épingle… Le chantier de Frescaty n’est pas complètement terminé et tout n’est pas encore parfaitement sécurisé et un membre de la sécurité s’est fait berner par un agent de joueur qui a pu pénétrer dans le centre. Mais ce n’est arrivé qu’une seule fois. Croyez-moi, on ne rentre pas à Frescaty comme dans un moulin.
Êtes-vous parfois surpris par certaines prétentions salariales et/ou sportives de jeunes joueurs?
«En 14 ans de présidence, j’en ai connu des situations contractuelles et plus rien ne m’étonne… Mon combat, c’est que le club se fasse respecter. Quand un gamin entre chez nous vers 13, 14 ou 15 ans, l’objectif est de l’amener au niveau professionnel. Quand c’est le cas, il est normal que le joueur signe son premier contrat pro au FC Metz. Quand cela ne se fait pas, c’est une trahison ! Une trahison du joueur, de l’agent, de la famille… Ça nous est arrivé mais dans 80-90% des cas, ces joueurs ont échoué.
Des jeunes exigeants, j’en avais déjà il y a dix ans, mais aujourd’hui, il y en a plus. Beaucoup plus…
À qui pensez-vous tout particulièrement ?
«Je ne vais pas donner de nom, mais je pense à des gars qui sont partis dans des clubs anglais, un Français dans un très grand club italien avant de disparaître totalement de la circulation. Aujourd’hui, je ne sais même pas s’il joue à Malte…
En 2016, alors âgé de 16 ans, Vincent Thill signe son premier contrat pro au FC Metz. Quatre ans plus tard, à 20 ans donc, il quitte définitivement le club et s’engage avec le Nacional Madeira (Portugal). Et ce après avoir cumulé, avec l’équipe première, 34 minutes de jeu… Quel était le problème? 
«Il entre dans cette tranche de joueurs dont je parlais un peu plus tôt…
En 2016, juste avant sa signature, une folle rumeur faisait état d’un vif intérêt du Bayern Munich pour Vincent Thill et était, soi-disant, prêt à mettre 25 millions d’euros pour s’attacher ses services…
«J’ai reçu moi-même un représentant du Bayern Munich qui proposait à peine plus que l’indemnité de formation… Il n’a jamais été question de millions d’euros. À cette époque, Vincent n’avait ni l’âge, ni la maturité physique pour jouer chez les pros.
Avec l’expérience, y a-t-il une dérive dans les exigences formulées par les jeunes joueurs?
«Des jeunes exigeants, j’en avais déjà il y a dix ans, mais aujourd’hui, il y en a plus. Beaucoup plus… La manœuvre est simple: un gars se présente, embobine un jeune joueur, le pousse à signer un contrat de représentation et, ensuite, va voir le club en se présentant comme son agent. Si le jeune n’a pas encore signé son premier contrat professionnel, on a le droit au chantage, pression… Et, parfois, on ne se contente que de l’indemnité de formation.
 À l’inverse, après deux saisons passées à Seraing, Georges Mikautadze et Ablie Jallow sont aujourd’hui des pièces maîtresses du dispositif messin…
«Oui et c’est réconfortant. Ces dernières saisons, on estimait que ces deux joueurs, auquel il faut ajouter Youssef Maziz (Ndlr: il y a joué un an), avaient besoin de progresser, de prendre de l’expérience et de la confiance. C’est ce qu’ils ont fait en D1 belge, malgré une saison difficile qui s’est tout de même achevée par le maintien. Aujourd’hui, leur qualité technique, leur vivacité, leur vision du jeu, mais aussi leur complémentarité et leurs automatismes peuvent beaucoup nous apporter. On l’a déjà vu cette saison et j’espère que ça va continuer.
Dans ce secteur, le club a opéré plusieurs changements avec l’arrivée de Francis De Taddeo en provenance de Montpellier pour remplacer Sébastien Muet, parti à Monaco, et la nomination de Frédéric Arpinon comme directeur de l’Académie Génération Dakar, en lieu et place d’Olivier Perrin…

«Oui, on a décidé de confier à Olivier Perrin la direction de l’académie de Seraing. C’est une ville située dans un bassin qui a vu éclore beaucoup de bons joueurs.
Dans l’équipe du Sénégal qui a gagné la dernière CAN, la moitié des joueurs ont été formés chez nous.
Le club semble sortir moins de joueurs de son centre de formation, non ?
«Il y a Matthieu Udol. Bon, il a 25 ans… On a sorti Lacroix, Mikelbrencis qui n’ont pas voulu prolonger. Il ne faut pas oublier Mikautadze qui sort d’ici. Donc la courbe est en train de s’inverser.
Certains joueurs de l’Académie Génération Dakar ne sont pas restés suffisamment longtemps pour que le club puisse profiter, sportivement, de leur talent. Est-ce le revers de la médaille de cette politique ?
«On peut analyser la situation de la façon suivante : Au Sénégal, on a l’académie la plus importante, la plus médiatique, la plus structurée, la plus performante. On a remporté le championnat deux fois, gagné la Coupe d’Afrique des Clubs… Dans l’équipe du Sénégal qui a gagné la dernière CAN, la moitié des joueurs ont été formés chez nous : Kalidou Koulibaly, Bouna Sarr, Ismaela Sarr, Sadio Mané, Habib Diallo, Pape Matar Sarr… Quand des cracs viennent au FC Metz à 18 ou 19 ans, toute l’Europe les voit. Quand un club comme Tottenham s’intéresse à l’un d’eux, et peut multiplier par cinq son salaire, comment voulez-vous le retenir? Moi, je ne peux pas…
Et même si j’avais l’argent, ça créerait une telle disparité entre les joueurs que vous ne pouvez pas vous le permettre. Donc, il peut partir, à condition toutefois que l’indemnité de transfert soit en cohérence avec les moyens du club. Le vendre pour des clopinettes, ça ne marche pas. 
Au-delà de cette réalité économique, n’est-ce pas frustrant pour le président de club que vous êtes sur le plan sportif?
«Non. C’est logique. Et je vais vous dire, c’est correct dans un milieu où tout le monde ne l’est pas forcément. Si on avait les moyens de Rennes, on aurait pu garder Sadio Mané, Miralem Pjanic, Ismaëla Sarr ou Pape Matar Sarr un ou deux ans de plus, mais nous, ce n’est pas possible.
Après, des joueurs comme Habib Diallo, Diafra Sakho, Papiss Cissé sont restés plusieurs saisons car ils devaient encore poursuivre leur apprentissage. À 19 ans, Diallo devait encore progresser sur pas mal de points comme le contrôle, la conservation de balle, le jeu combiné… Mais ce ne sont pas des joueurs du même niveau.
Ibrahima Niane a retrouvé tous ses moyens physiques. Ça se voit dans ses prestations. Dommage que la réussite ne soit pas au rendez-vous.
Si l’on évoquait plus tôt les velléités de départ des uns et des autres, Ibrahima Niane est toujours là. Quel regard portez-vous sur son potentiel et son investissement?
«D’abord, Ibrahima Niane a déjà démontré tout son potentiel en inscrivant onze buts en Ligue 2 en jouant sur un côté avec Habib Diallo en pointe. En transférant ce dernier à Strasbourg, on a réalisé certes une opération financière, qui satisfait toutes les parties, mais aussi fait d’Ibrahima notre n°9.  
Saison 2020/2021, après une entame tonitruante avec six buts en autant de journées, Ibrahima Niane pointe en tête du classement des buteurs de Ligue 1, mais est victime à l’entraînement, le 14 octobre 2020, d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit. Depuis son retour à la compétition le 24 avril 2021, il reste sur 5 buts en 2.518 minutes de jeu…
«Déjà, cette blessure l’a condamné à une saison quasiment blanche. Ensuite, tout le monde ne se remet pas de la même manière d’une blessure aussi grave. Alors, c’est vrai, la saison dernière, il ne s’est pas montré très performant, mais cette fois, Ibrahima Niane a retrouvé tous ses moyens physiques. Ça se voit dans ses prestations. Dommage que la réussite ne soit pas au rendez-vous. Ça le frustre, mais c’est une question de confiance. Qu’il garde son calme et cette efficacité devrait revenir très, très vite…
En raison de la crise, le chantier du stade a pris du retard. Où en est-on ?

«La tribune sud et l’angle sud-ouest sont opérationnels. Parmi les quatre angles, celui-ci est le plus important car doté de la plus grande surface. En raison de la descente en Ligue, on a décidé de retarder l’angle sud-est. Plus que sa capacité de 500 places, cet angle est davantage esthétique. Par contre, on réfléchit à la construction des deux autres angles nord-est et nord-ouest. Celui-ci est stratégique car on veut y installer des bureaux. On a des plans, qu’on doit encore peaufiner, et on regarde quand on peut déclencher le permis de construire.
Le projet initial prévoit une enveloppe qui doit entourer le stade…
«Non, l’enveloppe, on peut la faire uniquement quand on a fini les angles. Ce qu’on ne comptait pas faire initialement, mais on a changé d’avis pour des raisons de rentabilité. Ce n’est pas une question de places, on en a 30.000 dont 4.000 places VIP, ça suffit. L’angle serait destiné à une activité locative. Et la boutique du club serait très bien installée au rez-de-chaussée de cet angle.
Quand je repense à l’ancienne tribune sud, je me dis qu’elle n’était pas digne d’un club de Ligue 1! Ni du standing et des habitudes luxembourgeois…
Les sièges de la tribune sud sont tous grenats. Comptez-vous, à terme, harmoniser le reste du stade?
«Oui, mais chaque chose en son temps. Et, même si c’est prévu, on a pour l’instant d’autres priorités. Il faut étaler les dépenses car on a eu beaucoup de misères, beaucoup de malheurs : la saison 2019-2020 qui ne s’est pas terminée, la saison 2020-2021 à huis clos ou avec des jauges, la faillite de Mediapro, la descente en Ligue 2, ça fait beaucoup… On fait le dos rond et on espère remonter le plus vite possible.
Cela étant, quand je repense à l’ancienne tribune sud, je me dis qu’elle n’était pas digne d’un club de Ligue 1! Ni du standing et des habitudes luxembourgeois… 
Comment ça?
«Le Luxembourg a le PIB par habitant le plus élevé de la planète, ce qui veut dire que le niveau d’équipement et de confort est au-dessus des autres pays. Or, la tribune sud était hors d’âge. Et donc, ça ne «matchait» pas. 
Justement, quelles sont les relations actuelles entre le FC Metz et le Luxembourg ?
«Elles sont déjà historiques et constantes. Philippe Gaillot en avait des privilégiées avec les membres de la fédération luxembourgeoise. Mais Francis De Taddeo, qui a formé Pjanic, va prendre la suite (Ndlr: Maxime De Taddeo, son fils, évolue actuellement à la Jeunesse Esch). D’autres sont venus et sont repartis précipitamment et font partie des 90% de joueurs qui n’ont pas réussi.
Gardez-vous un œil sur les performances réalisées par l’équipe nationale du Luxembourg et peut-être sur certains de ses membres?

«Oui. Je suis admiratif de ses progrès réalisés et nous suivons les joueurs de cette sélection. Même si nous avons moins qu’à une certaine période, de joueurs luxembourgeois au centre de formation, cela ne nous empêche pas d’en suivre qui évoluent dans d’autres championnats.
Y en a-t-il qui vous plaisent en particulier ?
«Ce n’est pas moi qui les suit le plus… C’était Fred Arpinon et maintenant ce sera Pierre Dréossi et la cellule de recrutement au sein de laquelle se trouvent Cyril Serredzum et Bob Tahri.
Avez-vous, à un moment, songé à Luc Holtz, le sélectionneur des Roude Léiwen comme possible entraîneur du FC Metz?
«Il a fait du très bon travail dans le cadre de la sélection nationale luxembourgeoise. Mais l’entraînement et la gestion au quotidien d’un groupe professionnel, qui est figé, c’est différent d’une équipe nationale où pour compenser des absences, tu as toujours la possibilité d’avoir 22 joueurs en piochant à droite à gauche.
Est-il apparu sur la liste des possibles remplaçants de Frédéric Antonetti?
«C’est vrai qu’on pouvait penser à lui, mais j’ai préféré prendre quelqu’un de très expérimenté afin de minimiser les risques. Sélectionneur et entraîneur, ce sont deux métiers différents. 
Le Luxembourg est un grand pôle économique, est-ce une ligne de travail pour le FC Metz?
«On a déjà des sponsors luxembourgeois, et on continue de travailler en ce sens. Mais, comme dit, précédemment, on avait un handicap avec notre stade, qui ne répondait plus au standing luxembourgeois. Aujourd’hui, il l’est et on doit faire des efforts pour montrer que cet équipement est au niveau des standings du pays.
On sent un véritable potentiel public. Quelle est votre relation avec les supporters ?

«Il y a eu des périodes de tension car on a fait le yo-yo entre la Ligue 1, la Ligue 2. Il y avait de l’amertume chez les supporters, mais je crois que cela s’est apaisé car ils ont vu les investissements effectués dans le club. Ces investissements s’inscrivent sur le long terme, bien au-delà de ma présence au club. Et ce dans le but de solidifier le club.
On a une structure qui s’appelle « Cœur grenat » qui réunit tous les groupes de supporters. Les Ultras mais aussi les supporters de Thionville, de Forbach… Cela me permet, lors des réunions générales, de les rencontrer et d’échanger avec eux pour connaître leurs préoccupations. Aujourd’hui, le climat est apaisé et j’espère que ça va durer.
Ici, on a une particularité qui fait partie de l’histoire du FC Metz qui est d’avoir deux kops.
Le RC Strasbourg semble avoir travaillé avec les supporters…
«Le stade de La Meinau est plus petit que le nôtre et il est plein. Et ce indépendamment des résultats. On a le sentiment qu’il y a un fait identitaire très fort chez les Alsaciens. Forcément, dans un stade plein, ça donne tout de suite de l’ambiance. C’est festif. Ici, on a une particularité qui fait partie de l’histoire du FC Metz qui est d’avoir deux kops (avec des orientations politiques diamétralement opposées, ndlr). Ces deux kops, en ce moment, se répondent. Je trouve ça très bien et je les encourage à continuer. Pierre Dréossi et Laszlo Bölöni se disent satisfaits de l’ambiance. Alors oui, on est en Ligue 2. Si on jouait le PSG devant 30.000 personnes, c’est sûr que c’est autre chose…»
L’histoire entre Bernard Serin et le FC Metz a démarré en 1984, quand le club grenat et la Sollac, entreprise qu’il dirige, nouent un partenariat. En 2006, il entre au capital du club, puis en prend la présidence en 2009, à la suite de l’historique Carlo Molinari. Treize ans plus tard, Bernard Serin ne se voit pas lâcher la barre tout de suite. «Quand Carlo Molinari m’a passé le témoin, il avait 75 ans. J’en ai 72. Alors oui, il va falloir y réfléchir. Mais ce n’est pas pour demain.»  
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