«Midterms» aux États-Unis: conservateurs et démocrates au coude-à-coude dans le sud du pays – RFI

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Le 8 novembre, ce sont les élections de mi-mandat aux États-Unis. Mais bon nombre d’Américains ont déjà voté. En Géorgie, par exemple, la bataille pour le poste de gouverneur est suivie de très près. À l’heure des contestations électorales, de la remise en cause du droit à l’avortement et du contrôle des armes à feu, cette fonction devient plus que jamais cruciale dans le contrôle d’un État.
Avec notre envoyée spéciale à Atlanta, Stéfanie Schüler
Comme il y a quatre ans en Géorgie, la candidate démocrate, l’Afro-Américaine Stacey Abrams affronte le républicain Brian Kemp, candidat à sa réélection. C’est la deuxième fois qu’une Afro-Américaine tente d’arriver au poste de gouverneur.
Dans le camp conservateur, Brian Kemp le sait : rien n’est encore joué. Devant une petite centaine de personnes, venues l’écouter sur un parking dans le nord d’Atlanta, il vante son bilan durant la pandémie de Covid, rapporte. La Géorgie était le premier État à sortir du confinement. « Nous sommes restés ouverts, vous avez continué de travailler. Et les bénéfices excédentaires, nous les avons remis dans votre porte-monnaie », déclare Brian Kemp. 
Susan, mère de trois enfants, soutient Brian Kemp parce qu’il a signé une loi interdisant l’avortement dès la sixième semaine de grossesse. « L’avortement ne devrait pas être pris à la légère. Je suis chrétienne. Et je crois que ce n’est pas ce que Jésus souhaite », dit-elle.
Le gouverneur républicain sortant est aussi salué par les électeurs conservateurs pour avoir assoupli le contrôle des armes à feu ou, comme le souligne Joy, pour refuser une réforme de la police. « Quand j’appelle le 911, je suis reconnaissante que les policiers se présentent chez moi ! », assure Joy.
Lisa Jenkins est, elle, très mécontente des politiques menées par les démocrates au niveau fédéral. Ces élections, estime cette cheffe d’entreprise, sont comme un référendum contre Joe Biden.  « C’est comme une élection présidentielle. Les gens en ont marre de ce qui se passe dans le pays, de l’inflation et de la hausse des prix alimentaire à la délinquance. Donc les gens vont voter massivement. Ils veulent du changement, maintenant ! », dit Liza Jenkins.
En Géorgie, bon nombre de personnes ont déjà voté. Quelque 2 millions et demi d’électeurs ont participé au vote anticipé et donc, plus d’un quart des inscrits, un record. La Géorgie, État du sud traditionnellement conservateur, pourrait décider de la majorité au Sénat. Et la mobilisation des électeurs semble à la hauteur de ces enjeux politiques, explique notre envoyée spéciale.
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Je pense que le risque de chaos post électoral est très sérieux
Anne Deysine, juriste spécialiste des États-Unis

À Sandy Springs, petite ville cossue au nord d’Atlanta, Ron et sa femme sortent de la cafétéria d’une maison de retraite, transformée depuis deux semaines en bureau de vote anticipé. Pour ces électeurs conservateurs il s’agit de sauver l’Amérique des dérives démocrates. « Le pays est dans un très mauvais état : un taux de criminalité élevé, des frontières ouvertes et l’inflation. La participation sera très importante cette année », assurent-ils.
Megane aussi a été poussée aux urnes par un sentiment d’urgence. Elle a voté pour la candidate démocrate au poste de gouverneur, espérant qu’elle reviendra sur l’interdiction de l’avortement à partir de la sixième semaine de grossesse.  « Notre vote devient littéralement vital ici. Vital pour notre corps et pour notre capacité à décider nous-mêmes si on veut avorter pour quelque raison que ce soit », dit-elle.
Richard, lui, sort furieux du bureau de vote. « On m’a refusé mon droit de vote. Parce qu’ils n’ont pas pu retrouver mon permis de conduire dans leur système informatique. Bien que mon permis soit à jour et que je sois propriétaire d’une maison ici, ils ne m’ont pas laissé voter », peste-t-il.
Après une rude bataille politique en Géorgie, les électeurs se disent tous impatients. « Je n’en peux plus de ces campagnes négatives et de la division qui règne. C’est dur », dit une femme. « Je trouve le cycle électoral trop long. Tous ces spots de campagne, ces affiches partout ! Je suis content que ça se termine », constate Jackson.
Le vote anticipé en Géorgie prend fin ce vendredi.
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Quand ils ne savent pas, les électeurs ne votent pas !
Midterms aux États-Unis: les principes du vote

 
Les Démocrates pointent les menaces des Républicains sur les aides sociales

À quelques jours du vote pour les élections de mi-mandat aux États-Unis, un thème de campagne est mis en avant par les Démocrates : celui des aides sociales et des menaces des Républicains sur ces programmes, rapporte Guillaume Naudin, notre correspondant Washington.

Un discours de Barack Obama en fin de semaine dernière a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. Il explique aux jeunes de son public que les Républicains veulent s’attaquer aux aides sociales et médicales de leurs parents et de leurs grands-parents. Avec son charisme si particulier, l’ancien président reprend un argumentaire que Joe Biden utilise depuis des semaines.

Le sénateur de Floride Rick Scott propose de réévaluer tous les programmes fédéraux de dépense tous les 5 ans. Ron Johnson, du Wisconsin, l’un des États clés pour la majorité au sénat, propose même de le faire tous les ans. Pour les chefs démocrates, il y a un risque pur et simple de disparition de ces programmes sociaux, même si les chefs républicains, au Sénat et à la Chambre des représentants, n’ont pas adhéré à ces propositions.

En revanche, les Républicains ont largement fait campagne sur la gestion économique trop dépensière à leur goût de la Maison Blanche et ils entendent réduire les dépenses. Ils commencent à parler de relever le niveau de cotisation, ou l’âge minimal pour toucher les prestations sociales.

Ils veulent faire entrer cela dans les négociations budgétaires qu’ils auront à avoir avec Joe Biden s’ils reprennent la majorité au congrès. Et le président a déjà prévenu, il opposera son droit de veto à toute tentative dans ce sens.

 
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