Maroc-France: La leçon d'histoire de Tahar ben Jelloun à Emmanuel Macron – Arabnews fr

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CASABLANCA: Les relations franco-marocaines sont au point mort, ce n’est plus un secret. Une crise diplomatique crispe les relations entre les deux pays, dont l’amitié et la proximité ont toujours été cadrées et indiscutables.
Il aura fallu un président, Emmanuel Macron, et un thème, l’immigration clandestine, pour que le froid diplomatique s’éternise en hiver. C’est dans ce contexte que l’écrivain et poète franco-marocain, Tahar ben Jelloun, tente dans une tribune publiée dans les colonnes de l’hebdomadaire français Le Point «d’expliquer le Maroc» à Emmanuel Macron.
Le prix Goncourt 1987 revient dans un premier temps sur l’histoire millénaire du Maroc. «C’est un pays qui n’a jamais été colonisé. Il a résisté aux Ottomans qui s’étaient installés en Algérie, en Tunisie et en Égypte. La France y a exercé un protectorat de 1912 à 1956. Rien à voir avec l’implantation coloniale chez le voisin de l’Est», écrit-il, pour conclure que «de ce fait, entre les deux pays, il y a toujours eu de l’amitié, une certaine bonne disposition».
Sur cette lancée, Tahar ben Jelloun propose à Emmanuel Macron d’énumérer les éléments qui démontrent la relation fusionnelle entre le Maroc et la France. «Le français est une langue parlée par un grand nombre de Marocains», écrit-il, pour souligner l’importance de la langue de Molière et de la culture française au Maroc. Il passe ensuite en revue les liens qui unissaient les anciens présidents français avec Rabat, à commencer avec François Mitterrand, qui déjà, rappelle l’auteur, «entretenait des relations suivies et même amicales avec Hassan II». Il en est de même pour Jacques Chirac, «vieil ami de la famille royale et du peuple marocain».
L’excellence des relations bilatérales s’est également poursuivie sous les présidences de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande, soutient l’auteur, jusqu’à l’arrivée de Macron. «Il a cru pouvoir se comporter avec le Maroc avec une certaine désinvolture», explique Tahar ben Jelloun. Selon lui, le président français se serait invité de manière unilatérale dans le pays. «J’irai au Maroc fin octobre», a-t-il ainsi répondu à quelqu’un dans la rue qui lui posait une question à propos du Maroc. Selon l’écrivain, «le roi, séjournant à Paris durant cet automne, aurait refusé de le prendre au téléphone». 
Les consulats du Maroc n’ont jamais refusé de rapatrier des clandestins, soutient Ben Jelloun, qui assure que «le ministère de l’Intérieur français lui adressait indifféremment des individus tunisiens, algériens et marocains. Il ne faisait pas la différence entre les trois pays». L’auteur de la tribune va même jusqu’à inviter le président français à «apprendre le marocain, non la langue, mais sa culture traditionnelle, son fonctionnement». Ceci avant de souligner que la cause principale, cause sacrée, celle de l’intégrité territoriale est au centre de toutes les politiques au Maroc alors que «la France, pour ne pas froisser les généraux algériens, se maintient dans une position qui n’a pas évolué depuis longtemps».
Conclusion logique pour Tahar ben Jelloun: «Si Emmanuel Macron veut réparer les séquelles d’une grosse crise franco-marocaine, il sait ce qu’il faudra faire. Reconnaître que la position marocaine est juste et que l’Algérie a tort de continuer à nourrir un conflit créé artificiellement il y a bientôt un demi-siècle par Houari Boumédiènne, empêchant en cela la constitution d’un Maghreb uni et fort».
 
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PARIS: « Pas coupable ». Le représentant d’Air France a maintenu jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris que la compagnie n’avait pas commis de faute ayant conduit au crash du vol Rio-Paris en 2009, tout en refusant de charger les pilotes et son coprévenu Airbus.
Après les trois magistrats du tribunal mercredi, Pascal Weil, ancien chef pilote et instructeur, fait face jeudi aux questions des parties, à commencer par celles des parties civiles.
« Est-ce que Air France assume une part de responsabilité dans la survenance de ce drame ? » Me Alain Jakubowicz, avocat de l’association Entraide et Solidarité AF447, reformule, insiste.
« En regardant la chronologie des choses (…) nous avons fait ce que nous pensions devoir faire à l’époque », répond M. Weil qui, dans son costume sombre, s’exprime avec les mains et force détails.
« Nous plaidons que nous ne sommes pas coupables, le tribunal évidemment jugera », ajoute M. Weil. « Nous récusons très fermement toute faute, notre position a été constante ».
Après le givrage soudain des sondes Pitot mesurant la vitesse de l’avion, les pilotes du vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris ont perdu le contrôle de l’appareil, qui a heurté l’océan à 2h14 du matin (temps universel) le 1er juin 2009. 228 personnes sont mortes.
Air France est poursuivie pour ne pas avoir assez formé ses pilotes sur le gel des sondes et, surtout, sur ses conséquences dans le cockpit, alors que des pannes similaires s’étaient multipliées au cours des mois précédant la catastrophe.
Me Jakubowicz poursuit: Airbus, jugé avec Air France pour homicides involontaires, impute la catastrophe à des « erreurs de pilotage ». Qu’en pense la compagnie ?
« Pour nous, ce qui amène l’équipage à agir tel qu’il a agi reste en grande partie mystérieux », estime M. Weil, détaillant les dernières minutes du vol. « Je ne peux pas les qualifier d’erreurs dans la mesure où je ne peux pas les expliquer ».
 « Alternative binaire » 
« On est dans une alternative binaire », appuie Me Jakubowicz. « Soit les pilotes ont été mauvais », soit « il y a bien eu un trou dans la raquette dans leur formation ».
« Je vous remercie de me mettre devant un choix impossible », déclare Pascal Weil, rejetant les « deux branches de l’alternative » pour une « troisième voie, celle du doute ».
Pour lui, c’est le « modèle » de formation, tel qu’il existait dans toute l’industrie aéronautique, qui est en cause car il faisait « fi des facteurs humains, de la variabilité individuelle ».
« Vous avez songé à faire de la politique ? C’est la question que m’inspire votre non-réponse », grince l’avocat, qui le questionne alors: si lui-même avait été aux commandes de l’AF447, « l’avion tombe ou il ne tombe pas ? Il y a ce procès ou pas ? »
« Je n’en sais rien, car je ne sais pas ce qui a amené les collègues à agir de cette façon », assure M. Weil.
Plusieurs avocats suivent, certains l’interpellent en creux sur la responsabilité d’Airbus, quant à la conception de l’avion ou le traitement des incidents. A chaque fois, M. Weil botte en touche, affirmant vouloir s’en tenir aux « faits » et non aux « théories ».
Au fil des questions, il répète qu’Air France a « bien » formé ses pilotes, « au-delà » des standards. Qu’ils ont aussi été « informés » de cette panne via « six » canaux différents: casiers, affichage, session de contrôle des connaissances…
Pour lui, le risque a été correctement évalué au vu des connaissances de l’époque. Les neuf incidents rapportés au sein de l’entreprise ne « signalaient pas de perte de contrôle » et Air France n’était pas au courant des avaries du même type dans les autres compagnies.
Le parquet pose « quelques questions rapides et techniques », les avocats d’Air France une seule, en forme de précision. Arrive le tour des conseils d’Airbus: une poignée de questions, sans mettre en difficulté M. Weil.
Le représentant du constructeur est attendu lundi après-midi, à sa place.
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MARSEILLE: Une école marseillaise nommée « école Bugeaud » a été officiellement renommée « Ahmed Litim », du nom d’un tirailleur algérien, par le maire de Marseille jeudi, a-t-on appris auprès de la mairie.
« Cette école de Marseille portait le nom d’un bourreau: Bugeaud. Aujourd’hui, nous lui donnons un nouveau nom, celui d’un tirailleur algérien, celui d’un héros qui a donné sa vie pour libérer notre ville. », a annoncé le maire socialiste Benoît Payan sur Facebook, publiant une photo de la nouvelle plaque.
L’histoire d’Ahmed Litim, a raconté le maire lors de la cérémonie de dénomination, c’est celle « d’un enfant d’Algérie (…) engagé, très jeune, dans l’Armée d’Afrique », mort le 25 août 1944, fauché par un obus allemand, en participant à libérer la ville.
L’école Ahmed Litim, située dans le très populaire troisième arrondissement de Marseille, portait jusqu’à présent le nom d’un colonisateur de l’Algérie, le maréchal Bugeaud, dont les crimes « ne doivent pas être effacés de notre mémoire », a mis en garde Benoît Payan. « L’Histoire de la France, c’est aussi celle de Bugeaud, de la colonisation ou de la collaboration. Cette histoire, nous continuerons de l’enseigner et de l’apprendre à nos enfants ».
Mais la ville a choisi « de donner aux enfants de Marseille l’exemple d’un héros plutôt que celui d’un bourreau », selon les mots du maire.
« Nous saluons la position de la ville de Marseille qui a consisté à débaptiser l’école Bugeaud », a réagi auprès de l’AFP Samia Chabani, du centre de ressources sur l’histoire et les mémoires des migrations à Marseille, Ancrages.
Ancrages milite pour « que les civils ou militaires auteurs de violences et de guerre coloniale ne soient plus honorés dans l’espace public », et demande notamment que les associations valorisant l’histoire et « les mémoires des descendants des migrations postcoloniales » soient représentées à la commission des noms de rues.
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CORMEILLES-EN-VEXIN: Cinq bases sont prévues à Paris et dans sa région afin d’accueillir des taxis volants à l’horizon 2024, ont annoncé les promoteurs de ce projet qui souhaitent profiter de la vitrine des Jeux olympiques pour cette nouvelle offre de mobilité. 
Cet objectif, pour un service expérimental qui doit encore obtenir des feux verts réglementaires, a été évoqué jeudi lors de l’inauguration à l’aéroport de Pontoise-Cormeilles-en-Vexin (nord-ouest de Paris), du terminal passagers d’un « vertiport ». 
C’est dans ces installations à 35 km de la capitale française, que le gestionnaire d’aéroports Groupe ADP, la RATP, la région Ile-de-France et le constructeur aéronautique allemand Volocopter mènent depuis un an des essais d’engins à décollage et atterrissage vertical (VTOL de son acronyme en anglais) en conditions réelles. 
« Notre objectif est très clair, c’est qu’en 2024, Notre-Dame rouvre, que la France brille aux JO et que dans le ciel francilien on puisse voir voler les premiers VTOL en Europe », a déclaré jeudi le directeur général de l’Aviation civile, Damien Cazé. 
Ces appareils électriques vont devoir s’intégrer à la fois dans le trafic aérien et l’environnement urbain, sans négliger leur acceptabilité par la population. 
Les engins « VoloCity », à l’allure de gros insectes couronnés, pour leurs modèles biplaces, par 18 rotors, s’avèrent quatre fois moins bruyants que les hélicoptères, selon Volocopter. 
Deux lignes aériennes sont prévues, l’une entre Paris et Versailles, l’autre relierait les aéroports Charles-de-Gaulle et Le Bourget à Paris intramuros, selon ADP. 
Volocopter « est en train d’obtenir la certification européenne qui lui permettra de pouvoir voler sur tous les vertiports » concernés, selon ADP, qui espère un feu vert de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) en 2024. 
« La clé désormais est de nous préparer pour la certification, ce sera un gros défi pour les 18 prochains mois », a indiqué le PDG de Volocopter, Dirk Hoke. 
« Mais nous sommes sur la bonne voie pour voler à Paris lors de l’été 2024 », a assuré cet ancien haut responsable d’Airbus. 
Il s’est dit engagé à « prouver que la technologie est sûre »: les VoloCity seront soumis aux « mêmes règles de sécurité que les avions Airbus ou Boeing », soit une marge d’erreur technique acceptable de seulement un pour un milliard. 
A l’horizon 2024 « l’expérimentation envisagée reposera sur une flotte d’une dizaine de VoloCity prête à être déployée » en Ile-de-France, chaque appareil pouvant effectuer deux ou trois vols par heure grâce à des batteries rapidement interchangeables. 
Les VoloCity biplaces permettront de transporter un passager payant, l’autre place étant réservée à un pilote en attendant des versions autonomes. 
Le PDG D’ADP, Augustin de Romanet, a évoqué jeudi un coût comparable pour les clients à celui d’un trajet en VTC. 

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