Londres n'exclut pas de nouvelles représailles après l'exécution d … – Arabnews fr

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LONDRES: Londres n’exclut pas de nouvelles mesures de représailles à l’encontre de l’Iran après l’exécution d’un Irano-Britannique accusé d’espionnage pour le compte des services de renseignements britanniques, a annoncé lundi le ministre des Affaires étrangères James Cleverly.
« A présent nous devons, avec nos alliés, étudier les prochaines actions que nous allons prendre pour lutter contre la menace croissante venant de l’Iran. Nous ne nous limitons pas aux actions déjà annoncées », a déclaré M. Cleverly devant la chambre des Communes.
Malgré les demandes pressantes de parlementaires, le ministre a toutefois refusé d’indiquer si le Royaume-Uni comptait placer Les Gardiens de la Révolution iranienne, l’armée idéologique de la République islamique, sur la liste des organisations terroristes.
Un porte-parole du Premier ministre Rishi Sunak avait également indiqué plus tôt à des journalistes que le gouvernement « étudiait des actions supplémentaires » avec ses alliés.
Après l’exécution samedi d’Alireza Akbari, 61 ans, ancien responsable au ministère de la Défense iranien et ressortissant irano-britannique, le Royaume-Uni a répliqué en sanctionnant le procureur général d’Iran Mohammad Jafar Montazeri.
Londres a également convoqué le chargé d’affaires iranien dans le pays et rappelé « temporairement » son ambassadeur à Teheran.
« L’exécution de M. Akbari intervient après des décennies de répression par un régime sans pitié », a affirmé M. Cleverly, assurant le soutien du Royaume-Uni au peuple iranien qui « exige droits et libertés ».
« Nous assistons aux actions vengeresses d’un régime affaibli et isolé, obsédé par l’anéantissement de son propre peuple, affaibli par sa crainte de perdre le pouvoir et ruinant sa réputation dans le monde », a-t-il ajouté.
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PARIS : « Un c’est 70, deux c’est 120. » Le livreur présente quelques boulettes à la jeune femme qui l’a rejoint au bas de son immeuble du très chic VIe arrondissement de Paris. Sous le plastique, de la cocaïne venue tout droit d’Amérique du Sud.
« C’est comme tous les livreurs à domicile, ceux qui ‘speedent’ avec des courses ou des sushis », s’amuse le jeune dealer, « je reçois des commandes et je tourne dans Paris ».
Dans la capitale française, comme dans la plupart des grandes villes européennes, la « coke » coule à flots.
Quelques dizaines de minutes suffisent pour en prendre commande sur une messagerie cryptée type WhatsApp ou Signal et la faire porter chez soi comme une pizza. En matière de stupéfiants aussi, « l’ubérisation » a révolutionné le marché.
« Les consommateurs préfèrent passer par une plateforme (de messagerie) et se faire livrer en bas de chez eux par un mec qui ressemble à un Deliveroo », décrit la commissaire Virginie Lahaye, cheffe des « stups » parisiens. « C’est beaucoup plus facile que d’aller dans un coin un peu sordide en banlieue. »
En 2021, quelque 3,5 millions d’Européens ont goûté au moins une fois à la cocaïne, selon l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT). Un niveau « historique », quatre fois supérieur à celui mesuré il y a vingt ans.
La demande de poudre blanche suit la même progression que l’offre. Vertigineuse.
Le volume des saisies sur le Vieux Continent, seul baromètre officiel en la matière, a battu un nouveau record en 2021 avec 240 tonnes, selon l’Office de police européen (Europol), contre 213 tonnes en 2020 et 49 dix ans plus tôt.
2022 s’annonce encore meilleure: 162 tonnes ont été saisies l’an dernier dans les seuls ports d’Anvers (Belgique) et Rotterdam (Pays-Bas), selon les douanes des deux pays.
« Un tsunami », résume le patron de la police judiciaire fédérale belge, Eric Snoeck.
Incontournable coca
Le périple de la cocaïne débute à des milliers de kilomètres de là.
Sur les pentes des hauts-plateaux de Colombie, du Pérou et de Bolivie, poussent les feuilles dont est extraite la drogue popularisée au XIXe siècle par Sigmund Freud et une poignée de chimistes européens pour ses vertus médicinales.
Dans la région du Catatumbo (nord-est de la Colombie), la coca a pris depuis belle lurette la place des cultures vivrières. C’est grâce à elle que José del Carmen Abril nourrit sa famille de huit enfants.
« La coca (…) a remplacé le gouvernement qui n’est jamais venu par ici », commente, chapeau de paille sur la tête, ce père de famille de 53 ans. « Avec elle, nous avons pu construire des écoles, des centres de santé, des routes et des habitations. »
Dans un pays où le salaire quotidien minimum ne dépasse pas 7 dollars, un planteur de coca peut en gagner cinq fois plus.
Plus de 200 000 familles colombiennes récoltaient de la coca en 2018, selon l’ONU. Les milliards de dollars dépensés depuis des décennies par Bogota et son principal soutien Washington dans leur « guerre contre la drogue » n’y ont rien changé: la production n’en finit pas de croître.
Elle a même battu un record historique en 2021: 1 400 tonnes de poudre produites contre 1 228 tonnes l’année précédente, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et la criminalité (ONUDC). Une hausse de 14%.
Les experts estiment à plus de 2 000 tonnes le volume total de cocaïne proposé sur le marché mondial en 2021.
Producteur de coca, José del Carmen Abril y a pris sa part. Mais il refuse d’être taxé de « narco ». Les paysans comme lui sont « des paysans qui récoltent (…) et n’ont pas de salaire minimum », se défend-il. Les trafiquants, eux, « se font combien de millions avec un kilo de cocaïne ? »
Une fois récoltées, ses feuilles sont confiées à des chimistes qui les mélangent à de l’essence, de la chaux, du ciment et du sulfate d’ammonium pour obtenir une pâte blanche vendue dans le Catatumbo autour de 370 dollars le kilo.
Cette pâte est ensuite enrichie dans d’autres laboratoires d’un cocktail d’acides et de solvants pour devenir la « coke ». Pure, son prix a passé la barre des 1 000 dollars le kilo.
Cartels mexicains
La Colombie fournit à elle seule les deux tiers de la cocaïne mondiale. Mais la chute des cartels de Medellin et Cali au milieu des années 1990 et l’accord de paix signé en 2016 avec la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont bouleversé le marché.
Simples intermédiaires à la fin du siècle dernier, les Mexicains ont profité de l’atomisation de leurs rivaux colombiens pour arracher le contrôle quasi total du secteur, du financement de la production à la supervision des exportations.
Longtemps, les cartels de Sinaloa ou de Jalisco ont privilégié leur marché « naturel », les Etats-Unis. Ils visent désormais en priorité l’Europe, où la consommation flambe.
Europol y évalue aujourd’hui le marché annuel de la vente au détail de cocaïne entre 7,6 à 10,5 milliards d’euros.
« Le marché US est saturé et la coke se vend en Europe à un prix 50 à 100% supérieur », décrypte le patron du renseignement douanier français, Florian Colas. « Autres avantages pour les trafiquants, le risque pénal est sans doute moins dissuasif en Europe qu’aux Etats-Unis et les options logistiques sont multiples entre les deux continents. »
Comme 90% du commerce mondial, l’essentiel de la « blanche » traverse l’Atlantique dans des conteneurs maritimes, dissimulée dans des cargaisons parfaitement légales de bananes, de sucre en poudre ou de conserves.
Le reste circule en avion dans les valises ou les intestins de « mules » qui embarquent à Cayenne, en Guyane française, pour Paris. Quand elle ne se faufile pas au fond des mers à bord de sous-marins ou de submersibles téléguidés, comme ceux saisis en juillet dernier par la police espagnole.
Au début des années 2000, les Mexicains avaient établi leur tête de pont européenne sur la Costa del Sol espagnole, un des nœuds du trafic de cannabis marocain.
L’arrestation quelques années plus tard de plusieurs « barons » et surtout l’explosion du transport maritime les a convaincus de réorienter leur trafic vers les principaux ports à conteneurs du continent, dans le nord de l’Europe.
Embarqués dans le port brésilien de Santos, tenu par la mafia de Sao Paulo, celui de Guayaquil en Equateur, en Colombie, au Panama ou au Pérou, les pains de « neige » cinglent vers Anvers, Rotterdam, Hambourg (en Allemagne) ou Le Havre (en France).
« C’est par là que passe l’essentiel de la drogue destinée à l’Europe », détaille la directrice adjointe des douanes françaises, Corinne Cléostrate. « Certaines cargaisons font étape aux Antilles. D’autres filent vers les Balkans ou transitent en Afrique de l’Ouest, avant de remonter vers l’Europe. »
Mafias européennes
Ces routes sont gérées selon un « business plan » bien rodé.
Les cartels mexicains vendent « leur » produit aux multinationales européennes du crime. Parfois via des courtiers qui répartissent les cargaisons, collectent leur financement et mutualisent les pertes en cas de saisie.
« Ces organisations criminelles peuvent être concurrentes », observe la policière Stéphanie Cherbonnier. « Mais elles créent aussi des alliances car elles doivent unir leurs compétences, leur savoir-faire, pour faire rentrer la drogue. »
« Mocro-maffia » d’origine marocaine aux Pays-Bas et en Belgique, pègre albanaise, serbe ou kosovare et Ndrangheta calabraise se répartissent le marché selon leur localisation et leurs spécialités (logistique, protection, blanchiment…).
Ces groupes pilotent la réception de la drogue dans les ports, confiée à des « petites mains » du cru au nom d’un strict cloisonnement des tâches.
Leurs moyens sont considérables car le trafic de cocaïne offre une rentabilité sans pareil: le kilo acheté 1.000 dollars en Amérique du Sud est vendu 35.000 euros en Europe. Une fois sortie des ports et coupée – jusqu’à 40% – la marchandise est vendue au client autour de 70 euros le gramme.
Un bénéfice qui autorise toutes les corruptions.
Dockers, agents portuaires ou chauffeurs-routiers, douaniers et policiers parfois, sont achetés pour laisser les « petites mains » récupérer le butin dans les conteneurs.
Au Havre, décrit un policier français, les 2 200 dockers qui règnent en maîtres sur les piles de conteneurs rouges, bleus ou verts entassés sur ses quais, sont devenus les complices préférés et souvent obligés des trafiquants.
Ces dernières années, plusieurs ont été condamnés en France à des années de prison ferme pour avoir « collaboré ».
L’un d’eux a décrit à son avocat l’engrenage qui l’a plongé dans le trafic: « Avant, je récupérais des cartouches de cigarettes ou du parfum pour les revendre. Ça me rapportait 200 à 300 euros par mois. Puis un jour, des mecs nous ont demandé de sortir des sacs. Ils nous ont offert 1 000 euros le sac. Ça a commencé comme ça… »
Certains dockers leur prêtent un badge pour entrer sur le port, d’autres déplacent un conteneur chargé de drogue hors du champ des caméras ou « autorisent » la sortie d’un autre.
A Rotterdam, le plus grand port d’Europe, policiers et douaniers ont surpris des petits soldats du trafic cachés dans des « conteneurs hôtels » avec vivres et couvertures pour attendre l’arrivée d’un chargement de cocaïne.
Le « ticket de sortie » d’une « boîte » – un conteneur – peut se monnayer jusqu’à 100 000 euros au Havre où, confesse un douanier, « on ne contrôle que 1% des conteneurs parce qu’on n’a pas les moyens de faire plus ».
Exécution
En plus d’acheter complicités ou silences, ces sommes folles nourrissent une violence qui déborde largement dans les rues des villes portuaires.
Dans le quartier résidentiel anversois de Deurne, Steven de Winter en a connu au moins trois vagues.
En mai dernier, une maison de son quartier, occupée par une famille connue pour son implication dans le trafic, a été attaquée à l’explosif alors que des voisins célébraient un mariage dans un jardin tout proche.
« Ce n’est plus possible », enrage l’employé de banque de 47 ans, « ça suffit ! »
En cinq ans, le parquet de la cité flamande dit avoir recensé « plus de 200 actes de violence liés à la drogue »: menaces, agressions ou jets d’engins explosifs.
Le 9 janvier encore, une fillette de 11 ans a été tuée dans sa maison anversoise visée par des tirs. Le bourgmestre Bart De Wever a immédiatement fait le lien avec « une guerre de la drogue ».
Aux Pays-Bas, les groupes criminels sont allés encore plus loin.
Le 6 juillet 2021, il est 19h30 quand le célèbre journaliste Peter R. de Vries quitte le studio d’Amsterdam où il a participé à un talk-show télévisé. A l’entrée d’un parking souterrain, le reporter est abattu de plusieurs coups de feu.
Spécialiste des affaires criminelles, il était le confident du principal témoin à charge dans le procès de Ridouan Taghi, un chef présumé de la « Mocro-maffia » arrêté à Dubaï en 2019.
Séquestration de dockers, torture de rivaux, élimination de gêneurs: les trafiquants sont prêts à tout pour défendre leur commerce. Le démantèlement l’an dernier du réseau de messagerie crypté Sky/ECC a ouvert une fenêtre inédite sur leurs méthodes.
« On a découvert une violence complètement inouïe », souffle le policier belge Eric Snoeck. « Il y a très, très peu de retenue par rapport au fait de torturer quelqu’un qui a une bonne information ou tout simplement d’exécuter quelqu’un qui n’a pas respecté un contrat (…) ça fait froid dans le dos. »
En 2020, la police néerlandaise avait découvert des conteneurs aménagés en chambre de détention et de torture…
Les mafias de la cocaïne visent de plus en plus haut. Un projet d’enlèvement du ministre belge de la Justice a été déjoué en septembre. Aux Pays-Bas, c’est la princesse héritière Amalia et le Premier ministre Mark Rutte qui semblaient visés cet automne.
«Guerre totale»
Pour enrayer la vague qui déferle sur l’Europe, policiers et magistrats ont engagé une « guerre totale ».
En développant renseignement et « ciblage », en musclant la coopération internationale et en renforçant la sécurité des ports, les saisies ont battu des records chaque année. Près de 110 tonnes en 2022 à Anvers, le principal point d’entrée de la « blanche » en Europe, contre 89,5 tonnes en 2021.
« Ça signifie que nos méthodes sont plus efficaces mais aussi que les flux augmentent », concède la douanière française Corinne Cléostrate.
Jamais confirmé, un « chiffre noir » circule: seuls 10% du volume de la cocaïne en circulation seraient interceptés.
« Nous avons des terminaux de plus en plus automatisés, cela rend plus difficile la tâche (des trafiquants) », note le chef des douaniers chargés des interceptions à Rotterdam, Ger Scheringa. A Rotterdam, les saisies ont nettement reculé de 72,8 à 46,8 tonnes de 2021 à 2022.
Mais les trafiquants ont déjà ouvert des « itinéraires bis » vers des ports moins surveillés. C’est le cas de Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire (ouest) en France, où près de 600 kilos de « coke » ont été saisis en 2022.
Les polices européennes ont également renforcé la chasse aux têtes du trafic.
Fin novembre, Europol a annoncé le démantèlement d’un « super cartel » qui contrôlait un tiers du trafic de cocaïne vers l’Europe: 49 suspects arrêtés en France, Espagne, Pays-Bas, Belgique et surtout à Dubaï, un de leurs repaires favoris.
En première ligne de cette guerre, les douaniers français de Martinique ne se font pourtant guère d’illusion.
Inlassablement, ils surveillent et inspectent les yoles de pêche, voiliers et cargos qui voguent dans les eaux turquoises du canal de Sainte-Lucie, face aux côtes sud-américaines.
« Les trafiquants connaissent nos méthodes (…) on fait au mieux mais il faut savoir reconnaître qu’on ne pourra pas tout attraper », concède le patron des douaniers de l’île, Jean-Charles Métivier. « On a souvent un coup de retard. »
Pendant ce temps à Paris, le commerce bat son plein, avec ses guerres des prix et ses offres commerciales.
« Big promo, 50 euros: 1 caro », (un gramme de « coke »), promet un message posté sur la boucle d’une messagerie.
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ISTANBUL: Le trafic sur le Bosphore a été brièvement suspendu lundi matin par un cargo arrivant d’Ukraine par la Mer Noire et victime d’une panne de gouvernail, ont rapporté des sources concordantes turques.
Le MKK1, un cargo vraquier immatriculé à Palau, achemine 13 000 tonnes de pois chiches dans le cadre de l’accord sur les exportations agricoles ukrainiennes sous l’égide des Nation unies, selon le Centre de coordination conjointe qui veille à son application.
Il avait quitté le port ukrainien de Yuzhny en direction d’Istanbul depuis près de huit jours, selon le site Marine traffic.
La panne du MKK1, entré dans le Bosphore tôt lundi matin a interrompu le trafic dans les deux sens, dans l’un des corridors maritimes les plus empruntés au monde, a indiqué le gouvernorat d’Istanbul.
Selon les médias locaux, il a pu être secouru après l’intervention des bateaux pilotes du Bosphore après quelques heures.
Ce type d’incidents se produit régulièrement sur le Bosphore qui, en sa partie la plus étroite, mesure à peine 360 m de large, contraignant les garde-côtes à suspendre le trafic.
Depuis la signature en juillet de l’accord entre Kiev et Moscou, avec la supervision d’Ankara et de l’Onu, l’accord sur les céréales et produits agricoles ukrainiens, entré en vigueur le 1er août et renouvelé mi-novembre pour 120 jours, a permis d’acheminer plus de 17 millions de tonnes.
https://arab.news/y8wqg
DAKAR: Une collision entre un car et un camion a fait 22 morts lundi au Sénégal, où les transporteurs résistent à des mesures annoncées une semaine plus tôt après un autre accident où plus de 40 personnes avaient péri.
Le Premier ministre Amadou Ba, qui s’est rendu sur les lieux près de la localité de Sakal (nord), s’est dit résolu à appliquer les décisions prises après l’accident du 8 janvier, estimant qu’une fois de plus, le mépris de la réglementation avait amplifié les dommages.
Le car accidenté lundi avait une capacité de 32 places mais en transportait 47, a-t-il dit aux journalistes.
« Nous avons dépassé toutes les limites et il est de la responsabilité du gouvernement de mettre en œuvre les mesures » annoncées le 9 janvier, a-t-il déclaré à la veille d’une grève contre ces mêmes mesures, tout en se disant prêt à la discussion avec les transporteurs.
Un témoin interrogé par la radio privée RFM a rapporté que le car avait fait un écart pour éviter un âne, un de ces animaux nombreux à divaguer sur ou au bord des routes au Sénégal.
Le 8 janvier, c’est l’éclatement d’un pneu, selon l’enquête, qui avait provoqué la collision de deux bus dans le centre du pays. Quarante-deux personnes étaient mortes, selon le dernier bilan en date.
Ces accidents remettent en lumière les maux de la route bien connus au Sénégal comme dans de nombreux pays d’Afrique: vétusté et aménagement dangereux des véhicules, conduite inconsidérée, ou encore corruption répandue des agents chargés de faire respecter les lois ou passer le permis de conduire.
Le drame du 8 janvier, l’un des plus meurtriers au Sénégal ces dernières années, a suscité un flot de critiques contre les autorités pour leur incapacité à faire respecter les règles de conduite, mais aussi la réglementation sur l’état des véhicules.
Le gouvernement a annoncé dans la foulée une vingtaine de mesures. Nombre d’entre elles sont décriées comme par les professionnels du transport comme étant en déphasage avec les réalités économiques ou les modes de vie, par exemple l’interdiction faite aux bus et minibus de circuler la nuit, ou l’interdiction d’importer des pneus usagés.
 « Gros bouchon » 
Les bus convoyant des passagers comme des marchandises sont un moyen de transport essentiel entre localités, faute d’autres solutions.
Les bus sont communément transformés pour accroître leur capacité et équipés de porte-bagages de toit souvent surchargés au point de menacer la tenue de route.
Une partie des syndicats de transport a annoncé une grève illimitée à partir de mardi pour protester.
« Régulation du secteur: l’Etat dans un gros bouchon », titrait lundi en première page le journal Le Quotidien.
Les autorités ont vite fait marche arrière sur l’interdiction d’équiper les cars de porte-bagages et ont accordé un délai d’un an.
Le gouvernement aurait fait d’autres concessions. Une organisation syndicale a refusé de faire grève après avoir obtenu, lors d’une rencontre au ministère la semaine passée, la révision de différentes mesures annoncées, par exemple sur l’âge maximum des véhicules autorisés à rouler, a dit un responsable cité dans la presse.
Autre motif de confrontation entre le gouvernement et les transporteurs, dans un contexte inflationniste: les prix.
Des exploitants de minibus viennent d’annoncer une hausse de leurs tarifs dans la région de Dakar, arguant de la baisse récente par l’Etat des subventions aux carburants et de l’augmentation de 100 francs CFA (15 centimes d’euros) des prix du gazole et du super.
Le gouvernement a refusé cette augmentation qui serait illégale selon lui, faute d’avoir été validée par les autorités.
Les accidents de la route tuent officiellement 700 personnes chaque année au Sénégal, pays de plus de 17 millions d’habitants.
Le Sénégal accusait en 2019 une mortalité sur les routes de 24 pour 100.000 habitants, et l’Afrique subsaharienne de 27 pour 100.000, pour un taux de 6 pour 100.000 dans l’Union européenne et de 2 en Suisse, selon la Banque mondiale.

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