Liaison vers Orly : pourquoi les aéroports de Tarbes-Lourdes-Pyrénées et de Pau se font la guerre ? – LaDepeche.fr

l’essentiel Alors que l'attribution de la ligne Tarbes-Orly à la compagnie ibérique Volotea a été annulée partiellement par le tribunal administratif de Pau, retour sur un feuilleton politico-judiciaire en plusieurs épisodes. 
Les occasions de construire un aéroport commun, notamment sur le plateau de Ger, entre les aéroports de Tarbes et de Pau ont été ratées, pour des raisons à la fois administratives et politiques. Les tentatives de rapprochement entre les deux plateformes aéroportuaires, ont également échoué, chaque partie campant sur ses positions.
Côté Pyrénées-Atlantiques, Nicolas Patriarche, le président du syndicat mixte de l'aéroport Pau Pyrénées déclare : "Nous comprenons que l'aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées ait besoin d'une liaison avec la capitale. Cependant, l'offre de Volotea est de nature à mettre en péril nos liaisons avec Paris. Les deux aéroports sont indispensables au territoire et on ne refera pas l'histoire. Mais dans un contexte où le transport aérien a été profondément transformé par la crise, nous renouvelons notre souhait d'un vrai tour de table entre les partenaires des deux aéroports pour trouver des collaborations et proposer des offres davantage complémentaires que concurrentes".
Le syndicat Pyrénia estime "inacceptable" la proposition de son homologue du syndicat mixte de l'aéroport Pau-Pyrénées de regrouper la desserte d'Orly sur l'aéroport Pau Pyrénées et de développer des navettes à faible émission de gaz à effet de serre entre l'aéroport Pau Pyrénées et les villes de Tarbes et de Lourdes.
"Derrière les intentions affichées par le président de l'agglomération paloise" François Bayrou, de rapprochement des deux plateformes aéroportuaires, "la stratégie aéroportuaire portée par l'aéroport Pau-Pyrénées n'est absolument pas équilibrée et porterait un véritable coup d'arrêt au développement et à l'attractivité des Hautes-Pyrénées".
Mais au-delà des divisions politiques et territoriales, l'état des lieux chiffré montre que l'aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées soutient la comparaison avec son voisin de Pau-Pyrénées. 
Tarbes-Lourdes-Pyrénées comptabilisait 466.325 passagers en 2019 ce qui en fait le 3e aéroport d'Occitanie, pour 606 003 passagers à son homologue du Béarn. La ligne Paris-Orly assurée par la compagnie Amélia pour le compte d'Air France avec jusqu'à 3 rotations quotidiennes par jour, comptait 140.000 passagers en 2018. Cette même année, Air France a transporté 322 174 passagers sur la ligne Pau-Orly. La liaison vers Orly est d'autant plus indispensable à TLP qu'à la différence de l'aéroport de Pau-Pyrénées, la plateforme bigourdane ne possède pas de desserte vers Roissy. Air France assure jusqu'à 21 vols par semaine (3 fréquences quotidiennes depuis le 27 mars 2022) à partir de Pau vers l'aéroport Charles-de-Gaulle pour une fréquentation de 165 535 passagers en 2019. Si l'aéroport des Pyrénées-Atlantiques peut faire valoir la clientèle d'affaires du bassin économique et industriel béarnais comme le poids démographique de l'agglomération de Pau-Pyrénées, "avoir une liaison avec la capitale, est essentiel pour une zone d'activité où il y a environ 4000 emplois liés au secteur aéronautique et vitale pour le territoire" comme le souligne Gérard Trémège, maire de Tarbes et président de la communauté d'agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées. 
Parce que la liaison vers la capitale est considérée comme vitale pour la Bigorre, la ligne Tarbes-Orly fait partie des liaisons d'aménagement du territoire bénéficiant d'une obligation de service public (OSP) et par conséquent d'un soutien important de l'Etat, aux côtés de la Région, de la société publique locale aéroportuaire régionale (SPLAR), du Département, de la communauté d'agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées et de la ville de Tarbes. Pour accompagner le renouvellement de la délégation de service public, l'Etat s'est engagée à augmenter sa compensation financière de 1,6 M€ à 4,5 M€ sur les quatre ans du contrat jusqu'au 31 mai 2026, comme l'a annoncé le Premier ministre Jean Castex lors de sa visite à Lourdes, ce qui réduit la contribution financière des acteurs locaux. En revanche, la ligne Pau-Orly n'est pas "subventionnée" par l'Etat, comme par les collectivités territoriales. Mais depuis le 27 mars, c'est une autre compagnie low cost, Transavia la filiale d'Air France, qui assure la liaison Pau-Orly, avec jusqu'à 12 allers-retours par semaine, 3 rotations quotidiennes et 3 night-stops sur des Boeing 737-800 nouvelle génération de 189 sièges. Si le choix de Volotea se confirmait, deux compagnies à bas coût pourraient se retrouver en concurrence frontale. "On se retrouve désormais avec deux compagnies low cost face à face dont une est subventionnée, et pas l'autre, soulignait Didier Laporte président de la CCI Pau-Béarn, chez nos confrères palois. Je crains surtout que Tarbes propose maintenant une offre de meilleure qualité qu'à Pau, sur le plan des fréquences, des horaires. Il ne faudrait pas que notre aéroport en pâtisse". 
Pour proposer une offre "concurrentielle", dans le cadre du renouvellement de l'obligation de service public au 1er juin 2022, le syndicat mixte de la zone aéroportuaire Tarbes-Lourdes-Pyrénées a choisi la compagnie à bas coût Volotea qui a été préférée aux deux autres candidates : Amelia (groupe Regourb Aviation) qui assure la desserte pour le compte d'Air France, et Chalair. "L'offre de Volotea était de loin la mieux et la moins disante par rapport aux deux autres candidats qui demandaient une compensation financière bien supérieure, ce qui fait faire des économies aux collectivités territoriales" soulignent le président du syndicat Pyrénia Philippe Baubay, le président du conseil départemental Michel Pélieu et Gérard Trémège. Si "le ticket" était presque deux fois plus cher que lors du précédent appel d’offres, la compagnie a proposé "la compensation la moins élevée" avec 4,750 M€ par an, soit 19,5 M€ sur 4 ans. Autre élément qui a joué en faveur de Volotea : son projet de développement pour l'aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées. "La compagnie va affecter un avion spécial basé sur l'aéroport, avec un équipage de 31 personnes et à moyen terme, des discussions vont s'engager avec la SPLAR pour l'ouverture de nouvelles lignes, dans le cadre du Plan Avenir Lourdes" anticipe Michel Pélieu. Enfin, "la compagnie pratique une politique tarifaire plus compétitive que celle que nous avons connue avant. In fine, c'est l'usager qui est gagnant, l'aéroport et le territoire. Dès lors que le prix du billet aller-retour sera inférieur à 100 €, l'idée c'est d'attirer une nouvelle clientèle sur Paris à destination des Pyrénées" déclare Michel Pélieu.
L'attribution de la liaison TLP-Paris à la compagnie Volotea, n'a pas tardé à déclencher des critiques (parfois déguisées) de la part de la compagnie Air France et de l'aéroport de Pau. "C'est un mauvais coup pour Air France. C'est vraisemblable qu'il y aura une guerre commerciale" pouvait-on lire chez nos confrères de la presse béarnaise, lundi dernier, de la part d' "un proche du dossier" à l'aéroport de Pau. Dans Libération, un commandant d'Air France s'émeut qu' "une compagnie low cost qui joue sur le moins-disant social, soit subventionnée par les deniers publics". Chalair, l'une des compagnies candidates à l'appel d'offres, a décidé de déposer un recours en référé au tribunal administratif de Pau pour contester cette attribution. Lundi 21 mars, le juge des référés a décidé d'annuler partiellement la procédure de délégation de service public attribuée à Volotea. Le motif invoqué ? La compagnie aérienne Volotea n'a pas réglé l'intégralité des sommes auxquelles elle a été condamnée "pour travail dissimulé", par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Comme l'a précisé le tribunal administratif de Pau, "la société Volotea a été condamnée par un jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux du 13 septembre 2021 à des dommages et intérêts et à une peine d’amende de 200 000 euros, assortie d’un sursis à hauteur de la moitié de la somme, pour des faits de travail dissimulé, faute de déclarations aux organismes de protection sociale en France pour certains de ses pilotes". En d'autres termes, selon le tribunal administratif de Pau, ce manquement soulevé par les avocats de "la partie adverse", ne lui permet pas de candidater à l'attribution de la desserte aérienne. Par ailleurs, comme le précise Philippe Baubay, "la procédure a été annulée partiellement à compter du stade de l'examen des candidatures mais la juridiction n'a pas remis en cause sa régularité". 
Le gestionnaire de l'aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées a décidé de se pourvoir en conseil d'Etat, pour faire appel de la décision du tribunal administratif. "Néanmoins, pour ne pas perdre de temps, le syndicat mixte Pyrénia exécutera le jugement, et va donc reprendre la procédure au stade de l'analyse des candidatures. Pour que nous puissions examiner les offres, il faut qu'elles soient recevables" répond Philippe Baubay, le président de Pyrénia, laissant entendre que la compagnie Volotea s'était mise en règle pour pouvoir de nouveau candidater. Lundi 11 avril, une commission de délégation de service public s'est réunie pour examiner les candidatures. Selon nos informations, ce sont les trois mêmes compagnies qui seraient en piste. Affaire à suivre…
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Je pense qu'il reste qu'une solution, mettre toutes
les cartes sur table, avec Air France. On laisse touts en place
sur Pau … Mais en échange d'une liaison, Lourdes Roissy
avec le Hub de Charles de Gaulle et le pôle international,
de Lourdes international, une fréquence par jour suffirais
Centre international de pélèrinage et le Hub international
de Paris Roissy charles de gaulle, serais la bonne ,et sage
solution… Pas de guerre avec pau Uzein , restons mousquetaire
un pour tous, tous pour un !!
Quelle que soit la compagnie il serait intéressant de savoir pourquoi il est BEAUCOUP plus onéreux d'atterrir à OSSUN qu'à PAU.
Quant à Paris- Marseille c'est pratiquement le quart du tarif !!! Idem
pour les trains……..
Les ploucs que nous sommes nous faisons plumer dans tous les cas
SNCF ou Cie aérienne. Nous savons bien que nos politiques voyagent gratuitement, leur pouvoir d'achat ne risque rien.
Ces messieurs et dames décident pour nous.
Pas étonnant qu'il y ait tant d'abstentionnistes.
Il serait plus intéressant d'en savoir plus sur le délibéré de la commission prévue hier.

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