L'événement Précis – Réflexion du Dr Finagnon Gaga sur le système éducatif béninois: «L'école doit être un instrument de lutte contre le chômage » – levenementprecis.com

Août 30, 2022La Une, Slide, Société0
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Dans une réflexion intitulée : « Les racines du chômage des jeunes diplômés au Bénin : réflexion pour une solution efficiente et pérenne au moyen des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle », le Socio-Anthropologue Dr Finagnon André Gaga   présente le visage du système de l’éducation au Bénin et les maux qui minent le secteur. Chargé d’étude à Action Éducation Internationale – Bénin, il s’est accentué sur trois éléments essentiels dont : le corps de la proposition, les modifications nécessaires à faire et les innovations nécessaires à apporter. Sa contribution se focalise sur ‘’l’entreprenarisation’’ des établissements secondaire, technique et de la formation professionnelle au Bénin. Le but consiste  à gérer les établissements comme des entreprises publiques. Pour lui, on ne doit plus étudier sans vision, sans fil conducteur et sans boussole. Le faire ainsi, « c’est opter pour une approche routinière, inefficace et impertinente face aux problèmes de notre pays », a-t-il dit. Lisez plutôt.

Les racines du chômage des jeunes diplômés au Bénin : réflexion pour une solution efficiente et pérenne au moyen des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle
Dr GAGA Finagnon André
Sociologue-Anthropologue
Chargé d’étude à Action Éducation Internationale – Bénin
Expert en étude de positionnement et de repositionnement stratégiques des organisations
Spécialiste de la lutte contre la corruption
finagnandre@yahoo.fr/ tontonfinagnon@gmail.com
Introduction
Les questions relatives à  l’emploi restent ces dernières décennies, un sujet d’intérêt majeur  pour les gouvernants du monde parce qu’aucun pays n’est définitivement à l’abri du chômage ou du sous-emploi. Au Bénin, le chômage fait partie des problèmes les plus importants et est cité comme la principale raison qui pourrait amener les Béninois à quitter leur pays (Gninafon, 2019).  C’est la raison pour laquelle les gouvernants béninois ont accordé une place de choix à ce problème en élaborant une politique nationale de l’emploi à l’horizon 2025 dont l’opérationnalisation s’est accompagnée de plusieurs projets et programmes. Le Programme d’actions du Gouvernement (PAG 2021-2026) lui consacre dans l’axe stratégique 4 en son point 8 l’objectif qui vise à « Promouvoir la création d’emplois durables pour les jeunes et les femmes ».
Ce n’est pas un secret de polichinelle : la situation du chômage au Bénin a connu une amélioration significative ces dernières années avec une entrée importante des jeunes et des femmes sur le marché de l’emploi ainsi qu’un renforcement des stratégies gouvernementales d’employabilité de ces derniers. Cependant, il urge de continuer la réflexion pour renforcer l’existant, pour plus d’impacts et une bonne pérennisation, car, il se manifeste toujours à un degré non moins négligeable dans notre société des faits symptomatiques du chômage et du sous-emploi malgré les efforts salutaires des gouvernants:
La débrouillardise qui ressort des exemples ci-dessus cités et la nature des cas présentés ne constituent pas le problème majeur, car ces derniers ne sont pas l’apanage du Bénin. C’est le fait que le système éducatif reproduise en son sein des sans-emploi avec un enseignement général à destination professionnelle limitée, un enseignement technique plus théorique que pratique, des responsables administratifs d’établissements très peu challengés,  des parents et élèves sans vision scolaire et des enseignants de plus en plus démotivés manquant parfois de vocation. Face à ce phénomène social qui demande toujours un peu plus d’attention malgré les efforts colossaux faits au quotidien par les dirigeants, que faut-il désormais faire ?
Pour mieux répondre à cette question, il faut d’abord identifier la racine du mal. Pour ma part, et ce, après plusieurs observations méthodiques, je me suis rendu compte que l’enseignement secondaire porte en lui les germes du chômage des jeunes diplômés au Bénin.
Et pour cause,  nos collèges et lycées techniques qui constituent en quelque sorte l’antichambre de nos universités ne donnent pas aux adolescents qui les fréquentent les armes nécessaires pour mieux s’adapter aux dynamiques sociétales du Bénin. Les enseignements secondaire, technique et la formation professionnelle  constituent en réalité un sous –secteur phare où l’on devait accompagner l’enfant à élaborer sa vision  professionnelle et à faire assoir sa personnalité scientifique pour une bonne intégration et mobilités sociales.
Pourtant, nos enfants n’ont aucune vision scolaire qui déclenche leur motivation, la conduise et la prolonge jusqu’à l’atteinte des objectifs pour lesquels ils apprennent. Autrement dit, « ils vont à l’école parce qu’ils doivent aller à l’école ». Pour beaucoup de parents aussi, le BEPC et le BAC sont déjà les finalités pour lesquelles ils se battent quand leurs enfants sont au secondaire. Or, ces deux diplômes ne sont pas des visions, mais plutôt des tremplins ou moyens conduisant aux visions professionnelles. C’est après ces deux diplômes qu’il faut encore réfléchir à ce que fera l’enfant et là, c’est trop tard.
En ce qui concerne nos établissements, ils n’ont généralement pas de projet de développement au début de chaque année. Le seul objectif pour les responsables des établissements est focalisé sur les taux de réussite aux différents examens. Sur cet objectif quantitatif, beaucoup réussissent ; mais sur le plan qualitatif, les apprenants manquent de quoi s’autonomiser après le BAC ; toutes situations qui aggravent par ricochet les statistiques liées au chômage. Dans cet écosystème éducatif, il ne faut pas oublier de souligner que certains enseignants travaillent aujourd’hui sans motivation et ne sont maintenus dans la fonction que par le salaire. De même, on retrouve d’autres qui n’ont  pas d’objectifs clairs fixés au début du cours permettant d’évaluer l’activité pédagogique à la fin du processus et les acquis des apprenants.
Face cet ensemble de constats, la célèbre citation de Sénèque s’impose à nous : « il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va ». L’école doit être un instrument de lutte contre le chômage et non une pépinière de chômeurs. Au détour d’une étude sur le décrochage scolaire dans les départements de la Donga, du Mono et du Couffo, plusieurs parents ont affirmé d’être fiers d’avoir des enfants en aventure au Nigéria et en Côte d’Ivoire que de les avoir à Cotonou ou à Parakou pour les études, car rapportent-ils, « nos enfants qui ont fini d’étudier reviennent alourdir nos charges en dépendant de nous alors que ceux qui vont au Nigéria ou ailleurs pour chercher de l’argent assouvissent nos charges et nous honorent dans le village. S’ils doivent prendre le peu que nous avons en étudiant et devenir un souci pour nous après les études, alors nous préférerons qu’ils fassent autre chose ». Si rien n’est fait, ces genres de propos risqueraient de compromettre les efforts que font le gouvernement et les PTF dans le domaine de l’éducation au Bénin. On s’aperçoit qu’à cette allure, les sensibilisations à la forte scolarisation des enfants et à leur maintien à l’école commenceront par être boycottées par les populations rurales. Autrement dit, il est nécessaire d’anticiper  sur une amplification du désenchantement social autour des initiatives encourageant la scolarisation des enfants dans nos localités. La problématique que cache le verbatim si dessus est donc celle de la précarité d’emploi des jeunes diplômés.
Comment réussir à faire de nos enseignements secondaire, techniques et la formation professionnelle un facteur d’amélioration de l’employabilité des jeunes diplômés, de réduction du sous-emploi et du chômage de longue durée et d’adaptation au marché de l’emploi au Bénin aux sorties du système éducatif ?
Telle est la question qui fait la centralité de ma contribution qui se focalise sur ‘’l’entreprenarisation’’ des établissements secondaire, technique et de la formation professionnelle au Bénin. Cette proposition consiste à gérer nos établissements comme des entreprises publiques.
 Pour y parvenir, il faut commencer par ‘’challenger’’ suffisamment tous les acteurs en interactions autour des collèges et lycées techniques de telle sorte que chacun d’eux fonctionne sur la base des objectifs SMART (Spécifiques, Mesurables, Acceptables/Ambitieux, Réalistes, Temporellement définis). Les documents qui permettront de concrétiser cet état de choses sont autres : le programme d’actions de l’établissement, le projet de développement du collège ou du lycée (PDC/PDL), la vision individuelle de l’apprenant (VIA) ainsi que les objectifs pédagogiques et d’opérationnalisation du cours (OPOC).
En quoi consistera chacune des composantes citées ?
Allons-nous donc continuer à apprendre indéfiniment l’anglais dans sa syntaxe et sa grammaire pendant sept ans sans être capables de tenir le moindre dialogue avec un anglophone à l’aéroport, au marché  ou lors des rencontres scientifiques? Devons-nous continuer d’apprendre à nos élèves à se blanchir le corps de craies juste pour exceller en mathématiques, physiques, chimies, biologie et autres sans qu’ils ne puissent savoir comment mettre ces connaissances en application ? Est-ce qu’il ne serait pas mieux de faire de la philosophie, du français et de l’anglais des outils de travail à orienter à partir d’un niveau scolaire donné ?
Ce sont là autant de questions qui nous appellent et nous interpellent  face auxquelles notre silence d’aujourd’hui nous chassera, nous  poursuivra et nous pourchassera demain.
Ce qui est sûr c’est que plusieurs personnes sont au chômage parce qu’ils n’ont pas des capacités pratiques d’adaptation aux mutations du marché d’emploi avec un enseignement secondaire général sans trop d’issues et un enseignement technique embryonnaire encore plus théorique que pratique. Quels sont les œufs à casser pour réaliser cette omelette éducative dans le secondaire ?
La présente proposition passe par un recrutement en bonne et due forme du personnel des administrations scolaires. Pour rendre ces administrations compétitives, il faut recruter (et non nommer) parmi le corps enseignant et/ou ceux de l’extérieur, des agents capables de gérer nos établissements sur la base de la GARE (Gestion axée sur les résultats) en fonction des contrats de deux ans renouvelables plusieurs fois. Dans ce cas, chaque agent sera évalué en fonction de son cahier des charges et des résultats auxquels il serait parvenu. A l’ancienne équipe de gestion des établissements (Directeur, censeur, surveillant, comptable et secrétaire) il sera ajouté trois acteurs techniques que sont :
un psychologue expert en orientation : chargé de l’accompagnement des élèves et des enseignants. L’échec de plusieurs élèves et lycéens ne provient pas d’un manque d’aptitudes et d’attitudes cognitives, mais plutôt des facteurs psychologiques qui se développent soit au sein des établissements (les harcèlements sexuels et moraux d’un condisciple, d’un enseignant non avoué, la non prise en compte de la réalité psychologique des élèves au cours de son exercice pédagogique…), ou en dehors de ces derniers (problèmes familiaux). Mieux, plusieurs enseignants n’arrivent pas à donner le meilleur d’eux même ou sont en baisse de forme parce qu’ils vivent de sérieux problèmes psychosociologiques. Généralement, les adultes pensent que les enfants ou adolescents n’ont aucun problème, alors qu’ils en ont et ces derniers les tourmentent malheureusement dans leur cursus. Parfois, il suffit d’écouter l’enfant pour régler son problème. De la même manière, il suffit d’un bon coaching pour faire beaucoup de génies dans nos établissements secondaires. Au début de chaque année, nos enseignants doivent avoir des entretiens psychotechniques de mise en forme pour la rentrée, de même que nos apprenants. En sa qualité d’expert en orientation, le psychologue sera chargé de donner un cours à tous les élèves sur les emplois du monde et les aptitudes nécessaires.
–  Un sociologue : qui est un agent de liaison entre les parties prenantes, oriente l’administration, écoute et traite les plaintes des acteurs dans et autour de l’école, sensibilise et gère les crises au sein des établissements. Il sera également chargé de l’épanouissement des apprenants et de la transmission des valeurs citoyennes.
Un gestionnaire de projet : il aide les acteurs en présence autour de l’établissement à élaborer le projet de développement de ce dernier, appuie les élèves dans l’élaboration de leur vision pour le cycle scolaire, suit et évalue régulièrement ces deux composantes. Il participera aussi à l’évaluation des enseignants.
Par ailleurs, les directeurs seront outillés au management afin de mieux manager les effectifs à eux confiés et surtout de mieux motiver le personnel du corps enseignant qu’ils gèrent. Les enseignants seront évalués par un comité composé de membres de l’équipe d’accompagnement du développement de l’établissement, d’experts en pédagogie, d’élèves et de parents d’élèves. Les enseignants qui obtiendront une note médiocre seront admis à un repos technique de renforcement et d’accompagnement spécialisés (RTRAS), après lequel ils seront redéployés (au cours de ce repos, le salaire est assuré mais pas les primes). Il y aura donc, des fiches techniques d’évaluation de l’enseignant (FTEE) adaptée à chaque catégorie d’évaluateur. De la même manière, les meilleurs seront motivés avec des primes de performance de la part du censeur qui sera le manager par excellence de l’établissement.
Les anciennes associations des parents d’élèves se transformeront en comité local d’appui au développement de l’établissement (CLADE). Ils seront renforcés techniquement sur la planification, le suivi évaluation des activités et les mécanismes d’évaluation. Leur motivation passera par une prime trimestrielle qui sera définie par le ministère de tutelle.
Quelles sont les innovations à introduire dans le système éducatif  pour y arriver?
3-Les innovations nécessaires à apporter
Pour rendre autonomes et dynamiques les diplômés béninois, il serait important qu’on introduise dans l’enseignement secondaire des stages professionnels de base (SPB). Ainsi, les apprenants choisiront une entreprise ou un centre pour leur stage professionnel de base. Ces lieux de stage constitueront des espaces de « capacitation à l’employabilité » où le seul élément qui compte est « la pratique professionnelle ». Ce stage sera en phase avec la vision de l’apprenant formulée au début du cycle. De telle enseigne qu’il commence par apprendre de façon concrète ce qu’il désire ardemment faire à l’avenir. Au cas où il ne voudrait plus étudier après le BAC, il pourra avec ses connaissances pratiques aller sur le marché de l’emploi. De cette façon, tous les élèves avant le BAC apprennent déjà un métier. En réalité, si beaucoup de jeunes décident aujourd’hui, après plus de vingt ans d’études de revenir apprendre un métier, c’est qu’ils ont manqué très tôt l’orientation nécessaire pour faire cette expérience édifiante et libératrice. Même si on peut dire à ce propos que « mieux vaut tard que jamais », il convient aussi de reconnaître que « l’oiseau qui se réveille tôt s’empare toujours de gros criquets ». Mieux, « il est difficile de prendre le fâ dans la vieillesse », dirait à ce propos, un dicton populaire fon.
Pour faciliter aux apprenants les stages professionnels de base dont l’objectif est de transmettre des capacités pratiques à tous les élèves et surtout apprendre un métier avant la fin du cycle ; toutes choses qui leur permettraient de pouvoir entrer dans la vie active après le BAC, l’Etat doit créer des entreprises-écoles pour les jeunes (EEPE). Il s’agira des fermes publiques, des infirmeries publiques, des hôpitaux, des ateliers de hautes coutures publiques, des jardins publics, des laboratoires de fabrications de médicaments de première nécessité, des usines de transformations de matières premières, des usines de fabrication de matérielles électroniques, des entreprises de graphisme, des centres d’intelligence artificielle, des ateliers de haute de menuiserie, des centres de produits végétaux, des restaurants d’État…Dans ces espaces de production et d’apprentissage où des experts seront déployés par l’Etat, l’élève passera quatre (4) heures à six (6) heures par semaine pour y travailler. L’Etat peut créer toutes ces entreprises ou nouer des partenariats avec des entreprises privées pour y arriver. Les services rendus et produits vendus dans ces centres permettront de payer mensuellement aux élèves et lycéens une allocation de soutien à l’élève (ASE). L’élève a la possibilité de convertir ces allocations en frais de scolarité du collège ou de l’université. A la fin du cycle, tous les stagiaires recevront une attestation d’aptitudes à l’employabilité (AAE). Avec cette attestation, ils seront autorisés à gagner des postes de leurs niveaux respectifs. Comme cela, l’élève avant la fin du collège ou du lycée technique est à même de faire quelque chose et peut en vivre ou l’approfondir s’il décide de continuer dans ce domaine (les grands inventeurs ne sont pas forcément de grands diplômés). Le jeune qui aurait toutes ces attitudes et aptitudes pratiques à l’employabilité et qui refusera de travailler ne sera plus appelé un sans-emploi, mais un paresseux.
Le ministère pourrait également instaurer au début de chaque année avec l’aide du psychologue de l’équipe d’accompagnement du développement de l’établissement une évaluation psychologique à tous les enseignants avant qu’ils ne reprennent les cours. L’évaluation psychologique est un bilan de santé mentale qui s’effectue en face à face avec un psychologue pour voir si ce dernier à des problèmes de sentiment, de comportement ou de fonctionnement. Généralement, beaucoup d’enseignants reviennent des vacances tout confus, dubitatifs ou perturbés avec d’énormes ennuis, des problèmes d’humeur, de soucis d’argent, de maladie, de divorce, d’endettement, de décès, de galère chronique, de nouvelles opportunités professionnelles mirobolantes mais sans garantie, etc. du coup, l’extérieur scolaire influence sa performance, ce qui ne lui permet pas de d’être au meilleur niveau dans son métier. Il urge en pareille circonstance, d’échanger avec l’enseignant au début de l’année pour orienter, accompagner ou corriger afin que ce dernier reprenne du poil du poil de la bête.
Dans la même perspective, le ministère pourrait introduire dans nos établissements secondaires et techniques des évaluations psychoéducatives à l’endroit des apprenants  pouvant se faire au début de l’année, pendant les cours ou à la fin de l’année. Il aura pour intérêt savoir si l’élève a des problèmes dans ses interactions quotidiennes avec  son environnement scolaire et s’il éprouve des difficultés qui nécessiteraient une prise en charge spécifique. Ainsi, on pourra facilement diagnostiquer ses capacités et difficultés d’apprentissage et d’adaptation (pour les élèves transférés) et mettre en œuvre un plan personnalisé d’interventions, d’intégration  et de renforcement de l’apprenant.
En ce qui concerne le défi communicationnel, le ministère de tutelle organisera au début de chaque année dans tous les établissements secondaire, technique et de la formation professionnelle une rentrée inaugurale ou solennelle dont le but sera de faciliter les relations entre les responsables administratifs et les populations. Ce serait le lieu de présenter le corps professoral et d’échanger sur les forces, faiblesses, opportunités et menaces de chaque établissement avec les parents d’élèves. C’est aussi une occasion pour distinguer les meilleurs enseignants et les motiver publiquement à pérenniser leurs efforts respectifs.
Par ailleurs, on dit généralement que celui qui a l’information a le pouvoir. C’est la raison pour laquelle le ministère doit introduire une nouvelle matière dans les collèges et lycées techniques ceci à partir de la sixième dénommée « orientation sur les emplois et création d’emplois » (OECE). L’enseignant de cette matière aura pour tâches d’aborder avec les élèves tous les emplois du monde  ainsi que les aptitudes et attitudes requises pour chacun d’eux. Il aura aussi pour mission de réveiller en chaque adolescent sa passion et comment travailler pour la développer au quotidien. Cette proposition n’a rien à voir avec l’orientation post-Bac dont le but est d’orienter les nouveaux bacheliers sur les filières possibles à faire (là encore, ce mécanisme est en retard, car la majorité des nouveaux bacheliers font généralement un choix à la va-vite).  L’objectif de ce cours est de donner toutes les informations nécessaires à l’élève/lycéen qui sait  déjà très tôt où il peut aller c’est-à-dire le domaine où  il pourra vraiment exceller plus tard. Plus on est informé sur les possibilités et atouts professionnels mieux on opère un choix convenable et très tôt on s’y consacre : la plupart des génies occidentaux présentés de par le monde se sont appliqués très tôt à leur art.
Conclusion
Le monde est entré dans une nouvelle ère encline aux dynamiques sociétales sélectives,  appelant ainsi à développer une nouvelle intelligence et à s’adapter journellement aux nouveaux défis contemporains. Pourtant, le système éducatif béninois souffre d’un enseignement  général  à possibilité d’employabilité restreinte, peu adapté au marché de l’emploi  et d’un enseignement technique et de formation professionnelle plus théorique que pratique. Dans ce contexte où le diplômé qui sort de ce système est exposé au chômage ou au sous-emploi, il faudrait affronter ledit phénomène par le moyen éducatif. Cependant, face aux problèmes séculaires et sempiternels de chômage et de sous-emploi, il est crucial de penser des solutions exceptionnelles et  stratégiques. Le Bénin est un pays où l’on vit au jour le jour grâce aux petites activités génératrices de revenus. Ce n’est pas un pays gâté par la nature dans ses dotations du sol et du sous-sol. Conséquemment, la solution au problème d’emploi et du sous-emploi doit se trouver dans la prise de conscience de notre identité socio-économique et surtout d’un sursaut collectif, mais beaucoup plus juvénile. Car l’emploi se crée et se conquiert. Rien n’est donné sur cette terre des hommes ; tout s’arrache et tout est combat. Quand les jeunes s’approprieront le principe de cette dynamique ou de cette mobilité, la question du chômage sera quantitativement et qualitativement réglée. Or, l’école reste le premier instrument de ce travail de masse et de changement social.
La présente réflexion n’est pas une invite à une métamorphose radicale brutale et subite de l’écosystème des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle, mais plutôt à une mutation progressive, assistée et orientée avec l’implication de toutes les parties prenantes. Il n’est pas bon d’agit pas sur un système comme sur un élément, le travail à faire requiert qu’on se conduise avec beaucoup de méthode et une bonne dose de ‘’managérialisation’’.
Aujourd’hui, le chômage et le sous-emploi sont des maladies pour la société ; mais si nous ne prenons pas des mesures fortes et anticipatoires, ils deviendront des maux endémiques. Je nous appelle donc à la proactivité, car, faillir de prévoir c’est prévoir de faillir.
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