Le retour au travail après une longue pause: comment ça se passe? – Coup de Pouce

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  Photographe : iStock
Lorsqu’on interrompt notre vie professionnelle pendant un certain temps, le retour sur le marché du travail peut se révéler une expérience à la fois stressante et excitante.
Voici des conseils pour faciliter cette transition.
 
Carolyne Casavant était maman à la maison depuis 15 ans quand elle a décidé de réintégrer le marché du travail en 2019. «Après avoir été pleinement disponible pour ma famille, j’ai réalisé qu’il était temps de penser à moi et de m’accomplir autrement. Mais j’avais peur que ça ne fonctionne pas. Comme j’ai été longtemps à la maison, je pensais avoir peu de valeur aux yeux des employeurs.»
Elle se trompait. La propriétaire du studio de yoga qui l’a embauchée comme réceptionniste a trouvé que son dévouement pour sa famille était admirable. «Elle voyait ça comme un don de soi. Elle m’a dit que j’avais du cœur», se réjouit Carolyne.
Mélanie Grégoire abonde dans le même sens. «Une longue absence du marché du travail peut être considérée comme un enrichissement plutôt qu’une perte de compétences, affirme la copropriétaire de la firme-conseil en accompagnement de carrière Brisson Legris. Si on a suivi notre conjoint qui s’est expatrié pour le travail, on s’est adaptée à une nouvelle culture, on a peut-être appris une autre langue. Si on a pris un temps d’arrêt pour s’occuper d’un parent vieillissant, ça signifie qu’on a le sens du devoir et des responsabilités. On a aussi développé notre résilience, notre empathie et notre patience.»
Devant un employeur, la clé est d’évoquer cette période de notre vie avec confiance et assurance. «On a tendance à penser qu’on n’a rien fait, mais c’est faux, poursuit la conseillère en réintégration professionnelle. On a amélioré des compétences qui sont transférables au travail.»
Néanmoins, il est normal d’appréhender le retour au boulot après une absence prolongée, car notre estime de soi est parfois fragilisée. Si c’est notre cas, on peut rebâtir notre assurance en faisant du bénévolat ou en intégrant un comité quelconque. Des expériences qu’on pourra ensuite faire valoir aux employeurs. «C’est dans l’action qu’on reprend confiance en ses moyens», assure Mélanie Grégoire, qui est coauteure du livre Changement de parcours: Guide d’accompagnement pour votre transition et recherche d’emploi (Septembre Éditeur, 2022).
Il est également judicieux de se faire accompagner par un psychologue du travail ou un conseiller d’orientation. «Ça nous permet d’obtenir un bilan de nos compétences et d’explorer les possibilités d’emploi qui s’offrent à nous, poursuit l’experte. Le conseiller nous aidera aussi à déterminer si une formation ou une mise à niveau de nos connaissances est nécessaire.»
 
Lorsqu’on est en congé de maladie depuis longtemps, le retour est particulièrement difficile. «Souvent, les gens craignent de vivre une rechute ou de ne pas être aussi efficaces qu’avant», constate Louise St-Arnaud, psychologue, conseillère d’orientation et auteure du livre Retour au travail après un congé de maladie (Éditions Caractère, 2015). Et si la raison de l’invalidité est liée au travail, comme un épuisement professionnel ou du harcèlement, le sentiment de vulnérabilité est encore plus fort. «Juste l’idée de reprendre ses fonctions cause de l’anxiété. Cela peut même nuire à la capacité de revenir au travail», ajoute celle qui est aussi professeure titulaire à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval. D’où l’importance de préparer notre retour bien avant le jour J.
Parfois, il est bon de consulter un thérapeute pour discuter du bagage qu’on traîne avec soi. Avec son aide, on peut déterminer les éléments responsables de notre état, apprendre à imposer nos limites et penser aux changements qu’on peut apporter dans notre manière de travailler ou dans notre milieu de travail.
Quand c’est l’organisation du travail, les pratiques de gestion ou un climat de travail toxique qui nous a rendu malade, il faut s’entendre avec l’employeur sur les conditions gagnantes à mettre en place pour notre retour. «On ne doit pas attendre la veille pour clarifier ça, insiste Louise St-Arnaud. Si les facteurs ayant mené à l’arrêt de travail sont toujours présents, il y a risque de rechute.»
Ne serait-il pas plus simple alors d’aller voir ailleurs? «C’est ce que font la plupart des gens, convient la psychologue. Mais ça vaut tout de même la peine de voir s’il est possible d’améliorer les choses. Surtout, on s’assure de bien réfléchir avant de prendre des décisions radicales, comme quitter un métier ou un domaine qu’on aime pour un emploi en deçà de nos aptitudes. Cela dit, des personnes font un tel choix, se reconstruisent et reviennent plus tard à leurs anciennes amours.»
 
Après un long congé de maladie, un retour progressif est parfois préconisé. Cependant, cette mesure se limite souvent à une progression dans le temps. C’est un piège. Revenir graduellement au travail dans un contexte de surcharge ou sans moyens additionnels pour nous aider à effectuer les tâches n’aide pas le rétablissement, selon Louise St-Arnaud. «La progression concerne aussi les tâches. Pour qu’il y ait un transfert graduel de la charge de travail, je recommande que le remplaçant de la personne en congé demeure en poste un certain temps.»
Pendant notre absence, il y a probablement eu des changements dans l’entreprise, des bons… et d’autres qui nous plairont moins. Des collègues sont partis, d’autres sont arrivés. Notre espace de travail ne sera peut-être plus le même. Se rendre sur les lieux à l’avance, avant le premier jour de notre retour, est une bonne idée. «On pourra ainsi voir ce qui nous attend, briser la glace avec les collègues et peut-être régler certaines choses en vue de notre retour, dit la psychologue. De plus, cette visite peut aider à calmer nos appréhensions.»
Que ce soit après un congé d’invalidité, un long voyage autour du monde ou des années à s’occuper de nos enfants, réintégrer le marché du travail demande du courage et un temps d’adaptation. Mais lorsqu’on aime ce qu’on fait et que le milieu de travail est sain, on trouve vite nos repères.
Carolyne Casavant peut le confirmer. «Au début, c’était un peu comme sauter dans le vide, dit celle qui a été longtemps mère au foyer. Mais mon retour au travail a été la meilleure décision de ma vie. Ça m’a donné des ailes.» Tellement que la femme de 42 ans est revenue sur les bancs d’école pour décrocher un diplôme d’études professionnelles en assistance technique en pharmacie et qu’elle travaille maintenant dans ce domaine. «J’adore ce que je fais. Je me sens valorisée. Et je suis contente d’être autonome financièrement. Il n’y a que du positif.» 
On passe tellement de temps au travail qu’il est normal de se lier d’amitié avec des collègues.
 
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