Le changement climatique, «principale menace» pour le patrimoine de l'humanité – Arabnews fr

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DELPHES: Les conséquences du changement climatique et du recul de la biodiversité constituent « la principale menace » du patrimoine mondial de l’Unesco, a alerté jeudi Audrey Azoulay, directrice générale de l’agence de l’ONU, sur le site antique grec de Delphes.
A l’occasion du 50e anniversaire de la Convention de 1972 sur la protection du patrimoine mondial de l’humanité, Audrey Azoulay a également appelé chacun des 194 Etats membres à « développer des solutions à la hauteur des enjeux » actuels.
« Protéger ce patrimoine de nous-mêmes, c’est (…) faire face aux conséquences du dérèglement climatique et de la perte de la biodiversité. C’est la principale menace (…) que nous mesurons de façon tangible », a-t-elle insisté sur ce site archéologique, sanctuaire panhellénique où parlait l’oracle d’Apollon.
Une immense oliveraie située à 15 km seulement de Delphes s’était retrouvée menacée par les flammes durant l’été alors que les immenses feux de forêt vont crescendo sur le pourtour méditerranéen en été, provoqués par des vagues de canicule.
Autre exemple: au Pakistan, Mohenjo Daro, l’une de premières villes de l’Histoire, frappée par de terribles inondations cet été, incarne les menaces du changement climatique sur le patrimoine mondial.
Apparue environ 3.000 ans avant-JC, la métropole a vraisemblablement dû son salut au génie de ses concepteurs.
Victime du climat
Ce très vaste site de briques aux rues géométriques était doté d’antiques canalisations et d’un tout-à-l’égout surprénamment fonctionnels, qui ont permis d’évacuer en partie le déluge s’étant abattu sur le Pakistan.
Alors que des moussons exceptionnelles entre juin et septembre, ponctuées de précipitations sept à huit fois supérieures à la normale en août, transformaient le sud du pays en un gigantesque lac, des « ruissellements extrêmement importants » étaient recensés à Mohenjo Daro, explique Thierry Joffroy, spécialiste de l’architecture en terre.
Le site pakistanais est « une victime » du climat ayant eu « beaucoup de chance », souligne Lazare Eloundou Assamo, directeur du Patrimoine mondial de l’Unesco.
Sur les 1.154 sites du patrimoine mondial de l’humanité, dont 897 sont des biens culturels, 218 sont des zones naturelles et 39 un mélange des deux, nombreux sont menacés par le changement climatique, affirment tous les experts interrogés par l’AFP.
Rohit Jigyasu, du Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM), pointe des « inondations, ouragans, cyclones et typhons » mais aussi les incendies « beaucoup plus fréquents » qui ont un « énorme impact » sur ces trésors.
Méga-feux, montée des eaux, guerres
A Delphes, Audrey Azoulay a souligné qu' »un site sur 5, et plus d’un tiers des sites naturels voit cette menace déjà comme une réalité aujourd’hui », évoquant les études de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’un des partenaires de l’Unesco.
« La situation est encore plus dramatique en Méditerranée », a-t-elle affirmé en se référant à une étude publiée dans la revue scientifique Nature affirmant que « la quasi-totalité des sites côtiers de la Méditerranée seraient menacés d’ici la fin du siècle par la montée des eaux et l’érosion, de Rhodes (en Grèce) à Kerkouane (en Tunisie), à Ravenne (en Italie), ou encore à Tyr (au Liban) ».
L’île cycladique inhabitée de Delos en mer Egée, l’un de plus importants sites antiques grecs, « est affectée par la crise climatique et la montée des eaux », a quant à lui déploré le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis à Delphes.
Au Pérou, des glissements de terrain se sont produits cette année au pied du Machu Picchu.
Ailleurs, des guerres pour l’eau sont déjà envisagées, dont le patrimoine ne devrait vraisemblablement pas ressortir vainqueur.
L’Unesco s’inquiète également des dangers du « surtourisme » et veut inciter les pays membres à prendre des mesures « pour mieux gérer le flux des visiteurs ou limiter leur impact environnemental » quand « la pression touristique est trop forte », selon Mme Azoulay.
La Grèce est un exemple typique avec une fréquentation touristique en forte hausse cette année. Le site mondialement connu de l’Acropole d’Athènes a ainsi vu le nombre de ses visiteurs s’envoler de 297% de janvier à fin juillet sur un an. L’ensemble des sites archéologiques grecs a vu sa fréquentation grimper de 231% sur cette période.
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MOSCOU: La championne américaine de basket Brittney Griner a été transférée dans une colonie pénitentiaire du centre de la Russie pour purger une lourde peine de prison, malgré les protestations de Washington qui dénonce une condamnation politique.
La star de 32 ans, reconnue comme l’une des meilleures joueuses du monde, a été condamnée en août à neuf ans de prison pour « trafic de drogues », une affaire à forte dimension géopolitique qui mêle tractations autour d’un échange de prisonniers entre Moscou et Washington et tensions liées au conflit en Ukraine.
Après le rejet le mois dernier de son appel, Brittney Griner avait quitté début novembre son centre de détention provisoire pour être envoyée dans une colonie pénitentiaire, où les conditions sont plus dures, mais le lieu exact n’avait pas été dévoilé.
« Brittney a commencé à purger sa peine à (la colonie pénitentiaire) IK-2 en Mordovie », une région du centre de la Russie réputée pour ses prisons et son climat rigoureux, ont finalement annoncé jeudi ses avocats russes, Maria Blagovolina et Alexandre Boïkov.
Indiquant dans un communiqué qu’ils avaient pu rendre visite à leur cliente plus tôt cette semaine, les avocats ont affirmé que celle-ci « se porte aussi bien que possible et essaie de rester forte et de s’adapter à son nouvel environnement ».
La joueuse traverse une « période très difficile », ont-ils toutefois souligné.
Conditions rudes
La colonie pénitentiaire IK-2, abréviation en russe de « colonie correctionnelle numéro 2 », est située dans la ville de Iavas en Mordovie, à plus de 400 km à l’est de Moscou, et compte plus de 800 prisonniers.
Les colonies pénitentiaires russes sont réputées pour les mauvais traitements infligés à leurs détenus, qui sont entassés dans des baraquements insalubres et souvent sans accès à des soins adéquats.
Les ONG de défense des droits humains dénoncent régulièrement les abus et actes de torture massivement commis dans les colonies pénitentiaires russes, héritées du système concentrationnaire soviétique.
Ces abus sont surtout commis dans les prisons pour hommes. Reste que pour Griner, qui était auparavant enfermée dans un centre de détention provisoire, il s’agit d’une nette dégradation de ses conditions d’emprisonnement.
C’est aussi en Mordovie, dans la colonie pénitentiaire IK-17, qu’un ex-militaire américain, Paul Whelan, est détenu pour « espionnage ».
La famille de M. Whelan dénonce régulièrement ses conditions de détention, affirmant qu’il est délibérément privé de sommeil et ne peut pas recevoir les soins médicaux dont il a besoin.
Echange de prisonniers
Le cauchemar de Brittney Griner a débuté lors de son arrestation en février, peu avant l’offensive de Moscou en Ukraine, dans un aéroport de Moscou, où la joueuse venait d’atterrir pour jouer avec une équipe russe pendant l’intersaison américaine, une pratique courante pour les basketteuses de la Ligue féminine nord-américaine de basket (WNBA), qui gagnent souvent mieux leur vie à l’étranger qu’aux Etats-Unis.
Les policiers découvrent dans ses bagages une vapoteuse et deux cartouches contenant une petite quantité de liquide à base d’huile de cannabis, ce qui lui vaut des accusations de « trafic de drogues ».
Lors de son procès, la joueuse a admis avoir violé la loi russe, tout en affirmant qu’elle avait emporté la vapoteuse et les cartouches par erreur. L’huile de cannabis est consommée par certains athlètes de haut niveau pour soulager des douleurs chroniques.
Les soutiens de Griner dénoncent une condamnation à une peine excessive et à caractère politique, en vue d’un possible échange de prisonniers entre Moscou et Washington.
Selon des sources diplomatiques russes, un possible échange de prisonniers pourrait concerner Brittney Griner et un trafiquant d’armes russe détenu aux Etats-Unis, Viktor Bout, qui purge une peine de 25 ans de prison aux Etats-Unis.
En attendant, la Maison Blanche a estimé la semaine dernière que « chaque minute que Brittney Griner doit subir une détention injustifiée en Russie est une minute de trop ».
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RIYAD: Les ressortissants indiens n’auront plus besoin de présenter des certificats de police pour obtenir un visa pour l’Arabie saoudite, a déclaré jeudi l’ambassade d’Arabie saoudite à New Delhi dans un communiqué.
La décision du gouvernement saoudien de supprimer le certificat de police signifie un traitement plus rapide des demandes, une gestion plus facile pour les voyagistes et un document de moins à fournir pour les voyageurs.
«Compte tenu des solides relations et du partenariat stratégique entre le royaume d’Arabie saoudite et la République de l’Inde, le Royaume a décidé d’exempter les ressortissants indiens de la présentation d’un certificat de police», a indiqué l’ambassade saoudienne dans un tweet.
«Cette décision a été prise dans le cadre des efforts des deux pays visant à renforcer davantage leurs relations.»
L’annonce a été bien accueillie par l’ambassade de l’Inde à Riyad.
N. Ram Prasad, chargé d’affaires de l’ambassade, a affirmé à Arab News: «Nous sommes très satisfaits de cette décision. Cela consolidera nos relations bilatérales et renforcera encore notre partenariat stratégique.»
Il a indiqué que cette décision profiterait aux deux millions de membres de la communauté indienne en Arabie saoudite.
«L’ambassade de l’Inde remercie sincèrement le gouvernement saoudien pour cette mesure très appréciée.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
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CHARM EL CHEIKH: Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a appelé jeudi les pays rassemblés à la COP27 à trouver « un accord ambitieux et crédible » sur la compensation des ravages provoqués par le changement climatique, un sujet brûlant sur lequel butent les négociations, à un jour de la fin prévue de la conférence sur le climat.
« La manière la plus efficace de reconstruire la confiance est de trouver un accord ambitieux et crédible sur les pertes et préjudices et le soutien financier aux pays en développement », a-t-il déclaré en Egypte, à son retour du G20 à Bali. « Nous avons besoin d’action ».
Les pays pauvres, peu responsables des émissions de gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement mais souvent très exposés aux conséquences de celui-ci, réclament un accord dès la conférence de Charm el-Cheikh sur la création d’un mécanisme financier spécifiquement dédié à ces dommages. Mais les pays riches y sont très réticents.
L’Union Européenne a toutefois fait une ouverture lors d’une séance plénière tard jeudi soir, proposant « d’établir un fonds de réponse aux pertes et dommages », tout en insistant pour que la COP27 prenne aussi des engagements forts sur la réduction des émissions.
Ce fonds devrait être financé par « une large base de donateurs », a insisté le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans. Un mot-clé pour désigner les pays aux moyens financiers conséquents, parmi lesquels donc la Chine, alliée des pays en développement sur ce dossier.
Ce fonds ne serait en outre qu’un élément d’une « mosaïque » de financements à élaborer. Et seuls les pays « très vulnérables » pourraient en bénéficier.
Le représentant du Pakistan, Nabil Munir, qui assure la présidence du puissant groupe de négociation G77+Chine (plus de 130 pays en développement), a qualifié l’offre européenne de « nouvelle positive ». Il a toutefois estimé que « beaucoup de divergences demeurent ».
Le délégué de la Chine, premier émetteur mondial et deuxième puissance économique, s’est exprimé sans commenter la proposition européenne.
Les Etats-Unis, dont l’opposition à un fonds dédié est connue, n’ont pas pris la parole.
Une proposition de résolution sur les pertes et dommages a par la suite été publiée par les « facilitateurs » sur ce dossier. Elle liste trois options, dont une assez semblable à l’offre européenne. Une autre pourrait à terme déboucher sur un fonds, une dernière évoque seulement un renforcement des financements.
Le sujet des pertes et préjudices est rendu plus sensible encore par la multiplication des événements extrêmes dévastateurs, illustrée par le cortège d’inondations, sécheresses ou incendies géants de l’année en cours.
Les discussions financières se déroulent dans un contexte de grande méfiance, les pays riches n’ayant par ailleurs jamais tenu un engagement de 2009 de porter à 100 milliards de dollars par an les financements aux pays pauvres pour l’adaptation au dérèglement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Milliers de milliards
Les sommes pour l’instant sur la table pour ces différents secteurs sont dérisoires par rapport aux besoins estimés, qui se chiffrent selon les experts en milliers de milliards.
La présidence de la COP égyptienne devait de son côté publier dans la nuit ou vendredi un projet de déclaration finale.
Un premier brouillon ne faisait que lister diverses propositions, notamment un rappel de l’objectif de limiter si possible le réchauffement à 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle.
Le brouillon soulignait également que les engagements actuels de diminution des rejets de gaz à effet de serre des différents pays sont loin de permettre de tenir cet objectif, appelant une nouvelle fois à les relever. Selon les analyses de l’ONU, les engagements actuels permettent au mieux de limiter le réchauffement à 2,4°C d’ici à la fin du siècle.
Le sort réservé aux énergies fossiles sera également très surveillé. Plusieurs pays souhaiteraient voir mentionner un objectif de réduction du recours au pétrole et au gaz. Une mention semblable pour le charbon avait été in extremis atténuée lors de la dernière COP à Glasgow.
Une fois les différents projets de résolutions publiés, d’intenses négociations s’engageront avant un éventuel accord, qui doit se faire par consensus. La conférence doit théoriquement s’achever vendredi, mais les COP se poursuivent en général au delà des délais prévus.

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