L'Afrique du Sud plombée par de nouvelles coupures drastiques d'électricité – Arabnews fr

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JOHANNESBURG: L’Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, comptant près de 60 millions d’habitants, est une nouvelle fois frappée par des coupures drastiques d’électricité, causées par des défaillances d’installations vieillissantes et mal entretenues, a indiqué dimanche la compagnie publique Eskom.
Présentant des excuses pour ces nouvelles coupures intenses lors d’une conférence de presse, le PDG d’Eskom, Andre de Ruyter, a annoncé « un niveau élevé de délestage cette semaine ».
Sur une échelle de huit niveaux possibles d’intensité, le pays a atteint le sixième stade critique. Cela implique, pour les Sud-Africains et les entreprises, plusieurs coupures, de plusieurs heures, chaque jour.
Le président Cyril Ramaphosa a avancé son retour en Afrique du Sud à la suite de cette annonce. Après une rencontre avec le président américain Joe Biden à la Maison Blanche vendredi, le chef d’État est arrivé dimanche à Londres.
« Il rentrera en Afrique du Sud après avoir assisté aux funérailles » de la reine Elizabeth II lundi, a déclaré à l’AFP son porte-parole. « Il rentrera pour s’occuper du niveau 6 de délestage », a-t-il précisé, confirmant que le président ne se rendrait pas à l’Assemblée générale de l’ONU la semaine prochaine à New York.
Ce sixième stade avait déjà été atteint en juin, dans un pays alors en plein hiver austral, avec une hausse de la consommation d’énergie et une pression élevée sur la production. La remontée des températures depuis septembre avec l’arrivée du printemps entraîne habituellement une baisse de la consommation, notamment avec l’arrêt de l’utilisation des moyens de chauffage. Eskom profite généralement de cette période pour mettre à l’arrêt des unités de production pour leur maintenance.
Mais un nombre élevé de pannes sur les installations, 45 en l’espace de sept jours, ont entraîné une baisse dramatique de la production d’électricité.
« La phase 6 du délestage restera en vigueur jusqu’à ce que suffisamment d’unités de production soient à nouveau en état de fonctionner », a expliqué le directeur de l’exploitation d’Eskom, Jan Oberholzer.
Après des années de mauvaise gestion et de corruption, la compagnie publique est incapable de produire suffisamment d’énergie pour le pays, régulièrement plongé dans le noir et où des manifestations contre la déliquescence des services publics sont périodiquement organisées.
Enjoignant aux Sud-Africains d’utiliser l’électricité avec parcimonie, M. De Ruyter a appelé à éteindre les lumières dans les bureaux la nuit, éviter de faire fonctionner les pompes des piscines et les chauffe-eau en heures pleines.
« Si chacun joue son rôle, nous pouvons gérer la demande », a-t-il assuré.
La mise au point d’une capacité de production efficace à grande échelle « prendra du temps », a poursuivi le PDG, ajoutant que la possibilité d’instaurer des plages de délestage permanentes avait été à l’étude, avant d’être finalement rejetée.
L’Afrique du Sud tire 80% de son électricité du charbon, créant une grave pollution dénoncée par les défenseurs de l’environnement. Le pays a obtenu 7,7 milliards d’euros pour sa transition énergétique lors de la COP26 l’an dernier à Glasgow.
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NEW YORK : Uyukar Domingo Peas, un indigène équatorien, regrette que malgré l’urgence de la crise climatique, des Etats et des entreprises continuent de détruire l’Amazonie et ne recourent pas aux savoirs ancestraux des peuples autochtones pour sauver la planète.
«L’Amazonie doit rester intacte pour la jeunesse et le reste de l’humanité», déclare à l’AFP cet homme de 58 ans de la nation achuar, qui lutte depuis trois décennies contre la destruction des forêts.
S’il existe encore des «réservoirs de ressources naturelles», c’est «parce que nous les avons protégés pendant des milliers d’années», ajoute-t-il, dans le cadre de la Semaine de l’environnement.
Il s’agit d’une série d’événements indépendants auxquels participent des peuples autochtones du monde entier, organisés à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, où des dirigeants de la planète ont plaidé en faveur de mesures pour arrêter le changement climatique.
Quelque 80% des forêts tropicales de la planète — environ 800 millions d’hectares — se trouvent sur des territoires indigènes, selon les organisations qui les défendent.
Les indigènes accusent le «capitalisme» d’avoir causé la destruction de leurs forêts.
Mais Uyukar Domingo Peas réclame des fonds pour mener à bien l’initiative dite du Bassin sacré territoires de vie, qui vise à protéger 35 millions d’hectares (la taille de l’Italie) dans la forêt amazonienne du Pérou et de l’Equateur, et abrite 30 peuples autochtones avec 600.000 habitants.
Il espère que les neuf pays qui se partagent l’Amazonie — poumon de la planète avec près de 300 millions d’hectares, 3 millions d’habitants regroupés dans plus de 500 peuples et autant de langues –, rejoindront également cette initiative.
– Economie solidaire –
«Nous voulons que les entreprises et les banques arrêtent d’investir pour l’argent et investissent pour le bien commun» car «le changement climatique nuit à chaque être humain», dit-il. «L’économie doit être solidaire», souligne Uyukar Domingo Peas.
Il prône une «nouvelle bioéconomie», avec de nouvelles sources d’énergie, des programmes touristiques, des produits à valeur ajoutée pour s’assurer que les jeunes autochtones n’émigrent pas vers les villes.
«Nous voulons prendre soin de la jungle et vivre de la jungle», assure-t-il.
Par rapport aux sommes importantes nécessaires aux projets pétroliers et miniers qui polluent leurs terres et leurs rivières, son initiative nécessite 19 millions de dollars sur 10 ans.
«La Terre Mère ne s’attend pas à ce que nous la sauvions, elle attend de nous que nous la respections!», clame pour sa part le chef équatorien de la nation waorani, Nemonte Nenquimo.
– «Où va l’argent?» –
La pandémie de Covid et «l’hystérie collective des pays qui dépendent du pétrole» à la suite du conflit en Ukraine ont porté un coup sévère à la lutte indigène pour le climat, note Levi Sucre, de la communauté Bribri, un peuple indigène vivant entre le Costa Rica et le Panama.
Avec les priorités fixées sur la relance économique, les droits des indigènes «ont régressé de manière alarmante ces deux, trois dernières années», explique-t-il à l’AFP.
Il affirme que cas le plus alarmant est celui du Brésil, où le gouvernement «ignore délibérément les peuples indigènes».
Les représentants des peuples autochtones se plaignent que les ressources convenues lors des réunions sur le climat leur parviennent à peine. Monica Kristiani Ndoen, une jeune leader indigène indonésienne, a rappelé cette semaine que «le défi est d’accéder directement aux fonds pour le climat».
«La question est de savoir où va l’argent», s’est-elle interrogée.
Pour le Vénézuélien Gregorio Díaz Mirabal, responsable d’une association regroupant des organisations indigènes du bassin amazonien (Coica), le problème est que «nous ne sommes pas présents dans les réunions où les décisions sont prises».
«Si vous voulez que nous continuions à fournir de l’oxygène, des rivières, des forêts, de l’eau potable, respectez notre maison», lance-t-il.
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LA HAVANE: Cuba va commencer de nouveaux essais cliniques sur un médicament mis au point par un laboratoire national pour traiter la maladie d’Alzheimer, qui figure parmi les principales causes de décès sur l’île, a déclaré vendredi dans un rapport le ministère de la Santé.
« A Cuba, un essai clinique commencera dans les prochains mois dans toutes les provinces du pays pour tester l’efficacité et la sécurité » du médicament NeuroEpo chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer légère à modérée, a indiqué le ministère de la Santé publique sur son site internet, sans autre précision sur cette phase de test.
Le médicament, une formule administrée par voie nasale développée par le Centre d’immunologie moléculaire (CIM), a obtenu « de bons résultats dans le traitement des maladies neurodégénératives », a-t-il ajouté.
« A Cuba, les démences sont l’une des principales causes de décès et ce sont celles qui requièrent le plus d’attention et de soins chez les personnes âgées », indique le ministère.
Parmi les 11,2 millions d’habitants de l’île, il y a actuellement 160 000 personnes atteintes de démences, selon le rapport.
Il y avait environ 46,8 millions de personnes atteintes de démence dans le monde en 2015, un chiffre qui pourrait atteindre 65 millions en 2030. En Amérique latine et dans les Caraïbes, ce chiffre pourrait passer de 3,4 millions à 4,1 millions en 2030, selon les chiffres fournis par le document.
Cuba est confronté à un vieillissement rapide de sa population, accentué par l’exode migratoire, notamment des jeunes, qui fuient la crise économique la pire de ces 30 dernières années.
Selon l’annuaire statistique de Cuba, plus de 21% de la population de l’île avaient plus de 60 ans en 2020.
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NEW YORK: « Ils n’agissent pas. Ils parlent mais ils n’agissent pas ». Face aux promesses climatiques non tenues des pays riches, la Première ministre du Bangladesh Sheikh Hasina s’impatiente: Ils sont responsables des dégâts » mais ne font rien, « c’est une tragédie ».
« Les pays riches veulent simplement devenir plus riches et encore plus riches, ils ne s’embêtent pas avec les autres », lance-t-elle lors d’un entretien avec l’AFP en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
Pays de deltas, le Bangladesh fait partie des plus vulnérables aux impacts du changement climatique, en première ligne en particulier face à l’augmentation du niveau des océans et aux inondations qui se multiplient.
Mais comme la plus grande partie du monde en développement, il n’est pas responsable du réchauffement de la planète qui a gagné près de 1,2°C en moyenne depuis l’ère pré-industrielle.
« Nous ne sommes pas des émetteurs (de gaz à effet de serre) mais nous sommes victimes de ces émissions et du réchauffement », martèle la Première ministre.
« C’est très fâcheux », poursuit-elle, mettant notamment en avant les « risques » et les « souffrances » des petits Etats insulaires qui « pourraient disparaître ».
Face aux menaces qui augmentent, les gouvernements du Sud dénoncent régulièrement les vaines promesses des pays développés, notamment l’engagement non tenu de porter à 100 milliards de dollars par an en 2020 leur aide pour que les pays les plus pauvres puissent réduire leurs émissions et se préparer aux impacts.
Mais le sujet brûlant à deux mois de la conférence climat COP27 en Egypte concerne les « pertes et dommages » déjà subis, comme les dévastations provoquées par les inondations historiques au Pakistan, et la revendication d’un fonds pour les compenser.
« Nous avons réclamé ce fonds. Nous voulons que cet argent soit levé, mais malheureusement nous n’avons pas de réponse positive des pays développés », regrette la Première ministre. Ils ont simplement obtenu un « dialogue » sur ce sujet jusqu’en 2024.
«Fardeau»
« Ils parlent mais ils n’agissent pas », dénonce-t-elle. « Ils parlent beaucoup, ils font des promesses, tout va bien, mais nous ne voyons aucune action, nous ne voyons pas d’argent ».
Pourtant, « c’est la responsabilité des pays développés », « c’est leur devoir d’aider les victimes ».
Malgré tout, elle assure qu’elle fera « de son mieux, toute seule », même sans l’aide internationale. Dans ce domaine climatique comme dans le dossier sensible des réfugiés rohingyas apatrides.
Environ 750 000 Rohingyas ont fui les exactions de l’armée en Birmanie et cherché asile en 2017 au Bangladesh voisin, où se trouvaient déjà plus de 100 000 réfugiés, victimes de précédentes violences.
Pour la plupart musulmans, ils survivent, entassés dans des camps insalubres à l’abri de baraques faites de bâches, tôles et bambous et refusent de retourner en Birmanie, à majorité bouddhiste, tant qu’ils n’auront pas obtenu des droits de citoyenneté.
Lors d’une visite en août, Michelle Bachelet, qui était alors Haute commissaire des droits de l’Homme de l’ONU, a estimé que les conditions de leur retour en Birmanie n’étaient pas réunies, malgré les demandes répétées du Bangladesh.
« Tout le fardeau nous revient », dénonce Sheikh Hasina.
Oui, ils vivent dans des conditions « pénibles » dans les camps au Bangladesh, « surtout les femmes et les enfants », mais « la population locale souffre aussi », déclare-t-elle, regrettant le tassement de l’aide internationale à cause des crises économiques liées à la Covid-19 et à la guerre en Ukraine.
Alors que le Haut commissariat aux droits de l’Homme avait pointé du doigt une « rhétorique anti-Rohingya croissante » dans son pays, elle assure que ses concitoyens « ne sont pas en colère, mais ils sont mal à l’aise ».
Quant à permettre aux Rohingyas de s’installer dans des conditions plus pérennes, « ce n’est pas possible de leur donner un espace, parce qu’ils veulent rentrer dans leur pays », argumente-t-elle. « C’est la priorité de tout le monde », « nous devons tous essayer de faire en sorte qu’ils retrouvent leur terre et qu’ils vivent leur vie ».
« Si quelqu’un veut les accueillir, qu’ils les accueillent », lance la Première ministre.

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