La Russie et la Chine face à des résolutions historiques à l'ONU – Arabnews fr

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GENÈVE: La Russie et désormais la Chine, deux des membres permanents du Conseil de sécurité, sont pour la première fois visées par des projets de résolution devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
Les pays occidentaux et leurs alliés hésitaient depuis plusieurs mois à s’en prendre à ces poids lourds de la scène mondiale, craignant de ne pas parvenir à construire une alliance assez forte pour faire approuver les textes à la majorité des 47 Etats membres du Conseil.
Mais les ONG ont exercé des pressions croissantes pour que le plus haut organe onusien de défense des droits de l’homme s’intéresse à la Russie et à la province du Xinjiang, dans le nord-ouest de Chine, où Pékin est accusé de commettre des crimes contre l’humanité.
Les pays occidentaux ont fini par sonner la charge, en deux temps.
La semaine dernière, les pays membres de l’Union européenne sauf la Hongrie ont présenté un premier texte pour demander un Rapporteur spécial sur la Russie pour une période d’un an, une initiative qualifiée par Moscou de « politiquement biaisée ».
Cette initiative intervient dans un contexte d’inquiétude face à l’intensification de la répression en Russie, alors que la guerre fait rage en Ukraine.
Yaroslav Ermin, Premier secrétaire à la représentantion russe à Genève, a contre-attaqué lundi devant le Conseil en dénonçant « la persécution et la discrimination » dont sont victimes les populations russophones dans les pays baltes.
Lundi, ce sont les Etats-Unis – soutenus par le Royaume-Uni, le Canada, la Suède, le Danemark, la Finlande, l’Islande et la Norvège – qui ont lancé un second texte pour demander au Conseil de débattre de la situation au Xinjiang.
C’est une « étape modeste mais essentielle », a réagi John Fisher de l’ONG Human Rights Watch. « Aucun Etat n’est au-dessus de la loi, et l’organe suprême des droits de l’homme de l’ONU a la responsabilité de traiter ces graves abus en priorité ».
«Déstabiliser le Xinjiang»
Le projet de résolution fait suite à la publication le 31 août d’un rapport du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme sur le Xinjiang qui évoque de possibles « crimes contre l’humanité » et des « preuves crédibles » de tortures et de violences sexuelles et appelle la communauté internationale à agir.
Depuis plusieurs années, la Chine est accusée – preuves matérielles et documents à l’appui – par des pays occidentaux et des organisations de défense des droits de l’homme d’avoir enfermé au Xinjiang plus d’un million de Ouïghours et d’autres membres de minorités musulmanes, y compris des Kazakhs, dans des camps.
Pékin a rejeté avec véhémence ces accusations et accusé l’ONU de devenir « le sbire et le complice des États-Unis et de l’Occident ».
Ces dernières semaines, la Chine a exercé en coulisse à Genève d’importantes pressions sur les pays pour contrer toute initiative à son encontre. « Nous sommes prêts à nous battre », a déclaré la semaine dernière le directeur de l’information du Xinjiang, Xu Guixian, devant les médias à Genève.
Lors des débats au Conseil lundi, un autre haut responsable de cette région, Shawkat Imin, a lui accusé les pays occidentaux de vouloir « instrumentaliser la question des droits de l’homme pour déstabiliser le Xinjiang ».
Les deux résolutions seront soumises au vote des 47 États membres du Conseil le 6 ou le 7 octobre. Mais l’issue des scrutins reste incertaine. Sans surprise, la Russie et la Chine ont reçu lundi pendant les débats le soutien de pays tels que Cuba et le Venezuela, fermement opposés à toute ingérence du Conseil.
D’autres pays, tels que le Pakistan, pourtant à majorité musulmane, ont également soutenu que la question du Xinjiang reste une « affaire intérieure ».
Sur les 13 pays africains membres du Conseil, seul le représentant du Malawi, Mathews Gamadzi, a pris la parole pour déplorer que le Conseil soit « paralysé par la politisation ».
Selon une analyse publiée la semaine dernière par des défenseurs des droits humains, les pays africains cèdent de plus en plus aux pressions chinoises lors des scrutins au Conseil.
La Chine, qui a largement investi ces dernières années en Afrique notamment dans les infrastructures et dans l’exploitation de ses matières premières, est devenue la première créancière de certains pays africains.
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SAO PAOLO : L’ex-président de gauche Lula et le chef de l’Etat sortant d’extrême droite Jair Bolsonaro, favoris de la présidentielle de dimanche au Brésil, misent samedi sur des démonstrations de force à Sao Paulo, la plus grande ville du pays, pour le dernier jour d’une campagne ultra-polarisée.
Quelque milliers de personnes étaient rassemblées sur l’avenue Paulista, artère emblématique de la mégalopole, pour manifester leur soutien au rythme des tambours envers Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), qui devance Bolsonaro dans les sondages et vise même une victoire dès le premier tour.
« Lula doit revenir pour en finir avec ce qui se passe dans le pays. Nous nous battons depuis longtemps pour une société beaucoup plus juste, plus fraternelle, et Bolsonaro a tout gâché », dit à l’AFP Anderson Momesso, 52 ans, venu soutenir le candidat du Parti des travailleurs (PT) vêtu d’un maillot de foot rouge, comme la couleur de la famille politique de Lula.
A environ 5 km de là, pratiquement au même moment, M. Bolsonaro a pris la tête d’un cortège à moto le menant au Parc Ibirapuera, poumon vert de Sao Paulo, en veste en cuir noire et sans casque.
Le long de la route, clôturée par des barrières métalliques, le président d’extrême droite a été acclamé par des partisans vêtus de t-shirts jaunes et verts et portant des drapeaux du Brésil, tandis que des voitures klaxonnaient.
« Lula, voleur, ta place est en prison! », criaient les bolsonaristes.
L’ancien parachutiste a sillonné de nombreuses villes du pays en deux-roues avec ses partisans, y compris à Guaranhuns, dans le Pernambouc (nord-est), où Lula a grandi avant de partir à Sao Paulo avec sa famille pour fuir la faim.
La campagne électorale à la radio et télévision a pris fin ce jeudi à minuit, mais les meetings et la distribution de tracts sont autorisés jusqu’à samedi soir, veille du scrutin.
Fin de campagne tendue
Cette campagne s’est déroulée dans des conditions très particulières, pour des raisons de sécurité: les candidats portent un gilet pare-balle et des barrières de sécurité sont placées lors des meetings pour empêcher la foule de s’approcher trop près de la scène.
Ces dernières heures de campagne « seront très tendues, tout le monde observera les moindres détails qui pourraient faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre », déclare à l’AFP Jairo Nicolau, politologue à la Fondation Getulio Vargas.
Le tout dernier sondage de l’institut de référence Datafolha est attendu en fin de journée samedi.
Jeudi soir, cet institut donnait Lula encore largement en tête des intentions de vote, maintenant 14 points d’avance sur Bolsonaro (48% contre 34%).
Pour obtenir un troisième mandat dès dimanche, l’ex-président doit obtenir au moins 50% des votes exprimés (sans les nuls ni les blancs).
Dans le sondage de jeudi, il était justement crédité de 50% de ces votes dits « valides », la marge d’erreur du sondage (+ ou – 2 points de pourcentage) laissant planer l’incertitude sur la tenue d’un second tour le 30 octobre.
Orban soutient Bolsonaro
Mais la passation de pouvoir pourrait s’avérer « plus difficile » en cas de victoire du candidat de gauche, avec de longues semaines jusqu’à l’investiture, le 1er janvier.
Lula a admis vendredi en conférence de presse craindre des « troubles » durant cette transition.
Jair Bolsonaro a donné de nombreux signes qu’il pourrait ne pas reconnaître les résultats en cas de défaite, invoquant notamment des risques de « fraude » sans apporter de preuve.
La semaine dernière, le chef de l’Etat avait affirmé qu’il serait « anormal » qu’il n’obtienne pas au moins 60% des voix au premier tour.
Viktor Orban, premier ministre de la Hongrie, a apporté son soutien à M. Bolsonaro. « J’ai rencontré beaucoup de dirigeants mais pas beaucoup d’aussi exceptionnels comme votre président Bolsonaro », dit Orban dans une vidéo diffusée samedi matin sur le compte Twitter du président brésilien.
« Votons tous en paix, sécurité et harmonie, avec respect, liberté, conscience et responsabilité. Ensemble, tous les Brésiliens dans la grande célébration de la Démocratie », a enjoint pour sa part le président du Tribunal supérieur électoral, Alexandre de Moraes sur son compte Twitter.
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BRUXELLES : L’Union européenne a dénoncé samedi le nouveau coup de force au Burkina Faso et la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans le pays.
Le coup de force « met en danger les efforts engagés depuis plusieurs mois, notamment de la part de la Cédéao, afin d’encadrer la Transition », a déploré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell dans un communiqué.
« L’Union européenne en appelle au respect des engagements pris, qui ont été à la base de l’accord trouvé avec la Cédéao le 3 juillet dernier, afin d’accompagner le Burkina Faso vers un retour à l’ordre constitutionnel au plus tard le 1er juillet 2024 », a-t-il insisté.
« L’Union européenne déplore aussi la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans le pays, et reste aux côtés du peuple burkinabè dans ces moments difficiles », a-t-il ajouté.
Le Burkina Faso, un des pays pauvres du Sahel, a connu vendredi son second coup d’Etat en huit mois, mené pour renverser le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrivé au pouvoir par un putsch fin janvier. Le nouvel homme fort est un jeune capitaine de 34 ans, Ibrahim Traoré, chef de l’unité des forces spéciales antijihadistes « Cobra » dans la région de Kaya (nord).
Les Djihadistes ont multiplié les attaques meurtrières dans le nord et l’est, où des villes sont désormais soumises à un blocus. Deux convois de ravitaillement ont été attaqués en septembre, avec à chaque fois un bilan lourd.
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KIEV : L’armée ukrainienne est entrée samedi dans Lyman, ville stratégique de l’est de l’Ukraine, dans la région de Donetsk, dont l’annexion la veille par Moscou a été fermement condamnée par Kiev et des Occidentaux.
Kiev a également condamné la « détention illégale » du patron de la centrale nucléaire de Zaporijjia (sud), Igor Mourachov, arrêté pour une raison encore inconnue vendredi par la Russie qui contrôle le site.
L’annonce a été faite en milieu d’après-midi: « Les forces d’assaut aériennes ukrainiennes entrent dans Lyman, dans la région de Donetsk », a indiqué sur Twitter le ministère ukrainien de la Défense.
Dans une vidéo d’une minute qui accompagne le message, on aperçoit deux soldats ukrainiens agiter puis accrocher le drapeau national bleu clair et jaune à côté du panneau « Lyman », à l’entrée de la ville.
« Nous déployons notre drapeau national et le posons sur notre territoire. Lyman fera toujours partie de l’Ukraine », affirme l’un des deux militaires, sourire aux lèvres.
« Menacées de se faire encercler, les troupes alliées ont été retirées de Lyman vers des lignes plus favorables », a de son côté indiqué dans un communiqué le ministère russe de la Défense.
Un peu plus tôt samedi, l’armée ukrainienne avait affirmé avoir « encerclé » plusieurs milliers de soldats russes dans cette ville de la région de Donetsk, annexée vendredi par la Russie.
Selon un porte-parole, « environ 5 000-5 500 Russes » étaient retranchés dans et autour de Lyman ces derniers jours.
La prise entière de Lyman serait une victoire clé pour Kiev, avec la conquête de cet important noeud ferroviaire dans la région de Donetsk, annexée vendredi par la Russie.
Cour internationale de justice, Otan
A la suite de l’annexion de quatre régions ukrainiennes par Moscou, Kiev a annoncé saisir la Cour internationale de justice (CIJ), « exhortant la Cour à se saisir du dossier le plus vite possible ».
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a aussi annoncé qu’il allait « signer la candidature de l’Ukraine en vue d’une adhésion accélérée à l’Otan », une décision soutenue par les Etats-Unis et le Canada.
« Nous soutenons fermement l’entrée dans l’Otan de pays qui souhaitent y adhérer et qui peuvent y apporter leurs capacités », a déclaré le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, tout en rappelant « le processus à suivre » pour les Etats candidats.
Vendredi soir, le président russe Vladimir Poutine avait de son côté conclu une journée de cérémonies pour l’annexion des territoires ukrainiens.
« La victoire sera à nous », a-t-il lancé, micro en main, devant plusieurs milliers de personnes réunies pour un concert festif sur la place Rouge à Moscou.
«Détention illégale»
Les dirigeants des pays de l’Union européenne ont publié vendredi une déclaration « rejetant » et « condamnant » l' »annexion illégale » de quatre régions ukrainiennes.
L’Otan a dénoncé une annexion « illégitime », tandis qu’à New York le Conseil de sécurité de l’ONU a examiné une résolution condamnant les « pseudo-annexions » en Ukraine, qui a immédiatement été bloquée par un veto de la Russie.
Le président américain Joe Biden a lui juré que les Etats-Unis et leurs alliés ne se laisseraient pas « intimider » par le M. Poutine.
Les récents succès militaires côté ukrainien ont par ailleurs poussé le président russe  a décréter une mobilisation « partielle » de centaines de milliers de réservistes civils, pour tenter d’endiguer la dynamique de Kiev.
Sur le terrain, 22 civils dont 10 enfants ont été retrouvés morts, tués par balles, dans la région de Kharkiv (nord-est de l’Ukraine), selon le parquet ukrainien samedi. L’AFP avait vu au moins 11 personnes sans vie vendredi sur le site.
L’Ukraine a par ailleurs condamné la « détention illégale » du directeur général de la centrale nucléaire de Zaporijjia (sud), Igor Mourachov, arrêté pour une raison encore inconnue vendredi par la Russie qui contrôle le site.
Kiev a appelé à sa « libération immédiate » face à « un nouvel acte de terrorisme d’État de la part de la Russie ».
Selon le patron de l’opérateur nucléaire ukrainien Energoatom, Petro Kotine, M. Mourachov a été interpellé par une « patrouille russe » vers 16h00 (13h00 GMT) alors qu’il se rendait depuis la centrale vers la ville d’Ernogodar, contrôlée par les Russes.
Toujours selon lui, le véhicule transportant le directeur de la centrale a été stoppé et ce dernier a été extrait de la voiture puis « conduit, les yeux bandés, vers une destination inconnue ».
Le sort de M. Mourachov n’était pas connu samedi dans l’après-midi.

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