La police recommence à surveiller le port du voile musulman – L'Orient-Le Jour

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Des opposants iraniens en exil affirment, dans un message publié simultanément sur les réseaux sociaux, que 2023 sera l’année de la « victoire » des manifestants, appelant de leurs vœux la chute du régime de Téhéran.
OLJ/AFP / le 02 janvier 2023 à 13h14
Une policière des moeurs en Iran, le 23 juillet 2007. Photo d’archives Behrouz Mehri/AFP
La police iranienne recommence à surveiller le port du hijab par les femmes dans les voitures, ont rapporté lundi les médias locaux, plus de 100 jours après la mort en détention de la jeune Iranienne Mahsa Amini, qui a suscité des troubles dans tout le pays. L’Iran est secoué par des troubles depuis la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, 22 ans, à la suite de son arrestation pour violation présumée du code vestimentaire strict des femmes.
« La police a commencé la nouvelle étape du programme Nazer-1 (« surveillance » en persan, NDLR) à travers le pays », a déclaré à l’agence de presse Fars un « haut responsable » de la police. « Il convient de mentionner que le Nazer-1 porte sur l’absence de hijab dans les voitures », avec l’envoi par la police d’un texto au contrevenant, a-t-il expliqué. Selon l’agence, ce message sera le suivant : « l’absence du voile a été observée dans votre voiture. Il est nécessaire de respecter les normes de la société et de veiller à ne pas répéter cet acte » du retrait du voile. En revanche, la menace présente dans une première version du message stipulant que « si cette action se répète, des suites légales et judiciaires (vous) seront appliquées », a été supprimée.

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Le programme Nazer a été lancé par la police en 2020. Après la mobilisation ayant suivi la mort d’Amini, la police des mœurs – qui avait arrêté Mahsa Amini en septembre – a cessé d’arrêter les femmes marchant tête nue dans les rues et de les conduire au poste de police. Début décembre, le procureur général iranien Mohammad Jafar Montazeri avait déclaré que les unités de la police des mœurs – connues sous le nom de Gasht-e Ershad (« patrouille d’orientation ») – avaient été fermées. Mais les militants restent sceptiques quant à cette déclaration, qui semblent être une réponse impromptue à une question posée lors d’une conférence plutôt qu’une annonce claire provenant du ministère de l’Intérieur.
Année de la « victoire »
Par ailleurs, en ce début d’année, des opposants iraniens en exil ont affirmé, dans un message publié simultanément sur les réseaux sociaux, que 2023 sera l’année de la « victoire » des manifestants, appelant de leurs vœux la chute du régime de Téhéran.

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« En s’organisant et en étant solidaires, 2023 sera l’année de la victoire pour la nation iranienne. L’année de la liberté et de la justice en Iran », ont déclaré ces opposants, des personnalités de premier plan dans les domaines de la culture, des droits humains ou encore du monde sportif. « L’année 2022 était une année de glorieuse solidarité pour les Iraniens de toute confession, langue ou orientation » politique, ont-ils dit.
Ce message, publié simultanément sur leurs comptes personnels sur les réseaux sociaux, apparaît comme une volonté d’afficher une unité qui a longtemps fait défaut à la diaspora iranienne, divisée en plusieurs factions politiques après la chute du chah, en 1979. Parmi les opposants iraniens ayant posté le message, se trouve l’actrice Zar Amir Ebrahimi, sacrée à Cannes en 2022, le fils du chah déchu Reza Pahlavi ou encore l’influent dissident Masih Alinejad, qui vit aux Etats-Unis. Mais aussi le Prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi ou l’ancien footballeur Hamed Ali Karimi.
« Nous sommes unis pour obtenir la liberté, nous (…) ne serons pas silencieux », a déclaré l’actrice Golshifteh Farahani sur Instagram.

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Pour Roham Alvandi, spécialiste de l’Iran et professeur à la London School of Economics, ce message est « un signe porteur d’espoir en cette sombre période ».
Selon un dernier bilan de l’Iran Human Rights (IHR), une ONG basée à Oslo, au moins 476 personnes ont été tuées par les forces de sécurité depuis le 16 septembre. Des responsables iraniens affirment que des centaines de personnes ont été tuées lors des « émeutes », y compris des dizaines de membres des forces de sécurité. La justice a annoncé avoir condamné 11 personnes à la peine capitale pour leur rôle dans la contestation. Des militants estiment que ce chiffre est deux fois plus élevé. Deux condamnés à mort, âgés de 23 ans, ont déjà été exécutés, jugés coupables d’avoir tué ou blessé des policiers ou des paramilitaires lors des manifestations.
Journaliste en détention
Et environ 14.000 personnes ont été arrêtées, d’après l’ONU. Parmi elles, le militant et journaliste iranien Keyvan Samimi, incarcéré depuis décembre 2020, se trouve toujours en détention, a déclaré lundi à l’AFP sa famille, démentant sa libération annoncée la veille par un média local. Dimanche, le quotidien réformateur Shargh avait fait état de la libération du journaliste âgé de 73 ans, condamné à trois ans de prison pour « complot contre la sécurité nationale ». Sa famille a annoncé lundi à l’AFP que M. Samimi n’avait pas été libéré et qu’il purgeait sa peine dans la prison de Semnan, à plus de 200 km à l’est de Téhéran.

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Le journaliste avait été autorisé en février 2022 à rentrer chez lui en raison d’ennuis de santé. Toutefois, il avait été renvoyé en prison en mai après avoir été accusé d’activités contre la sécurité nationale durant sa libération provisoire, avait alors indiqué l’agence de presse Mehr. En décembre, il avait publié depuis la prison un message de soutien au mouvement de contestation. M. Samimi a été emprisonné à plusieurs reprises avant et après la Révolution islamique de 1979.
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