La « Grande Démission » va inspirer une nouvelle génération de fondateurs dans la tech française – La Tribune.fr

Partager :
Alors que l’écosystème tech français peine à se remettre de la correction des valorisations des secteurs technologiques, les fondateurs et investisseurs les plus avisés savent, eux, qu’il n’y a pas de meilleur moment pour créer une entreprise technologique. Plutôt que d’être source de pessimisme, cette période pourrait représenter un tremplin pour l’écosystème français : il suffirait que des  fondateurs téméraires se décident à saisir l’opportunité pour marquer le début d’un nouveau cycle pour les start-ups françaises.
Beaucoup ont pensé que le début de l’année 2022 marquait l’apogée du succès de la tech française. En effet, après des années de promesses non tenues, l’année 2021 et le premier semestre 2022 ont laissé supposer que l’écosystème tech français exprimait enfin son potentiel. Le succès de licornes françaises, comme Alan, a montré que les entreprises technologiques pouvaient atteindre des valorisations de plusieurs milliards de dollars sans quitter le marché domestique. Cela a renforcé la confiance des investisseurs dans le potentiel de croissance des start-ups françaises, et plusieurs fonds américains et européens se sont installés sur le territoire. Les start-ups françaises ont ainsi atteint des niveaux d’investissement records, dépassant l’Allemagne et talonnant le Royaume-Uni.
Le ralentissement ne pouvait donc pas arriver à un pire moment en France. Les dernières analyses suggèrent que l’investissement a chuté au troisième trimestre à des niveaux qui n’avaient plus été vus depuis 2017. Le contexte macroéconomique mondial a fait reculer l’écosystème technologique français de cinq ans par rapport aux dernières années. Les tours de financement late-stage se sont donc raréfiées et les grands fonds de capital-risque ont annoncé vouloir prioriser les entreprises de leur portefeuille plutôt que d’accompagner de nouvelles start-ups. Cependant, les fondateurs qui entament leur parcours entrepreneurial disposent d’atouts importants pour constituer une nouvelle génération de start-ups à succès.
Contrairement au late-stage, l’investissement en early-stage n’a pas diminué en Europe. En cette période de volatilité des marchés et d’inflation accrue, l’investissement à long terme sur des entreprises technologiques early-stage apparaît comme un pari moins risqué. Elles ont besoin de moins de capital et elles atteindront leur phase de croissance rapide dans trois ou quatre ans, lorsque la récession sera probablement loin derrière nous. Les investisseurs recherchent de la « valeur » maintenant (bilan sain, bonnes économies unitaires, ratio risque-gain élevé) et les tours de financement de pré-seed et de seed offrent souvent les meilleurs rendements potentiels dans ce type de contexte économique. Avec des niveaux records de dry-powder collectés par les fonds de capital risque early-stage, les capitaux sont donc là, mais à la recherche des bons talents entrepreneuriaux. Et c’est pourquoi le ralentissement de l’investissement représente une telle opportunité pour l’écosystème français.
Avec certaines des meilleures écoles d’ingénieurs et scientifiques du monde, la France voit naître parmi les plus grands talents techniques d’Europe. C’est à la fois un avantage et une faiblesse, notamment pour la diversité de talents, d’expériences et d’idées dont se nourrissent ces entreprises intrinsèquement innovantes. Moi-même ancien entrepreneur, je sais combien il peut être difficile de trouver la bonne combinaison de cofondateurs au sein d’une start-up. J’ai dû compter sur mes relations personnelles et mes camarades universitaires, et j’ai eu de la chance.
Mais nous assistons à une convergence de deux facteurs favorisant l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs. Premièrement, la Grande Démission bouleverse radicalement la relative homogénéité des talents en France. Après la pandémie, les employés quittent leurs emplois à un rythme sans précédent. Ils veulent essayer de nouvelles choses, acquérir de nouvelles compétences et réaliser leurs ambitions. Cela crée une vague de personnes hautement qualifiées qui cherchent un nouveau défi – beaucoup se tournent vers l’entrepreneuriat. Deuxièmement, cette vague de talents est renforcée par le ralentissement des investissements dans la tech late-stage. Les licenciements dans les start-ups les plus prospères d’Europe, nombreux, ont pour effet d’injecter sur le marché des talents possédant exactement les compétences requises pour créer une startup tech.
Ainsi, avec des firmes de capital-risque qui travaillent avec les entrepreneurs à exploiter cette transformation du paysage français pour créer de nouvelles start-ups et s’assurer qu’elles ont accès aux financements early-stage, il existe un potentiel de croissance sans précédent en France.
Cela donne naissance à une nouvelle génération de fondateurs expérimentés ayant accès au financement et à des ressources humaines à foison. En appliquant les leçons de la récession pour créer des entreprises avec de réels revenus, pour de réels clients, et générant de réels rendements, ils finiront indubitablement par conjurer le sort.
Donc, à tous ceux qui, en France, s’interrogent sur l’impact que la récession technologique pourrait avoir sur leur carrière ou se demandent si la Grande Démission devrait les inciter à changer, mon message est simple: aujourd’hui est le meilleur moment pour créer une start-up en France et l’avenir de la technologie française sera défini par ceux qui ont vu les opportunités dans l’adversité de cette récession.
Partager :
Chaque samedi, votre rendez-vous avec Philippe Mabille qui
revient sur les faits marquants de l’actualité de la semaine.
Dernière étape : confirmez votre inscription dans l’email que vous venez de recevoir.
Pensez à vérifier vos courriers indésirables.
À très bientôt sur le site de La Tribune et dans nos newsletters,
La rédaction de La Tribune.
À très bientôt sur le site de La Tribune et dans nos newsletters,
La rédaction de La Tribune.
Découvrez l’ensemble des newsletters de La Tribune
La rédaction de La Tribune
Un e-mail contenant vos informations de connexion a été envoyé.
À très bientôt sur le site de La Tribune et dans nos newsletters,
La rédaction de La Tribune.
S’inscrire à la newsletter Votre Tribune de la semaine
Sujets les + lus
|
Sujets les + commentés
1
Les avantages des véhicules électriques sont remis profondément en question
2
revue T Gaz russe : la France paye ses erreurs du passé
3
revue T Gazoducs Nord Stream : les marines russe et américaine présentes au moment des fuites de gaz
4
revue T Exportations d'armes : mais que veut vraiment l'Allemagne ? (2/2)
5
revue T Transport aérien : la guerre des prix fait rage vers les DOM, la rentabilité souffre (Air France, Corsair, Air Caraïbes,Frenchbee, Air Austral)
1
revue T L'extrême-droite l'emporte en Italie : Giorgia Meloni au défi de la crédibilité économique (30)
2
revue T Gaz russe : la France paye ses erreurs du passé (28)
3
revue T Après la victoire de Meloni, les taux sur la dette italienne s'envolent (27)
4
Fuites des gazoducs Nord Stream : la Russie ouvre une enquête pour « acte de terrorisme international » (27)
5
revue T Gazoducs Nord Stream : les marines russe et américaine présentes au moment des fuites de gaz (27)
Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.
Il n’y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.
Avec
La Tribune.fr,
prenez les bonnes décisions

source
https://https://www.a2forces.fr/bilan-de-competenc…

bilan de compétences Poitiers tours

bilan professionnel Poitiers tours

bilan de compétences Poitiers tours

bilan de compétences Poitiers tours

bilan pro Poitiers tours

pourquoi faire un bilan de compétences Poitiers tours

bilan de compétences Poitiers tours

bilan de compétences Poitiers tours

contenu d’un bilan de compétences Poitiers tours

A propos de l'auteur

Backlink pro

Ajouter un commentaire