La décroissance peut-elle sauver la planète ? Est-ce la solution ou … – Economie Matin

C’est dans les années 70 que des éco-nomistes, suite à des atteintes environnementales, ont commencé à s’interroger sur la croissance, ses bienfaits et la possibilité ou non, de pouvoir continuer sur la même lancée.
La décroissance souligne l’importance de l’autonomie, du travail de soins, de l’auto-organisation, des communs, de la communauté, du localisme ouvert, du partage du travail, du bonheur et de la convivialité
Il est possible de distinguer trois tendances :
Une part importante des écologistes ne voit que la décroissance comme solution aux problèmes de l’environnement. La solution de Delphine Batho coordinatrice nationale, est donc de moins consommer, c’est-à-dire de moins produire.
Pour ceux qui sont sur même ligne, la croissance n’est pas soutenable dans notre monde fini, productrice d’inégalités, d’aliénations, de frustrations,
Olivia Montel annonce que sans adhérer totalement à cette orientation radicale du développement, un certain nombre d’économistes insistent sur les méfaits de la croissance telle que nous la vivons aujourd’hui et sur la non-corrélation entre bien-être et PIB. Ils prônent aussi l’établissement d’indicateurs alternatifs de richesse et la transition vers une économie post-croissance C.
La croissance écologique repose sur trois bases :
Surconsommation, gaspillage, vitesse. Tous les maux des catastrophes écologiques en cours sont directement liés à ces trois bases.
Trois autres écologistes : « Cassiers, Maréchal et Dominique Méda », développent un concept de société post-croissance. Une société dont l’objectif se situe au-delà de la croissance économique. Cette perspective est éditée en dix thèses énoncées ci-dessous :
C’est le VHEMT (Mouvement pour l’extinction volontaire de l’humanité, de l’anglais : Voluntary Human Extinction Movement fondé aux Etats-Unis en 1991) un mouvement écologiste qui appelle tous à s’abstenir de se reproduire et prône donc l’extinction de l’Homme parce qu’il estime que cela permettrait d’éviter, la détérioration de l’environnement, la souffrance causées par les êtres humains, les extinctions d’espèces animales et la rareté des ressources leur permettant de continuer à vivre.
En premier, cette chute de la population pourrait-elle sauver la planète ?
Ce sujet a provoqué des réactions virulentes. Contrôler la démographie touche aux libertés, à l’intime, au religieux et cela reporte aux régimes autoritaires tel la Chine avec l’enfant unique.
Jusqu’à maintenant dans les pays dit « évolués », les économistes prônaient une augmentation du nombre de naissances pour sauvegarder la puissance du pays, au minimum 2,1 enfant par femme, taux qui permet de maintenir un PIB suffisant pour couvrir les besoins du pays, trouver un équilibre des comptes. Au-delà le pays peut progresser, rembourser ses dettes, faire progresser le niveau de vie, donc diminuer le taux de pauvreté, assurer la puissance du pays, économique, militaire et son rayonnement dans le monde…
Moins de soignants, moins d’agriculteurs, de boulangers etc. Tout le monde en pâtira mais d’abord les plus faibles. Un résumé brutal pourrait être : « encore moins d’enfants aujourd’hui, c’est tuer les vieux 30 ans plus tard. »
L’autre constat, les pays riches qui n’ont pas des populations les plus importantes sont de loin ceux qui émettent le plus de CO2, alors que les pays plus pauvres notamment l’Afrique, avec des populations grandissantes sont les moins pollueurs. Constat actuel qui pourrait s’inverser à l’avenir car ces pays entendent se rapprocher du niveau de vie de ces premiers. Dilemme à venir.
Autre constat qui irait dans le sens de la décroissance : L’épuisement « programmé » des ressources énergétiques et pas que. Il est évoqué les impacts délétères de la croissance sur l’environnement avec la prise de conscience des dégâts écologiques surtout pendant les trente glorieuses. Le rapport Meadows a mis en garde contre l’épuisement rapide des ressources naturelles essentielles à la croissance. Il recommandait une croissance zéro et de poursuivre indéfiniment une trajectoire de croissance ? Les pays en développement peuvent-ils continuer à s’engager sur la même voie que les pays développés ?
Les détracteurs sont vent debout prônant au maximum, une sobriété raisonnable, car la décroissance rime avec contraintes, privations, retour en arrière ou refus du progrès. Belle bagarre en perspective notamment à l’assemblée.
Diminuer les activités humaines peut se faire en fermant des entités, surtout des entreprises dans la plupart des pays et d’abord celles consommant beaucoup d’énergie. Ces fermetures d’entreprises auraient pour conséquence une chute à la fois de l’emploi et des biens à disposition.
Certains imaginent abstraitement que l’on pourrait freiner cette chute de l’emploi par une régression de la technologie.
Lors d’une visite d’un gros chantier, le ministre des travaux-publics de l’époque disait à son conseiller Alfred Sauvy :
« Monsieur Sauvy, tout cela est admirable, mais imaginez le nombre d’emplois qu’on pourrait créer si au lieu de pelleteuses ces hommes avaient des pelles ! »
« Vous avez raison, monsieur le ministre, et si au lieu de pelles ils travaillaient avec des cuillères… ! »
Revenir sur des technologies engendre soit une chute des salaires (Il faut dix ou mille fois plus de personnes pour faire la même chose), soit une hausse vertigineuse des prix. Dans les deux cas, cela entraîne une chute du niveau de vie.
À quoi les partisans de la décroissance répondent : arrêtons de faire des chantiers et de construire ! Faisons rapidement fi des besoins en infrastructures et en logements.
Aujourd’hui on dirait : « fermons les ordinateurs et tous les centres de données (data centers) faisant fonctionner Internet », qui sont effectivement énergivores, sans parler de la pollution lors de leur fabrication et de leur fin de vie.
Réponse des partisans de la décroissance : « reprenons les papiers, les stylos, utilisons la poste (à pied bien sûr et avec le tri du courrier à la main) ».
Même question : combien coûtera alors le timbre, quel montant d’impôt faudra-t-il pour sauver la poste ?
Et puis si l’on bloque tout pourquoi continuer à faire de la recherche ?
« Je n’ai jamais dit qu’il fallait bloquer la recherche médicale » diront les partisans de la décroissance.
Le GIEC organisme mondial unique qui rythme les exigences climatiques évacue aussi le mirage des progrès techniques : La technologie ne nous sauvera pas du réchauffement climatique et ne nous épargnera pas d’un effort colossal d’ici 2050. Date programmée pour atteindre la neutralité carbone. Puis en ajoutant : Il faut réduire le CO2, les gaz à effet de serre, pas le nombre d’enfants.
Pour compléter cette étude sur la décroissance, une analyse démographique estime que la population mondiale va se réguler d’elle-même pour atteindre un maximum de 10 milliards d’habitants et même régresser ensuite.
Il est nécessaire de ne pas considérer la décroissance comme une fin en soi, pas plus qu’une croissance telle que nous l’avons connue. Un stade intermédiaire doit exister qui pourrait -être acceptable par le plus grand nombre.
Abandonner la croissance que nous avons connue, pas celle des dernières années qui était déjà plus aléatoire, c’est renoncer à cours terme aux questions relatives au dynamisme économique, à l’emploi, aux finances publiques, à la paix sociale. Il sera nécessaire d’élaborer un plan qui désignera en premier les questions existentielles, relatives aux valeurs, aux finalités, à la répartition des richesses et aux limites imposées par la nature.  
La décroissance est-elle une fausse solution pour sauver la planète ? Elle illustre la méconnaissance des fondamentaux pour gérer efficacement un pays !
Les limites des énergies renouvelables :
Elles ne suffiront pas pour maintenir le niveau de vie actuel parce qu’elles sont intermittentes et ne livrent qu’une petite partie de la puissance installée. Elles ne sont pas forcément produites au bon moment et au lieu où l’on en a besoin !
Heureusement que la volonté du parti socialiste et des verts de passer à 50% de nucléaire n’a pas abouti, à part la fermeture de Creys-Malville et de Fessenheim, qui nous prive d’énergie en ces temps perturbés par la guerre en Ukraine, de production constante et modulable d’électricité.
La transition écologique signera la perte des investissements gigantesques fait dans les énergies fossiles, il vaut mieux baisser au maximum les besoins en énergie et donc, d’après les écologistes, diminuer toutes les activités humaines.
Pour ces derniers, il faut donc une énergie 100 % renouvelable qui ne fonctionnera qu’à une faible partie de sa capacité, donc des installations gigantesques, elles-mêmes néfastes à l’environnement pour leur construction… puis leur fin de vie. C’est-à-dire des investissements colossaux.
Du fait de cette intermittence, il sera nécessaire de repenser complétement les réseaux électriques disposés en étoile autour de centrales électriques puissantes.
Cela nécessitera le recours à d’énormes batteries pour stocker l’énergie, pour réguler les sautes de production et de consommation. Même si nous pouvions les construire, ces batteries engendreraient des coûts énormes de fabrication avec des terres rares donc peu écologiques.
Le même problème existe avec les panneaux solaires et les éoliennes terrestres ou en mer.
Un exemple avec l’éolien : L’Allemagne a construit d’énormes éoliennes dans la mer du Nord alors que ses principaux centres industriels sont plus au sud. Comment transporter autant de « courant » sur une longue distance avec la chaleur émise par les câbles et donc des pertes d’énergie importantes ?
Le solaire ne fonctionne pas la nuit et l’éolien ne fonctionne que s’il y a du vent. On a déjà constaté des périodes jusqu’à 15 jours sans vent et des nuits qui tombent tôt en hiver, avant la pointe de la consommation électrique.
Les conséquences liées à la décroissance sont multiples et il faudrait un livre pour les énumérer et développer :
Si on produit moins, une chute de l’emploi est inévitable, la régression des technologies pourrait freiner ce mouvement. Pour compenser, il faudra beaucoup de personnel de substitution, cela engendrera aussitôt une chute des salaires.
Autre proposition, construisons moins : Cela est contraire aux besoins de logements des plus pauvres et diminuera encore le niveau de vie.
Fermons les ordinateurs, les portables, les centres de données (data center), internet qui sont énergivores et polluants lors de leur fin de vie.
Reprenons les crayons, les stylos, le papier, réutilisons la poste, tri du courrier à la main, facteurs à pied, usons les brodequins plus solides dans le temps.
Quel montant d’impôts faudra t-il pour sauver la poste ?
Si tout est remis en question, pourquoi faire de la recherche et développement ?
Avec une énergie rationnée et sans recherche, la médecine ira en régression, les matériels deviendront hors de prix ou inutilisables…
Arrêtons la liste de toutes ces hypothèses, car les partisans de la décroissance nous disent que le statu quo est catastrophique et que la décroissance le sera aussi avec comme seule différence que la planète sera sauvée dans le deuxième cas.
En fait, je pense qu’ils ont mal posé le réel problème de l’environnement : ce n’est pas la croissance qu’il faut accuser mais la façon dont nous consommons et nous nous comportons.
Je relance encore une fois cette théorie, car nous sommes actuellement à un tournant catastrophique et si rien n’est modifié, la France deviendra la nation la plus pauvre d’Europe avec un taux d’endettement insupportable, un pays où l’on travaille le moins (salarié.es base horaire) avec un taux d’aides sociables dépassant l’entendement.
Travailler plus pour dépenser mieux, plus local, ce n’est pas acheter plus de produits mais des produits plus chers, plus français donc meilleurs pour les marges des entreprises, paysans, ce qui permettrait en même temps de résoudre beaucoup de problèmes écologiques tout en remontant le niveau de vie, donc la diminution de la pauvreté, en sauvant les fonds publics et les entreprises.
C’est un peu le thème de mon 3ème livre : « Tous ensembles pour une France plus florissante »
www.danielmoinier.com
Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C. Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.
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