La bourse rêve d'un scénario "ciel bleu" – Zonebourse.com

Et parmi eux (pas les signaux ésotériques, les trucs sérieux), l’élément majeur reste le ralentissement de l’inflation aux Etats-Unis et en Europe. L’évolution des prix reste certes fortement positive sur un an, mais la surchauffe décroît, non seulement mécaniquement parce que les bases de comparaison sont élevées, mais aussi sous l’effet du ralentissement économique. Mon petit doigt me dit que les banques centrales aimeraient un coup de frein économique plus franc pour prouver que la courroie de transmission de leur politique monétaire est efficace, mais personne n’écoute mon petit doigt.

Nous voilà donc entrés dans une phase où le Bisounours a pris l’ascendant sur le Caliméro Plus sérieusement, une approche analytique des données disponibles a fait pencher la balance du côté de l’optimisme. Hier, la publication d’une inflation américaine de décembre en tous points conforme aux attentes, c’est-à-dire en décrue, a conforté les marchés actions. La séance a été pour le moins agitée à Wall Street, mais elle s’est terminée en hausse modérée de 0,3% pour le S&P500, de 0,5% pour le Nasdaq et de 0,6% pour le Dow Jones. Les indices auraient probablement accéléré plus fortement si l’inflation avait davantage fléchi que prévu, et c’est d’ailleurs un peu ce qu’espéraient les investisseurs les plus bouillants. En un sens, ces évolutions mesurées sont rassurantes, parce qu’elles évitent les séances à +4%, qui grisent les investisseurs et contribuent à décorréler le marché action de la réalité. Le marché obligataire ne dit pas autre chose : le rendement de la dette américaine à 10 ans s’est encore replié à 3,47%. C’est le signe que les spécialistes adoubent le scénario d’un pic de taux moins élevé que ce qui était redouté à l’automne dernier. L’Europe était au diapason avec des progressions un peu partout : les marchés actions ne baissent plus en Europe en 2023.
Dans ce contexte, les financiers prennent de nouveaux paris et réajustent leurs grilles de risque. Dans l’étude que mène chaque mois Bank of America sur les gestionnaires d’actifs mondiaux, le principal risque fléché depuis l’automne 2021 était de loin l’inflation. Devant une récession globale forte, le maintien de taux élevés pendant longtemps et une dégradation géopolitique. Avec la baisse de la surchauffe des prix, la crainte numéro un des investisseurs pourrait changer. D’ailleurs, la réponse doit tomber aujourd’hui puisque Bank of America publie en général le résultat de son enquête autour du 13 du mois. Il est fort possible que les cartes soient rebattues, avec des risques plus répartis et sans doute une progression de la thématique récession, même si les derniers indicateurs tendent à montrer que le monde pourrait échapper à un trou d’air majeur.
Retour sur les marchés actions européens, pour lesquels je chipe des données publiées dans le très bon morning de Liberum ce matin. En l’occurrence une statistique du Stoxx Europe 600 où 14 sociétés ont touché un écart record avec l’indice sur 52 semaines hier. Parmi les écarts à la hausse, on retrouve du luxe (LVMH et Christian Dior, Compagnie Financière Richemont , Swatch et Hermès), de l’industrie avec MTU Aero Engines, Siemens, Safran et Renault, de la banque avec UBS, Banco de Sabadell et Swedbank, ainsi que les étonnants Inditex et Merck KGaA. A l’inverse sur des plus bas de 52 semaines par rapport à l’indice, figurent des titres plus disparates. On a les fournisseurs de systèmes d’audition (Sonova, Amplifon et Demant), qui sont clairement pulvérisés en bourse depuis quelques temps. J’ai plein d’explications idiotes en tête, mais je vous laisse méditer la pire : peut-être que l’inflation guérit de la surdité ? On a aussi des anciens chouchous du marché qui n’ont pas redémarré comme les autres, à l’image de Cellnex, d’Adyen, de Dassault Systèmes ou d’AP Moller Maersk, pour lesquels les investisseurs craignent que les meilleures années soient derrière eux. Et puis on a de la santé (Eurofins, Novozymes, Recordati, Roche), qui accompagne le roi du chocolat Barry Callebaut et le transporteur suisse Kuehne + Nagel.
Dans l’actualité du jour, la Chine occupe toujours une place de choix, en attendant la publication d’une salve de résultats de valeurs financières aux Etats-Unis à la mi-journée, notamment JPMorgan Chase, Bank of America, Wells Fargo, BlackRock ou Citigroup. En Chine donc, les autorités songeraient à prendre des participations stratégiques dans quelques stars technologiques de la cote, comme Alibaba et Tencent, histoire de garder du contrôle sur ces entreprises. J’imagine que les investisseurs occidentaux ne seront pas ravis d’être coactionnaires d’une entreprise aux côtés du parti communiste chinois, même s’ils le sont déjà de facto bien souvent. Par ailleurs, les chiffres du commerce extérieur chinois de décembre étaient encore dégradés par le télescopage des politiques zéro-covid / maxi-covid. Aux Etats-Unis, Joe Biden a apparemment semé des papiers classifiés un peu partout, ce qui pourrait lui causer du tort. La dernière statistique à surveiller cette semaine est un important indicateur du moral du sacro-saint consommateur américain, l’indice de confiance compilé chaque mois par l’Université du Michigan, dévoilé à 16h00.
La semaine s’achève dans le désordre en Asie, avec notamment un marché japonais en contraction de 1,3% du côté du Nikkei 225 et un marché indien qui a toujours du mal à se remettre d’une année 2022 particulièrement réussie, avec un SENSEX qui perd 0,2% en séance. En revanche, les places chinoises, Hong Kong comme Shanghai, progressent légèrement, tandis que la hausse est plus marquée en Corée du Sud (+0,9% pour le KOSPI) et en Australie, où l’ASX 200 a terminé sur un gain de 0,66%, soit une troisième séance dans le vert. Les indicateurs avancés européens évoluent autour de l’équilibre, avec un biais haussier en France. Le CAC40 a d’ailleurs démarré en hausse de 0,2% à 6990 points.
Les temps forts économiques du jour
Deux rendez-vous principaux aujourd’hui : la production industrielle européenne à 11h00 et l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan à 16h00. Tout l’agenda ici.
L’euro poursuit son ascension à 1,0834 USD. L’once d’or progresse à 1892 USD. Le pétrole se renforce, avec un Brent de Mer du Nord à 83,54 USD le baril et un brut léger américain WTI à 78,05 USD. Le rendement de la dette américaine sur 10 ans remonte à 3,47%. Le bitcoin se négocie autour de 18 800 USD.
Les principaux changements de recommandations
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