jhm | Procréation médicalement assistée : une organisation complexe pour les Chaumontais obligés d'aller à Dijon 52 – jhm

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De plus en plus de couples sont obligés de passer par la Procréation médicalement assistée (PMA)pour concevoir un enfant. Les Chaumontais concernés doivent se rendre au centre hospitalier universitaire de Dijon tout au long de leur parcours. Une organisation importante s’impose. Rencontres.
En France, 1 enfant sur 30 est conçu via une procréation médicalement assistée (PMA). Ce chiffre ne cesse de croître depuis plusieurs années. A Chaumont, les couples concernés par ce parcours doivent se rendre obligatoirement au centre hospitalier universitaire de Dijon (CHU), le plus proche. Pour beaucoup, l’organisation des rendez-vous devient quasi militaire.
Entre le premier rendez-vous procréation médicalement assistée et une grossesse, il peut se passer plusieurs mois voire quelques années. C’est le cas d’Alexandra passée par la Fécondation In vitro (FIV) pour avoir sa fille Oïhana. « Avec mon mari, nous avons démarré notre parcours en 2017, notre fille est née en 2020.
Cela fut une période compliquée, surtout pour le premier essai, car je travaillais en intérim à 8h du matin et je n’avais pas souhaité en parler à mon employeur. Je faisais mes piqûres d’hormones dans les toilettes de l’entreprise. Ça a fini par bloquer et mon poste n’a pas été renouvelé. » (Voir encadré pour la loi)
Pour les deuxièmes et troisièmes essais, ce fut plus simple, car Alexandra a pu en parler à ses supérieurs. « J’ai eu une cheffe absolument géniale, elle me poussait à prendre mes rendez-vous et me soutenait énormément dans nos démarches. »
Les allers-retours entre son lieu d’habitation et Dijon étaient fatigants pour Alexandra, mais elle savait que l’équipe du CHU de Dijon était performante. « Je suis allée là-bas de ma propre initiative. Je n’ai pas cherché sur Chaumont à l’époque car la réputation du CHU de Dijon est excellente. Donc quand on prend la route, on se dit que c’est pour une bonne chose. Quand on est en confiance, ça aide à avancer. »
A savoir qu’en 2017, l’hôpital de Chaumont ne proposait pas de suivi en procréation médicalement assistée. Depuis 1 an et demi et l’arrivée du Dr Kimpamboudi, quelques examens peuvent être réalisés. (Voir encadré) « A présent, trois médecins ont obtenu un diplôme en médecine de la reproduction, Dr Sloukgi, Dr Kimpamboudi, et Dr Hellou. Néanmoins, un centre PMA doit obligatoirement être rattaché à un centre hospitalier universitaire. Ce qui n’est pas le cas à Chaumont », précise Camille Duquennoy, directrice déléguée du Centre hospitalier de Chaumont.
De plus, une convention a été signée entre Chaumont et Dijon en cas d’urgence gynécologique pour les femmes en parcours de procréation médicalement assistée. Si une Chaumontaise rencontre une difficulté, elle sera automatiquement envoyée au CHU de Dijon.
Floriane est passée d’abord par l’hôpital de Chaumont pour des premiers examens, mais a vite pris la décision d’aller à Dijon avec l’appui de son médecin traitant. « C’est plus loin certes, mais là-bas je me sens mieux encadrée. Je n’ai eu aucune remarque désobligeante de leur part contrairement à la personne qui nous avait reçus à Chaumont. Pour les rendez-vous, comme je travaille en 2/8 j’arrive à les placer facilement, mais parfois, il a beaucoup d’attente entre eux. »
Mais avec l’inflation des prix de l’essence, et le montant des tickets d’autoroute, il y a un budget supplémentaire à prendre en compte à cause des nombreux rendez-vous à prendre. « Comme nous habitons à une heure de route, le CHU de Dijon propose de regrouper les rendez-vous. Par exemple, j’ai pu avoir les entretiens avec le biologiste et l’anesthésiste le même jour. Parfois on a aussi des rendez-vous en visio, c’est plus pratique et économique dans certains cas », développe Floriane.
En effet, dans certains cas, il faut attendre plusieurs semaines voire quelques mois entre deux rendez-vous de contrôle. Cela s’explique par la forte demande du CHU de Dijon qui réalise, en moyenne, une trentaine d’interventions par semaine.
« Pour les allers-retours, je peux bénéficier de bons de transport (voir encadré), car je suis en “affection longue durée” (ALD). » Touchée par l’endométriose, Marie* n’a pas hésité un seul instant à aller à Dijon malgré la distance et le prix du carburant. « Ces bons sont très pratiques. Au moment de la ponction des ovocytes, je serai prise en charge à 100% pour mon déplacement. Les bons sont nominatifs et je peux en avoir plusieurs, mais je m’arrange pour tout faire le même jour quand c’est possible. »
Pour son parcours en procréation médicalement assistée, Marie* a été vague avec ses employeurs, car elle est en CDD. « J’ai simplement parlé d’un suivi régulier. Pour mon conjoint, c’est plus simple car il a droit à des jours de permissions donc on ne lui a jamais rien dit. »
Marie* conseille néanmoins aux couples ou aux personnes qui n’ont pas de pathologie lourde d’aller au centre hospitalier de Chaumont pour leurs essais bébé. « Il faut faire vivre cet hôpital. Il traverse de nombreuses crises certes, mais il faut continuer à se faire soigner à Chaumont. »
Sofia*, rencontre plus de difficulté dans ses rendez-vous, car elle a des horaires très larges. « Je peux commencer à 8h30 et finir à 22h. Dans ce contexte, j’en ai parlé à mon chef et à mes collègues. C’est compliqué, car parfois, je sais que j’ai un rendez-vous la veille pour le lendemain et les plannings ne sont pas forcément modulables à souhait.
C’est sûr que si à Chaumont, j’avais un suivi identique qu’à Dijon, j’irai sans hésiter. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Je crains un peu le début des séances avec les piqûres d’hormones, je vais devoir m’organiser pour ne pas gêner mon travail, quitte à faire plusieurs allers-retours à mon domicile. Parfois, je me demande comment font les autres couples qui habitent à 2h de route. C’est encore plus compliqué pour eux. »
Caroline M.Dermy
c.dermy@jhm.fr
* Les noms ont été changés à la demande des intervenants
Peu de gens sont au courant, mais le centre hospitalier de Chaumont peut réaliser plusieurs examens en lien direct avec la procréation médicalement assistée, comme l’explique le Dr Kimpamboudi, gynécologue chef du service de gynécologie obstétrique de Chaumont.
« Notre équipe prend déjà en charge le premier bilan paraclinique après l’interrogatoire et l’examen clinique. Des stimulations d’ovulation sont aussi faites (hors FIV), avec quelques résultats encourageants.
En pratique, l’infertilité se définissant par l’impossibilité de conception au bout de 12 mois chez une femme de moins de 35 ans, nous lançons le bilan du couple, et s’il est strictement normal, nous lançons la phase de stimulation d’ovulation avec une surveillance échographique jusqu’au déclenchement d’ovulation. Pour une femme de plus de 35 ans, pas de perte de temps.
Si le bilan est douteux, voire mauvais, l’orientation est faite d’emblée vers un centre spécialisé, donc à Dijon. Si par contre le bilan est strictement normal, deux à trois tentatives maximum peuvent être faites dans le service, avant de l’envoyer à Dijon. Nous prenons aussi en charge le monitorage d’ovulation (surveillance échographique) des femmes suivies ailleurs.
La véritable limite dans cette prise en charge se situe au niveau du laboratoire. Les dosages de l’E2 (estradiolémie) de la LH et de la FSH, indispensables pour la détermination de la période du déclenchement de l’ovulation ils ne sont faits qu’à Dijon. De plus, le spermogramme, spermocytogramme, spermoculture et le test de migration survie, ne peuvent-être réalisés que par un laboratoire ayant l’agrément nécessaire. Chaumont ne le possède pas.
Par contre, l’échographie pelvienne, et l’hystérosalpingographie (HSG), sont généralement faits dans les services de radiologie, en ville, voire à l’hôpital, pour les échographies. Le monitorage d’ovulation et le comptage des follicules antraux, sont organisés dans le service. »
Sur le site Améli, toutes les démarches pour la prise en charge du transport sont expliquées. Il faut demander l’accord préalable de l’Assurance Maladie pour se faire rembourser. De ce fait, le médecin doit remettre au patient une demande d’accord préalable, qui vaut comme prescription médicale de transport. Il faut envoyer cette demande d’accord préalable au médecin conseil de la caisse d’assurance maladie. Après l’envoi, l’absence de réponse sous 15 jours vaut accord. En cas de refus, un courrier sera envoyé.
Pour être remboursé, il faut respecter le mode de transport prescrit sauf si le patient a recours à un autre mode de transport.
Il faut néanmoins respecter divers critères : un trajet aller de plus de 150 km ou des transports en série, (au moins quatre de plus de 50 km aller, sur une période de deux mois, pour un même traitement).
Certaines personnes n’osent pas parler de leur parcours en procréation médicalement assistée à leur employeur mais l’article L1225-16 du code du travail est très clair sur ce point. « La salariée bénéficiant d’une assistance médicale à la procréation dans les conditions prévues au chapitre Ier du titre IV du livre Ier de la deuxième partie du code de la santé publique bénéficie d’une autorisation d’absence pour les actes médicaux nécessaires.
Le conjoint salarié bénéficiant d’une assistance médicale à la procréation ou la personne salariée liée à elle par un pacte civil de solidarité ou vivant maritalement avec elle bénéficie également d’une autorisation d’absence pour se rendre à trois de ces examens médicaux obligatoires ou de ces actes médicaux nécessaires pour chaque protocole du parcours d’assistance médicale au maximum. Ces absences n’entraînent aucune diminution de la rémunération et sont assimilées à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits légaux ou conventionnels acquis par la salariée au titre de son ancienneté dans l’entreprise. »
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