Jean-Pascal Zadi bien «En place» sur Netflix : «Il faut rêver grand … – Le Figaro

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L’auteur-réalisateur-interprète a créé une série humoristique qui le conduit au sommet de l’État français ! 6X30 minutes drôles et intelligentes à découvrir le 20 janvier sur Netflix.
On n’est jamais si bien servi que par soi-même. Jean-Pascal Zadi s’intronise donc premier président noir de la République française avec beaucoup d’humour et d’à-propos dans En place pour Netflix. Avec modestie aussi, puisque le personnage qu’il incarne, Stéphane Blé, un éducateur de cité, n’accède au sommet de l’État que par un total concours de circonstances. Son but n’est pas d’être président mais de faire passer un message, souligne-t-il d’ailleurs. Avec le slogan « Manger bien, ne payez rien », et le désir de devenir la voix des banlieues comme des plus démunis, il livre bataille, assisté d’un ex-directeur de campagne du PS (Éric Judor) qui sert les intérêts de la droite, face à un candidat de la gauche moderne et à une écologiste féministe et lesbienne (Benoît Poelvoorde et Marina Foïs, hilarants). Auteur-réalisateur-interprète (César du meilleur espoir masculin pour Tout simplement noir), Zadi dessine, avec François Uzan (Lupin, Family Business ), une galerie de personnages attendus (le cousin dealer, la mère envahissante…) ou pas (le garde du corps complotiste, la responsable stratégie musulmane et énarque…). Le héros lui aussi dépasse les clichés : amoureux et fidèle à sa femme (l’humoriste Fadily Camara), idéaliste parfois un peu largué, il mène sa barque avec une forme de nonchalance imperturbable. Cette série ancrée dans la société (il y est question du voile, de #MeToo, du consentement, des réseaux sociaux, de l’environnement…) réussit à parler de politique avec un humour à froid, un rien distancié, soutenu par une BO rap percutante.
TVMagazine.- Pourquoi une série dans l’univers de la politique ?
Jean-Pascal ZADI. – Mon idée était de partir d’un éducateur qui rabâche tout le temps la même chose aux petits jeunes : «il faut rêver grand, il faut oser». Il se présente à la présidentielle juste pour montrer qu’il ne faut pas se mettre de limites, puis il est pris à son propre jeu, c’est l’engrenage. La base de la série est un peu autobiographique : je viens d’un milieu défavorisé, je suis noir… On m’a toujours mis des barrières : «ce métier n’est pas pour toi», «ne pense même pas à parler à cette meuf»… Et j’ai compris que les meilleures choses me sont arrivées quand j’en ai eu assez d’être bridé et que j’ai osé rêver.
Qu’est-ce qui fait que vous avez franchi le pas ?
Je me suis toujours écouté moi et, à un moment, je me suis dit que je ne voulais pas subir ma vie. Je devais avoir 22 ans. C’est passé par les métiers de l’audiovisuel.
Revenons à la politique…
Ce milieu me fait rire, les personnalités, leurs déclarations. Mes parents étaient proches du parti socialiste. Ils débattaient jusqu’à pas d’heures sur Mitterrand, Jospin. Et comme j’ai 40 ans, j’ai grandi avec le «Bébête show» et les «Guignols de l’info».
J’étais noir, pauvre, moche, grand avec des dents avancées. Le seul moyen pour moi à l’époque de m’exprimer ou de tchatcher les meufs, c’était par les blagues.
Le choix de la comédie s’imposait ?
Oui, c’est mon langage. J’étais noir, pauvre, moche, grand avec des dents avancées. Le seul moyen pour moi à l’époque de m’exprimer ou de tchatcher les meufs, c’était par les blagues. Donc quand j’ai besoin de m’exprimer ça passe par l’humour. C’est une question de pudeur aussi, pour ne pas trop me dévoiler.
Pourquoi la France est-elle si frileuse quand il s’agit de s’emparer du politique ou de son Histoire récente ?
Nous ne sommes pas un pays tellement dans l’autocritique. Nous préférons critiquer les autres ! Pourtant la politique est très présente dans le quotidien. Je ne parle pas forcément des partis, plutôt des associations, des éducateurs qui ont envie de transmettre, en bref l’engagement qui est l’essence même de la politique. Quelqu’un qui donne son temps aux autres.
Était-il important pour vous d’ancrer la série dans la réalité ?
Hyper important. D’abord pour le message primaire : « Les mecs, ne restez pas assignés à l’endroit d’où vous venez, ouvrez-vous des horizons, osez même si vous vous trompez». Il fallait que le décorum soit réel, crédible. La présence à l’écran de Virginie Guilhaume, Sébastien Thoen, Anne-Sophie Lapix, la voix de Léa Salamé vont en ce sens.
Même si quelqu’un a parfois une pensée raciste ou sexiste, le plus important est de se rendre compte de la connerie. Il n’y a plus de place à l’erreur aujourd’hui
Vous abordez en filigrane de nombreux sujets de société : pour susciter le débat ?
En effet, j’essaye de susciter la discussion en y mettant de la légèreté. Je suis normal, assez sain. L’engagement, les causes, je connais, je veux en parler sans les ridiculiser. En tant que scénariste, j’aime mettre de la nuance dans l’humour. Je prends un personnage avec une cause noble à défendre, la diversité par exemple, et à côté de lui, des gens un peu plus limites. Même si quelqu’un a parfois une pensée raciste ou sexiste, le plus important est d’en être conscient, de se rendre compte de la connerie que l’on a dit et de ne pas recommencer. Il n’y a plus de place à l’erreur aujourd’hui, on condamne trop vite, alors que nous avons tous des failles !
Quels ont été vos partis pris de forme ?
Comme je voulais que ce soit très ancré dans la réalité, les séquences de Stéphane Blé font un peu doc, caméra à la main, embarquée. Pour ce qui relève de la politique plus installée, avec Benoît Poelvoorde, nous avons travaillé avec une caméra sur pied, des travellings, de la lenteur.
Le rythme du rap avec des rimes et des punchlines assez fréquentes m’a marqué dans la façon d’écrire des scénarios.
Que vous a apporté le rap pour l’écriture ?
Le rap m’a tout apporté. C’est la base. Il m’a appris à entreprendre, à m’assumer, à être discipliné dans l’écriture. Le rythme du rap avec des rimes et des punchlines assez fréquentes m’a marqué dans la façon d’écrire des scénarios. C’est grâce au rap que je suis arrivé dans le monde de l’audiovisuel en réalisant des clips.
Croyez-vous en la vertu de la représentation ?
À 200 %. Ma génération a souffert de ça. Nous n’avions comme modèle que les rappeurs ou les footballeurs. Je suis fier que mes enfants grandissent dans un pays où il y a Christiane Taubira, Omar Sy, Mory Sacko, Harry Roselmack… Mes combats sont déjà presque ringards pour la jeunesse.
Faut-il que ça passe par des quotas ?
Si on n’a pas le choix. Mais j’ai tout de même confiance en notre pays, nous avons une histoire, des valeurs. France télévisions tente la diversité. Netflix a défoncé la porte.
Vous imaginez-vous une carrière à l’international grâce à la plateforme, à l’instar d’Omar ?
Je n’ai jamais pensé ça, je suis un vrai Français, laisse tomber ! Ça arrivera peut-être mais je suis très ancré dans la culture française.
Comment avez-vous vécu le succès de Tout simplement noir et votre César ?
Quand j’ai commencé ce film, je voulais juste un emploi que j’aime, avec une rentrée d’argent. Le succès et le César étaient du bonus. Le César, c’était vraiment la planète Mars ! Ce n’était pas attendu, pas prévu, donc je l’ai bien vécu.
Une saison 2 d’En place est-elle prévue ?
Clairement, je vois Stéphane Blé à l’Élysée, je veux montrer concrètement l’exercice du pouvoir.
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CRITIQUE – Cet établissement, unique en France, accueille à parts égales les élèves handicapés et valides. Et est le théâtre de cette série ado de TF1, drôle et féroce qui refuse la pitié et les tabous.
SÉLECTION – La vie dans un lycée pas comme les autres, une croisière horrifique, une chasse aux nazis ou aux millionnaires corrompus… Quelle série faut-il voir, ou pas, cette semaine ?
Canal + diffuse, à partir du 9 janvier, la suite en 6 épisodes, de la fiction britannique avec James Nesbitt, créée par Chris Brandon pour BBC One.
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