J'ai écrit dans mon journal intime ma tendre découverte de … – Interlude

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Avec SadBaby Confession, BabySolo33 dessine un tableau suave et nostalgique, affranchi des frontières musicales. 

Cher journal intime,
Cette année a été un peu spéciale. Musicalement, je veux dire. On a fait la découverte d’une génération qui a pulvérisé les codes, effacé les frontières. Enfin, on la connaissait déjà, évidemment, mais probablement que 2022 marque une prise de pouvoir majeure. Parmi ces artistes-là, l’une d’elle m’a conquis : elle s’appelle BabySolo33. Elle vient de publier son projet SadBaby Confessions, une oeuvre délicieuse aux confins de son univers mélancolique et réconfortant. J’ai l’impression de revenir 15 ans en arrière, à découvrir entre les pages d’un magazine Popstar des posters pliés en quatre, recouverts d’étoiles roses et de filtres pailletés. Tu sais, ces posters qui se déchirent quand tu essayes de les coller avec un bout de scotch sur le mur. Mais bref, on est bien en 2022, le 12 décembre précisément, et j’ai pu rencontrer BabySolo33 pour qu’elle me raconte sa musique si singulière. 
En fait, je l’ai découverte en 2019, avec “CoeurBleu”. Sa voix douce saupoudrée d’un léger filtre auto-tuné m’a interpellé, autant que sa tendresse innocente, presque naïve. Car la naïveté, ou plutôt la spontanéité, sont des mots surlignés en jaune dans son cahier de texte. Après tout, on suit ses croquis depuis le début de l’histoire. «“CoeurBleu”, ça devait être le troisième ou quatrième morceau que j’ai fait de ma vie, me décrit-elle. Donc en soit, on suit totalement mes essais. J’apprends des choses que je veux faire ou pas refaire sur un projet». Et ce qu’elle veut faire, surtout, c’est travailler sa musique dans sa petite bulle. Son petit confort. Pour ses copines, avant tout.  Elle se souvient de sa première prod. «J’avais cherché sur Internet : “Lorsque l’on fait du rap avec de l’auto-tune, comment on fait des mélodies ?”, sourit-elle. Et du coup, on me parlait de type-beats. Je ne sais pas ce que j’ai tapé, mais ça ressemblait vraiment à du rap en mode Diam’s, en un peu plus mélodieux». “CoeurBleu”, c’était un type-beat de Travis Scott. «Mes copines kiffaient de fou», et c’était là le plus important. Mais la jeune artiste est talentueuse et saute rapidement le pas avec un premier EP, Solo2019. Elle bricole sa promo sur Tinder et à l’aide d’un babyphone : c’est charmant, ça plaît. Puis on lui fait des promesses. «On m’a direct mis en mode “Star-Ac”, “professionnalisation” : “Tu vas venir tout le temps à Paris, on va rencontrer des pros”». Ça, ça lui plaît moins. On est en 2019, et Baby est surtout Solo. «Après le confinement, je me suis dit qu’il fallait surtout que je fasse de l’argent, avant de passer toute ma vie dans un truc qui me rapporte zéro. Donc j’ai travaillé dans le grec de mon pote, je n’avais pas d’inspi. Je servais des frites toute la journée, je n’avais pas trop de trucs à dire»
Ce n’est donc pas sur la dorure d’une frite plongée dans l’huile que l’artiste écrit dans son journal. Mais elle gribouille des idées, note des mots, les raye, les réécrit. «Ça a pris du temps». Des termes lui viennent : “intime”, “sad”. Puis elle note un titre en haut de la page : SadBaby Confessions. Nous y voilà : un long-format. Enfin, un moyen-format plutôt, de dix morceaux. Et BabySolo33 commence par la fin : le premier titre, “Tout pour le Woohp”, outro du projet, est enregistré pendant le confinement. Le dernier, “BFF <3”, date de quelques mois seulement. L’artiste n’est pas du genre à multiplier les maquettes en studio, au contraire, elle a créé juste le nombre de morceaux qu’il lui fallait. Sans trahir son processus fétiche. «Je continue toujours de créer toute seule dans ma chambre. Mais après, on me dit qu’il faut ré-enregistrer, parce que tu entends mon chien ou des bruits dehors, rigole-t-elle. Mais moi, c’est ce que je préfère pour créer !». Je me souviens des deux fois où BabySolo33 m’a bluffé cette année. D’abord avec “Ta Shawty” sur le projet de Roseboy666, puis avec “Leçon2Princess”, un ovni déconcertant. Avec son clip soigné, illustrant son coeur d’enfant, le morceau s’est imposé comme le titre phare du projet. Mais l’indéfinissable chanteuse est imprévisible : elle valse au milieu des styles et des couleurs dans SadBaby Confessions. Un leitmotiv : aucune frontière, c’est tout. «Si ça part en raggaeton, en eurodance, en trap ou juste du piano, je m’en fiche», décrit-elle. Elle-même a du mal à se définir : «Je ne suis ni une rappeuse, ni une chanteuse, je raconte des histoires. Mon genre, c’est la narration». Une narration à la créativité démesurée. «Je me rends compte que je fais partie de cette nouvelle génération d’artistes qui n’ont pas trop de limite, ajoute-t-elle. Les gens disent souvent “hyper-pop”, c’est un peu le fourre-tout. On expérimente des choses, et on va jusqu’au bout de nos envies». Alors, on navigue entre mélancolie et douceur, on se laisse bercer par ses confidences. Après tout, on ne se pose pas trop la question d’où est-ce qu’elle nous emmène : elle nous prend la main dans un couloir, ouvre des portes et nous laisse contempler ses saynètes.
Elle touche, BabySolo33, par ses voix, ses mots, sa musique. Et de plus en plus, au rythme d’une notoriété qui gagne en volume. Fait étonnant : davantage de garçons composent sa fan-base. «Je suis contente, parce que c’était un peu ma volonté», souffle-t-elle. Elle se souvient de “Hennessy & Sailor Moon” de Yung Lean, une ballade romantique qui l’a bouleversée. «J’aurais trop rêvé qu’un garçon m’écrive ça. Je me suis dit que j’aimerais bien faire une lettre, à mon tour, pour qu’un garçon se dise : “Oh, cool, ça me réconforte que ma meuf puisse penser ça”». L’artiste admet ses faiblesses, sa fragilité : «J’ai l’impression d’être assez franche, je me dis que c’est peut-être ce qu’ils ont besoin d’entendre». Après tout, le public masculin n’a jamais été insensible à Britney Spears ou Priscilla : «Tu peux avoir honte d’écouter Lorie maintenant, mais une meuf qui raconte du Lorie sur du rap, peut-être que ça peut passer». Elle sourit encore une fois.
Mais elle ne fait pas de la musique pour garçons, non, certains textes invitent même à la résonance dans l’esprit d’une jeune femme. Comme “NellyKelly”, miroir français du “Dilemma” de Nelly et Kelly Rowland, où elle met en scène sa vulnérabilité, raconte qu’elle se sent mal dans sa peau : “Tous les jours c’est la même histoire, je me regarde dans le miroir, j’suis pas à l’aise avec moi-même”. «Ce sont des choses qu’il faut dire, assume-t-elle. Tout le monde parle d’estime de soi : “Il faut s’aimer, tous les jours il faut faire de nouveaux trucs pour être bien dans sa peau pour s’aimer, s’accepter”. Mais on a le droit aussi de ne pas être bien avec soi-même, et ce n’est pas non plus la fin du monde». Simplifions le message : ne faites pas de l’acceptation de soi une obsession. «Moi, je ne suis pas à l’aise avec moi-même, et ce n’est pas grave, j’arrive quand même à monter sur scène». SadBabyConfessions, c’est aussi une question de teen-movie. En tout cas, c’est comme ça que tout le monde le décrit, mais elle précise : «Quand je parle de teen-movie, je parle de films sur l’adolescence, mais ce sont des trucs psychologiques ou des thrillers. Je ne pouvais pas faire un projet où je deviens la reine du bal de promo à la fin et je passe à la Fac l’année d’après». Elle, qui a fait une année d’école de cinéma, flirte avec le septième art : «À la base, je voulais faire de toute ma vie un film, tout était une question de film tout le temps». Puis, ça lui est passé. Ici, on ne parle pas de réalisation, de travelling arrière, de zoom panoramique, mais plutôt de scénarios, d’histoires. Elle en a un paquet en stock, et promet qu’un jour ils deviendront concrets. En attendant, elle repense à la phrase d’Orelsan “Si tu veux faire des films, t’as juste besoin d’un truc qui filme” en rigolant : «Moi, mes films, ce sont des grosses productions américaines !». Évidemment, tout est une question de budget. «Je me dis tout le temps, par flemme, qu’il faut beaucoup d’argent pour atteindre ce que je veux, mais en vrai, je ne suis pas sûre». Même si l’argent permet d’«avoir une maison avec des toboggans et un kart rose».
Une forme d’innocence toujours. Il fallait que je te raconte tout ça, que je mette des mots sur une artiste épatante, à l’univers fascinant. Dès la sortie de SadBaby Confessions, elle a promis d’ouvrir une nouvelle page. Elle aura probablement quelques dates pour faire vivre le projet, mais la suite s’écrira toujours au même endroit, à Bordeaux, auprès de ses spies. Pas question de miroiter. «J’ai l’impression d’être anti-star, estime-t-elle. Je n’aime pas trop me montrer. Il y a plein de trucs que je n’aime pas faire : parler avec des gens, parler en story. Je ne suis pas faite pour ça je pense». En attendant, ses streams mensuels progressent, sa release-party affiche complet et sa fan-base se rue en 24 heures sur les éditions physiques de son projet. Mais la conclusion reste la même : «Moi je veux faire ma musique toute seule dans mon coin». Baby solo.
BabySolo33 – SadBaby Confessions. 

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