Contrôles aux frontières : les aéroports français craignent le chaos en 2023 – Les Échos

Affaiblis par la crise, les aéroports français attendent toujours du gouvernement un assouplissement des règles de fixation des redevances, afin de pouvoir financer leurs investissements. Ils anticipent aussi des queues interminables à cause d'une nouvelle règle européenne sur les visas extra-européens en mai 2023.
Par Bruno Trévidic
L'interdiction de l'avion sur les liaisons desservies par le train en moins de 2h30 n'est pas, tant s'en faut, le seul sujet susceptible de nourrir les cauchemars des gestionnaires d'aéroports français. Le congrès annuel de l'Union des aéroports français (UAF), ce vendredi, a été l'occasion d'en dresser une petite liste.
Le principal sujet de préoccupation des aéroports français au sortir de deux ans de crise, reste le cadre réglementaire, qui limite étroitement leurs marges d'action dans les négociations avec les compagnies et la gestion de leurs capacités. Un cadre que les aéroports espèrent voir évoluer.
Mais l'année 2023 présente également un nouveau risque de chaos dans les aéroports, avec l'entrée en vigueur d'une nouvelle règle européenne sur le contrôle aux frontières. ​A compter de mai 2023, les voyageurs internationaux en provenance de l'extérieur de l'espace Schengen devront en effet s'enregistrer avant de passer la frontière, afin de bénéficier d'une exemption de visa. Ce système directement inspiré du programme Esta des Etats-Unis , est censé renforcer la sécurité européenne. Mais sa mise en place inquiète les aéroports, qui redoutent d'interminables files d'attente aux bornes d'enregistrement.
« Les Etats se sont concentrés sur l'aspect informatique du projet, mais pas sur sa mise en oeuvre dans les aéroports, ce qui risque de provoquer une situation de chaos, avec des heures d'attente aux frontières », souligne Olivier Jankovec, directeur général de l'association ACI des aéroports européens.
Faute de moyens supplémentaires, la mise en oeuvre du dispositif devrait être « reportée ou pour le moins, assoupli en période de pointe », estime le représentant des aéroports. « Nous demandons une période de transition, avec un assouplissement des contrôles en cas de saturation », précise Olivier Jankovec.
Autre sujet de préoccupation pour 2023 : le projet de révision des règles d'attribution des créneaux horaires, pour lequel la Commission a entamé le processus de consultation. Soucieux d'optimiser leurs infrastructures, les aéroports plaident pour un renforcement des règles d'utilisation des précieux créneaux horaires, tandis que les compagnies plaident pour davantage de souplesse. « Nous allons vers un manque de capacité aéroportuaire, ce qui nécessite d'utiliser les créneaux au maximum », assure le directeur de l'ACI, en évoquant le projet de restriction du nombre de vols à Amsterdam-Schiphol .
A ces sujets européens s'ajoutent les problématiques françaises. Les aéroports tricolores, qui s'estiment moins bien traités par le législateur que les compagnies aériennes, n'ont pas oublié la promesse du précédent ministre des transports , d'étudier une réforme de la réglementation encadrant la fixation des tarifs et le financement de leurs investissements.
Les idées ne leur manquent pas. « Il faudra revoir l'application des grands principes, estime le président du directoire des Aéroports de Lyon, Tanguy Bertolus. Le premier est la juste rentabilité des capitaux investis, qui n'est plus respecté dans le cas des aéroports. Mais aussi le niveau des redevances, qui ne couvrent plus que 70 % du coût réel des services aéroportuaires et le principe de modération tarifaire, qui limite les hausses de redevances mais pas les baisses », souligne-t-il.
Le gouvernement ouvre la porte à une réforme des aéroports
Il faut sauver les aéroports français
Un message qui n'est évidemment pas du goût des compagnies aériennes. « Les compagnies aériennes ont perdu en deux ans l'équivalent de 10 ans de résultat, tandis que les pertes d'exploitation des aéroports se sont élevées à 700 millions d'euros en 2020, après 1,1 milliard de bénéfices en 2019, souligne Laurent Timsit, le délégué général de la Fédération nationale de l'aviation (FNAM). S'il y a de l'argent à aller chercher, ce n'est pas chez les compagnies aériennes ».
Mais pour l'heure, les centres d'intérêt de l'actuel ministre des transports, Clément Beaune, semble plutôt ailleurs. Du côté de 2024 et du bon déroulement des Jeux olympiques, pour lesquels le ministre et l'Union des aéroports français ont signé une « charte d'engagement en faveur de la qualité de service ». Mais sans moyens supplémentaires pour améliorer le parcours des passagers dans les aéroports.
Bruno Trévidic
Tous droits réservés – Les Echos 2022

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