Infections invasives à streptocoque du groupe A : la prise en charge … – VIDAL

Représentation en 3D de streptocoques.
Dans un contexte de recrudescence des infections invasives à streptocoque du groupe A (IISGA), la direction générale de la Santé (DGS) a émis des recommandations complémentaires pour la prise en charge des patients et l'antibioprophylaxie des cas contacts.  
La direction générale de la Santé (DGS) a complété les recommandations de prise en charge de cas d'infection invasive à streptocoque du groupe A (IISGA) et des sujets contacts. 
Concernant les patients pour lesquels une infection à streptocoque du groupe A est confirmée, la DGS rappelle que le recours à un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) n'est pas conseillé.
Une antibioprophylaxie doit être mise en place chez les sujets contacts ayant des facteurs de risque de formes invasives, dont les nouveau-nés de mères ayant une infection invasive. 
Dans un contexte de tension en amoxicilline, il est recommandé de privilégier les céphalosporines orales ou les macrolides. 
En parallèle de ces recommandations de prise en charge et en complément du signalement obligatoire à réaliser auprès des agences régionales de santé (ARS), la DGS annonce  la mise en place d'une étude portant sur les IISGA communautaires pédiatriques sévères, afin de documenter les cas survenus en France. 
Deux semaines après un premier message DGS-Urgent [1], la direction générale de la Santé (DGS) a complété les recommandations relatives à la prise en charge des personnes présentant une infection à streptocoque du groupe A (cf. Encadré 1) et des cas contacts [2]. 
Ces deux messages DGS-Urgent adressés aux professionnels de santé font suite à une recrudescence de cas d'infections invasives à streptocoque du groupe A (IISGA) en France ainsi que dans d'autres pays européens (cf. Encadré 2). À mi-novembre en France, au moins 8 cas d'enfants sans facteurs de risque identifiés étaient confirmés sur le territoire national, dont 4 sont décédés. 
Depuis une vingtaine d'années, on observe une augmentation régulière des IISGA selon le réseau de laboratoires hospitaliers EPIBAC :
Les années 2020 et 2021 ont été marquées par une baisse des signalements, probablement en lien avec les mesures barrières mises en place pendant la pandémie de Covid-19.
Depuis septembre 2022, la dynamique de ces infections semble reprendre en France, comme dans d'autres pays européens : 
Selon Santé publique France [3], « la situation épidémiologique actuelle n'est pas liée à l'émergence d'une souche bactérienne nouvelle, mais principalement à 2 génotypes déjà connus (emm12 et emm1) ».
Le traitement de l'infection à SGA repose sur une antibiothérapie.
En cas d'angine, la DGS rappelle la nécessité de confirmer l'infection bactérienne par la réalisation d'un test rapide d'orientation diagnostique (TROD). Un prélèvement de gorge doit être réalisé devant un tableau clinique de scarlatine en cas de TROD négatif.
Une IISGA doit être traitée par une antibiothérapie en urgence. 
Les souches ou prélèvements positifs de cas d'IISGA doivent être ​​​​​​envoyés systématiquement au centre national de référence (CNR).
Dans son message du 15 décembre 2022, la DGS recommande de ne pas utiliser d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) dans le traitement des IISGA. 
Elle rappelle les résultats d'une enquête réalisée par les centres régionaux de pharmacovigilance de Tours et Marseille (cf. Encadré 3) [4], suggérant que les AINS (ibuprofène, kétoprofène) pourraient aggraver ces infections, en particulier à streptocoque. 
En 2020, le Comité de pharmacovigilance européenne (PRAC) a mis en garde contre le risque d'aggravation des infections à SGA par la prise d'AINS. L'analyse des données de la littérature portant principalement sur l'ibuprofène et le kétoprofène suggère que ces médicaments, en masquant les symptômes d'une infection, exposent à un retard de prise en charge du patient et à un risque de complications de l’infection. 
Le paracétamol doit être privilégié pour prendre en charge la douleur et la fièvre au cours d'une infection.
Suite à la mise en garde européenne, une enquête française a été initiée afin d'évaluer le rôle aggravant de l'ibuprofène et du kétoprofène en cas d'infection.  
L'enquête réalisée par les centres régionaux de pharmacovigilance de Tours et Marseille rapporte des complications infectieuses essentiellement à streptocoque ou à pneumocoque, après de très courtes durées de traitement (2 à 3 jours), y compris lorsque la prise d’AINS était associée à une antibiothérapie. 
Le Groupe de pathologie infectieuse pédiatrique de la Société française de pédiatrie (GPIP-SFP) et la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf) recommandent le diagnostic (TROD) et le traitement précoce des infections à SGA dans l'entourage d'un cas d'infection invasive : 
Une antibioprophylaxie est recommandée pour les sujets contacts ayant des facteurs de risque de formes invasives. Par rapport au premier message du 6 décembre, la DGS ajoute les nouveau-nés de mères ayant une infection invasive sur la liste des profils à risque de formes invasives :
Dans le contexte actuel de tensions en antibiotiques, il est recommandé de privilégier :
L'apparition de tout signe clinique dans l'entourage du patient ayant une infection invasive doit être surveillée pour un diagnostic et un traitement précoces. 
Le traitement prophylactique des contacts étroits doit être administré le plus tôt possible, de préférence dans les 24 heures suivant l'identification du cas, mais est toujours recommandé jusqu'à 7 jours après le dernier contact avec le cas.
Si une antibioprophylaxie est prescrite à un sujet contact vivant sous le même toit que le cas, elle doit être prescrite à l'ensemble des sujets contacts du foyer. 
Enfin, la survenue de 2 cas d'IISGA ou plus issus d'une même collectivité dans un délai de moins de 1 mois doit faire l'objet, en lien avec l'ARS, d'une discussion sur l'indication d'une antibioprophylaxie des personnes contacts (au-delà des personnes contacts avec facteurs de risque). 
Pour documenter les cas pédiatriques d'IISGA admis en réanimation survenant en France et à identifier leurs déterminants, une étude copilotée par Santé publique France et le Groupe francophone de réanimation et d'urgences pédiatriques (GFRUP) est initiée auprès des pédiatres réanimateurs français du GFRUP. 
Dans le cadre de cette étude, un protocole d'investigation des cas d'IISGA communautaires pédiatriques sévères [5] a été élaboré, auquel est associé un questionnaire.
Les critères d'inclusion sont définis par : 
Un premier bilan des données recueillies dans le cadre de cette étude sera réalisé dans les prochaines semaines.
La DGS souligne que la documentation des cas de ne substitue pas au circuit de signalement [6] : « tous les cas (pédiatriques et adultes) d'IISGA nécessitant une hospitalisation doivent faire l'objet d'un signalement dans les meilleurs délais à l'Agence régionale de santé (ARS), préalablement au remplissage du questionnaire associé au protocole d'investigation ». 
 

[1] DGS-Urgent n° 2022_83 du 6 décembre 2022 : Recrudescence d'infections invasives à streptocoque A (DGS, 6 décembre 2022)
[2] DGS-Urgent n°2022_83_Reply : recrudescence d'infections invasives à streptocoque A – Protocole d'investigation des cas (DGS, 15 décembre 2022)
[3] Situation des infections invasives à streptocoque A en France -Point au 8 décembre 2022 (Santé publique France, 14 décembre 2022)
[4] Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et complications infectieuses graves (ANSM, 2019, actualisé en octobre 2020)
[5] Protocole d'investigation des cas d'IISGA communautaires pédiatriques sévères – Protocole définitif 12-12-2022 (Santé publique France, GFRUP)
[6] Avis relatif à la conduite à tenir autour d'un ou plusieurs cas d'origine communautaire d'infections invasives à Streptococcus pyogenes (ou streptocoques du groupe A) (Conseil supérieur d'hygiène publique de France – Section maladies transmissibles, 18 novembre 2005)

 
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