Ils ont fait l'actualité libanaise en 2022 – L'Orient-Le Jour

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Commençons par le plus important : cette liste n’est ni objective ni exhaustive, et de nombreux autres collectifs ou personnalités auraient certainement pu en faire partie. Mais il a fallu faire un choix. L’année 2022 ayant été marquée par d’importantes échéances, des personnalités politiques se sont glissées dans notre liste. Il y a aussi des hommes, des femmes, des équipes qui ont fait la fierté du pays. Qui nous ont fait rêver et qui nous ont rappelé que même dans les moments les plus sombres, chacun de nous peut contribuer, à son échelle, à se battre pour notre Liban.
OLJ / Par Nour BRAIDY, le 31 décembre 2022 à 00h00

1- Sabyl Ghoussoub
Sabyl Ghoussoub. Photo Patrice Normand
Il se décrit comme un ancien cancre… et pourtant ! Écrivain et chroniqueur à L’Orient-Le Jour, Sabyl Ghoussoub a reçu le 24 novembre 2022 le prix Goncourt des lycéens, petit frère du Goncourt, pour son roman Beyrouth-sur-Seine.
Le livre de l’écrivain de 34 ans est sorti le 24 août aux éditions Stock. Il s’agit de son troisième ouvrage après Nez juif en 2018 et Beyrouth entre parenthèses en 2020. À travers les pages de Beyrouth-sur-Seine, Sabyl Ghoussoub propose une réflexion sur la famille et l’immigration en questionnant ses parents venus s’installer en 1975 à Paris, alors que la guerre allait ravager le Liban.
Son roman, qui faisait également partie des 15 sélectionnés pour le Goncourt, a été choisi au second tour du scrutin par 7 voix contre 4 pour Les liens artificiels de Nathan Devers. « J’ai écrit ce livre pour rendre hommage à mes parents, comme une sorte de revanche sur la guerre, sur les guerres, sur la vie trop souvent injuste », confiait-il à L’Orient-Le Jour. Résultat : un roman à la fois émouvant et drôle.
2- Mayyas
Le chorégraphe Nadim Cherfan entouré des danseuses de la troupe Mayyas, le 14 septembre 2022, aux États-Unis. Kevin Winter/AFP
14 septembre. Pasadena Civic Auditorium en Californie. Une pluie de confettis est lancée sur les Mayyas. Elles l’ont fait. Les danseuses libanaises ont remporté la saison 17 de l’émission « America’s Got Talent ». Durant des semaines, les Libanais ont suivi chacune des prestations époustouflantes des 36 artistes. Aux premières auditions de l’émission, la troupe ne s’est pas contentée de se qualifier mais a eu droit au « golden buzzer ». Très vite, la campagne de soutien aux Mayyas a pris une dimension nationale « Les Libanais y ont surtout vu une lueur d’espoir dans leur quotidien difficile. J’ai participé à l’émission en me fixant pour but de donner une place au Liban sur la scène mondiale de la danse, et nous avons réussi », confiait alors le chorégraphe Nadim Cherfan. Pas une seule fois lui et son équipe n’ont manqué de rendre hommage à leur pays, que ce soit dans leurs propos ou à travers leurs prestations. Avec cette victoire, la troupe a décroché la somme d’un million de dollars et va se produire en une d’un show à Las Vegas durant l’été 2023.
Mayyas, ce sont les chorégraphes et les danseuses, mais aussi toute la belle équipe derrière : Harry Hedeshian, producteur de musique, Hala Boulos, consultante créative, Élie Khater pour la conception des costumes et Léa Ghorayeb, manager du groupe. Mayyas veut dire « la marche fière d’une lionne ». Des lionnes qui promettent d’aller loin.
3- Anghami
Eddy Maroun (à g.) et Élie Habib, cofondateurs d’Anghami, sonnant la cloche d’ouverture de la Bourse à New York, le 3 février 2022. Photo tirée du compte Facebook d’Anghami
Le 3 février 2022, Eddy Maroun et Élie Habib, cofondateurs de la plateforme de streaming musical libanaise Anghami, sonnaient la cloche d’ouverture de la Bourse de New York. Anghami devient ainsi la première entreprise tech du monde arabe à être cotée au Nasdaq. Cette start-up a été lancée fin 2012 au Liban avec une équipe de 5 à 6 personnes. En dix ans, elle a réussi à porter le groupe à 180 personnes, à lever plus de 54,3 millions de dollars – avant sa fusion avec VMAC en 2021 – et à atteindre plus de 70 millions d’utilisateurs qui écoutent près de 1 milliard de titres par mois. Un bilan qui en fait aujourd’hui le leader régional du streaming de musique, revendiquant 58 % de parts de marché. Alors que la majorité des activités de la start-up étaient gérées depuis Jal el-Dib, la situation au Liban pousse Anghami à déménager début 2021 à Abou Dhabi. Elle ne rompt pas pour autant ses relations avec son pays d’origine. « Nous resterons une compagnie libanaise où que nous soyons. Les recrutements se poursuivront à Beyrouth (où Anghami tient encore un bureau), y compris pour nos autres bureaux », assure alors Élie Habib. En juillet 2022, Eddy Maroun a été classé par Forbes dans le top 100 des PDG du Moyen-Orient.
4- L’équipe masculine de basket-ball
L’équipe libanaise de basket-ball célébrant sa qualification à la Coupe du monde 2023 après avoir battu l’Inde, le 29 août 2022. Manjunath Kiran/AFP
En 2022, la sélection masculine libanaise de basket-ball a connu d’importantes victoires. En février, douze ans après sa grande désillusion de 2010, la sélection remporte pour la première fois de son histoire le championnat arabe des nations de basket-ball. En juillet 2022, le Liban perd de deux points la finale de la Coupe d’Asie contre l’Australie. Un mois plus tard, la sélection est officiellement qualifiée pour la Coupe du monde organisée par la Fédération internationale de basket-ball. Une première depuis 2010. Aujourd’hui, le Liban est classé au 9e rang asiatique et au 42e rang mondial de basket. C’est le capitaine de la sélection Waël Arakgi qui s’est particulièrement distingué cette année. Âgé de 28 ans, le jeune joueur est surnommé « al-Rahib », ou « Le Magnifique ». Il est l’un des joueurs les plus performants de l’équipe et celui qui marque le plus de points. Il n’a jamais manqué de dédier ses victoires au peuple libanais tout en restant indifférent aux félicitations des leaders politiques locaux. « Nous espérons que vous êtes contents et fiers de nous », lance-t-il aux Libanais pendant la Coupe d’Asie. Durant cette même compétition, il refusera les félicitations du Premier ministre Nagib Mikati dans des termes peu amènes, l’accusant, lui et la classe politique, de la situation dramatique du pays. Un coup de gueule qui lui a valu le soutien et l’admiration de ses compatriotes. Rendez-vous pour la Coupe du monde en août 2023.
5- Sali Hafez
Sali Hafez lors d’une manifestation dans le centre-ville de Beyrouth. Photo João Sousa
14 septembre 2022, 10h30. Vêtue de noir, arme factice à la ceinture, Sali Hafez, architecte d’intérieur de 28 ans, fait irruption dans la BLOM Bank de Sodeco. «Je suis venue (…) récupérer l’argent de ma sœur qui est en train de mourir à l’hôpital », déclare-t-elle. Sa sœur Nancy est atteinte d’un cancer et la BLOM Bank refuse de transférer l’épargne de 20 000 dollars de la jeune femme, et ce au nom des restrictions draconiennes imposées arbitrairement par les banques. Parmi les acolytes de Sali Hafez, Rami Ollaïk, le fondateur du collectif d’avocats Mouttahidoun. Si le braquage de son propre compte bancaire n’est pas une première au Liban, cette fois une association revendique officiellement son implication dans un acte a priori criminel avec pour but d’inspirer d’autres déposants à leur emboîter le pas. 40 minutes après son irruption, Sali Hafez prend la fuite avec 13 000 dollars et 30 millions de livres libanaises.
Les réseaux sociaux érigent Sali Hafez, en fuite dans la Békaa, en héroïne. Cet émoi populaire ne l’exempte pas cependant des conséquences légales. Le 6 octobre 2022, après une première audience, Sali Hafez et sa sœur Ikram sont libérées sous caution et interdites de voyager pendant six mois. Selon leur avocat, la BLOM Bank a abandonné les charges contre elles.
Deux jours après le braquage de Sali Hafez, cinq autres ont lieu à travers le Liban. Cela incitera les banques à fermer pendant une semaine. À leur réouverture, elles ont mis en place des mesures de sécurité supplémentaires et ne reçoivent les clients qu’au compte-gouttes.
6- Rodolphe Saadé
Rodolphe Saadé, PDG du conglomérat CMA CGM. Boris Horvat/AFP
Ce Franco-Libanais de 52 ans dirige depuis 2017 le géant français du transport maritime et de la logistique, CMA CGM. Ces dernières années, le groupe a multiplié les investissements au Liban, notamment avec l’acquisition de l’intégralité des actions de l’opérateur du terminal de Tripoli, deuxième port commercial du pays. En 2022, le transporteur français a renforcé un peu plus sa position au Liban. En mars, CMA CGM a obtenu la gestion du terminal conteneurs du port de Beyrouth, considéré par la Banque mondiale comme l’un des plus importants actifs de l’État. Ce contrat s’étend sur 10 ans, une période au cours de laquelle le groupe prévoit d’investir 33 millions de dollars pour assurer la réhabilitation et la modernisation du terminal. CMA CGM prévoit d’investir 19 millions de dollars de ce total au cours des deux premières années afin de réhabiliter et/ou remplacer les équipements du terminal, relativement épargné par la double explosion qui a soufflé la zone portuaire et les quartiers environnants le 4 août 2020, ainsi que pour acquérir de nouveaux équipements.
Par ailleurs, en septembre 2022, la CMA CGM a lancé son programme de Bourse mis en place avec la fondation HEC pour accompagner financièrement 200 étudiants à fort potentiel. CMA CGM semble aujourd’hui s’intéresser au contrat de LibanPost. Affaire à suivre en 2023.
7- Élias Bou Saab
Le vice-président du Parlement Élias Bou Saab à la place de l’Étoile. Anwar Amro/AFP
Le 27 octobre 2022, le Liban et Israël, pays voisins officiellement en état de guerre, concluent un accord délimitant leur frontière maritime après des mois de négociations ardues par l’entremise des États-Unis. Proche conseiller du président Michel Aoun, Élias Bou Saab a joué un rôle-clé dans les négociations maritimes avec Israël en étant le principal négociateur du Liban dans les pourparlers. Pour ses efforts, Michel Aoun lui a remis la médaille de l’ordre national du Cèdre avec le grade de Grand Officier.
Élias Bou Saab, 54 ans, a connu une ascension fulgurante après les législatives de mai 2022, devenant un personnage de plus en plus influent sur la scène politique. Membre du groupe parlementaire aouniste, il a été ministre de l’Éducation en 2014-2016 puis de la Défense en 2019-2020. Après les législatives de 2022, il est élu vice-président de la Chambre, la plus haute marche du pouvoir traditionnellement réservée à la communauté grecque-orthodoxe.
Originaire du village de Dhour Choueir, il est titulaire d’une maîtrise en relations internationales de l’Université de Boston et d’un diplôme en marketing de l’American College de Londres. Il a fait fortune à Dubaï, où il fut vice-président exécutif de l’Université américaine de Dubaï, une institution universitaire réputée qu’il a contribué à créer dans les années 1990.
8- Michel Moawad
Le député de Zghorta et candidat à la présidentielle Michel Moawad lors d’un entretien télévisé, le 1er novembre 2022. Photo Twitter/@michelmoawad
Il représente pour le Hezbollah le « candidat de défi » à la présidentielle. En 10 séances électorales en vue d’élire un président de la République, Michel Moawad s’est imposé comme étant le candidat le plus consistant de l’opposition. Lors de la dernière séance électorale de 2022, le dépouillement des bulletins a donné pour la première fois Michel Moawad en tête devant le candidat « blanc » du 8 Mars, qui a obtenu 37 voix. Il peut compter sur les voix des principales formations de l’opposition traditionnelle (FL, PSP, Kataëb) et de quelques indépendants. S’il a très peu de chance d’être élu, il se positionne désormais comme un présidentiable pour les prochaines échéances.

Pour mémoire

Moawad à « L’OLJ » : Nous proposons au Hezbollah un accord sous l’égide de l’État

Michel Moawad, 50 ans aujourd’hui, a perdu son père René, assassiné le 22 novembre 1989 alors qu’il avait été élu président 17 jours auparavant. Nayla Moawad, sa mère, avait pris le relais de son époux en se lançant dans la politique. S’il est un héritier politique, il se définit dans le même temps comme un réformiste. Il fonde en 2005 le Mouvement de l’indépendance, né dans le sillage de la révolution du Cèdre. En 2018, il tente l’expérience d’une alliance avec les aounistes sans pour autant rejoindre politiquement leur camp. Après la double explosion du 4 août 2020, il démissionne de l’hémicycle et prononce ensuite son mea culpa au sujet de son alliance électorale. Au scrutin de 2022, il retourne à ses bases quatorze-marsistes.
9- Rima Abdul Malak
La ministre française de la Culture Rima Abdul Malak, à Paris, en mai 2022. Photo AFP
Le grand public a découvert Rima Abdul Malak lorsqu’elle s’est vu confier en mai, à l’âge de 43 ans, les clefs du ministère français de la Culture dans le gouvernement de la Première ministre Élisabeth Borne. C’était l’occasion de découvrir le travail qu’elle a accompli dans les coulisses à l’ombre du président Emmanuel Macron, qu’elle a conseillé. Elle l’avait accompagné lors de ses deux voyages au Liban suite aux explosions au port de Beyrouth le 4 août 2020. Elle l’avait aidé notamment dans l’organisation de sa rencontre avec Feyrouz et fait ce qu’elle a pu pour que le président soit sensible à la cause libanaise. Le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf avait confié à L’Orient-Le Jour l’avoir contactée au lendemain des explosions pour lui proposer un concert en vue de lever des fonds pour le Liban. « Elle a immédiatement contacté France Télévisions et Radio France, et en deux heures, nous avions une réponse favorable », assure-t-il.
Avant de devenir ministre, Rima Abdul Malak, franco-libanaise, a été conseillère culture et communication du président Macron et de l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë. Née au Liban, elle a passé les dix premières années de sa vie à Beyrouth en pleine guerre civile, avant de s’installer à Lyon avec ses parents, son frère et sa sœur. Son père Nabil est originaire du village de Chikhane (Jbeil) et sa mère Violette Tabet de Ajaltoun.
10- Souheil Abboud
Le président du CSM Souheil Abboud lors de l’ouverture de l’année judiciaire 2021. Photo d’archives
Jamais un président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) n’avait subi autant de pressions. Si l’ancien président Michel Aoun avait soutenu sa nomination en septembre 2019, il est devenu son principal adversaire. Lui, mais aussi son camp qui a orchestré une campagne pour le faire plier. Le chef du Courant patriotique libre et gendre du président Gebran Bassil a été jusqu’à l’accuser publiquement de « corruption » et d’« abus de pouvoir », alors que Souheil Abboud fait l’unanimité en raison de son professionnalisme et de son honnêteté.
Tout a commencé lorsque le ministre sortant de la Justice Henri Khoury, proche du CPL, a proposé au CSM de nommer un magistrat chargé de statuer sur les demandes de remise en liberté des détenus dans l’enquête sur la double explosion du 4 août 2020, alors même que le juge Tarek Bitar est toujours en poste. C’est le nom de la première juge d’instruction au Liban-Nord Samaranda Nassar, dont la proximité avec le CPL est de notoriété publique, qui est proposé vraisemblablement pour faciliter une demande de mise en liberté, notamment du directeur des douanes Badri Daher, proche de Gebran Bassil. Mais face à cette candidature, Souheil Abboud s’arrête net, sa condition étant que le critère de neutralité soit respecté. À l’occasion de son discours d’adieu, le président Aoun attaquera frontalement le juge Abboud. Ce qui marque nettement l’intervention du pouvoir politique dans le pouvoir judiciaire. Quelques jours plus tard, le juge Abboud affirmera que les ingérences politiques provoquent le « chaos judiciaire » actuel.
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