Grèves chez TotalEnergies : le gouvernement met la pression sur la direction et la CGT pour régler le conflit – La Tribune.fr

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Le gouvernement s’en mêle. Ce vendredi, après une dizaine de jours de grève dans plusieurs raffineries, la Première ministre Elisabeth Borne a appelé à « la responsabilité » les directions des groupes pétroliers et les représentants du personnel à trouver une issue afin que les « négociations salariales aboutissent » et mettent fin aux grèves qui provoquent depuis plusieurs jours de graves problèmes d’approvisionnement.
« J’appelle vraiment à la responsabilité les directions et les représentants des salariés de ces entreprises pour que ces négociations salariales -puisque c’est de ça qu’il s’agit- aboutissent et ne pénalisent pas les Français », a déclaré la cheffe du gouvernement à l’issue d’une intervention à Bordeaux, lors de la Convention des intercommunalités de France.
Plus tard, lors d’une conférence de presse à l’issue cette fois d’un sommet européen informel à Prague, Emmanuel Macron a, lui aussi, appelé au « calme » et à la « responsabilité ».
« Je sais l’inquiétude qu’il y a chez beaucoup de nos compatriotes » au sujet des carburants. « Je veux ici vraiment avoir un message (…) d’appel au calme », a déclaré le président lors d’une conférence de presse à l’issue d’un sommet européen informel à Prague. « J’appelle aussi chacune et chacun à la responsabilité. (…) Toutes les revendications salariales sont légitimes, mais il ne faut pas qu’elles empêchent les uns et les autres de vivre et de pouvoir circuler ». « Pas de panique », a-t-il dit.
La plus grande raffinerie de TotalEnergies, près du Havre (Seine-Maritime), est à l’arrêt. D’autres sites du groupe sont en grève. Et les deux raffineries françaises de son concurrent américain Esso-ExxonMobil sont aussi à l’arrêt, dans les deux cas à l’appel de la CGT, afin d’obtenir une hausse des salaires de 10% d’augmentation sur 2022 ( 7% pour l’inflation, 3% pour « le partage de la richesse »). La direction rappelle depuis le début qu’elle a octroyé des mesures salariales représentant une augmentation moyenne de 3,5% en 2022 et renvoie à une séance de négociations prévue le 15 novembre… pour les salaires de 2023. Aux dernières nouvelles, elle semblait inflexible sur ce calendrier et réticente à revenir dans l’immédiat à la table des négociations.
La déclaration d’Elisabeth Borne intervient alors que plus tôt dans la journée, de nombreux ministres ont appelé les parties prenantes à la raison.
« J’appelle les entreprises concernées, qui, pour la plupart, ont quand même de bons résultats, à considérer aussi les demandes d’augmentation de salaire », a déclaré Olivia Grégoire, ministre déléguée aux petites et moyennes entreprises, sur Franceinfo, sans citer nommément TotalEnergies et ses 10,6 milliards de dollars de bénéfice au premier semestre.
Le PDG Patrick Pouyanné ne s’est pas exprimé publiquement sur la grève, mais dans une vidéo interne au groupe mardi, il a reconnu que « les résultats de la Compagnie sont exceptionnels en 2022 et nous ne vous oublierons pas ».
« Tous les collaborateurs, tous nos collègues recevront leur juste récompense sur leur fiche de paie avant la fin de l’année », a-t-il promis en leur assurant qu’ils étaient « prioritaires dans le partage de la prospérité ». Aux dernières nouvelles, elle semblait inflexible sur ce calendrier et réticente à revenir dans l’immédiat à la table des négociations.
En attendant, 15% des stations-service sont concernées par un manque d’un ou plusieurs carburants, selon un chiffre cité par plusieurs ministres. Les blocages des grévistes entraînent en effet une baisse des livraisons de carburant, les stations-service sont donc plus souvent en rupture de stocks d’essence ou de diesel. Pour rappel, TotalEnergies gère près du tiers des stations françaises.  Mais le groupe met aussi les perturbations sur le compte du succès de la remise à la pompe de 20 centimes qu’il accorde depuis le 1er septembre, en sus de la ristourne de l’Etat de 30 centimes.
Outre sa raffinerie de Normandie, les grévistes étaient massivement mobilisés au dépôt de carburants de Flandres, près de Dunkerque (Nord), à la « bio-raffinerie » de La Mède (Bouches-du-Rhône) et au dépôt de carburants de Grandpuits (Seine-et-Marne) notamment, pour limiter au maximum la sortie de produits pétroliers, selon la CGT. A la raffinerie de Feyzin (Rhône), il y avait « entre 80 et 100% de grévistes » dans le service stratégique des expéditions, a indiqué à l’AFP Pedro Afonso (CGT). Le comportement de certains automobilistes a poussé l’Etat à interdire la vente et l’achat de carburant dans des jerricans et bidons, notamment dans certains départements des Hauts-de-France, où les stations TotalEnergies comme de ses concurrents ont été prises d’assaut.
Parfois, ce sont les gérants des stations eux-mêmes qui font la police, comme dans cette station-service Agip des quartiers chics de Marseille, vendredi, où une longue file d’automobilistes étaient prêts à tout pour remplir leur réservoir. Afin d’apaiser la situation, le gouvernement a activé ponctuellement l’utilisation des stocks stratégiques de l’Etat, dans les régions les plus affectées.
Concernant le transport aérien, la grève à TotalEnergies n’empêche pas à l’heure actuelle des avions de décoller faute de carburant, mais des signes de tension se sont fait jour, selon des professionnels interrogés par l’AFP.
Sur le carburant aérien, « il y a eu cette semaine des tensions mais la situation n’est aujourd’hui pas préoccupante », a déclaré vendredi le ministère chargé des Transports, alors que le conflit chez l’énergéticien s’est traduit par des pénuries dans des stations-service. Or, TotalEnergies produit et distribue aussi du kérosène pour les avions.
Le Groupe ADP, gestionnaire des aéroports de la région parisienne, notamment Roissy-Charles-de-Gaulle, Orly et Le Bourget, a indiqué à l’AFP que « l’approvisionnement en kérosène reste assuré », sans plus de détails.
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