Femmes, paix et sécurité: le cinquième débat de l'année remet le Conseil de sécurité face aux appels à l'action pour renforcer le leadership des femmes | UN Press – press.un.org

Lorsque l’on ouvre la porte à la participation des femmes, on fait « un pas de géant » vers la prévention des conflits et la consolidation de la paix, a déclaré, ce matin, la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, à la séance du Conseil de sécurité consacrée à la résilience et au leadership des femmes en faveur de la paix dans les régions en conflit.  Pour ce cinquième débat de l’année sur le programme pour les femmes et la paix et la sécurité, les 80 orateurs ont rivalisé de conseils pour faire progresser les objectifs maintes fois énoncés: garantir aux femmes un siège à la table des négociations de paix, renforcer leur leadership pour la consolider, protéger les défenseuses des droits humains de plus en plus attaquées et mobiliser le financement nécessaire à ces actions.
Maintes études ont démontré que, lorsque l’on renforce la résilience et le leadership des femmes, tout le monde en tire profit, a souligné Mme Amina Mohammed.  Elle a expliqué que les femmes sont plus à même que les hommes de recourir à des modes de gouvernance et de coexistence inclusifs, de bâtir la paix et de faire taire les armes.  Forte de ce constat, elle a recommandé de s’orienter vers une parité totale dans la participation aux efforts de consolidation de la paix, en particulier dans le suivi électoral, la réforme du secteur de la sécurité, le désarmement, la démobilisation et la justice.
Les femmes doivent tout autant participer en amont, en tant que médiatrices et négociatrices, a poursuivi Mme Mohammed, en faisant état de progrès encore lents dans ce domaine: entre 1995 et 2019, en moyenne, les femmes constituaient à peine 13% des négociateurs, 6% des médiateurs et 6% des signataires des principaux processus de paix.  Mme Mohammed a fait remarquer en outre que le rôle accru des femmes dans ces processus permettrait d’inclure davantage de dispositions liées à l’égalité des sexes dans les accords de paix, car au cours de la même période, le pourcentage d’accords incluant de telles dispositions a peu augmenté, passant de 14 à 22%.
L’approche préconisée nécessite bien évidemment des actions plus franches et des financements plus substantiels et prévisibles, selon la haute responsable.  Ce à quoi les intervenants d’aujourd’hui ont répondu en présentant leurs efforts nationaux, comme la Ministre des affaires étrangères de la République centrafricaine, de la Francophonie et des Centrafricains de l’étranger, Mme Sylvie Valérie Baïpo-Temon, qui a confirmé la tendance de son pays à faire appel aux femmes à des postes à responsabilité: « cela remonte à loin dans l’histoire de la Centrafrique, jusqu’à l’ère de Jean-Bédel Bokassa ».  D’autres pays du continent, comme le Kenya, qui ont adopté des plans d’action nationaux pour la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000), ont témoigné de leurs actions dans ce sens.  Le Ghana, pays qui pourvoie le plus de Casques bleus femmes, a par exemple un Institut pour la paix et la sécurité qui forme des femmes au rôle de médiatrice.
La Ministre du genre, de la famille et des enfants de la République démocratique du Congo, Mme Gisèle Ndaya Luseba, a quant à elle assuré que les compétences des Congolaises sont renforcées sur les techniques de médiation, annonçant qu’un réseau national des femmes pour la paix est en gestation.  L’Envoyée spéciale de l’Union africaine (UA) pour les femmes, la paix et la sécurité, Mme Bineta Diop, a confirmé l’engagement des pays africains en faveur du leadership des femmes dans les efforts de paix et de gouvernance.  Le Réseau des dirigeantes africaines et l’organisation FemWise-Africa, qui forme les femmes et participe aux processus électoraux, en sont des exemples.
Aux États-Unis, cet engagement en faveur de la participation des femmes dans les processus de paix et de sécurité a tout simplement fait l’objet d’une codification.  Pour la Fédération de Russie toutefois, l’adoption de plans d’action pour la mise en œuvre de la résolution 1325 ne doit pas uniquement consister à « cocher des cases »: il faut avant tout investir dans l’éducation, la science et d’autres domaines.  La délégation russe a de plus critiqué le travail du Groupe d’experts sur la mise en œuvre du programme, le jugeant « inabouti » à cause d’une politisation et du manque de transparence.
Autre préoccupation majeure des intervenants, les attaques dont sont victimes les défenseuses des droits humains n’ont pas manqué d’attirer les foudres des orateurs, la Directrice-exécutive d’ONU-Femmes la première, déplorant que ces femmes, « qui mériteraient d’être adulées », risquent leur vie chaque jour au nom de la paix et des droits humains.  Les exemples sont tragiquement nombreux, de l’Iran au Tigré, en passant par l’Ukraine, a alerté Mme Sima Bahous, en citant les cas d’une autochtone colombienne blessée par balle et d’une infirmière militante soudanaise tuée pendant une manifestation.  Une autre voix forte s’est élevée à ce sujet: Mme Zahra Nader, rédactrice en chef du Zan Times, une organisation multimédia dirigée par des femmes qui couvre la situation des droits humains en Afghanistan.  Elle a rapporté notamment que des femmes ont été battues, enlevées, torturées, emprisonnées et tuées pour leur rôle dans des manifestations pacifiques anti-Taliban, citant le cas de Frozan Safi, une militante de 29 ans.
Le comble a semblé venir des cas où les représentantes de la société civile, invitées à parler devant le Conseil de sécurité, subissent par la suite des représailles, ce qui concerne un tiers d’entre elles.  Mme Bahous s’en est dite choquée, avant de citer également les chiffres donnés par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme: 60% des personnes ayant subi des intimidations ou des représailles pour avoir coopéré avec l’ONU, l’an dernier, étaient des femmes.  Ces différents exemples ont fait réagir les délégations, à l’instar de la Secrétaire d’État au Ministère des affaires étrangères de la Finlande, Mme Johanna Sumuvuori, qui a lancé un appel aux États Membres pour qu’ils appliquent une politique de « tolérance zéro » face aux représailles.
« Lorsqu’il s’agit des femmes, de la paix et de la sécurité, il y a un écart important, ici à l’ONU, entre les paroles et les actes.  Et, les Taliban n’ont aucun respect pour les mots », a mis en garde Mme Nader.  La Cheffe d’ONU-Femmes en a conclu qu’il fallait prendre une décision intelligente pour le financement de ce programme, car « les engagements déclarés sont bien loin de là où va l’argent à l’heure actuelle ».  La France a proposé de rejoindre le Pacte sur les femmes et la paix et la sécurité et l’action humanitaire, lancé en juin 2021, sous l’égide d’ONU-Femmes, qui a déjà mobilisé plus de 40 milliards de dollars.  Les Émirats arabes unis ont recommandé une « approche systématique » d’allocations de fonds aux organisations de femmes, invitant la Cinquième Commission à se saisir de cette question.
LES FEMMES ET LA PAIX ET LA SÉCURITÉ  
Déclarations
« Nous ne pouvons séparer l’état périlleux de la paix dans notre monde des effets destructeurs du patriarcat et de la réduction au silence des voix des femmes », a déclaré à l’entame de son propos la Vice-Secrétaire générale de l’ONU.  Mme AMINA J. MOHAMMED, qui a expliqué ne pas porter de rose aujourd’hui, mais du noir en signe de dénonciation du destin tragique des femmes, a fait remarquer que les défis actuels, depuis la prolifération des conflits jusqu’à l’intensification des atteintes aux droits humains, sont connectés au piétinement des droits des femmes et à la misogynie, profondément ancrée partout dans le monde.  Il nous faut en finir avec cette misogynie sous ses différentes manifestations -dans la rue, au foyer, au travail et en ligne-, a-t-elle réclamé, ajoutant qu’il importe également de lever les obstacles posés par les structures et normes d’ordre social, politique et économique qui les maintiennent.  Nous devons nous ériger fermement contre les groupes armés qui se servent de la violence comme arme de guerre, de la misogynie comme propagande, et des tactiques de recrutement et de levée des fonds, a-t-elle déclaré sur un ton impératif.  Et de préciser que les femmes et les filles sont souvent les premières cibles de la violence et des abus dans des situations de conflit armé: elles doivent donc figurer en tête de notre riposte.
Maintes études ont démontré que lorsqu’on renforce la résilience et le leadership des femmes, tout le monde en tire profit, y compris les hommes et les garçons, a souligné Mme Mohammed.  Elle a expliqué que les femmes sont plus à même de recourir à des modes de gouvernance et de coexistence inclusifs, de bâtir la paix et de faire taire les armes, et plus à même d’investir dans le développement durable, pierre angulaire de communautés et de sociétés pacifiques et prospères.  La participation des femmes à tous les niveaux, depuis les communautés locales et jusqu’aux parlements nationaux, a-t-elle poursuivi, a joué un rôle central dans le changement d’approche de la paix et la sécurité au cours des 20 dernières années.  Mme Mohammed a noté néanmoins que les progrès sont lents.  Ainsi, entre 1995 et 2019, le pourcentage d’accords de paix incluant des dispositions liées à l’égalité des sexes est passé de 14 à 22%.  Par ailleurs, 4 accords de paix sur 5 ignorent encore cette égalité, tandis qu’au niveau de la prise de décisions, il existe encore une disjonction.  Au cours de la même période, a-t-elle indiqué, les femmes ont constitué en moyenne à peine 13% des négociateurs, 6% des médiateurs et 6% des signataires des principaux processus de paix.  De la même façon, 7 processus de paix sur 10 n’ont tout simplement pas intégré une femme médiatrice ou signataire.
Alors que la participation de femmes dans les processus de paix influent sur des décisions qui touchent leurs vies, ce rôle n’est toujours pas une réalité, ce qui constitue un véritable obstacle pour jeter les bases d’une paix inclusive, et durable, a regretté Mme Mohammed en appelant à mieux faire.  Partant, la Vice-Secrétaire générale a exhorté au démantèlement des normes patriarcales de pouvoir excluant les femmes et à ouvrir la voie pour davantage de médiatrices et négociatrices, en établissant des échanges formels et plus réguliers avec les médiatrices de sorte à, sans cesse, améliorer notre approche.  Pour ce faire, elle a requis des financement plus substantiels et plus prévisibles.
D’un autre côté, le Women’s Peace and Humanitarian Fund, qui a déjà appuyé plus de 600 organisations féminines locales dans des situations de crise, a ouvert une fenêtre spéciale pour épauler les militantes en danger, a-t-elle rapporté.  Parmi d’autres actions, elle a mentionné l’appui partout dans le monde en faveur d’une représentation et d’une participation active des femmes dans les efforts de paix, qui ont recueilli un certain succès.  Ainsi, au Soudan, la stratégie de la Mission des Nations Unies en faveur d’un processus sensible à l’égalité des sexes a inclus une cible de 40% de femmes dans les délégations aux pourparlers de paix.  Et cette année, la Mission a facilité la formation du Groupe des droits des femmes, lequel participe à la prochaine phase des pourparlers politiques.  Mme Mohammed a également mentionné des exemples en République centrafricaine et au Mali, avant de féliciter par ailleurs l’Union africaine (UA) qui redouble d’efforts sur le programme pour les femmes et la paix et la sécurité, en invitant les membres du Conseil à user de leur influence pour faire avancer ledit programme qui n’est pas uniquement une réponse aux torts et à la marginalisation historique des femmes, a-t-elle affirmé, mais l’occasion de faire les choses autrement.
Lorsqu’on ouvre la porte à l’inclusion et à la participation, on fait un pas de géant vers la prévention des conflits et de la consolidation de la paix, a-t-elle encore fait valoir, en réclamant une parité entière/totale, y compris à travers des quotas pour accélérer l’inclusion des femmes, dans le suivi électoral, la réforme du secteur de la sécurité, le désarmement, la démobilisation et les systèmes de justice.  En ces temps de dangers, conflits et crises, il nous faut appliquer des stratégies avérées pour la paix et la stabilité et la protection des droits des femmes ainsi que la promotion de leur inclusion.  La Vice-Secrétaire générale a appelé à mettre la participation des femmes au cœur de tout ce que l’on fait, partout.
Mme SIMA SAMI BAHOUS, Secrétaire générale adjointe, Directrice exécutive de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), a déclaré d’emblée que c’est un moment fondamental pour le programme « pour les femmes et la paix et la sécurité », faisant allusion au risque de réduire à néant les acquis dans le domaine des droits des femmes avec les menaces à la sécurité, les conflits violents, les répercussions de la pandémie mondiale et l’urgence climatique croissante, pour lesquels les femmes et les filles paient un lourd tribut.  La Vice-Secrétaire générale de l’ONU a, d’ores et déjà, démontré les corrélations évidentes entre les défis à relever, aggravés par les reculs contre les droits des femmes et des filles, a-t-elle rappelé, avant d’expliquer que le rapport du Secrétaire général (S/2022/740)  décrit la manière dont l’agenda pour les femmes et la paix et la sécurité a été relégué, ainsi que les lacunes spécifiques dans sa mise en œuvre.  Cette tâche exige une attention collective urgente, a-t-elle affirmé, exhortant tous les acteurs de la paix et la sécurité à lire le rapport en entier.
La Directrice exécutive d’ONU-Femmes a présenté trois axes transversaux dégagés dans le rapport: protection et appui aux défenseuses des droits de l’homme en tant que force avec laquelle il faut compter en faveur de la paix; garantie d’un siège à la table pour les femmes lorsque l’on bâtit la paix; et l’assurance que ce que l’on dit sur les priorités dans le cadre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité, soient reflétées en termes de financement.  Nous sommes bien loin d’où nous aurions dû être au sujet des trois, a-t-elle constaté.
Concernant les défenseuses des droits de l’homme, elle a signalé que de l’Iran au Tigré, en passant par l’Ukraine, et ailleurs, celles-ci risquent leurs vies chaque jour au nom de la paix, des droits humains et pour leurs communautés et notre planète.  « Elle mériteraient d’être adulées par tout un chacun.  Au lieu de cela, elles sont de plus en plus attaquées », a commenté Mme Bahous, ajoutant que « les exemples sont tragiquement nombreux ».
À titre d’exemple, Mme Bahous a indiqué que Daniela Soto, une défenseuse autochtone des droits de l’homme en Colombie, qui plaide en faveur de ces droits depuis son adolescence, a été blessée par deux balles à l’abdomen tirées par des civils armés.  Elle a néanmoins survécu à cette attaque et est intervenue, cinq mois plus tard, devant le Conseil de sécurité pour attirer l’attention sur les meurtres des dirigeantes autochtones en Colombie.  Autre exemple: Siti Alnfor Ahmed Bakr, une infirmière militante soudanaise âgée de 24 ans, qui a été tuée, en novembre dernier, par les Forces de sécurité alors qu’elle participait à une manifestation pacifique à Bahry.
Mme Bahous a annoncé que nous entendrons bientôt Mme Zahra Nader, qui partagera les risques énormes et le prix que les défenseuses des droits humains paient en Afghanistan.  Elle a souligné que celles-ci continuent à manifester pour leurs droits face aux politiques et à la répression systématique des Taliban à l’encontre des femmes.  Pour cette raison, elles sont harcelées, détenues et torturées, a-t-elle déploré.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a récemment indiqué que 60% des 350 cas individuels d’intimidation ou de représailles pour avoir coopéré avec l’ONU au cours de l’année dernière concernaient des femmes, a précisé Mme Bahous, ajoutant que les sondages d’ONU-Femmes ont révélé qu’environ le tiers des représentantes de la société civile ayant fait un exposé devant le Conseil de sécurité avaient aussi subi des représailles.  « Savoir que le fait d’informer le Conseil engendre des représailles devrait être choquant et obliger à l’action », a-t-elle affirmé, en synthétisant les mesures prises par l’ONU: condamnations publiques de ces représailles, visites aux défenseuses des droits humains en danger, facilitation de l’établissement de réseaux des défenseuses et appui à l’élaboration de politiques et de lois améliorant la protection.  Elle a fourni, à cet égard, des exemples en Libye et en Colombie.
La Directrice exécutive d’ONU-Femmes a ensuite renvoyé au rapport du Secrétaire général et aux recommandations pour le renforcement des rapports et de la coordination au sein de l’ONU et de nouveaux partenariats avec les États Membres, les organisations régionales et celles de la société civile.  Elle s’est ensuite érigée contre la marginalisation des femmes qui ne peut que déboucher à l’effet inverse.  Nier aux femmes l’espace, l’accès ou le financement pour des raisons de sûreté ne fait qu’aguerrir les auteurs d’exactions à l’endroit des femmes, a-t-elle insisté, invitant à mettre les défenseuses des droits humains en première ligne et au cœur du travail à venir.
Elle s’est demandée pourquoi la représentation des femmes dans les processus de paix s’élève à 19% seulement, soit un pourcentage inférieur à celui de 2020, et pourquoi la représentation est encore inférieure dans les processus sous la houlette de l’ONU, ou encore pourquoi la proportion de femmes dans les équipes spéciales pour la COVID-19 dans les zones de conflit n’est que de 16% alors que celles-ci jouent un rôle prépondérant dans la réponse au nouveau coronavirus.  Mme Bahous a été d’avis que les quotas et les mesures temporaires spéciales restent le meilleur outil pour redresser ces déséquilibres et promouvoir l’égalité dans la prise de décisions.  À ce propos, elle a relevé que le Conseil de sécurité a utilisé un langage plus fort pour exiger une participation sur un pied d’égalité dans les processus de paix, comme à Chypre et au Yémen.
Mme Bahous s’est félicitée du fait qu’ONU-Femmes a rejoint le Comité directeur inter-institutions, en remerciant les membres du Conseil pour leur appui, car cela illustre la reconnaissance par les autres institutions du système des Nations Unies non seulement du rôle et de la contribution d’ONU-Femmes dans l’espace humanitaire mais également du caractère central de l’égalité des sexes pour une action humanitaire efficace.   En conclusion, Mme Bahous a invité à prendre une décision intelligente pour ce qui a trait au financement et à la priorisation des ressources pour l’agenda pour les femmes et la paix et la sécurité.  Les engagements déclarés sont bien loin de là où va l’argent à l’heure actuelle, a-t-elle signalé: « Cela doit changer ».
Mme BINETA DIOP, Envoyée spéciale de l’Union africaine pour les femmes et la paix et la sécurité, a déclaré que 22 ans après l’adoption de la résolution 1325 (2000) les femmes continuent d’être menacées, violentées, discriminées et sous-représentées.  Cela montre l’urgence de mobiliser les ressources et mécanismes pour répondre à leurs besoins et demandes, notamment investir davantage afin de renforcer leur résilience.  Pour l’Union africaine (UA), le programme pour les femmes et la paix et la sécurité est une priorité et elle dispose de plusieurs mécanismes de mise en œuvre, dont le réseau des dirigeantes africaines, très actif sur le continent.  Ce dernier a notamment été actif lors des négociations entre le Mali et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en vue de parvenir à la levée de l’embargo imposé par l’organisation régionale sur le pays.  Le continent africain dispose aussi de l’organisation FemWise-Africa, qui forme les femmes et participe aux processus électoraux.  C’est un modèle que l’Union africaine essaie de faire adopter par d’autres continent, a-t-elle dit.
Poursuivant, l’Envoyée spéciale a déclaré que pour accroître la résilience des femmes, il faut veiller à ce que les organisations des femmes aient accès à des financements.  Il faut également des mesures délibérées pour accroître la présence de femmes dans les processus de paix, notamment pour qu’elles occupent des postes et rôles de négociatrice.  Il faut par ailleurs protéger les ex-combattantes démobilisées afin de les préserver des discriminations et les insérer dans les sociétés, a plaidé Mme Diop.
Mme ZAHRA NADER, rédactrice en chef du Zan Times, une organisation multimédia dirigée par des femmes qui couvre la situation des droits humains en Afghanistan, a rappelé qu’il y a quelques semaines, l’attentat suicide contre le centre éducatif de Kaaj a tué 51 filles et femmes de la communauté hazara.  Elle a estimé que 20 millions de femmes et de filles sont privées de leurs droits fondamentaux sous les Taliban: elles doivent rester à la maison, ne peuvent aller à l’école au-delà de la classe de sixième, ne peuvent voyager seules, tandis que les mariages forcés et précoces ont augmenté.  Elle a affirmé que des femmes ont été battues, enlevées, torturées, emprisonnées et tuées pour leur rôle dans des manifestations pacifiques anti-Taliban, citant le cas de Frozan Safi, une militante de 29 ans, dont le corps en décomposition a été retrouvé quelques jours après une manifestation.  Si les femmes sont persécutées par les Taliban, c’est parce qu’elles sont l’opposition la plus constante et la plus pacifique à leurs politiques, a-t-elle déclaré.  Elle a exigé pour les femmes afghanes l’indépendance, le droit de travailler, de participer équitablement à la société et de prendre le contrôle de leurs propres vies.
Passant à la question des groupes ethniques et religieux et des personnes LGBTQI, Mme Nader a mis en garde contre le risque de génocide des Hazara.  De plus, les dirigeants pachtounes sunnites des Taliban mettent en péril les droits des musulmans chiites d’Afghanistan, mais aussi des soufis, des ahmadis, des hindous et des sikhs, a-t-elle alerté.  Elle a aussi attiré l’attention sur les personnes LGBTQI en Afghanistan qui sont attaquées, tuées, agressées sexuellement par les Taliban en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.  « La communauté internationale doit agir maintenant », a-t-elle plaidé.  Elle a rappelé que depuis la prise du pouvoir des Taliban, le Conseil de sécurité s’est réuni 11 fois au sujet de l’Afghanistan, a publié deux déclarations publiques et adopté trois résolutions réaffirmant l’importance des droits des femmes, sans résultat sur les Taliban.  Au contraire, dès le renouvellement du mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), ils ont mis en œuvre leurs politiques les plus restrictives, a déploré la militante en déduisant que le Conseil de sécurité ne semble pas disposé à utiliser les outils dont il dispose pour faire comprendre aux Taliban que la violation des droits des femmes est inacceptable.  « Lorsqu’il s’agit des femmes, de la paix et de la sécurité, il y a un écart important ici à l’ONU entre les paroles et les actes.  Et les Taliban n’ont aucun respect pour les mots. »
Mme Nader a demandé au Conseil d’appeler les Taliban à respecter les droits humains de tous les Afghans, y compris les femmes, les filles, les personnes LGBTQI et les autres personnes marginalisées en raison de leur religion ou de leur appartenance ethnique et de mettre fin à toutes les restrictions des droits des femmes.  Elle a demandé au Conseil d’exiger des Taliban qu’ils remplissent les obligations et les normes en matière de droits humains.  Elle a demandé expressément à ne pas accorder de reconnaissance officielle aux Taliban et a proposé de ne pas renouveler les exemptions aux interdictions de voyager existantes pour leurs dirigeants et d’ajouter à la liste des sanctions de l’ONU les dirigeants coupables de violations des droits.  En outre, la rédactrice en chef du Zan Times a demandé au Secrétaire général et à son représentant spécial en Afghanistan de faire pression sur les Taliban pour qu’ils respectent les droits de toutes les femmes, des filles et des autres groupes marginalisés.  « Si vous n’agissez pas en Afghanistan, les femmes d’Éthiopie, du Myanmar, du Soudan et du Yémen sauront qu’entre les mains du Conseil de sécurité de l’ONU, les femmes et la paix et la sécurité ne sont rien de plus que des promesses en l’air », a-t-elle conclu.
Mme LILLY STELLA NGYEMA NDONG (Gabon) a souhaité que les femmes ne payent plus le lourd tribut dans les contextes de conflits armés, plaidant pour qu’elles participent à toutes les étapes du processus de prévention et de résolution des conflits.  Elle a saisi l’occasion de ce débat pour réaffirmer la ferme volonté du Gabon de faire taire les armes, en particulier en Afrique, et ainsi éviter qu’elles attisent les conflits armés et favorisent la recrudescence des violences sexuelles et sexistes.  La mise en œuvre du Traité sur le commerce des armes en vue de prévenir les conflits est impérative, a asséné la représentante.  La boussole sociopolitique du Gabon demeure de réduire les inégalités femmes-hommes et de promouvoir la participation des femmes dans tous les processus de décision, avec comme outil le Programme de mentoring politique pour les jeunes femmes dont l’objectif est de les inciter à s’engager en politique.  En outre, le Gabon reste engagé en faveur de la reddition de comptes pour les auteurs de violences sexuelles en période de conflit, a dit la représentante, qui a invité le Conseil à plaider unanimement en faveur de l’accès des victimes à la justice internationale.  Enfin, elle a appelé à l’intensification des efforts consentis à l’échelle nationale, régionale et internationale en faveur d’une mise en œuvre globale, inclusive et efficiente de la résolution 1325 (2000) et de ses résolutions connexes, ainsi qu’à un renforcement de la « dimension genre » dans toutes les étapes des processus de paix et dans les efforts de prévention, de maintien et de consolidation de la paix.
M. ANDREW CURIEL (États-Unis) a déclaré que les États-Unis ont pris la décision importante de codifier leur engagement en faveur de la participation et de la sécurité des femmes dans les processus de paix et de sécurité.  Ils appellent les autres pays à faire de même, à un moment où partout dans le monde, les femmes et les filles sont menacées par les conflits et les régimes répressifs, a dit le représentant.  Prenant exemple des situations en Éthiopie, Ukraine, Afghanistan, Haïti, Myanmar et République islamique d’Iran, il a affirmé que les femmes de ce pays se tournent vers le Conseil de sécurité pour les soutenir dans leur bravoure.  Nous devons veiller, a poursuivi M. Curiel, à ce que le langage sur le programme les femmes et la paix et la sécurité soit délibérément et stratégiquement intégré dans les résolutions par pays du Conseil de sécurité.  Nous devons promouvoir le leadership des femmes et profiter de ce moment critique pour nous unir en tant que communauté mondiale, non seulement pour porter du rose aujourd’hui en signe de notre soutien, mais aussi pour faire entendre notre voix, a-t-il dit.
Mme MEGI FINO, Ministre adjointe de l’Europe et des affaires étrangères de l’Albanie, s’est inquiétée du recul des droits des femmes en raison de conflits ou de prises de pouvoir violentes dans de nombreux pays, évoquant notamment la situation en Afghanistan, en Éthiopie et au Myanmar, ainsi qu’en Ukraine et en République islamique d’Iran.  Elle a appelé à prendre des mesures concrètes pour octroyer des conditions propices à la protection des femmes consolidatrices de la paix, à l’abri de toute représailles.  Il convient de passer des paroles aux actes et de garantir leur place à la table des négociations, a-t-elle exigé.  Pour ce faire, la représentante a appelé à donner des ressources adéquates au Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) et à protéger les personnes qui sont en danger après avoir témoigné au Conseil de sécurité ou aux Nations Unies.  Il convient aussi de développer les partenariats avec la société civile pour aider les activistes, a ajouté la déléguée qui par ailleurs fait savoir que 70% du Gouvernement albanais est composé de femmes.
Mme MYAN MEDHAT ANWAR TANTAWY (Émirats arabes unis) s’est demandée si, à force de discrimination, on pouvait contraindre les femmes et les filles à « se retirer » dans l’espace virtuel.  Elle a dénoncé les groupes armés qui exacerbent les conflits dans le monde, abusent et détiennent les femmes, pour saluer ensuite les idéaux du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.  Elle a souligné que les réseaux et organisations de femmes sont la clef lorsque les violences font rage au sein des sociétés et dans les situations de crise et de conflit.  Cependant, ces réseaux font face à des obstacles de taille à l’heure des financements, a relevé la représentante qui a recommandé une « approche systématique » d’allocations de fonds aux organisations de femmes, invitant en outre la Cinquième Commission à se saisir de cette question.  Elle a indiqué que son pays avait lancé une initiative d’appui aux cadettes des opérations de la paix, ainsi que des mesures de renforcement des capacités dans plusieurs régions, au Moyen-Orient notamment, afin de changer la donne face aux menaces des groupes armés.  La communauté internationale et le Conseil de sécurité doivent faire preuve de plus de volonté, a-t-elle ajouté, invitant à cesser de parler de l’autonomisation des femmes et d’agir plus concrètement.
M. MATILDA EMMA O’KELLY (Royaume-Uni) a indiqué que le 28 et 29 novembre, le Royaume-Uni accueillera une conférence internationale sur les violences sexuelles faites aux femmes.  À cette occasion, une déclaration politique sera soumise aux États afin qu’ils réaffirment leurs engagements à lutter contre cette violence et s’engagent à prendre des mesures nationales pour y remédier.  Il a appuyé la pleine participation des femmes dans les processus de paix, déplorant que malgré les discours, le nombre de femmes participant à ces processus n’a pas augmenté.  Il a également soutenu la participation des femmes aux travaux du Conseil de sécurité, dénonçant le fait que depuis 2018, un tiers des femmes ayant pris la parole au Conseil de sécurité ont été victimes de représailles.  Cela n’est pas acceptable, a-t-il dit.
Mme ISPAS (Irlande) a déclaré que pour commencer à inverser la tendance décriée, chaque État Membre doit mettre en œuvre ce qu’il a convenu de faire dans le cadre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.  Cela implique l’autonomisation et le renforcement du leadership des femmes.  Et pour y parvenir, il faut commencer par protéger ceux qui défendent les droits des femmes dans un contexte où des acteurs étatiques ou non s’attaquent à eux.  La représentante a également appelé à faire pression pour que les femmes soient présentes à toutes les tables de prise de décision, y compris au sein du Conseil de sécurité.  Il faut en outre prévenir la violence à l’égard des femmes et des filles, a-t-elle ajouté, relevant que les violences sexuelles liées aux conflits ont augmenté de 40%.  Enfin, il faut joindre l’argent à la parole, dans le contexte où, les dépenses militaires mondiales représentent plus de quatre fois le montant dépensé pour l’aide bilatérale.
M. GUI DAN (Chine) a estimé que si l’on veut renforcer la résilience des femmes, il importe d’établir un cap et des mesures de justice.  Prenant exemple sur le conflit palestinien, il a estimé que si l’on veut rendre justice aux femmes palestiniennes, en particulier celles vivant à Gaza, il faut avant tout régler la question palestinienne.  Le représentant a aussi dit espérer que les femmes afghanes pourront s’insérer dans la société et jouir de leurs droits, à travers la participation politique.  Enfin, le Conseil de sécurité devrait se concentrer sur l’Afrique et concourir à régler les conflits qui y sont actifs.  Il devrait aussi se pencher sur Haïti et garantir la sécurité aux femmes haïtiennes.
Mme FLOR DE LIS VÁSQUEZ MUÑOZ (Mexique) a réitéré son soutien à toutes les femmes défenseuses de l’égalité entre les sexes dans le monde.  En Afghanistan, des violences atroces sont commises contre des femmes et filles depuis le retour des Taliban; au Myanmar, en République démocratique du Congo, en Éthiopie et dans bien d’autres pays, le manque d’accès des femmes victimes à la justice continue d’être la norme, a-t-elle déploré.  Cependant, leur résilience est une source d’inspiration, a indiqué la représentante qui a assuré qu’elle continuera à soutenir la participation des femmes aux processus de paix.  La formation d’un gouvernement paritaire en Colombie est encourageant à cet égard, a-t-elle déclaré.  Dans un monde où la misogynie et les dépenses militaires ont provoqué un retour en arrière, les droits des femmes ne sont pas négociables, a-t-elle insisté.  La représentante a par ailleurs affirmé que les femmes doivent avoir le droit d’accéder à des systèmes de santé afin de pouvoir disposer de leur corps et avorter si besoin.  De plus, garantir l’impunité aux groupes armés qui se rendent coupables de violence à l’encontre des femmes doit être non négociable.
M. THIAGO BRAZ JARDIM OLIVEIRA (Brésil) a indiqué que le concept de résilience est un concept scientifique qui décrit la capacité d’un matériau à reprendre sa forme initiale après déformation.  Aujourd’hui, c’est un concept qui décrit la capacité des femmes à résister à l’adversité.  À cet égard, il faut reconnaître que la résilience dont font preuve les groupes de femmes est présente partout, à l’image des réseaux de femmes qui utilisent les technologies modernes pour se mobiliser.  S’agissant des viols et autres formes de violence sexuelles dans les conflits, il a appelé le Conseil de sécurité à transmettre un message sans équivoque condamnant les violences sexuelles, insistant sur l’importance de la communication stratégique.  Il a également appelé à protéger les femmes qui veulent avoir accès à l’éducation, notant que leur protection permettra de promouvoir le développement économique durable.
Mme MONA LØVSTAD TRANOEY (Norvège) a constaté que le quotidien des femmes, des filles et des défenseurs des droits humains s’est rapidement détérioré dans de nombreux pays.  Elle a plaidé pour l’inclusion formelle des femmes dans les processus de paix, notant que dans les contextes informels de négociation, au Yémen notamment, les femmes ont tout leur rôle à jouer.  Elle a aussi rappelé que des femmes afghanes demandent à la communauté internationale de leur permettre de créer une plateforme leur permettant de dialoguer avec les Taliban.  Elle a évoqué l’appui accordé par la Norvège aux organisations de femmes de Colombie dans la mise en œuvre des dispositions relatives au genre de l’accord de paix.  Elle a déploré la situation en Somalie, où les femmes et les filles restent largement sous-représentées dans les organes de décision formels et informels.  Elle a également indiqué que son gouvernement soutient le Conseil consultatif des femmes syriennes, ainsi que le travail des femmes au sein du comité de suivi de l’Accord de paix au Mali.  La représentante a soutenu la mise en œuvre de plans d’action nationaux sur la paix et la sécurité des femmes, insistant sur l’importance de l’engagement des États.
M. THIBAULT SAMSON (France) a déclaré que son pays est mobilisé pour la pleine mise en œuvre de l’ensemble des résolutions du programme pour les femmes et la paix et la sécurité dans toutes leurs composantes.  Il a appelé à mettre en place des mandats et des ressources robustes en matière de protection et de participation des femmes dans les missions et les opérations des Nations Unies.  Il a également estimé que le Conseil de sécurité doit mettre plus systématiquement sous sanctions les auteurs de violences sexuelles commises en temps de conflit.  Le représentant a ensuite engagé le Secrétaire général à intégrer le programme pour les femmes et la paix et la sécurité de façon transversale dans l’ensemble du système des Nations Unies.  Il a aussi appelé tous les États à rejoindre le Pacte sur les femmes et la paix et la sécurité et l’action humanitaire, lancé en juin 2021 sous l’égide d’ONU-Femmes, lors le Forum Génération Égalité au cours duquel plus de 40 milliards de dollars de financements inédits ont été mobilisés.
Mme MOHAMMED (Kenya) a appuyé les initiatives menées par les points focaux de l’Union africaine sur le programme pour les femmes et la paix et la sécurité en Afrique.  Le plan d’action national à ce sujet a été appuyé par les électeurs kényans, a-t-elle fait savoir, en soulignant les progrès accomplis au Kenya dans le domaine politique, avec 30 femmes élues au Parlement et 7 occupant des postes de gouverneurs.  Il reste beaucoup à faire dans le secteur privé et au sein des entreprises, a-t-elle cependant relevé, tout en faisant remarquer que les femmes représentent 48% des dirigeants dans les micro-entreprises.  Le Kenya s’est également engagé à reconnaître les retombées « disproportionnées » des conflits sur les femmes et les filles et veillera à l’intensification de ses efforts dans toutes les étapes, notamment la transition postconflit, par exemple.  Étant donné que les femmes œuvrent « silencieusement » à la reconstruction des communautés détruites et luttent contre les violences sexuelles et sexistes dans le monde, elle a recommandé de faire entendre leur voix et de renforcer la résilience.  Il faut également garantir la gestion des conflits en employant des femmes et pour comprendre les causes et les accélérateurs des conflits.  S’agissant des groupes armés et des terroristes, « nous faisons trop peu pour les contrer », a-t-elle constaté, appelant à inclure les femmes pour jouer le rôle de médiatrice et d’alerte précoce contre les risques de radicalisation.  Un appui spécial aux violences sexistes et sexuelles est impératif, a-t-elle insisté, appelant à des financements garantis.
M. GENNADY V. KUZMIN (Fédération de Russie) a rappelé que le Conseil de sécurité a pour tâche principale de protéger les femmes contre les violences, notant que beaucoup reste à faire dans ce domaine.  Le délégué a appelé à pleinement prendre en considération les situations spécifiques.  Il a tenu à rappeler que la responsabilité première de cette protection incombe aux gouvernements nationaux.  Il a signalé que d’autres organes onusiens, comme l’Assemblée générale, le Conseil des droits de l’homme et la Commission de consolidation de la paix traitent de cette problématique, prévenant qu’il ne faut pas amener au Conseil des concepts contradictoires ne relevant pas de son mandat.  L’adoption de plans d’action pour la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) ne doit pas uniquement consister à « cocher des cases », a-t-il insisté, mettant l’accent sur l’importance d’investir dans l’éducation, la science et d’autres domaines.  Il a estimé « inabouti » le travail du Groupe d’experts sur la mise en œuvre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité, situation qu’il a en particulier attribuée à une politisation de ses travaux et à un manque de transparence.  D’autre part, le travail du Secrétariat dans le domaine de l’égalité des sexes devrait prendre plus en compte le rejet des sanctions unilatérales qui empêchent les femmes d’élever leurs enfants dans des conditions et les privent de services vitaux parfois, a-t-il commenté.
M. DANIEL AGYEKUM NSOWAH (Ghana) a déclaré qu’en dépit du recul par rapport aux acquis des dernières décennies, la résolution 1325 n’en reste pas moins un outil solide dans l’approche visant à comprendre et à reconnaître le rôle unique des femmes dans tous les domaines.  Le Ghana a adopté son deuxième rapport national, imprégné d’une dimension plus locale, notamment par l’emploi de langues vernaculaires.  L’Institut pour la paix et la sécurité du Centre international Kofi Annan continue de former des femmes au maintien de la paix, au rôle de médiatrice et en faveur de l’avènement de sociétés plus démocratiques et résilientes.  D’autre part, la politique de l’égalité des sexes a créé un organisme pour divulguer les informations sur la place des femmes dans tous les secteurs.  Le Ghana est convaincu que les femmes apportent un « point de vue unique » qu’il ne faut pas négliger, a-t-il affirmé, annonçant qu’il présidera le groupe africain sur les femmes et la paix et la sécurité à New York.  Le délégué s’est enorgueilli que son pays soit celui qui pourvoie le nombre le plus élevé de Casques bleus femmes.  Il a appelé les Nations Unies, les États et les décideurs à renforcer leurs efforts devant les exactions commises par les groupes armés à l’encontre des femmes et des filles, en particulier dans les situations de conflit.
Une paix durable ne sera possible qu’avec la participation des femmes, a affirmé M. DINESH SETIA (Inde) insistant pour que le cadre pour les femmes, paix et la sécurité soit maintenu.  L’Inde a toujours appelé au renforcement du cadre démocratique et de l’état de droit, ce qu’elle a démontré dans son modèle de développement.  En tant que principale démocratie du monde, l’Inde a donné plus de pouvoir politique aux femmes, en mettant la technologie numérique à leur portée, avec l’ouverture de comptes bancaires à plus de 445 millions de femmes, près de 70% des propriétaires d’entreprises sont désormais des femmes, et un nombre de filles qui dépasse celui des garçons dans l’enseignement supérieur.  Au plan international, l’appui de l’Inde a permis à plus de 15 000 femmes d’origine rurale de bénéficier d’une formation pour l’utilisation de l’énergie solaire.  Le représentant a dit que son pays partage l’appel du Secrétaire général en faveur de l’action pour le maintien de la paix, la stratégie du personnel en tenue des Nations Unies et la participation accrue des femmes aux opérations de maintien de la paix.  L’extrémisme violent et le terrorisme supposent une approche de tolérance zéro et l’inclusion sur la liste des sanctions des individus et entités violant les droits des femmes, a-t-il ajouté, avant de relever les tentatives en Afghanistan de « gommer » les femmes des espaces publics.
Mme SYLVIE VALERIE BAÏPO-TEMON, Ministre des affaires étrangères de la République centrafricaine, de la Francophonie et des Centrafricains de l’étranger, a jugé important pour les pays en conflit d’œuvrer à renforcer le leadership des femmes afin qu’elles participent au processus de paix.  Il est regrettable et inacceptable qu’en 2022 les femmes demeurent autant exposées à la barbarie, a-t-elle déclaré, en ajoutant que faire taire les armes, notamment en Afrique, mais aussi partout dans le monde, doit être la priorité de tous.
La Ministre a de plus appelé à travailler davantage à la paix pour protéger celles qui donnent la vie.  Elle a critiqué « la volonté de domination », de « soumission de l’autre ».  Dans son pays, qui a connu un nombre impressionnant de crises, les conflits ont été d’une violence inouïe, particulièrement vis-à-vis des femmes et des enfants, a témoigné la Ministre, en évoquant, dans les années 2000, les exactions des « milices de Jean-Pierre Bemba venues de la République démocratique du Congo » et, en 2013, les « milices Seleka ».  La Ministre a décrit en détail des violences sexuelles et sexistes systématiques, leurs auteurs pratiquant le porte-à-porte pour tuer les hommes et violer les femmes sous les yeux de leurs enfants, avec les fils obligés d’avoir des rapports avec leur propre mère ou leur grand-mère.
La Ministre a poursuivi en saluant la « remarquable résilience des femmes centrafricaines », qui restent debout sans chercher la vengeance mais une issue pour se reconstruire.  Face à l’explosion du nombre des orphelins, les femmes centrafricaines se sont organisées sur le tas, parant à l’urgence.  Avec le temps, elles se sont organisées pour offrir des soins appropriés avec l’aide d’ONG plus organisées, a expliqué la Ministre, en saluant la société civile centrafricaine qui compte des femmes juristes, notaires et dirigeantes.  « Leur leadership et leur capacité à résister à la pression est remarquable. »  Sur le plan du leadership, la tendance à faire appel aux femmes à des postes à responsabilité remonte à loin dans l’histoire de la Centrafrique, jusqu’à l’ère de Jean-Bédel Bokassa, s’est félicitée la Ministre, en assurant que cela se poursuit aujourd’hui.
Mme GISELE NDAYA LUSEBA, Ministre du genre, de la famille et des enfants de la République démocratique du Congo, a assuré que son pays ne ménage aucun effort pour garantir la résilience et le leadership des femmes, mais a regretté que les investissements pour l’amélioration de la condition de la femme aient produit peu d’effets en raison de la recrudescence des groupes armés dans l’est du pays.  Toutefois, la République démocratique du Congo (RDC) dispose depuis 2020 d’un plan d’action de deuxième génération pour la mise en œuvre de la résolution 1325, par lequel elle pense pouvoir veiller à la sécurité des femmes et lutter contre les violences, notamment sexuelles, contre les femmes et les filles.  Les compétences des femmes congolaises sont renforcées sur les techniques de médiation et le réseau des femmes pour la paix est en gestation, a fait savoir Mme Ndaya Luseba.
La RDC a un cadre normatif de plus en plus favorable à la promotion de la femme et 27% des postes importants au Gouvernement sont occupés par des femmes, s’est enorgueillie la Ministre.  Elle a notamment indiqué qu’un fonds de réparation pour les survivantes de violences sexuelles liées au conflit armé a été mis en place.  Par ailleurs, la RDC assure la présidence du mécanisme régional de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, dans lequel la promotion de la participation des femmes aux processus politiques et de consolidation de la paix est une priorité.  En conclusion, la Ministre a reconnu que plusieurs défis restent à relever pour la mise en œuvre de la résolution 1325 dans son pays et a appelé au soutien de tous au plan d’action afin d’atteindre les résultats escomptés.
Mme JOHANNA SUMUVUORI, Secrétaire d’État au Ministère des affaires étrangères de la Finlande, a déclaré que les menaces, les violences et les discours haineux déployés face aux militants des droits de la personne sont inacceptables et peuvent entraver les efforts déployés pour mettre fin aux conflits.  La communauté internationale porte ici une lourde responsabilité, celle de les aider à faire face à de telles menaces et à de telles violences, a-t-elle rappelé.  Concernant les femmes, « le lien entre protection et participation est inextricable », a pointé la représentante.  Elle a appelé les États Membres à appliquer une politique de « tolérance zéro » face aux représailles, ainsi qu’une politique de reddition de comptes rigoureuse.  De même, l’augmentation des violences sexuelles et sexistes est une stratégie visant à ruiner la crédibilité des femmes et à les réduire au silence, a-t-elle fait remarquer avant de réclamer un appui constant aux organisations des droits des femmes.  La représentante finlandaise a conclu en rappelant que la lutte contre la fragilité des États Membres est aussi un instrument pour l’égalité des sexes.  Cela passe par un financement adéquat de l’aide publique au développement (APD), a-t-elle dit en lançant un appel clair aux délégations afin qu’elles respectent leurs engagements sur ce point.
Mme JACQUELINE O´NEILL (Canada), intervenant au nom du Groupe des Amis des femmes et de la paix et de la sécurité, a rappelé les sept engagements pris par les 64 États membres de ce groupe, dont celui de défendre et soutenir la participation et le leadership des femmes, à toutes les étapes et à tous les niveaux des processus politiques et de paix.  Nous assistons à une inversion des gains générationnels, s’est ensuite alarmé la représentante qui a exhorté la communauté internationale à agir pour combler le fossé entre les engagements énoncés dans les 10 résolutions du Conseil sur les femmes et la paix et la sécurité, et leur réalisation.
Intervenant ensuite en sa capacité nationale, la déléguée a indiqué que le Canada est en train de préparer son prochain Plan d’action nationale avec l’appui de Women, Peace and Security Network–Canada, un partenaire de la société civile.  En outre, le Ministère de la défense nationale a entrepris une évaluation indépendante des obstacles à la participation significative des femmes des Forces armées canadiennes aux opérations de paix en utilisant la méthodologie développée par l’Initiative Elsie pour la participation des femmes aux opérations de paix.
M. FERIDUN HADI SINIRLIOGLU (Türkiye) a fait référence à la résolution 1325 (2000) qui affirme qu’il ne pourra y avoir de paix durable sans la participation des femmes.  La pandémie de COVID-19 a intensifié la violence à leur encontre, a-t-il noté, et malgré l’existence d’un cadre normatif solide, la convergence des crises fait que les acquis risquent d’être balayés.  La violence sexuelle dans les situations de conflit est utilisée comme arme de guerre, d’où l’impératif de rendre des comptes.  Le délégué a recommandé d’apporter des services de conseil en matière de santé génésique et reproductive aux rescapées.  Il a considéré que l’autonomisation économique et politique des femmes est essentielle pour la paix et la sécurité.  Les soldates de la paix et d’autres femmes jouent un rôle fondamental pour la consolidation de la paix, a-t-il ajouté.  Le délégué a réitéré l’appui de son pays à la stratégie de parité des sexes au sein de l’ONU et des opérations de maintien de la paix.
Mme KHRYSTYNA HAYOVYSHYN (Ukraine) a souscrit à la déclaration du Groupe des Amis du programme pour les femmes et la paix et la sécurité, et à celle de l’Union européenne.  La paix peut être fragile comme le montre la situation actuelle en Ukraine, a-t-elle témoigné.  « La résilience en Ukraine a essentiellement un visage féminin. »  Les femmes s’activent à la fois sur le front militaire et au sein de leurs communautés, où elles s’occupent de leurs enfants et de leurs proches âgés.  Environ 50 000 femmes sont engagées dans l’armée et plus de 38 000 d’entre elles sont des soldates.  La déléguée a évoqué l’initiative de la Première Dame de l’Ukraine qui consiste à organiser des « sommets des premières dames et premiers messieurs ».  En outre, l’Ukraine est devenue le premier État Membre de l’ONU à adopter un plan national sur les femmes en situation de guerre, mettant l’accent sur les viols et les exactions sexuelles utilisés comme armes de guerre.  Elle a appelé à poursuivre en justice tous les auteurs de tels crimes.  Maintenant, le moins que nous puissions faire c’est agir pour que cela ne se répète pas, a tranché la déléguée.
Nous nous réunissons, a souligné Mme MYRIAM OEHRI (Liechtenstein) dans un contexte mondial où les dépenses militaires augmentent au détriment des dépenses sociales, et où le financement des organisations féminines diminuent tout comme la participation des femmes aux négociations de paix, sans compter que les opérations de paix de l’ONU ne sont pas du tout sur la bonne voie pour réaliser la parité à tous les niveaux d’ici à 2028.  Ces tendances sont alarmantes puisque l’on sait que la pleine participation des femmes aux opérations de paix améliore l’exécution des mandats, que leur implication dans les pourparlers de paix s’est avérée indispensable à la viabilité des accords de paix et que leur contribution, comme médiatrices, journalistes ou défenseuses des droits de l’homme a été cruciale pour les changements politiques.
La représentante s’est dite concernée par la violence accrue contre ces femmes, citant le meurtre de Mahsa Amini en Iran et la situation au Myanmar et appelant le Conseil de sécurité à intégrer le programme pour les femmes et la paix et la sécurité dans tout son travail.  Également préoccupée par l’augmentation des cas de violences sexuelles dans les situations de conflit, comme en Afghanistan et en Syrie, et par les risques d’exploitation sexuelle en Ukraine, compte tenu de l’agression russe, la représentante a attiré l’attention sur l’initiative « Finance against Slavery and Trafficking (FAST) » que son pays a lancée il y a trois ans.  Elle s’est félicitée de ce que dans ce cadre, les trois plus grandes banques du Liechtenstein aient ouvert gratuitement des comptes pour les réfugiés ukrainiens.  Voilà, a-t-elle dit, un bon exemple de l’impact que le secteur bancaire peut avoir sur la prévention de la traite des êtres humains.  La prévention ayant comme instrument la lutte contre l’impunité, la représentante s’est réjouie de ce que le Mécanisme d’enquête pour la Syrie ait lancé une nouvelle stratégie genre.
M. ANTONIO LAGDAMEO(Philippines) a estimé que la paix est possible avec la participation significative des femmes.  Les Philippines en sont la preuve, a-t-il affirmé.  Un processus de paix dirigé par des femmes, avec un dialogue inclusif incluant toutes les parties prenantes, a montré la voie à ce qui est aujourd’hui la région autonome du Bangsamoro dans le Mindanao musulman, a cité en exemple le délégué.  Une des premières lois adoptées par le Parlement du Bangsamoro a créé la Commission des femmes Bangsamoro.  Mandatée pour faire progresser les droits et le bien-être des femmes, la Commission a lancé un plan d’action régional sur les femmes, la paix et la sécurité, en coopération avec les institutions de l’ONU aux Philippines.
L’année dernière, le Gouvernement s’est associé à ONU-Femmes pour offrir des ateliers de leadership aux anciennes combattantes, l’idée étant de discuter de la justice et de la réconciliation et de renforcer les capacités des participantes en tant que bâtisseuses de paix dans leurs communautés.
M. OLIVIER MAES (Luxembourg) a estimé que les femmes mettent leur vie en danger alors qu’elles s’efforcent d’agir sur le terrain pour assurer la paix et la prospérité de leurs communautés.  Considérant que les femmes et les filles sont exposées à des risques de violences sexuelles et sexistes, l’accès sûr des femmes et des filles à la justice doit être garanti.  Il a salué la recommandation du Secrétaire général de renforcer l’appui aux défenseuses des droits humains et la reddition des comptes pour les auteurs de violence sexuelle en situation de conflit.  Le représentant s’est inquiété des actes de violence sexuelle et sexiste commis par les Forces armées russes dans le cadre de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine.  « Il ne saurait y avoir d’impunité pour ces crimes. »  M. Maes a jugé crucial de travailler la main dans la main avec les partenaires régionaux et nationaux afin de promouvoir les droits des femmes et des filles.  Ainsi, dans le Territoire palestinien occupé, une fonctionnaire de la Police luxembourgeoise déployée au sein de la mission civile de l’Union européenne a contribué au lancement, en mai dernier, d’un réseau de femmes membres du personnel de la police civile palestinienne.  L’appui du Luxembourg au renforcement du rôle des femmes en tant qu’agentes de la paix s’inscrit dans le cadre de sa politique étrangère féministe et de son plan d’action national « Femmes et paix et sécurité ».
Mme FRANCESCA GATT (Malte) a parlé de la situation des femmes en Ukraine, compte tenu de la guerre russe, au Myanmar, en Afghanistan, en Syrie, en Éthiopie, en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan et au Yémen.  Elle a insisté sur l’établissement des responsabilités et souligné que l’éducation est un élément essentiel du renforcement de la résilience et du leadership des femmes.  Les Plans d’action nationaux, a-t-elle dit, sont des instruments fondamentaux.  Malte a lancé le sien en 2020, réaffirmant, ce faisant, son engagement à renforcer la paix et la sécurité.  Élu au Conseil de sécurité pour la période 2023-2024, Malte entend, a dit la représentante, défendre la participation régulière d’une société civile indépendante au travail du Conseil.  À ce propos, Malte est fier d’avoir adhéré à la « Déclaration sur les engagements communs » et espère que cela conduira à une plus grande visibilité du programme pour les femmes et la paix et la sécurité et plus largement, des questions liées au genre.
M. OSAMA MAHMOUD ABDELKHALEK MAHMOUD (Égypte) a affirmé que son pays s’efforce d’élargir et d’approfondir les partenariats afin de soutenir le programme pour les femmes et la paix et la sécurité, notamment entre les Nations Unies et l’Union africaine.  L’Égypte a ainsi accueilli la troisième édition du Forum d’Assouan pour la paix et le développement durables en juin dernier.  Le délégué a réaffirmé la nécessité d’un financement flexible et durable pour les initiatives dirigées par les femmes et les jeunes afin de faire face aux risques liés à la paix, à la sécurité et aux changements climatiques.  Il a ajouté que l’Égypte était fière de défendre les résolutions de l’Assemblée générale sur « l’action des Nations Unies contre l’exploitation et les abus sexuels » depuis sa soixante-et-onzième session, la dernière étant la résolution 76/303 adoptée en août dernier.  Le Président égyptien a été l’un des premiers à rejoindre l’initiative du Cercle des dirigeants pour prévenir l’exploitation et les abus sexuels dans les opérations des Nations Unies, a enfin rappelé le délégué.
M. CRISTIAN ESPINOSA CAÑIZARES (Équateur) a appelé les États Membres à renforcer la coopération entre les organisations régionales ainsi que les systèmes de reddition de comptes en cas de violences sexuelles et sexistes au niveau national.  Il a réaffirmé que les Taliban devraient autoriser les filles à suivre une éducation secondaire en Afghanistan.
Mme LEONOR ZALABATA TORRES (Colombie) a affirmé que le nouveau Gouvernement du Président Gustavo Petro Urrego donne la priorité à une approche intersectorielle des genres, en tenant compte des besoins et des intérêts de toutes les femmes dans les contextes de conflit, en particulier ceux des femmes autochtones, rurales et d’origine africaine qui subissent de manière disproportionnée toutes les formes de violence.  La représentante a réaffirmé que les droits génésiques et sexuels des femmes devaient être défendus.  Avec la Vice-Présidente Francia Márquez, une femme afro-colombienne et indigène du peuple Arhuaco, le Gouvernement contribuera à garantir l’accès au pouvoir des femmes qui appartiennent à des minorités non seulement ethniques mais aussi en termes d’orientation sexuelle.  La représentante a ajouté que le Gouvernement progressait rapidement dans l’élaboration du plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) avec le soutien méthodologique et logistique d’ONU-Femmes.  Elle a souligné que le cabinet était d’ores et déjà paritaire et rappelé que le rapport de la Commission de la vérité comprend un chapitre consacré aux femmes et aux personnes LGBTI.
Mme MALEFANE (Afrique du Sud) a jugé essentiel que les femmes participent aux processus décisionnels.  Hélas, les progrès sur le terrain sont peu nombreux, a-t-elle constaté.  La multiplication des conflits violents, les activités des groupes terroristes et paramilitaires, ainsi que les renversements de gouvernement entravent le programme pour les femmes et la paix et la sécurité.  Les violences sexuelles et sexistes entravent les activités des femmes dans la vie publique, « ces femmes qui n’ont pas encore obtenu la place qui leur est due dans les processus de paix », a déploré la déléguée.  Il est difficile également de traduire les groupes responsables en justice.  La déléguée a appelé à lutter contre les causes sous-jacentes des problèmes dans les pays touchés par les actions de groupes armés.  Il faut davantage demander leur avis aux femmes, et y protéger les femmes journalistes et militantes.  L’autonomisation des femmes, de même que leur santé sexuelle et génésique, sont des priorités.
Mme PASCALE CHRISTINE BAERISWYL (Suisse) a parlé de l’auteure afghane Homeira Qaderi qui, sous le régime des Taliban, a réussi clandestinement à enseigner à des jeunes filles, pour montrer qu’un tel cas n’est pas une exception.  Les femmes, s’est expliquée la représentante, sont très souvent en première ligne pour construire la paix dans leurs communautés, non seulement en Afghanistan, mais aussi au Myanmar, au Sahel ou en Ukraine.  Elles s’engagent avec courage pour la prévention et la résolution des conflits, la reconstruction, l’aide humanitaire et la justice.  Dans de nombreux pays, elles sont à l’avant-garde des mouvements contre les régimes autoritaires et refusent d’accepter des propositions politiques qui ne garantissent pas leurs droits.
Et pourtant, a regretté la représentante, le fossé entre le cadre normatif et la réalité continue à s’élargir, et s’appuyer principalement sur la résilience des femmes n’est ni durable ni juste.  En tant que membre élu du Conseil, a annoncé la représentante, la Suisse tentera de poursuivre une approche systématique, innovatrice et orientée vers l’action, cherchera à intégrer le programme pour les femmes et la paix et la sécurité dans toutes les questions à l’ordre du jour et rejoindra la déclaration sur les « Shared Commitments ».
En ce qui concerne l’action sur le terrain, a poursuivi la représentante, la Suisse continuera à appuyer la création de réseaux de femmes médiatrices et bâtisseuses de paix, comme par exemple au Liban, où elle soutient des efforts de réseautage entre des femmes de différents horizons politiques.  Elle se concentrera aussi sur la participation des femmes aux processus de paix et restera à l’écoute des voix de la société civile.  Le succès de tous ces efforts, a souligné la représentante, dépend de la garantie d’un environnement sûr pour la participation des femmes.  Quand le droit international humanitaire n’est pas respecté, le Conseil doit utiliser les instruments à sa disposition pour s’assurer que les responsables rendent des comptes et l’inclusion de critères de désignation axés sur la violence sexuelle et sexiste dans les régimes de sanctions en fait partie.  Il est crucial, a conclu la représentante, que le Conseil ne compte pas uniquement sur la résilience des femmes, mais qu’il agisse sur la mise en œuvre intégrale du cadre normatif du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.
M. ISHIKANE KIMIHIRO (Japon) a indiqué que son pays a placé la résilience au cœur de son programme pour les femmes et la paix et la sécurité qui se reflète sur le terrain et dans son appui à l’échelle internationale.  Le Japon contribue ainsi à des formations pour l’acquisition de compétences et pour garantir aux bénéficiaires des moyens de subsistance, a expliqué le délégué.  Il a par exemple appuyé un projet de formation à l’agriculture pour des femmes victimes de Boko Haram au Tchad, au Niger et dans d’autres pays de la région.  Le Japon a également organisé cinq éditions de l’Assemblée mondiale des femmes à Tokyo.  Après la pause due à la pandémie de COVID-19, la sixième édition examinera comment accélérer les mesures d’appui à la participation des femmes et au développement durable.
Malheureusement, a avoué M. KRZYSZTOF SZCZERSKI (Pologne), l’anniversaire de la résolution 1325 n’est pas cette année un moment de célébration, compte tenu de la violence des conflits et du recul des gains générationnels en matière de droits des femmes. Il a illustré ses propos par les actes des Taliban en Afghanistan et l’impact dévastateur de l’agression russe en Ukraine.  Mais dans ces pays comme dans d’autres parties du monde en proie aux conflits, les femmes continuent de travailler à la paix, montrant que la force brutale ne triomphera jamais du besoin humain de dignité et de liberté.  Le cadre normatif actuel du programme pour les femmes et la paix et la sécurité est robuste mais les stratégies et mécanismes d’appui et de mise en œuvre sont toujours insuffisants.
Nous devons nous montrer plus décisifs, plus ciblés et mieux coordonnés.  Nous devons, a ajouté le représentant, traiter le programme pour les femmes et la paix et la sécurité comme une partie indispensable des stratégies de l’ONU, en particulier celles liées à la paix, à la sécurité et au développement.  N’oublions pas, a-t-il conclu, d’impliquer la jeune génération dans l’édification d’une culture d’égalité entre femmes et hommes, et d’une culture de paix et de sécurité durables.  Offrir aux jeunes l’éduction et les compétences, c’est jeter les bases d’une paix, d’une sécurité et d’un développement durables.
M. MAURIZIO MASSARI (Italie) a indiqué que son pays a consacré des efforts et des ressources considérables à la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000).  En effet, il est de notoriété publique que les femmes recueillent des succès retentissants dans la protection des civils, l’accès aux communautés et l’établissement de relations de confiance avec les populations civiles, avec les plus vulnérables en particulier, a-t-il observé.  Et il a également été démontré qu’un accord de paix est plus susceptible de durer plus longtemps si les femmes sont inclues dans le processus de paix.
Le représentant a indiqué que l’Italie a établi son quatrième Plan d’action pour les femmes et la paix et la sécurité qui couvre la période 2020-2024 et est fière d’appuyer le Réseau des femmes médiatrices de la Méditerranée lancé en octobre 2017.  Au niveau international, l’Italie a renforcé son partenariat avec le système onusien en faveur des femmes et des filles, et accru sa contribution à ONU-Femmes.
M. ALEXANDER MARSCHIK (Autriche) a observé que la guerre illégale de la Russie contre l’Ukraine illustre de manière dramatique les effets dévastateurs des conflits armés sur les femmes et les filles, dénonçant la violence sexuelle et fondée sur le genre utilisée comme arme de guerre.  Il a dit soutenir la Commission d’enquête internationale indépendante sur l’Ukraine et les enquêtes en cours de la CPI.  Pour sa part, l’Autriche a affecté cette année 15 millions d’euros du Fonds autrichien de secours d’urgence international à des projets de soutien aux femmes et aux enfants ukrainiens en Ukraine et dans les pays voisins.  Elle a par ailleurs donné 5 millions d’euros à ONU-Femmes pour l’aide d’urgence en Afghanistan, pour des projets tels que la mise en place du groupe consultatif des femmes afghanes afin de les impliquer dans les processus de coordination et les discussions stratégiques.  Le pays continue de soutenir les efforts d’ONU-Femmes et le Fonds pour les femmes et la paix et l’action humanitaire.  Le représentant s’est aussi inquiété pour les femmes journalistes, avant d’indiquer que son pays accueillera une conférence internationale à ce sujet les 3 et 4 novembre, qui mettra l’accent sur les femmes.
Pour Mme MARIA THEOFILI (Grèce), renforcer la résilience et le leadership des femmes en zones de conflit exige une politique cohérente visant à garantir la protection effective des droits et de la sécurité des femmes et des filles, à prévenir et à répondre à la violence et à la discrimination à leur encontre, et à augmenter leur participation dans les efforts de paix.
Elle a attiré l’attention sur les menaces auxquelles font face les correspondantes de guerre et les travailleurs des médias, et sur le meurtre de défenseuses des droits humains et de femmes journalistes.  Elle a estimé que ce n’était que la pointe émergée de l’iceberg, notant que les femmes journalistes sont souvent victimes de violences sexuelles liées aux conflits, ainsi que de discrimination et de harcèlement.  Face à cette situation, le silence n’est pas une option, a-t-elle asséné, appelant à lutter contre l’impunité pour de tels crimes.  À cet égard, la Grèce, ainsi qu’un groupe de pays partageant les mêmes idées –l’Argentine, l’Autriche, le Costa Rica, la France et la Tunisie- ont déjà souligné l’importance d’une approche tenant compte des questions de genre pour assurer la sécurité des journalistes dans les situations de conflit.  En outre, la Grèce a récemment lancé un groupe spécial pour garantir la protection, la sécurité et l’élargissement du statut des journalistes et des professionnels des médias.
M. JOONKOOK HWANG (République de Corée) a indiqué que son gouvernement avait récemment alloué deux millions de dollars de fonds d’urgence pour soutenir les activités du Fonds des Nations Unies pour les activités en matière de population (FNUAP) en faveur des survivants de la violence sexiste en Ukraine et au Moldova, ainsi qu’en soutien à un programme dans les régions du nord de l’Iraq.  Il a affirmé que son pays était déterminé à atteindre la parité femmes-hommes au sein des forces de maintien de la paix des Nations Unies et avait fait sa première contribution de 500 000 dollars au Fonds de l’Initiative Elsie pour les femmes en uniforme dans les opérations de paix.  Il a indiqué que la République de Corée accueillerait également le cours pour femmes officiers militaires, en collaboration avec ONU-Femmes, afin d’encourager le déploiement de femmes officiers militaires pour les opérations de maintien de la paix.
Le représentant a ensuite indiqué que les femmes représentent 72% des quelque 34 000 transfuges nord-coréens arrivés en République de Corée depuis les années 1990, rappelant aux pays voisins que le principe de non-refoulement doit être appliqué aux transfuges de la République populaire démocratique de Corée (RPDC).
M. OLOF SKOOG de l’Union européenne a déploré le recul en Afghanistan et l’impact disproportionné de la guerre russe sur les femmes et les filles en Ukraine.  Dans d’autres situations de conflit, a-t-il rappelé, nous voyons que les défenseuses des droits de l’homme et les femmes politiques sont persécutées, harcelées voire tuées.  Nous savons aussi que les femmes et les filles qui vivent dans les régions où pullulent les groupes armés sont souvent victimes de violence sexuelle et de violence fondée sur le sexe, dont la traite ou la migration forcée.  C’est la raison pour laquelle, a expliqué le représentant, l’Union européenne soutient l’idée de renforcer la résilience des réseaux de la société civile et d’élargir l’accès aux services de santé fondés sur les droits de l’homme, dont les services de santé sexuelle et reproductive.
L’Union européenne a lancé des actions ciblées et s’est engagée à verser d’importantes sommes pour la mise en œuvre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité et les efforts des Nations Unies pour intégrer ce programme à tous les niveaux.  Par exemple, a dit le représentant, l’Union européenne met en place des mécanismes consultatifs avec les femmes activistes dans toutes les situations de conflit et mène des programmes de renforcement des capacités et de mentoring au profit du leadership féminin pour faire en sorte que davantage de processus de paix profitent des connaissances des médiatrices et des négociatrices.  En 2021, plus de 70% des activités de l’Union européenne sur la réponse aux nouvelles et la prévention des conflits avaient l’égalité des sexes et la participation des femmes aux processus de paix comme principal objectif ou élément essentiel.
En Ukraine, l’Union européenne est impliquée dans les efforts du Gouvernement pour intégrer la perspective genre dans la relance et dans l’établissement des responsabilités pour violence liée au conflit, y compris par un appui aux organisations féminines et des droits des femmes locales.  L’Union européenne compte aussi poursuivre son travail pour veiller à ce que les Afghanes contribuent aux dialogues politiques, en particulier grâce au Forum afghan des femmes leaders.  Le représentant s’est réjoui de ce que Zarifa Ghafari, une défenseuse afghane des droits des femmes, ait reçu cette semaine le Prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe.
M. NEVILLE GERTZE (Namibie) a déclaré que la résilience des Namibiennes pendant les 30 années de lutte pour arracher l’indépendance au régime d’apartheid sud-africain explique pourquoi son pays a si rapidement adhéré à la résolution 1325.  Les Namibiennes ne s’occupent pas seulement des repas, du ménage et de l’appui moral, elles mènent aussi des initiatives politiques, dont la saisine dès 1970 des organisations internationales pour contester les vieilles croyances et les stéréotypes binaires hommes actifs/ femmes passives. Grâce à la création du Centre international des femmes pour la paix, la Namibie, a expliqué le représentant, compte conceptualiser et opérationnaliser le concept de l’influence des femmes dans les processus de paix.  Le représentant a d’ailleurs jugé judicieux de mieux intégrer la problématique des armes légères et de petit calibre dans le programme pour les femmes et la paix et la sécurité.  Il a aussi prévenu que l’implication des femmes dans les institutions traditionnelles de sécurité ne fera rien pour accélérer la mise en œuvre dudit programme. Ce qu’il faut, c’est une approche globale qui tienne compte de la sécurité, certes, mais aussi de la nécessité de supprimer les inégalités structurelles dans les sociétés.
Mme JEANNE MRAD (Liban) a rappelé que selon ONU-Femmes il faudrait 300 ans pour atteindre la parité, ce qui n’était pas acceptable.  Elle a rappelé que le Groupe informel d’experts chargé de la question des femmes et de la paix et de la sécurité avait visité le Liban en juin et que, pour la première fois dans l’histoire du pays, 50% des nouvelles recrues de l’armée libanaise étaient des femmes, dont les trois majors de promotion.  Elle a toutefois déploré que les femmes étaient encore peu nombreuses au sein de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL).
Mme KATHERINE ANAS AHMAD AL-HALIQUE (Jordanie) a indiqué que son pays a élaboré un plan national 2018-2021 pour opérationnaliser la résolution 1325 (2000) et souhaite atteindre les objectifs de la résolution qui recouvrent la participation des femmes dans la prévention de l’extrémisme et des violences, ainsi que dans les services humanitaires.  Elle a rappelé le premier objectif stratégique de la résolution qui est d’augmenter le nombre de femmes travaillant dans le secteur militaire et de sécurité.  Dans l’armée, la proportion de femmes recrues est passé de 6,8% en 2017 à 9,6% en 2021, a indiqué la représentante, avant de rappeler que les femmes jordaniennes figuraient parmi les toutes premières à participer aux opérations de maintien de la paix, en 2007.  À ce jour, 146 femmes jordaniennes ont participé aux efforts de maintien de la paix à Chypre, au Soudan du Sud et aux Fidji, entre autres.
Mme ANTJE LEENDERTSE (Allemagne) a estimé, que 22 ans après l’adoption de la résolution 1325, il faut reconnaître que la participation des femmes aux processus de paix, à l’action humanitaire et à la prise de décisions stratégiques reste minimale.  Nous voyons même comment les engagements liés aux femmes, à la paix et à la sécurité et à l’égalité des sexes, sont mis à l’écart alors que l’expérience montre que cette égalité est la voie vers une paix durable et la prévention des conflits.  La représentante s’est dite préoccupée par le recul des droits des femmes, dont les droits sexuels et reproductifs.  Pour être franc, a-t-elle dit, trop nombreux sont ceux qui s’opposent toujours à une pleine égalité des sexes.  Nous devons inverser les tendances révélées dans le rapport du Secrétaire général et exploiter le potentiel d’une plus grande participation de tous les genres et des groupes marginalisés, a encouragé la représentante.
L’Allemagne reste une fervente défenseuse du programme pour les femmes et la paix et la sécurité, a souligné la représentante.  Nous continuerons de soutenir les artisanes de la paix, les femmes soldats de la paix et les organisations féminines.  Nous continuerons de soutenir le développement des réseaux régionaux où les femmes activistes et leaders se réunissent en toute sécurité pour échanger leur expérience.  Nous continuerons, a conclu la représentante, à lutter pour l’égalité des droits et c’est la raison pour laquelle l’Allemagne met en œuvre une politique étrangère et une politique du développement « féministes », fondation indispensable de la paix, de la stabilité et de la prospérité pour tous.  Notre engagement en faveur du programme pour les femmes et la paix et la sécurité est le pilier de ces politiques « féministes ».
M. BOŠTJAN MALOVRH (Slovénie) a indiqué que, depuis l’indépendance de son pays, il y a 30 ans, les femmes politiques ont fait beaucoup.  Pour la première fois, le pays a élevé une femme à la présidence de l’Assemblée nationale et un nombre record de femmes ont été élues au Parlement.  Après avoir eu des femmes premier ministre, ministre de la défense et ministre de l’intérieur, chef d’état-major, directrice de la police et pour la toute première fois, ministre des affaires étrangères, la Slovénie a prouvé son engagement jamais démenti en faveur de la pleine et égale participation des femmes à la société, faisant d’elle le septième pays le plus pacifique au monde, selon l’Indice 2022 de la paix internationale.  L’émancipation des femmes, a poursuivi le représentant, est une priorité bien ancrée dans la politique étrangère slovène.  Le Centre national de formation aux opérations de paix offre une formation sur l’égalité des sexes et l’intégration de la perspective sexospécifique dans les missions et opérations internationales.
Qu’il s’agisse de la formation des Vénézuéliennes à la négociation, à la médiation et au règlement des conflits, de l’organisation d’ateliers pour les réfugiées afghanes en Iran, de la facilitation du travail des femmes médecins en Afghanistan ou de l’aide médicale aux réfugiés syriennes au Liban, les projets humanitaires et de développement de la Slovénie contiennent tous un élément fort d’émancipation des femmes.  Le pays entend d’ailleurs augmenter la part de ses efforts pour l’égalité des sexes dans le monde de 39 à 60% d’ici à la fin de la décennie.  Le représentant a jugé important que les rapports des opérations de paix contiennent des données ventilées par sexe sur les attaques meurtrières ou par contre des défenseuses des droits de l’homme.  Il a aussi salué l’appel que le Secrétaire général a lancé aux responsables des opérations de paix et des équipes de pays des Nations Unies pour qu’ils actualisent, tous les ans, les mesures contribuant à la création d’un environnement favorable à ces défenseuses et aux organisations féminines.
Mme ANA PAULA ZACARIAS (Portugal) a estimé que se dessine un retournement des acquis générationnels en matière de droits des femmes, et que c’est à ce Conseil qu’il appartient d’inverser ce retournement.  Il faut redoubler d’efforts pour lutter contre la violence sexuelle et sexiste, mettre fin à la traite des êtres humains, protéger les femmes migrantes et garantir les droits fondamentaux des femmes à l’éducation et à la santé dans une optique intersectionnelle et multi-niveaux, a-t-elle déclaré.
Elle a encouragé la création de passerelles avec des institutions telles que ONU-Femmes ou le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, mais aussi avec les organisations de la société civile.  Toutefois, le travail au niveau local reste essentiel, a-t-elle estimé, du fait que les petites organisations locales de femmes sont souvent les premières à réagir et celles qui ont le plus d’impact sur le terrain.  C’est particulièrement urgent dans les zones touchées par les groupes armés.  Elle a appelé à garantir la participation pleine, égale et significative des femmes à toutes les étapes des processus de paix et de mettre fin aux intimidations et aux représailles contre les femmes qui construisent la paix.  Le droit des femmes défenseuses des droits humains à participer aux processus de paix n’est pas négociable, a-t-elle affirmé.
Mme ZAHRA ERSHADI (République islamique d’Iran) a déclaré qu’il est indispensable d’examiner les causes sous-jacentes des conflits et de trouver des solutions par le dialogue et la diplomatie.  Elle a indiqué que son pays a toujours considéré la promotion des femmes comme une priorité.  À présent, 49% des médecins sont des femmes; et la politique nationale a permis d’augmenter le pourcentage de femmes aux postes de décisions, qui est passé de 13% en 2017 à plus de 25% en 2021.  La représentante a ensuite exigé la levée des mesures coercitives unilatérales, notant que les femmes sont les premières à payer le prix de leurs conséquences humaines et économiques catastrophiques.
La déléguée a en outre dénoncé les allégations de certains pays occidentaux qui ont critiqué l’Iran pour ses politiques à l’égard des femmes.  La mort récente d’une jeune iranienne a fendu le cœur du pays, a commenté l’intervenante, en assurant qu’une enquête est diligentée pour faire la lumière sur cet incident.  Elle a prié les États occidentaux de respecter les principes de souveraineté nationale et de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays.
Mme MARITZA CHAN (Costa Rica) a relevé que les résolutions pour les femmes et la paix et la sécurité ne mentionnent pas explicitement les veuves ou le veuvage alors que 50% de la population féminine dans des situations post-conflit sont des veuves.  Elle a indiqué que selon les estimations du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en 2017, plus de 30% des enfants recrutés par des groupes armés et des extrémistes proviennent d’une famille de veuve ou monoparentale, la mère étant chef de famille.  Après plus de deux décennies et dix résolutions, le rôle du secteur privé dans le programme pour les femmes et la paix et la sécurité n’a toujours pas encore été exploré, a-t-elle par ailleurs noté, ajoutant que les associations public-privé ont aussi un rôle à jouer pour promouvoir le relèvement des communautés locales au sortir d’un conflit, notamment en employant les veuves et en encourageant leur participation politique.
La représentante a aussi mis l’accent sur l’amélioration des financements actuels en faveur des défenseuses des droits humains et sur la création de nouveaux moyens de financement au profit d’organisations de la société civile dirigées par des femmes et par des personnes LGBTI travaillant dans des zones affectées par un conflit.  Elle a également appelé le Conseil de sécurité et toutes les instances comme la Cour internationale de Justice (CIJ) et la Cour pénale internationale (CPI) à reconnaître les délits de persécution fondés sur le sexe, notamment la violence sexuelle et d’autres formes de persécutions en raison de l’orientation et de l’identité sexuelles, ou des caractéristiques physiques.
Mme CAROLYN SCHWALGER (Nouvelle-Zélande) a recommandé les initiatives suivantes pour renforcer le leadership et la résilience des femmes dans les situations de conflit, sur la base de leur propre expérience: en premier lieu de prendre des mesures concrètes pour éliminer les obstacles de longue date au leadership des femmes et redoubler d’efforts pour renforcer la résilience.  La délégation a également recommandé d’écouter les voix des femmes de la société civile aujourd’hui, afin de faire progresser la participation des femmes aux processus de paix.  Elle a exhorté tous les États Membres à accorder la priorité à la création d’environnements sûrs et propices pour toutes les femmes artisanes de la paix, les femmes défenseuses des droits humains et les femmes leaders de la société civile.  Il est grand temps de veiller à ce que nos actions correspondent à nos paroles, a conclu l’oratrice.
M. PAULA NARVÁEZ OJEDA (Chili) s’est alarmé de la dégradation de la situation des femmes et des filles dans les conflits, alors que la communauté internationale dispose de tant d’outils à sa disposition.  Nous ne parviendrons pas à paver le chemin vers la paix à long terme si nous n’adoptons pas des mesures pour non seulement prévenir et condamner la violence sexuelle et de genre, en particulier comme arme de guerre, mais aussi pour garantir l’accès des survivantes à la justice et la reddition de comptes, a lancé le représentant.  Pour le Chili, trois éléments sont porteurs de changement: l’autonomisation économique des femmes, la collecte et l’analyse de données ventilées, et l’importance de l’accès à l’éducation à l’abri de la violence.
Mme ANA JIMÉNEZ DE LA HOZ (Espagne) a fait savoir que le programme pour les femmes et la paix et la sécurité est l’une des priorités de la politique extérieure de l’Espagne, qui a adopté son premier plan d’action en la matière dès 2007.  Depuis 2017, l’Espagne a participé à plus de 26 dialogues politiques bilatéraux et visites à des pays en conflit ou en situation de post-conflit, lors desquels ont été abordés des sujets sur l’égalité de genre et sur le programme pour les femmes et la paix et la sécurité.  L’Espagne fournit par ailleurs un soutien technique et financier dans le cadre de ce plan à la Colombie, la Jordanie, le Mali et le Tchad.  Mme de la Hoz a préconisé de renforcer les relations avec la société civile et de faciliter un environnement qui permette aux organisations de femmes et aux défenseuses des droits de l’homme de réaliser leur travail avec toutes les garanties de sécurité.
Mme de la Hoz a souhaité souligner que l’Espagne est engagée dans la protection des droits des femmes et des filles afghanes et qu’elle lancera à cette fin en février, à Madrid, la plateforme « Hear Us », avec le soutien de l’Union européenne, qui permettra aux Afghanes en exil de dénoncer les violations des droits en Afghanistan et d’avoir une influence sur le programme humanitaire, de développement et de sécurité dans le pays.
Parlant « avec tristesse », 22 ans après l’adoption de la résolution 1325, Mme IRENE FELLIN, Représentante spéciale de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) pour les femmes et la paix et la sécurité, a déploré que les droits des femmes soient remis en question chaque fois qu’elles se lèvent comme en Iran et en Afghanistan.  Elle a aussi évoqué les effets désastreux des conflits sur elles comme en Ukraine.  La guerre de la Russie, a-t-elle dit, a ébranlé la paix en Europe et secoué l’ordre international et nous savons de quelle manière disproportionnée, les femmes et les filles en souffrent.
La Représentante spéciale a attiré l’attention sur le nouveau Concept stratégique de l’OTAN qui pour la toute première fois reconnaît explicitement que les femmes et la paix et la sécurité, et l’égalité des sexes sont une partie intégrante des valeurs et de l’action de l’Organisation.  Quand cette dernière a commencé à mettre en œuvre la résolution 1325, elle avait tendance à la limiter à ses opérations.  Aujourd’hui, le programme pour les femmes et la paix et la sécurité est intégré dans toutes les activités essentielles, mais il faut faire plus et insérer la perspective genre dans le travail sur les problèmes émergents comme les changements climatiques ou les nouvelles technologies.  L’OTAN explore aussi les synergies entre ce programme et celui sur les jeunes, la paix et la sécurité.  L’Ukraine, a conclu la Représentante spéciale, est un exemple de résilience comme pays, partenaire de l’OTAN, peuple et individus dont les valeurs sont partagées par la plupart des États.  La résilience, c’est épouser, sentir et matérialiser ces valeurs.  La résilience nous unit et le programme pour les femmes et la paix et la sécurité est notre ciment.
M. RAZALI (Malaisie) a déclaré que son pays reste engagé en faveur de la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000).  Le pays a augmenté le nombre de femmes en uniforme dans les opérations de paix, et ce, à tous les niveaux et en particulier dans les postes-clefs.  Actuellement, 849 soldats de la paix malaisiens sont déployés dans cinq opérations de paix des Nations Unies et 85 d’entre eux sont des femmes, déployées au Liban, en République démocratique du Congo (RDC) et au Sahara occidental.  La Malaisie prépare également son plan d’action national sur les femmes et la paix et la sécurité.  Au niveau régional, avec les membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) elle continuera d’appliquer une approche basée sur le genre.  L’adoption du plan d’action régional est programmée pour le quarantième Sommet de l’ASEAN, le mois prochain, a annoncé le représentant.
M. REIN TAMMSAAR (Estonie) a déclaré qu’en février, les Ukrainiens s’étaient réveillés sous les bombardements de l’armée russe, qui a entamé une conquête impériale « semblable aux sinistres pratiques des siècles passés ».  En conséquence, plus de 12 millions de personnes, principalement des femmes et des enfants, ont été contraintes de fuir leurs foyers.  Outre celles qui ont été tuées ou ont dû se réfugier à l’étranger, les femmes et les filles en Ukraine ont été « victimes de violences sexuelles et physiques, de déportations, d’exploitation et d’abus », a accusé le représentant.  Pourtant, au milieu de ces horreurs, les femmes ukrainiennes ont fait preuve d’un leadership incroyable en s’affirmant dans les sphères politique, militaire et humanitaire, pour résister aux ambitions coloniales de la Russie, a affirmé le représentant en leur rendant hommage.
M. PILDEGOVICS (Lettonie) a affirmé qu’en raison de la guerre non provoquée et injustifiée que la Fédération de Russie a choisi de mener contre son voisin, l’Ukraine, les femmes et les filles subissent d’immenses souffrances, y compris des violences sexuelles.  Il a estimé que la Russie doit être tenue responsable de ses actes, notamment par le biais d’un tribunal spécial pour crime d’agression.  Il a rappelé que la Lettonie a accueilli plus de 35 000 réfugiés ukrainiens et alloué des fonds à leur réhabilitation physique et émotionnelle, en particulier les femmes et les filles qui ont souffert de violences sexuelles aux mains des soldats russes.  Le représentant a aussi indiqué que la Lettonie soutient la création d’un centre de réhabilitation en Ukraine pour aider les victimes des crimes de guerre et qu’elle aidera l’Ukraine à élaborer son plan d’action national pour les femmes et la paix et la sécurité.  Il a également rappelé que son pays soutient le programme consacré par la résolution 1325, en tant que membre de la Commission de consolidation de la paix, de la Commission de la condition de la femme et, à partir de janvier, du Conseil d’administration d’ONU-Femmes
Mme FIONA WEBSTER (Australie) a estimé que le thème d’aujourd’hui ne prête pas à discussion.  Les preuves sont claires: la paix dépend de la résilience et du leadership des femmes.  Dans le monde entier, les femmes veulent être entendues, défendent les droits humains, font de la médiation dans les conflits et négocient la paix.  Là où elles sont écartées par les normes et structures discriminatoires, là où les défenseuses des droits de l’homme sont persécutées et là où le savoir et les réseaux féminins sont ignorés, la paix ne peut prévaloir.
La représentante s’est dite préoccupée par l’hostilité accrue à l’égard des femmes.  Elle a condamné la répression des manifestantes en Iran, un autre exemple de l’importance du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.  Toutes les femmes et toutes les filles, a poursuivi la représentante, doivent participer sur un pied d’égalité aux opérations et aux négociations de paix, et aux processus politiques.  Nous avons besoin de leurs compétences, vision, force et leadership transformateur pour réaliser une paix durable.  L’Australie, a indiqué la représentante, appuie le Fonds pour les femmes et la paix et l’action humanitaire, les réseaux régionaux des femmes négociatrices et médiatrices et les initiatives de justice soucieuse de la dimension sexospécifique.
Mme TRA PHUONG NGUYEN (Viet Nam) a constaté que 20 ans après l’adoption de la résolution 1325 (2000), les femmes sont encore aux prises avec les inégalités entre les sexes, l’exclusion et différentes formes de discrimination.  Pourtant, a-t-elle rappelé, deux femmes ont été les principales protagonistes de la révolution vietnamienne.  Partout, les femmes jouent un rôle prépondérant dans l’éducation des enfants et dans la construction d’une paix durable.  En conséquence, il convient d’intégrer leurs droits, intérêts et besoins dans toutes les politiques.  Il faut aussi inclure davantage de femmes Casques bleus dans tous les aspects des opérations de maintien de la paix.  La déléguée a enfin demandé d’allouer, au minimum, 15% de l’aide publique au développement (APD) à des programmes en faveur des femmes affectées par les conflits.
Nous sommes confrontés, a déclaré M. FERUTA (Roumanie), à des menaces inédites à la paix et à la sécurité en Europe qui découlent de l’agression russe contre l’Ukraine laquelle a un lourd impact sur les femmes.  La Roumanie, a-t-il affirmé, a une approche proactive de l’émancipation des femmes, tant comme objectif des droits de l’homme que comme condition préalable à la justice sociale, au développement et à la paix.  Le pays a adopté son tout premier Plan d’action sur les femmes et la paix et la sécurité qui couvre la période 2020-2023 et qui promeut la présence des femmes dans les secteurs de la sécurité, de la défense et de l’ordre public et de manière plus globale, à la vie socioéconomique.  Le processus interinstitutions devrait commencer bientôt pour élaborer le deuxième Plan d’action.  En attendant, 37,5% des soldats et policiers roumains déployés dans les missions internationales sont des femmes.  Elles sont particulièrement à même de comprendre et de répondre aux situations de crise, compte tenu de leur faculté à nouer des contacts avec les groupes les plus vulnérables.  Nouvellement élue au Conseil des droits de l’homme, la Roumanie, a conclu le représentant, considère ces droits comme un pilier fondamental de sa politique étrangère.
Mme KRASSILIRA BESHKOVA (Bulgarie) a fait observer que les groupes armés sont habituellement composés d’hommes.  Ces derniers sont souvent impliqués dans des actes de violences sexuelles contre les femmes et les filles, qu’il s’agisse de groupes terroristes ou de mercenaires au service de la machine de guerre russe en Ukraine, a ajouté la représentante, qui a ensuite mis en avant le sort des femmes victimes de l’agression injustifiée de la Russie contre l’Ukraine.  Elle a souligné l’importance d’une pleine participation des femmes à tous les aspects de la vie sociale en vue de l’avènement de sociétés pacifiques et prospères.  Le Conseil de sécurité a, à cet égard, un rôle à jouer puisqu’il décide de la manière dont les opérations de paix sont conduites, a conclu Mme Beshkova.
M. MICHAL MLYNAR (Slovaquie) a pris note du rapport du Secrétaire général, avant de déplorer qu’il n’y soit pas fait davantage mention de la situation en Ukraine en raison de la guerre injustifiée livrée par la Russie.  La guerre a infligé des souffrances sans précédent aux femmes et aux filles, a dit le délégué.  Les attaques contre les écoles compromettent gravement l’éducation des filles, ce qui sape leurs chances de participer pleinement à la vie économique, sociale et politique, a regretté le représentant, en appelant tous les États à rejoindre la Déclaration sur la sécurité dans les écoles.  Enfin, le délégué s’est dit particulièrement alarmé par la situation des femmes et des filles en Afghanistan.  Leur droit à une éducation et à un travail est désormais remis en question, a-t-il conclu avec inquiétude.
M. FEDA ABDELHADY-NASSER de l’État de Palestine a noté que les réseaux de femmes sont essentiels au maintien de la cohésion sociale, la résilience et la stabilité « contre vents et marées ».  Les femmes doivent, pour cette raison, être protégées et soutenues, a-t-il déclaré.  Il a réitéré l’engagement de la Palestine pour la promotion de leur participation à la prise de décisions à tous les niveaux, y compris dans le maintien de la paix, la résolution des conflits et le dialogue de réconciliation.  Leur contribution collective au redressement national et au développement doit également être promue, a-t-il ajouté.  Il a, sur ce point, déclaré que les expériences palestiniennes constituent des exemples de bonnes pratiques.  Le représentant a néanmoins regretté que les femmes continuent de payer le plus grand prix des injustices dont est victime le peuple palestinien.  Il a accusé Israël de cibler les défenseurs des droits humains, y compris les femmes, et déclaré que l’occupation israélienne constitue le principal obstacle pour les droits de femmes en Palestine occupée.
M. KARL LAGATIE (Belgique) a estimé que le mouvement mondial anti-genre est particulièrement inquiétant, inversant les gains générationnels.  Nous avons besoin d’une mise en œuvre concrète du programme pour les femmes et la paix et la sécurité, a poursuivi le délégué.  Dans cet esprit, son pays met déjà en œuvre son quatrième plan d’action national pour les femmes et la paix et la sécurité, pour la période 2022-2026, a-t-il dit.  Il a appelé à soutenir les femmes bâtisseuses de paix, les femmes défenseuses des droits humains et les organisations de défense des droits des femmes.  Il a dit sa fierté du soutien de la Belgique au Women’s Peace and Humanitarian Fund, en République démocratique du Congo, au Mali et maintenant aussi en Ukraine.  Le Fonds aide les organisations dirigées par des femmes et les organisations de défense des droits des femmes à participer à la prise de décision, à prévenir les conflits et à répondre aux crises, telles que engendrées par la guerre d’agression de la Fédération de Russie en Ukraine, a expliqué le délégué.
M. ABDULLAH ALI FADHEL AL-SAADI (Yémen) a cité quelques actions et réalisations de son pays en matière de promotion de la femme.  Ainsi, un plan d’action a été adopté pour la mise en œuvre des dispositions de la résolution 1325, comprenant des projets nationaux pour atteindre les quatre objectifs stratégiques de protection, participation, prévention et secours.  La mise en pratique de ce plan, qui se fait avec la participation de la société civile, est conduite par des décideurs et des responsables politiques de divers ministères, y compris des organisations et agences de sécurité.  Les femmes, les jeunes, le milieu universitaire et le secteur privé sont également associés à la mise en œuvre de ce plan d’action national sur la base du principe de partenariat.  Des femmes yéménites ont également participé, de manière qualitative, au comité de rédaction de la Constitution et étaient présentes aux négociations de paix au Koweït, à Genève et à Stockholm, a encore précisé le représentant avant de signaler leur participation aux négociations avec les houthistes.  Le représentant a, enfin, appelé la communauté internationale à apporter son soutien au Gouvernement yéménite pour qu’il soit en mesure de remplir ses engagements envers la réalisation du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.
M. SURIYA CHINDAWONGSE (Thaïlande) a appelé à considérer les femmes comme des agents actifs pour la paix et des changements transformateurs.  Il faut donc promouvoir leur rôle et le leadership dans les processus de paix et dans la prise de décision politique à tous les niveaux.  Selon lui, quand les femmes sont autonomisées, elles deviennent plus résilientes, ce qui leur permet de participer efficacement aux pourparlers de paix, aux discussions politiques et au renforcement des institutions.  Le délégué a appelé à augmenter le personnel féminin dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU.  Pour sa part, la Thaïlande entend y accroître la représentation des femmes: des formations spécialisées sont en cours et des soldates de la paix ont été déployées sur le terrain, notamment au Soudan du Sud.
M. IVAN ŠIMONOVIĆ (Croatie), au nom du Groupe des amis de la responsabilité de protéger (55 États et Union européenne), conjointement présidé par le Botswana, le Costa Rica et la Croatie, a mis l’accent sur le rôle pivot de l’agenda « pour les femmes et la paix et la sécurité » pour favoriser la pleine participation et le leadership des femmes dans toutes les étapes des processus politique, de consolidation de la paix et de la prévention des conflits, de façon à les rendre plus efficaces et inclusifs.  L’inclusion des femmes est également importante dans la prévention de la commission d’atrocités et pour l’efficacité et la durabilité des processus de paix, a-t-elle indiqué.  Elle a recommandé d’aborder, selon une perspective genre, les crimes de génocide, crimes de guerre, crimes contre l’humanité et le nettoyage ethnique.  Elle a souligné la complémentarité de la responsabilité de protéger et des mécanismes axés sur les crimes sexistes et sexuels.  Les analyses de situation impliquant un risque de commission d’atrocités ne comportent pas souvent l’intersection entre les inégalités et le genre, a-t-elle regretté, soulignant en plus que l’analyse amalgame souvent les femmes et les enfants en tant que groupe vulnérable.
La représentante a ensuite mis l’accent sur le rôle des organisations féminines dans l’apport d’informations d’alerte précoce, en temps voulu et sensibles au genre, ainsi que dans la résolution des tensions entre les communautés par un dialogue intercommunautaire et la lutte contre le discours de haine et l’incitation à la violence.  Avant de conclure, elle a lancé un appel pour que tous les États accroissent leur appui à l’agenda « pour les femmes et la paix et la sécurité », à la résolution 1325 (2000) et à toutes les résolutions suivantes, et qu’ils veillent à leur rapide mise en œuvre.  Elle les a aussi exhortés à respecter et à honorer leurs obligations au regard du droit international humanitaire et du droit relatif aux droits de l’homme; et à prévenir et répondre à toutes les formes de violence sexiste et de discrimination ciblant les femmes et les filles.  Cela inclue la fin de l’impunité pour les crimes graves contre celles-ci, et de veiller à ce que tous les incidents de violences sexuelles fassent l’objet d’une enquête, de poursuites et de procès devant un tribunal compétent conforme aux normes internationales, en améliorant notamment la compréhension de ce qui constitue la dynamique des crimes atroces et leurs risques.
Mme MARIA DEL ROSARIO ESTRADA GIRON (Guatemala) a estimé que le renforcement de la résilience des femmes dans les régions en proie aux groupes armés est une question fondamentale.  Le Guatemala accorde une priorité à leur participation dans les opérations de maintien de la paix, a-t-il déclaré, notant que 300 femmes ont été déployées en tant que personnel militaire et civil.  Elles ont démontré qu’elles pouvaient fournir des performances adéquates « dans les mêmes conditions difficiles que leurs homologues masculins » et qu’elles avaient un impact positif dans ces environnements, a souligné le représentant.  Il a également insisté sur le rôle des organisations régionales et des plans d’action nationaux pour la mise en œuvre de ces engagements.
M. DAVID BAKRADZE (Géorgie) a expliqué que son gouvernement achevait actuellement la préparation de son quatrième plan d’action national sur les femmes et la paix pour 2022-2024, qui vise à intégrer les perspectives de genre dans le secteur de la sécurité et dans les processus de prise de décisions.  Il s’agit, a-t-il expliqué, d’utiliser une « lentille de genre » dans les négociations de paix et de promouvoir une participation significative des femmes et des filles dans la prévention et la résolution des conflits.
Le représentant a ensuite affirmé que les femmes et les filles vivant dans les régions géorgiennes d’Abkhazie et de Tskhinvali, occupées par la Russie, continuent de subir des violations persistantes de leurs droits fondamentaux et ne peuvent bénéficier du cadre de protection des droits de l’homme du Gouvernement géorgien.  Il a assuré que, à chaque cycle des négociations de Genève relatives à cette crise, la délégation géorgienne soulève activement les besoins et les priorités des femmes déplacées ou touchées par le conflit.  De même, avec le soutien d’ONU-Femmes Géorgie, les participants aux négociations tiennent des réunions régulières avec des représentants de la société civile, y compris des femmes déplacées de force et affectées par le conflit, ainsi que des ONG de défense des droits des femmes.
Mme CEDENO (République dominicaine) a déploré les obstacles structurels et les pratiques qui empêchent la participation des femmes aux processus de paix et de consolidation de la paix ainsi que le peu d’investissements pour les lever, alors même que les budgets militaires au niveau mondial ne cessent d’augmenter.  Selon la délégation, le seul investissement viable est celui qui est destiné, et accompagné d’une volonté politique, à la solution pacifique des conflits et à la participation pleine et entière des femmes avec leurs perspectives uniques et inclusives, comme leur demande de faire taire les armes en Afrique, de garantir l’accès à l’éducation en Afghanistan, ou encore de recueillir des informations sur les disparus en République arabe syrienne.
M. MUHAMMAD ABDUL MUHITH (Bangladesh) a déclaré que son pays a connu, durant la guerre de 1971, ses propres problèmes de violences sexuelles et les auteurs de ces crimes ont dûment répondu de leurs actes.  Le représentant a ensuite estimé que la mise en œuvre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité n’est pas glorieuse.  On peut faire plus et, par exemple, obtenir de tous les États qu’ils adoptent des plans nationaux assortis de budgets conséquents et avec pour objectif de rendre les responsables des violences faites aux femmes comptables de leurs actes.
M. MOHAMMAD K. KOBA (Indonésie) a déclaré qu’une contribution significative des femmes devrait être garantie à toutes les étapes des processus de paix.  À ce titre, il a appelé à un soutien politique fort pour protéger les femmes dans les situations de conflit, prenant l’exemple de la législation indonésienne qui promeut leur participation aux programmes relatifs à la paix et à la sécurité.  Il a également appelé à la mise en place d’instances dédiées à ces questions.  À cet égard, il a mentionné la création du Réseau d’Asie du Sud-Est des femmes médiatrices et négociatrices de paix.  Il a néanmoins noté que toute assistance doit s’articuler autour des besoins spécifiques des pays concernés.  Il faut, enfin, a-t-il conclu, permettre aux femmes leaders de faire entendre leur voix, car elles sont encore sous-représentées dans la plupart des postes de direction des opérations de paix de l’ONU, a-t-il fait observer, avant de plaider pour qu’une attention soutenue et ciblée soit accordée à l’autonomisation et à la protection des femmes afghanes.
M. ISSA KONFOUROU (Mali) a rappelé que son pays traverse depuis janvier 2012 une crise profonde et multidimensionnelle, dont les premières victimes innocentes restent malheureusement les femmes, les enfants et les personnes âgées.  Mais, a dit le représentant, notre expérience de pays en conflit montre bien que les femmes, par-delà leur statut de victimes, ont une forte capacité de résilience.  Depuis le déclenchement de la crise, les Maliennes restent fortement mobilisées, à travers des associations, des ONG et des coopératives.  Elles continuent leur lutte contre les violences basées sur le genre, tout en poursuivant des activités génératrices de revenus dans les régions les plus reculées du pays.  Véritables médiatrices locales, les Maliennes continuent de s’atteler à promouvoir le vivre ensemble entre nos communautés, en dépit d’un environnement hostile, fait d’insécurité et de pesanteurs socioculturelles.
Pour promouvoir et conforter le rôle des femmes et le leadership féminin, le Gouvernement du Mali, a indiqué le représentant, a adopté la politique nationale genre et plusieurs mesures législatives et réglementaires.  En outre, au sein du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger, le nombre de femmes est passé de 8 à 12, sans oublier que cet accord contient des dispositions relatives à la protection des femmes et à la lutte contre l’impunité, y compris l’autonomie économique de la femme à travers notamment les activités génératrices de revenus.
M. RYTIS PAULAUSKAS (Lituanie) a indiqué que malgré le fait reconnu que les femmes sont cruciales pour la paix et la sécurité et que leur leadership est à l’avant-garde des manifestations contre les pouvoirs autoritaires, elles et les filles sont toujours réprimées dans le monde entier.  Les femmes sont attaquées et largement sous-représentées dans la vie publique.  Le représentant a donné l’exemple de l’Iran plongé dans de graves troubles publics, avec les manifestations déclenchées par la mort tragique de Mahsa Amini.  Il s’est également dit préoccupé par la façon dont le Bélarus nie aux femmes leurs droits et libertés garantis pourtant par le droit international.  Il a parlé des militantes emprisonnées, comme Maria Rabkova et Maria Kalesnikova qui dirigent des mouvements populaires contre la fraude électorale lors de l’élection présidentielle.  Il s’est par ailleurs dit consterné par la répression systématique des femmes et des filles en Afghanistan et a aussi dénoncé le triste sort des femmes en Haïti et en Ukraine où le nombre réel de victimes est probablement beaucoup plus élevé.  Il a conclu en encourageant tous les États à créer un environnement favorable à tous ceux qui œuvrent pour la promotion de l’égalité des sexes, y compris les artisanes de la paix.
Mme YOKA BRANDT (Pays-Bas) a regretté que les progrès en faveur des droits des femmes et des filles s’inversent dans un contexte d’accroissement des conflits violents et des violations des droits humains par les groupes armés.  La représentante a insisté sur la participation « entière, égale et significative » des femmes en se concentrant sur l’inclusivité et l’intersectionnalité.  Elle a également appelé à lutter contre les stéréotypes de genre et les normes sociales à l’origine des discriminations et égalités de genre comme outil de prévention.  À ce titre, elle a pris en exemple la réussite des efforts communautaires.  Elle a ensuite mis l’accent sur l’importance de la protection des dirigeantes, défenseuses de la paix et des droits humains face aux violences auxquelles elles font face et qui les empêchent d’accomplir leur travail, dans les zones de conflit et aussi ailleurs.
Mme MAJDA MOUTCHOU (Maroc) a déclaré que son pays a adopté récemment son plan d’action national de mise en œuvre de la résolution 1325 (2000).  Ce plan se base sur trois piliers fondamentaux, dont l’implication des femmes dans les opérations de prévention, de médiation et de maintien de paix, ainsi que l’autonomisation économique des femmes, a-t-elle expliqué.
M. SAMADOU OUSMAN (Niger) a noté que le plan d’action national du Niger met l’accent sur la levée des obstacles à l’implication active des groupes de femmes et des organisations de la société civile dirigées par les femmes dans les processus de paix et dans les transitions politiques.  Il a également évoqué l’instauration d’un système de quota dans les fonctions électives.  Le représentant a encouragé la prise en compte de la dimension genre dans le cadre du maintien de la paix et des opérations de paix.  Il a en outre estimé que la mise en œuvre du Programme pour les femmes et la paix et la sécurité est indissociable des politiques gouvernementales de lutte contre les changements climatiques prenant en compte la dimension genre.  Il a fait part des mesures prises par son pays dans ce sens.
M. FAHAD M. E. H. A. MOHAMMAD (Koweït) a déclaré que la mise en œuvre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité exige un engagement plus ferme, y compris au sein du Conseil de sécurité, d’autant que, selon les études, la participation des femmes dans les processus de paix est garante de leur durabilité.  Il a indiqué qu’au plan national, la femme koweïtienne occupe des postes politique et diplomatique.  Récemment, deux femmes ont remporté des sièges au Parlement, et deux autres font partie du nouveau Gouvernement, s’est réjoui le représentant.
Mme CAROLYN RODRIGUES BIRKETT (Guyana) a prévenu que pour renforcer la résilience et le leadership des femmes, il faut d’abord et avant tout lever tous les obstacles existants.  Mon pays, a-t-elle indiqué, s’efforce de renforcer la présence des femmes à tous les niveaux du gouvernement.  Au niveau international, le pays continue de défendre l’inclusion et l’autonomie des femmes tout en contribuant aux efforts humanitaires visant à les protéger, y compris de la traite des êtres humains.  Le Gouvernement a aussi créé des mécanismes de mise en œuvre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.  Mais il nous faut, a dit la représentante, une approche multisectorielle du genre pour booster l’implication des femmes dans les efforts de paix et de sécurité.  Nous devons, a-t-elle précisé, travailler ensemble pour honorer nos obligations en vertu du Programme d’action de Beijing, de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et du Programme de développement durable à l’horizon 2030.
Mme REUT SHAPIR BEN NAFTALY (Israël) a attiré l’attention sur l’importance des groupes multiconfessionnels de femmes en Israël, qui permettent de renforcer les communautés en cas d’urgence et de fournir des canaux de communication lorsqu’ils sont nécessaires.  La représentante a appelé au renforcement des programmes visant à renforcer la participation des femmes, la lutte contre les inégalités et la promotion de la résilience.  La participation des femmes dans les domaines de la paix et la sécurité est vitale, a-t-elle souligné.  Elle a conclu, en regrettant que le régime iranien se livre à des violations des droits des femmes et a insisté sur la corrélation entre l’inclusivité et la viabilité de la paix.
Mme ALEXANDRA BOIVIN (Comité international de la Croix-Rouge) a rappelé que les inégalités de genre exacerbent les conséquences des conflits sur les femmes.  Elle a donc appelé les parties aux conflits armés à mieux prendre en compte cette inégalité dans le cadre des combats.  Elle a estimé que l’incorporation d’une perspective de genre dans l’application et l’interprétation du droit international humanitaire est nécessaire pour progresser sur ces questions.  La représentante a souligné qu’en temps de guerre, les femmes deviennent les principaux soutiens de famille et assurent des fonctions de dirigeantes et d’activistes, tout en continuant à assumer des tâches traditionnelles sous-évaluées ou non reconnues.  Il convient donc de les protéger, a-t-elle estimé.  Elle a en outre appelé à davantage d’efforts pour garantir que l’interdiction claire de la violence sexuelle en vertu du droit international humanitaire soit incorporée dans le droit national, la doctrine militaire et la formation.
Mme ERSHADI (République islamique d’Iran) a repris la parole en réponse à la déclaration de la délégation d’Israël.  Elle a accusé cet État de commettre des atrocités à l’encontre des femmes et des filles palestiniennes ainsi que des crimes de guerre et d’agression contre la Palestine et d’autres pays de la région.  Elle a exhorté le Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités et à faire cesser ce « régime d’apartheid ». 

La version française du Point de presse quotidien ne paraîtra pas aujourd’hui. Voir la version publiée en anglais.

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