EN DIRECT – Grèves : 107.000 manifestants en France, dont 13.000 à Paris, selon l'Intérieur – Les Échos

Selon un décompte du ministère de l'Intérieur, 107.000 personnes auraient manifesté en France ce mardi, dans le cadre de la mobilisation pour une hausse des salaires et contre les réquisitions de grévistes dans les raffineries. A Paris, il y en aurait eu 13.000 selon la même source. De son côté, la CGT en aurait comptabilisé 300.000.
Par Les Echos
C'est le grand jour pour la CGT. Ce mardi, à son initiative, des grèves et manifestations sont prévues sur tout le territoire pour réclamer une hausse des salaires et dénoncer les réquisitions de grévistes. Fonction publique, énergie, transports publics, routiers, agroalimentaire, commerce… de nombreux secteurs ont déposé des préavis de grève, encouragés également par FO, Solidaires et FSU ainsi que les organisations de jeunesse Fidl, MNL, Unef et la Vie lycéenne.
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Du côté des carburants, la tension reste à son comble. Les grèves se poursuivent chez TotalEnergies malgré les réquisitions dans les dépôts de Feyzin (Rhône) et Mardyck (Flandres) lundi. Emmanuel Macron, qui avait pourtant promis aux automobilistes une amélioration cette semaine, n'a pu qu'admettre un embourbement du mouvement lors de sa visite au Mondial de l'auto à Paris. Il promet désormais de « faire le maximum » pour mettre fin à cette crise.
Pour les voyageurs, le trafic des trains devrait être « quasi normal » ce mercredi selon la SNCF. Des perturbations sont cependant encore possibles sur certaines lignes de banlieue en Ile-de-France. Notamment le RER D et la portion nord du RER B.
> La grève se poursuit dans les raffineries, 28 % des stations-service en difficulté
> De nouvelles réquisitions « probables », selon Olivier Véran
> Selon l'Intérieur, 107.000 personnes auraient manifesté en France. Il serait près de 300.000 selon la CGT.
> La SNCF prévoit « un retour progressif à la normale » ce mercredi
Un total de 107.000 personnes ont manifesté mardi en France, dont 13.000 à Paris, pour une hausse des salaires et contre les réquisitions de grévistes dans les raffineries, a indiqué le ministère de l'Intérieur. La CGT en comptabiliserait près de 300.000.
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Par ailleurs, il y a eu 15 interpellations lors des rassemblements, dont 11 à Paris, a ajouté le ministère. Neuf membres des forces de l'ordre ont été « blessés légèrement », dont huit dans la capitale, précisant qu' « aucun manifestant » n'avait été blessé.
18h12 – Un accord de branche signé dans le secteur de l'énergie
Trois syndicats représentatifs du secteur de l'énergie – la CGT, FO et CFDT – ont signé un accord portant sur les augmentations salariales dans la branche des industries électriques et gazières (IEG), une première étape avant l'ouverture de négociations salariales par entreprises, a-t-on appris mardi de sources concordantes.
Cet accord prévoit une augmentation générale du salaire national de base de 3,3 % en deux temps, avec une rétroactivité de 1 % au 1er juillet 2022 et le solde de 2,3 % au 1er janvier 2023, a indiqué à l'AFP Claude Martin, négociateur de l'accord de branche pour la FNME-CGT, majoritaire avec 39,68 %. « EDF se réjouit de la signature de cet accord qui témoigne de la vigueur du dialogue social au sein des IEG », a commenté auprès de l'AFP un porte-parole de la direction.
Cet accord ne constitue qu'une étape, car il appartient désormais aux syndicats dans leurs entreprises de négocier des mesures complémentaires pour compenser l'inflation. « C'est une première étape, car cela faisait des années que notre indice était gelé et qu'il n'y a plus eu d'accord de branche, mais ce n'est pas suffisant », a estimé Claude Martin, négociateur de l'accord de branche pour la FNME-CGT, majoritaire avec 39,68 %.
17h33 – Des incidents avec des casseurs en marge de la manifestation à Paris
La manifestation parisienne a été émaillée d'incidents mardi, avec quelques vitrines brisées par des casseurs, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les vitres d'un établissement bancaire CIC et d'un concessionnaire de moto ont notamment été brisées boulevard Montparnasse, et des manifestants vêtus de noir ont affronté les forces de l'ordre. La préfecture de police a fait état de 6 interpellations.
Selon un communiqué, la SNCF prévoit un « retour progressif à la normale » ce mercredi sur la plupart de ses lignes de train, au lendemain d'une journée de mouvement social interprofessionnel, même si « des perturbations sont néanmoins encore possibles localement ». Notamment sur certains trains de banlieue et RER en Ile-de-France.
« Les circulations TGV nationales et internationales seront quasi-normales, et les circulations Intercités légèrement perturbées », indique la compagnie ferroviaire, précisant que seul un train sur deux circulera encore sur le RER D, la portion nord du RER B, ainsi que sur les transiliens H, R et U.
15h30 – « Amélioration sensible » dans les stations
« Grâce à la sortie du conflit chez Esson-ExxonMobil, grâce à l'ensemble des mesures que nous avons prises, nous connaissons aujourd'hui une amélioration sensible de la situation », a affirmé la Première ministre, Elisabeth Borne lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée. « Au plan national, moins de 25 % des stations-service étaient en rupture (de carburant) à midi, contre 30 % le week-end dernier », a-t-elle fait valoir au lendemain d'une réunion à l'Elysée où le président Emmanuel Macron avait demandé que la crise soit réglée « au plus vite ».
"Il n'est pas acceptable qu'une minorité continue à bloquer le pays, il est temps que le travaille reprenne", déclare @Elisabeth_Borne. >> "Grâce à l'ensemble des mesures que nous avons prises, nous connaissons aujourd'hui une amélioration sensible de la situation". #QAG pic.twitter.com/vmISUykLNB
11h35 – 6 % d'enseignants grévistes
Selon le ministère de l'Education nationale, 6,04 % de ses enseignants sont en grève ce mardi dans le cadre du mouvement social interprofessionnel. Celui-ci est plus suivi en collèges et lycées (9,57 %) qu'en maternelles et primaires (2,48 %).
11h25 – La grève ne devrait pas être reconduite à la RATP
Le mouvement de grève à la RATP pour les salaires ne devrait pas être reconduit mercredi, a indiqué à l'AFP le secrétaire général de la CGT-RATP Bertrand Hammache, alors que la journée de grève n'est que modérément suivie dans l'entreprise. « En revanche, c'est le début d'un cycle », a-t-il indiqué, n'excluant pas de nouvelles journées de mobilisation « après les vacances scolaires de la Toussaint » qui prennent fin le 6 novembre.
La CGT était la seule organisation syndicale représentative à appeler à faire grève à la RATP. Elle réclame l'ouverture de négociations salariales immédiates pour faire face à l'inflation.
La pénurie d'essence fait décoller le covoiturage
10h08 – Les négociations salariales dans la fonction publique ouvertes début 2023
« La question des salaires, d'un commun accord avec les organisations syndicales, nous avons décidé de l'ouvrir en janvier 2023, mais après les élections professionnelles (de décembre, ndlr). C'était la demande des organisations syndicales », a déclaré le ministre de la Fonction publique Stanislas Guerini sur Public Sénat.
Le ministre a rappelé le dégel du point d'indice, la base de rémunération commune aux 5,7 millions d'agents publics, revalorisé de 3,5 % au début de l'été. Une hausse qui s'ajoute « aux augmentations moyennes de 1,5 % », ce qui « correspond à peu près au niveau d'inflation constaté sur 2022 », a-t-il ajouté. Les syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires de la Fonction publique, qui ont appelé à la grève mardi, réclament eux l'indexation « automatique » du point d'indice sur l'inflation.
Gérald Darmanin a appelé une « partie du patronat à augmenter les salaires quand c'est possible », estimant qu'il y avait « un problème de salaires » en France. « Un ouvrier, un employé qui travaille, doit être rémunéré au juste salaire », a affirmé sur RTL le ministre de l'Intérieur.
« Les gens constatent que leurs salaires n'ont pas suivi l'augmentation des prix » et « qu'une partie des patrons se rémunère et que cette rémunération est disproportionnée par rapport à ce que touche une partie des salariés », a-t-il poursuivi avant d'ajouter : « Quand on est sensible à l'avenir de son peuple, comme l'est le président de la République, on constate ensemble que oui, une partie des salariés doit être augmentée ».
8h52 – 60 % des réservations dans les hôtels annulées, selon l'Umih
Sans essence, pas de vacances. C'est le constat que dresse l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih). Sur France Bleu Vaucluse , son président, Roland Héguy, estime à 60 % le taux d'annulation des réservations dans les hôtels pour les vacances de la Toussaint. Il demande aux grévistes des raffineries de « ne pas penser qu'à eux et de penser aussi aux secteurs du tourisme » car « l'avenir est très incertain ».
8h33 – « Beaucoup de salariés perdent de l'argent à cause de l'inflation », dénonce Fabien Roussel
« Beaucoup de salariés, du public comme du privé, ne voient pas leurs salaires augmenter en fonction de l'inflation. Donc ils perdent de l'argent. Si le gouvernement n'entend pas cette colère qui couve dans le pays, il peut encore y avoir des grèves, des situations difficiles », a prévenu Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste français.
« Je vais déposer une proposition de loi qui vise à rétablir l'échelle mobile des salaires : ce dispositif impose que l'ensemble des salaires évolue automatiquement en fonction de l'inflation. C'est une mesure de justice », a-t-il ajouté.
8h27 – « Les salariés en grève décideront s'ils reconduisent le mouvement », prévient Philippe Martinez
La grève va-t-elle durer à la SNCF ? La question a été posée ce matin sur RTL au patron de la CGT : « Ce sont les salariés en grève qui décideront, comme chez Total d'ailleurs », a-t-il répondu. Philippe Martinez a dénoncé le manque de « cohérence » dans la gestion de cette crise sociale par l'exécutif. « Le message du gouvernement, c'est plutôt l'invective », a-t-il déclaré.
Le secrétaire général de la CGT a par ailleurs réaffirmé son souhait d'une augmentation du SMIC à 2.000 euros, « ce qui correspond à une augmentation de 300 euros ».
🔴💬🎙️ "On demande un SMIC à 2000 €", lance Philippe Martinez (@lacgtcommunique) dans #RTLMatin au micro d'@amandine_begot 👈 pic.twitter.com/0nOYEzD2VF
8h12 – Les transporteurs routiers veulent une nouvelle négociation sur les salaires
« Nous avions conclu un accord à hauteur de 6 % au mois de février, 8 % dans la logistique au mois de juillet. Le but est d'essayer de se projeter sur le début de l'année 2023 », a expliqué sur France Info Florence Berthelot, déléguée générale de la Fédération nationale des transporteurs routiers, dont le secteur est appelé à se mobiliser ce mardi. La question de l'attractivité de la profession est en jeu, selon elle.
🗣 Ristournes sur le carburant ➡️ "On bénéficie du même système que les particuliers. Il semble que dans les tuyaux, Bruno Le Maire ait évoqué qu'un système d'aide serait maintenu. Il faudra penser un dispositif spécifique" pour les transporteurs, selon Florence Berthelot. pic.twitter.com/cBle0IBaOX
7h56 – Le gouvernement envisage un recours au 49.3 mercredi sur le budget
La perspective d'un 49.3 pour faire adopter le budget à l'Assemblée fait partie des ingrédients qui attisent la colère sociale. Pourtant, la Première ministre Elisabeth Borne y aura « probablement » recours mercredi dans le cadre des discussions à l'Assemblée nationale sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2023, a indiqué Olivier Véran.
DECRYPTAGE – Article 49-3 : trois questions sur l'arme du gouvernement pour faire adopter le budget
7h52- Il y aura « probablement » de nouvelles réquisitions ce mardi, dit Olivier Véran
Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a déclaré sur France 2 que de nouvelles réquisitions de personnels auraient « probablement » lieu ce mardi pour assurer le fonctionnement des sites de TotalEnergies bloqués par des grèves.
7h38 – Les plateformes de covoiturage font le plein
Le réseau BlaBlaCar Daily, qui propose des trajets quotidiens courts, observe une hausse de 30 % des demandes pour être passager depuis les grèves dans les raffineries françaises et les pénuries de carburants qui en découlent. Même son de cloche du côté de Karos, qui compte 600.000 utilisateurs en France. La plateforme a constaté un pic d'inscription le week-end du 8 octobre, a expliqué à l'AFP son porte-parole Tom Attias.
7h24 – EDITO – Comment la CGT tente de se refaire une santé
De nombreux syndicats ne participent pas à cette journée de grève (CFDT, CFE-CGC, CFTC, Unsa). Et FO, qui s'est rallié au dernier moment, n'en tirera guère de bénéfices. Cette journée d'action tient en revanche beaucoup à des considérations internes à la CGT, avant le congrès de mars 2023 qui statuera sur la succession de Philippe Martinez.
EDITO – Grèves : une journée pour rien
7h20 – Les Français désapprouvent cette journée de mobilisation, selon un sondage
Selon un sondage réalisé par l'institut Elabe pour BFMTV ce mardi, 49 % des Français désapprouvent ce mouvement contre 39 % qui le soutiennent. « Dans le détail, 50 % des ouvriers expriment du soutien ou de la sympathie à l'égard de cette journée de grève, mais aussi 39 % des CSP + et 49 % des CSP-. Les plus forts taux de rejets se trouvent du côté des retraités (62 % y sont opposés ou hostiles) et des électeurs d'Emmanuel Macron (78 %), de Valérie Pécresse (75 %) et d'Eric Zemmour (66 %) », souligne la chaîne.
7h15 – DECRYPTAGE – Quelles suites dans les raffineries ?
Cette journée de mobilisation nationale devrait peser sur la suite du conflit dans les raffineries et les dépôts de carburants. Dans tous les cas, le retour à la normale sera lent.
Raffineries et pénuries de carburants : cinq questions sur les suites de la crise
7h07 – Selon Sud-Rail, l'appel à la mobilisation est « fortement suivi » à la SNCF
Selon Erik Meyer, secrétaire fédéral SUD-Rail, plus d'un conducteur de train sur deux est en grève. « Pour un mouvement lancé et décidé il y a cinq jours, on est sur une journée de mobilisation qui est plutôt réussie », a-t-il affirmé au micro de Franceinfo.
Dans les faits, la grève n'est pas très suivie, avec de légères perturbations sur les réseaux TGV Inoui et Ouigo et les lignes Eurostar. Un TER sur deux est prévu et le trafic « perturbé » pour le Transilien en Ile-de-France (trois trains sur quatre pour le RER A, trois sur cinq pour le RER E, un train sur deux pour les RER B et C et un train sur trois pour le RER D). Un Intercités sur deux circule en moyenne.
🔴 DIRECT – 🗣 Grève à la SNCF ➡️ L'appel à la mobilisation est "fortement suivi. On compte plus d'un conducteur de train sur deux en grève, à peu près la même chose en contrôleurs, 30% des agents de maintenance", détaille Erik Meyer, secrétaire fédéral SUD-Rail. pic.twitter.com/eq8ryRJOi1
6h35 – FOCUS – Quelles sont les perturbations prévues ce mardi ?
La circulation des trains et métros sera perturbée, tout comme le fonctionnement de certaines écoles, crèches et lycées. Pour en savoir plus :
Grèves : les perturbations prévues pour ce mardi
6h30 – Près de 150 points de rassemblement prévus en France, selon la CGT
Les manifestations auront lieu dans toutes la France. A Paris, le cortège s'ébranlera à 14 heures de la place d'Italie, en direction de la place Vauban. Un autre cortège, pour protester contre la réforme des lycées professionnels, défilera du métro Saint François-Xavier au métro Sèvres-Babylone.
6h20 – Légère amélioration dans les stations-service, selon la ministre de l'Energie
L'approvisionnement des stations-service en carburants s'est légèrement amélioré, avec 28,1 % d'entre elles en difficulté lundi, contre plus de 30 % la veille, selon les derniers chiffres du ministère de la Transition énergétique. « La décision qui a été prise, c'est de mobiliser un cran au-dessus les préfets en appui des Total, des Esso, pour accélérer l'acheminement du carburant vers les stations-service en lien avec les transporteurs », a expliqué la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, sur RTL lundi soir.
> Le prix du gazole a bondi de 12 centimes la semaine dernière
Le prix moyen du litre de gazole vendu dans les stations-service a encore augmenté de 12 centimes la semaine dernière, selon des chiffres gouvernementaux. Le prix moyen était de 1,92 euro TTC, retrouvant son niveau de fin juillet. Les autres carburants sont aussi concernés par des hausses de prix, bien que moins élevées.
> Réunion autour de Macron avec Borne et les ministres concernés
Emmanuel Macron a réuni lundi après-midi à l'Elysée la Première ministre Elisabeth Borne et les membres du gouvernement concernés par la crise des carburants pour « faire un point sur la situation », a annoncé la présidence.
Carburants : Emmanuel Macron contraint de monter en première ligne sur fond de mobilisation sociale
> Une enveloppe de 440 millions supplémentaire pour la ristourne carburant
La prolongation de la remise sur les carburants s'annonce très coûteuse pour les finances publiques, alors qu'une enveloppe de 7,6 milliards avait déjà été prévue pour ce dispositif avant cette nouvelle extension. La décision souligne les deux lignes qui divergent au sein de l'exécutif sur la consolidation du déficit.
> Emmanuel Macron défend le passage au 100 % électrique
Dans une interview exclusive aux « Echos », et alors que le Mondial de l'Automobile a ouvert ses portes lundi à Paris, le chef de l'Etat a annoncé un bonus amélioré pour la moitié des ménages et l'entrée en application du leasing social début 2024.
EXCLUSIF – Emmanuel Macron : « Il faut une politique massive pour réindustrialiser l'Europe »
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