EN DIRECT- Crise des carburants : la CGT de TotalEnergies «n'appelle pas à la levée de la grève» malgré les concertations – Le Figaro

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L’objectif est «de contribuer à l’approvisionnement de la région Île-de-France, alimentée par un oléoduc depuis le dépôt de Port-Jérôme», selon le ministère de la Transition énergétique.
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A la première réquisition sur un des sites pétroliers du pays, la CGT appellera à «la mobilisation générale» dans tous les secteurs, a menacé son antenne départementale mercredi à Martigues. «Il est convenu que dès qu’une réquisition sera mise en oeuvre dans le pays, partout la CGT appellera à rentrer dans l’action, partout où c’est possible», a prévenu le secrétaire départemental de la CGT, Olivier Mateu, lors d’une conférence de presse au bord de l’Etang de Berre, au cœur du secteur pétrochimique. «Il y aura, dans tous les secteurs, des actions menées pour mettre fin immédiatement aux réquisitions», a-t-il précisé, soulignant que 30% des produits pétroliers qui transitent en France passent par les Bouches-du-Rhône.
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Les représentants CGT du grand port maritime de Marseille-Fos et de la seule raffinerie en France qui n’est pas en grève, la raffinerie de Lavera, se sont également dits prêts à suivre le mouvement. «Si un de nos camarades est réquisitionné, on ne restera pas la seule raffinerie à fonctionner», a confirmé Sébastien Varagnol, représentant CGT sur la raffinerie du groupe Petroineos.
La mobilisation a gagné du terrain dans les raffineries, mais aussi dans le nucléaire. Le mouvement, qui dure chez EDF depuis fin septembre, est plus discret. Il pourrait cependant engendrer des conséquences graves sur la production d’électricité au plus fort de l’hiver. Le contexte est déjà tendu: une dizaine de centrales sont à l’arrêt à cause d’un problème de corrosion et les autorités, craignant des coupures en cas d’hiver froid, appellent les Français et les entreprises à diminuer leur consommation de kilowattheures.
Chez EDF, la mobilisation s’est étendue mercredi matin, à l’appel – comme dans le pétrole – de la CGT (et de FO). Elle touche maintenant huit réacteurs dans quatre centrales nucléaires. Des salariés ont en effet voté la grève à Cattenom, suivant l’exemple de leurs collègues de certaines équipes de Tricastin, Cruas et Bugey. À Gravelines, les salariés ont voté la grève à partir du 13 octobre.
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Après la décision du gouvernement pour débloquer certaines raffineries et atténuer l’approvisionnement des stations service, quatre salariés sont réquisitionnés sur le site d’ExxonMobil de Port-Jérôme, annonce le Ministère de la Transition énergétique. Et ce, suite à un arrêté du préfet de Normandie envoyé au directeur de la raffinerie. Dans le détail, deux ont été réquisitionnés mercredi. Deux le seront demain. «Cet arrêté est pris dans le but de contribuer à l’approvisionnement de la région Ile-de-France, alimentée par un oléoduc depuis le dépôt de Port-Jérôme», ajoute le Ministère.
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Alors que le mouvement de grève dure depuis plusieurs jours et entraîne de longues files d’attente à l’entrée des stations-service, les Français, eux, sont divisés sur les blocages de raffineries de TotalEnergies et de Esso. Selon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi, 42% des sondés approuvent le mouvement de grève quand 40% sont d’un avis contraire. Les stocks des stations-service baissant, une partie des Français ont de plus en plus de mal à faire leur plein. Si 21% d’entre eux indiquent qu’il est impossible de trouver de l’essence, 43% expliquent qu’ils ont du mal à en trouver. À l’échelle du territoire, ce sont les habitants du Nord-Est et du Sud-Est qui sont les plus touchés.
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Pour les Français, l’exécutif n’est pas à la hauteur. 79% des sondés considèrent que le gouvernement ne gère pas correctement la situation. Quant à la méthode pour débloquer le conflit, ces derniers sont partagés. Si 51% des Français veulent que le gouvernement réquisitionne les salariés pour alimenter les stations-service, 48% considèrent, à l’inverse, qu’il faut respecter le droit de grève.
La CGT de TotalEnergies est restée inflexible mercredi sur l’ouverture de négociations salariales«sans conditions», à l’issue d’une première entrevue avec la direction du groupe, désormais ouverte selon le syndicat à des négociations si les livraisons de carburants reprenaient.
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La direction «ne parle plus de levée de la grève, mais simplement d’une reprise des livraisons de produits» et accepte que les raffineries restent à l’arrêt pendant d’éventuelles négociations salariales, a indiqué aux journalistes Thierry Defresne, secrétaire CGT du comité TotalEnergies Europe, au terme d’une rencontre d’une heure avec la direction, au siège social du groupe, dans le quartier d’affaires parisien de La Défense. «Ce sont les grévistes qui décident, ce n’est pas nous, mais je suis prêt à parier qu’ils ne seront pas d’accord», a-t-il ajouté.
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Après la consigne donnée aux préfets il y a quelques jours par le gouvernement face à la pénurie des carburants, ces derniers agissent. Mercredi après-midi, les préfectures du Grand Est et du Bas-Rhin ont pris un arrêté visant à interdire «la vente, l’achat, la distribution et le transport de carburant dans tout récipient». Les préfectures en question demandent également d’éviter tout «achat préventif» pour «assurer la satisfaction des besoins de tous».
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Les automobilistes n’ont pas fini de faire la queue devant les stations-service encore ouvertes malgré le coup de pression de la première ministre Élisabeth Borne, qui a lancé la réquisition de certains salariés des dépôts Esso.
Si la situation reste très difficile pour de nombreux Français, elle n’en est pas pour autant inédite. En un peu plus de 50 ans, la France a connu plusieurs ruptures d’approvisionnement provoquées par des mouvements de grève.
Le Figaro revient sur les épisodes marquants qui ont rythmé ces cinquante dernières années : Carburant : depuis 1968, les grandes pénuries en France
Dans un communiqué publié ce mercredi, la CFE-CGC de TotalEnergies s’est montrée moins conciliante que sa consœur d’Esso qui a signé l’accord avec la direction. Si elle s’est montrée «favorable à la négociation au préalable de toute action de grève ou de blocage», elle a dit comprendre le mouvement en cours : «La Direction récolte, quelque part, ce qu’elle a elle-même semé».
Parmi les griefs, la section pointe la dégradation du climat social général au sein de l’entreprise causée par «les réorganisations à répétition, la modération salariale et un dialogue social dégradé…» Elle appelle à une meilleure répartition des bénéfices récoltés par l’entreprise.
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Les représentants de la CGT TotalEnergies étaient reçus ce mercredi par la direction du groupe pour tenter de trouver une issue au conflit social sur les salaires. «La direction a précisé ce qu’elle attendait de nous. Elle ne parle plus de levée de la grève, mais simplement d’une reprise des livraisons de produits, c’est-à-dire qu’elle accepte que les raffineries restent à l’arrêt dans un premier temps mais, ce qu’elle cherche, c’est que les livraisons au départ des raffineries dans les stocks internes des raffineries, puissent être libérées par pipe, par camion, par train, que toutes les livraisons reprennent avant même le redémarrage des installations», a détaillé Thierry Defresne, secrétaire général CGT du comité européen TotalEnergies. Ces propositions seront présentées «aux grévistes dès ce soir».
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Pour autant, «il y a beaucoup de principes qui nous opposent», a-t-il ajouté, précisant que la CGT «n’appelle pas à la levée de la grève parce que (…) les grévistes nous ont dit qu’ils ne voulaient pas lever leur mouvement tant qu’il n’y avait pas de proposition sur la table».
«Et pour l’instant, les indicateurs nous montrent que la direction n’est pas encline à faire des propositions (…) de nature à faire lever le mouvement», a déclaré Thierry Defresne. Tout en rappelant que «ce sont les grévistes qui décident de la suite de leur mouvement».
Thierry Defresne, secrétaire général CGT du comité européen de TotalEnergies, a annoncé vouloir provoquer «une réunion intersyndicale entre les organisations représentatives pour discuter ensemble de la manière dont on peut continuer ces échanges» à 17h.

«C’est un premier pas»: les militants CGT en grève de la raffinerie TotalEnergies de Feyzin (Rhône) ont accueilli favorablement mercredi la décision de la direction de recevoir le syndicat lors d’une réunion qu’elle avait initialement subordonnée à la levée des blocages. «Je suis ravi que la direction nous reçoive enfin… On va voir ce qu’elle met sur la table, mais c’est un premier pas», s’est félicité Antoine Lopez, 50 ans, opérateur et délégué CGT en marge d’un «barbecue solidaire» organisé par son syndicat à l’une des entrées de cette raffinerie de 600 salariés.
«La direction ne voulait plus nous voir, maintenant si, ça ne peut donc qu’avancer. Mais je ne comprends pas qu’elle reçoive les syndicats individuellement. Collectivement, on peut mieux négocier, se mettre d’accord», regrette ce militant.
La grève pour les salaires a été reconduite mercredi en début d’après-midi sur le site Esso-ExxonMobil de Notre-Dame-de-Gravenchon, menacé de réquisition, a constaté un journaliste de l’AFP. La grève a été votée à l’unanimité par la quinzaine de salariés présents vers 14h sur le piquet de grève, selon l’AFP. «Le gouvernement vient s’immiscer dans le mouvement», a dénoncé le délégué syndical central CGT, Christophe Aubert, en précisant que «le préfet a les réquisitions en main et si à 14h personne ne va travailler, les réquisitions vont commencer».
«La direction nous informe qu’elle est prête à renégocier après la grève», a-t-il ajouté sur le piquet de grève, où une délégation d’élus dont la cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot se sont rendus. «Ce n’est pas une réunion politique, c’est une lutte pour les salaires. Si les politiques veulent nous apporter leur soutien, c’est très bien», a estimé Christophe Aubert. Le secrétaire général de l’Union départementale 76 de la CGT, Pascal Morel, a réagi à la réquisition du site en condamnant «cette menace sur le droit de grève». La CGT «se prépare à des assemblées générales pour appeler à la grève partout», a-t-il poursuivi.
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Selon Pascal Morel, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez doit se rendre sur le site Esso-ExxonMobil en fin de journée. «Nous sommes venus au soutien des grévistes, ce gouvernement refuse de taxer les superprofits et d’augmenter les salaires», a lancé devant les journalistes la députée LFI Mathilde Panot, accompagnée de responsables locaux de la CGT et d’autres élus et parlementaires. «C’est la caresse aux puissants et lorsque le peuple réclame son dû, c’est la répression», a-t-elle ajouté. «Les salariés d’ExxonMobil réclament 0,53% du bénéfice semestriel d’Exxon», selon elle. Six des sept raffineries de France sont en grève mercredi: les quatre de TotalEnergies et les deux d’Esso-ExxonMobil; seule celle de Lavéra (groupe Petroineos) n’est pas bloquée.
La grève est repartie de plus belle ce mercredi matin sur le site d’Esso-ExxonMobil de Port-Jérôme. Un temps suspendue, la menace de réquisition dans les dépôts du groupe est entrée en vigueur ce matin.

«J’ai demandé aux préfets d’engager, comme le permet la loi, la procédure de réquisition des personnels», a annoncé la première ministre Élisabeth Borne devant l’Assemblée nationale mardi.

Comment se déroulent ces réquisitions ? Qui est concerné ? Pour le savoir, lisez notre article :Réquisition du personnel d’Esso-ExxonMobil : que va-t-il se passer?
Le syndicat Force Ouvrière a annoncé mercredi qu’il rejoignait le mouvement de grève pour les salaires initié par la CGT chez TotalEnergies, qui provoque des pénuries de carburants dans un tiers des stations-service françaises. «Les syndicats FO de Donges (Loire-Atlantique), Feyzin (Rhône), Normandie (Seine-Maritime), La Mède (Bouches-du-Rhône), Grandpuits/Gargenville (Seine-et-Marne), Flandres (Nord) ont tous rejoint la grève légitime engagée depuis le 27 septembre 2022», indique FO dans un communiqué.
L’organisation syndicale, non représentative au niveau du groupe mais quatrième force dans la branche raffinage-pétrochimie, déplore notamment la décision du gouvernement de procéder à des réquisitions de grévistes au cas où le mouvement se poursuivrait, et la communication du groupe qui «lâche ses salariés à la vindicte populaire en les faisant passer pour des nantis».
FO dénonce également l’absence «d’un dialogue social digne de ce nom» dans l’entreprise. La CGT était toutefois reçue mercredi pour la première fois par la direction depuis le début du mouvement.
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Parmi les nombreuses voitures, un homme en trottinette rouge se faufile. Il a à la main un petit bidon d’essence. « Je suis tombé en panne à Châtillon. Il ne faudrait pas que ma voiture reste mal garée trop longtemps », nous dit Jean Christophe, 55 ans. Il toque à une première fenêtre de voiture et demande s’il peut passer devant. Le conducteur n’ouvre même pas sa fenêtre. Il essaye avec une deuxième voiture, rebelote. « C’est vraiment chacun pour soi », déplore-t-il. Finalement, la troisième sera la bonne.

Dans la vie, Jean-Christophe est chercheur en biologie : « J’organise mon télétravail comme je l’entends, fort heureusement ». S’il rencontre plusieurs problèmes actuellement, il pense beaucoup de bien de la grève : « Je comprends leurs revendications. Je comprends leur colère. Il y a des choses dans notre société qui partent en cacahuète. Il y a un réel problème de considération en management. Avancer les négociations salariales aurait été la moindre des choses, surtout avec cette inflation. »

Son bidon est rempli, il remonte sur sa trottinette et s’en va. « On se croisera peut-être tout à l’heure quand je reviendrai avec ma voiture », nous lance-t-il, avant de disparaître.
De notre envoyée spéciale en région parisienne,Jeanne Sénéchal.
Selon une source proche du dossier, les réunions de cet après-midi sont des réunions de « concertation » et ne sont pas le début de « négociations ». C’est une « prise de température », « des échanges informels » dans un contexte de dialogue et d’ouverture. Ce n’est pas le début de la négociation, il n’est pas question de propositions salariales à ce stade car les NAO n’ont pas commencé. Or, ce cadre institutionnel est essentiel pour ce faire.
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Une majorité du personnel de production de l’après-midi de la raffinerie TotalEnergies de Donges (Loire-Atlantique) a voté mercredi à la mi-journée la poursuite de la grève, a constaté une journaliste de l’AFP. Consultée vers 13h, la cinquantaine de salariés présents se sont prononcés à 75% pour poursuivre le mouvement de grève, débuté mercredi à 5h.
«La grève est reconduite à une large majorité», a déclaré David Arnould, délégué syndical CGT, assurant que «plus aucune goutte ne sort de la raffinerie depuis ce (mercredi) matin».
Sous l’effet de la pénurie, le carburant devient l’objet de toutes les convoitises. La soif de gasoil ou de sans-plomb est telle que reviennent des trafics que l’on dirait droits sortis de l’époque de la prohibition.
Dans le Val-de Marne et à Arcueil, des vendeurs à la sauvette ont été attrapés par la police.
À Villiers-le-Bel, certains ont été interdits par des «pirates» d »accéder à la station.
Lire notre récit :Sur fond de pénurie, pompistes clandestins et «siphonneurs» passent à l’action

Amine, 55 ans, soutient les grévistes et se dit fervent défenseur du droit de grève. «J’ai entendu à la radio qu’ils demandaient des négociations depuis le mois de mars dernier. Quel autre choix avaient-ils ?» questionne-t-il. Il ajoute : «TotalEnergies et les autres se sont gavés sur notre dos. La moindre des choses aurait été de faire un petit geste».
De notre envoyée spéciale en région parisienne,Jeanne Sénéchal.
Anne, 44 ans, va remplir son réservoir jusqu’à la dernière goutte. «Mon mari m’avait demandé d’attendre, pour ne pas payer le plein d’essence trop cher, mais c’était une aubaine», nous lance-t-elle. Sur son panneau de commande, son réservoir venait de passer au rouge.
Maman de deux enfants, elle est contrôleur de gestion et passe son temps à faire des allers-retours entre Paris et les Yvelines, pour son travail. Pour pouvoir emmener ses enfants à la crèche ce matin, elle a dû demander à son employeur de se mettre en télétravail. «Ils m’ont autorisée. Pour l’instant, ils comprennent», ajoute-t-elle, espérant que cela dure.
«En ce qui concerne la grève, moi aussi j’aimerais bien me faire augmenter mon salaire de 10%», lâche-t-elle. «Cette grève bloque tout le pays, et surtout les gens qui touchent le smic, ceux qui ont besoin de voiture pour aller travailler. Les riches, ils s’en fichent.»
De notre envoyée spéciale en région parisienne,Jeanne Sénéchal.
Dans le 15e arrondissement, une file d’attente de plusieurs centaines de mètres s’est formée devant la station essence BP et des agents des forces de l’ordre font la circulation, constate notre journaliste Mayeul Aldebert.
La station d’essence Issy-les-Moulineaux est l’une des seules encore ouvertes dans l’ouest de Paris. De nombreuses voitures attendent leur tour, dans le calme. Cerkan, 38 ans, est chauffeur VTC. Il est tombé par chance sur la station. «Je n’ai même pas eu à faire la queue», dit-il en souriant. Enfin, «par chance»… Il nous avoue avoir tout de même quelques petites techniques : «Nous avons un groupe Telegram avec les autres VTC, dès qu’on voit une station essence ouverte avec pas trop de queue, on le dit aux autres», nous explique-t-il.
Vendredi dernier, il n’avait pas eu cette chance. «J’ai dû faire 100 kilomètres pour trouver de l’essence, soit deux heures de trajet, aller et retour». Il est agacé. «On a eu les « gilets jaunes », on a eu le Covid. Si le gouvernement continue comme ça, je vous le dis, ça va péter. Les Français vont craquer», met-il en garde.
Derrière lui, Maurice, chauffeur de taxi, attend patiemment son tour : «Je n’ai pas le choix, si je n’ai pas d’essence, je n’ai pas de travail». «Heureusement que les enfants sont grands et qu’on a pas à les emmener à l’école», souffle-t-il.
De notre envoyée spéciale en région parisienne,Jeanne Sénéchal.
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Alors que nombre de stations doivent faire face à une offre qui se réduit de jour en jour, des automobilistes inquiets cherchent coûte que coûte à faire le plein. C’est notamment le cas à Nice, où notre envoyé spécial, Nicolas Daguin, a constaté un «gigantesque embouteillage à l’ouest de la ville», mardi soir, pour accéder à une pompe. Les images, impressionnantes, montrent des dizaines de voitures faire la queue.
Dans un nouveau communiqué de presse, le groupe Esso rappelle qu’un accord salarial a été conclu avec la CFDT et la CFE-CGC majoritaire. Ce dernier prévoit «une évolution globale des salaires entre le 31 décembre 2022 et le 31 décembre 2023 de 6,5 % », «une prime de partage de la valeur de 3000 € (hors participation et intéressement)» et «une aide ponctuelle à la mobilité et aux transports de 750 € brut, versée en novembre pour faire face à l’augmentation du prix des carburants».
La direction rappelle donc que cet accord «met nécessairement fin aux négociations» et demande la fin des blocages.
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Est-ce un vœu pieux ? Interrogé par des journalistes sur les jours à venir, le porte-parole du gouvernement a indiqué mercredi que le déblocage des dépôts pétroliers, grâce aux réquisitions, à Port-Jérôme, ou au dialogue social, ailleurs, devrait permettre une «amélioration très sensible […] dans les prochains jours». «Imaginez que vous avez des dépôts de carburant qui sont pleins. Vous avez des camions qui ne peuvent pas en sortir. Vous ouvrez les portes, exigez ou permettez les salariés de refaire fonctionner le transfert de carburant vers les camions, qui vont immédiatement vers les stations. Vous avez déjà un début d’amélioration dès les heures qui suivent», a expliqué Olivier Véran.
Une fois la grève terminée dans les dépôts, «les premiers effets seront visibles rapidement». Mais quelques jours au moins seront nécessaires pour permettre d’approvisionner de nouveau les stations du territoire et revenir à un niveau normal, a nuancé le porte-parole. «Cela ne va pas se faire en une heure, c’est certain […], en revanche, ça va aller vite», a-t-il jugé.
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32h par semaine en moyenne, possibilité de départ à la retraite avec trois ans d’avance, mais surtout des salaires assez élevés, en moyenne 4300 euros brut sans l’intéressement et participation, selon TotalEnergies. Les conditions de travail des opérateurs de raffinerie d’Esso et de TotalEnergies ne sont pas les pires du marché, malgré des difficultés comme le travail en trois huit tournants et l’exposition à des matières dangereuses.
Un chiffre réfuté par la CGT. Selon Emmanuel Lépine, secrétaire général de la Fédération nationale des Industries chimiques FNIC-CGT, «le salaire moyen est aux alentours de 3000 euros».
Lire notre décryptage : Blocage des raffineries : les confortables rémunérations des salariés de TotalEnergies et Esso
L’exécutif maintient la pression sur les grévistes. Au sortir du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement a indiqué que l’exécutif n’excluait pas de «recourir à des réquisitions» supplémentaires de personnels, au dépôt pétrolier proche de Dunkerque. Les autorités «suivent minute après minute la situation sociale» sur place, a indiqué Olivier Véran, ajoutant que des réquisitions, en cas d’échec des discussions, permettraient un «déblocage rapide». «Cela peut évoluer à tout moment, au cours de la journée», a-t-il noté.
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Chez ExxonMobil, la CGT «refuse toujours de s’inscrire dans le respect des règles élémentaires» du dialogue social, a dénoncé l’ancien ministre de la Santé, rappelant qu’un accord avait été signé entre la direction et les représentants majoritaires des syndicats. «L’impact de ce conflit est devenu insupportable», s’est-il aussi insurgé.
Après un nouveau round d’échange ce matin entre la direction de TotalEnergies et les différentes organisations syndicales, le groupe propose de recevoir individuellement chaque syndicat cet après-midi pour poursuivre le dialogue. Cette invitation concerne aussi la délégation de la CGT pour échanger sur la situation du raffinage en France et la levée des blocages. Il s’agira de la première rencontre entre ces deux acteurs depuis le début du conflit social.
Deux journalistes du Figaro se sont rendus hier à la raffinerie d’ExxonMobil, de Port-Jérôme en Seine-Maritime. Sur place, les quelques grévistes ne semblent pas vouloir lâcher malgré les menaces du gouvernement.
Les réquisitions ? «C’est une atteinte au droit de grève, on va se battre, mettre en place des référés», lance un militant de la CGT.
Les pénuries ? «Une conséquence inévitable des effets de la lutte», confirme un autre.
Lire notre reportage : À la raffinerie de Port-Jérôme, la rancœur des grévistes
Ce qui est rare est cher : non seulement faire un plein d’essence implique de patienter longuement devant les stations, mais en plus, les automobilistes ont vu la la facture augmenter, ces derniers jours. D’après les remontées du ministère de la Transition énergétique, le litre de gazole coûtait, vendredi dernier, 1,8035 euro en moyenne. Un prix en hausse 6,36%, soit 10,8 centimes, en sept jours. Même constat pour l’essence : le SP95-E10 a bondi de près de 5% – sept centimes – sur la même période, s’affichant désormais à 1,6440 euro le litre.
Ces augmentations, qui interviennent après plusieurs semaines de baisse continue, s’expliquent en partie par la décision de l’Opep+ de baisser ses quotas de production, début octobre. Une décision qui a conduit à un bond de la matière première sur les marchés. En outre, les distributeurs s’approvisionnent davantage à l’étranger afin de compenser les manques engendrés par la grève, augmentant d’autant la facture.
Une partie des hausses pourrait cependant être le résultat d’effets d’aubaine, s’inquiète le gouvernement : «Nous n’accepterons pas que certains profitent de la situation pour gonfler artificiellement les prix», a mis en garde en début de semaine Agnès Pannier-Runacher. La répression des fraudes (DGCCRF) va mener des contrôles, et prendre des sanctions, le cas échéant, a-t-elle ajouté.
La CGT, en déclin face à la CFDT, tente de relancer une dynamique avec cette confrontation devant les raffineries. À la manœuvre, la fédération CGT des industries chimiques, l’une des plus importantes de la centrale de Montreuil et surtout l’une des plus radicales.
Derrière cette volonté de redorer son blason, se cache comme autre enjeu la succession de Philippe Martinez.
Lire notre décryptage :Derrière la stratégie jusqu’auboutiste de la CGT, les querelles internes

Les ouvriers CGT des raffineries Total et Exxon ne sont pas les seuls à s’être mis en grève. Chez EDF, les mouvements sociaux se multiplient pour réclamer des hausses de salaires.
C’est le cas à Gravelines dans le nord de la France, où certains ouvriers ont voté aujourd’hui pour lancer un mouvement reconductible à partir de jeudi 13 octobre. «Cela ne va pas provoquer de coupures», tente de rassurer la direction du site. Néanmoins, cette grève pourrait retarder la remise en route de deux des six unités de la centrale qui doivent subir des travaux de maintenance.
À l’origine, le redémarrage était prévu en fin d’année afin de pouvoir répondre à la demande croissante en hiver. Un plan rodé qui pourrait être remis en question.
La pénurie de carburant qui s’intensifie pousse un certain nombre de professions à réclamer un accès prioritaire à la pompe pour exercer leur travail.
C’est le cas notamment des ambulanciers, des gendarmes ou de la police, bien que certaines pompes leur soient déjà dédiées. Mais d’autres corps de métiers réclament le même privilège : les chauffeurs de taxi par exemple, mais aussi les soignants libéraux qui assurent le soin à domicile de leurs patients.
À l’heure actuelle, chaque département a établi sa liste. Les explications à lire ici:Pénuries de carburants : quelles sont les professions jugées prioritaires à la pompe ?

Une grève chez TotalEnergies et ExxonMobil entraîne des pénuries d’essence dans de nombreuses stations-service de France. D’après les dernières remontées du ministère de la Transition énergétique, mardi, 31,3% des stations étaient «en difficulté» sur au moins un carburant, mardi après-midi.
Avec notre moteur de recherche, trouvez les points de vente où diesel et sans-plomb sont encore disponibles :Pénurie d’essence : trouvez une station-service approvisionnée près de chez vous

Interrogé ce mercredi sur Radio Classique, le président de Système U, Dominique Schelcher, a lancé un appel à la «solidarité de tous les Français», afin que les stations-service ne soient pas le théâtre de conflits entre usagers. Les gens sont «raisonnables», dans l’ensemble, a-t-il assuré, conseillant aussi d’éviter les comportements abusifs, comme faire son plein trop souvent.
Les stations des magasins de son groupe ne connaissent pas de pénurie, a précisé le dirigeant. «Il n’y a pas d’aggravation liée à ce conflit», s’est-il félicité, soulignant l’effet bénéfique de la libération des stocks stratégiques de l’État pour l’approvisionnement en carburants.
L’homme d’affaires est aussi revenu sur les prix à la pompe, qui ont augmenté, en moyenne, la semaine dernière. «On ne prend quasiment pas de marge», a-t-il expliqué, mais le contexte international joue également : la décision de l’Opep+ de limiter sa production a tiré le prix du baril vers le haut, pesant sur le coût final. En outre, face aux pénuries, «on importe du carburant», qui coûte plus cher à l’achat et doit être répercuté sur le prix, a ajouté Dominique Schelcher. «Mais on ne profite évidemment pas de la situation pour prendre des marges supplémentaires», a-t-il conclu.
Tôt mercredi matin, la CGT a annoncé la poursuite du mouvement social chez TotalEnergies. Une décision qui intervient alors que la direction a tendu de nouveau la main aux grévistes, mardi soir : «TotalEnergies invite à une réunion de concertations et d’échanges, demain après-midi, les syndicats représentatifs aux bornes du Socle Social Commun et qui ne participent pas au mouvement de grève actuel. Si la CGT lève tous les blocages de sites avant demain midi, elle sera bienvenue à cette réunion de dialogue», indiquait dans un communiqué l’entreprise.
Parallèlement, les salariés mobilisés ont aussi voté mercredi matin la reconduction de la grève sur le site Esso-ExxonMobil de Port-Jérôme, en Normandie. Une décision prise alors qu’une reprise du travail avait été constatée quelques heures, mardi après-midi, dans le dépôt pétrolier.
Conformément aux annonces d’Élisabeth Borne, quelques heures après l’annonce de la poursuite de la grève à Port-Jérôme, le gouvernement a donc enclenché le processus de réquisition de personnels essentiels pour remettre le dépôt du site en marche.
»LIRE AUSSI – Pénurie de carburants : le gouvernement lance la réquisition de personnels à la raffinerie de Port-Jérôme
Le mouvement social perturbant la chaîne logistique pétrolière est lourd de conséquences pour les entreprises, l’État et les particuliers. Malgré le déblocage de stocks stratégiques détenus par les autorités, un nombre croissant de stations-service se retrouvent en difficulté. D’après les dernières remontées du ministère de la Transition énergétique, mardi, 31,3% des stations étaient «en difficulté» sur au moins un carburant, mardi après-midi. Une «légère amélioration» était constatée dans certains territoires, comme les Hauts-de-France, où 44,8% des stations étaient à sec. À l’inverse, la situation s’est tendue en Île-de-France, où 44% des stations disaient rencontrer des difficultés d’approvisionnement.
«Nos efforts fonctionnent, mais de manière déséquilibrée selon les territoires», commentait-on au cabinet d’Agnès Pannier-Runacher, ajoutant que les tensions actuelles sont aussi engendrées par des «phénomènes de surconsommation assez massifs» : dans certains territoires, ainsi, la demande a bondi, pouvant dépasser de 50% son niveau habituel.
»LIRE AUSSI – Carburant: en 50 ans, des menaces de pénurie à répétition
Bonjour à tous, et bienvenue dans ce direct consacré à la grève touchant les raffineries et dépôts pétroliers français. Grève, réquisition de personnels, pénurie de carburants… La situation ne s’est toujours pas débloquée, plusieurs jours après le début de la mobilisation, et la CGT campe sur ses positions.
Najiels
le
Courageuse CGT qui résiste vaille que vaille à Macron et son monde.
Merlin66
le
Un jour je vais finir par voter RN même à regret pour voir ma Marine se taper un conflit face à la CGT.
vincent cublac
le
La grève va durer tant que Mélenchon ne donnera pas l’ordre à martinez d’arrêter.
L’inflation, la guerre en Ukraine et les confinements récurrents en Chine feront fondre la croissance mondiale en 2023.
Logement, entreprises, commerces… Des dizaines de mesures d’économie d’énergie touchent de nombreux domaines. Le Figaro fait le point sur les principales.
La CGT est prête à entamer dès lundi des négociations, alors que la grève génère des ruptures d’approvisionnement partout en France.
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EN DIRECT- Crise des carburants : quatre salariés du dépôt d’ExxonMobil à Gravenchon réquisitionnés pour mercredi et jeudi
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