Échéance électorale 2023 : le GM pourra-t-il être généreux en 2023 ? – Le Defi Media Group

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L’appareil d’État devrait être mis à contribution en 2023 afin de soutenir les personnes âgées et les plus vulnérables en cette nouvelle année qui s’annonce dure en termes de coût de la vie. Mais ces aides sociales auront aussi une portée politique, étant donné que nous nous approchons de l’échéance électorale.
L’agenda politique devrait, selon plusieurs observateurs, déterminer l’étendue de la générosité du gouvernement en 2023. Annoncé comme une année éminemment politique avec la tenue des élections municipales pour juin 2023, selon les dispositions de la New Local Government Act, ou peut-être la tenue d’élections générales, le gouvernement ne compte pas faire dans la demi-mesure afin de séduire la population. C’est ce que pensent les observateurs politiques.
Le ton a d’ailleurs déjà été donné au mois de novembre lorsque le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, a annoncé une compensation salariale record de Rs 1 000 à partir de janvier 2023. Sans compter qu’il a aussi laissé entendre qu’il y aura une augmentation de la pension de vieillesse vers juin 2023. 
La question qui se pose est la suivante : Jusqu’où le gouvernement peut-il aller pour faire les yeux doux à l’électorat mauricien ? Selon l’économiste, Takesh Lucho, la générosité du gouvernement dépendra largement de la tenue des municipales, voire des élections générales, dépendant du jugement du Privy Council dans l’affaire des pétitions électorales dans la circonscription no. 8 (Moka/Quartier-Militaire). 
« Le gouvernement devra préparer une stratégie visant à faire plaisir à la population. Il semblerait que le trésor de bataille, voire la ‘Chess war’, est en train d’être construit à travers le maintien des prix des carburants, entre autres. C’est un fait. Le gouvernement est en train de renflouer ses caisses. Ces fonds seront visiblement redistribués par la suite à la population. Mais tout dépend de ce qui va se produire en mars dans l’affaire opposant Suren Dayal et le Premier ministre devant le Privy Council. Si le jugement est favorable au gouvernement, les mesures ‘fer labous dou’ s’échelonneront jusqu’en 2024. Mais au cas contraire, la machinerie électorale sera mise en branle et le gouvernement devra faire en sorte de réaliser ses promesses dans le courant de 2023. Et tout commence par l’augmentation de la pension universelle », déclare-t-il. 
Le taux de croissance annoncé par le ministre des Finances, n’est-il pas de bon augure pour financer les prochaines générosités du gouvernement ? « Je prends le taux de croissance de 7,8 % avec des pincettes, car je pense que ce chiffre est dopé par l’inflation », répond-il. 
Même son de cloche du côté de l’économiste, Kevin Teeroovengadum, à propos du taux de croissance. « C’est un paradoxe. Le ministre des Finances, le gouverneur de la BoM et même plusieurs ministres sont venus de l’avant afin de faire le bilan de l’économie du pays. Ils ont fait ressortir que tout va bien. Pour ma part, le taux de croissance de 7,8 % ne m’inspire pas confiance. Je pense que ce chiffre sera ramené à 6 % dans le courant de l’année prochaine », souligne-t-il. 
Ce dernier est aussi d’avis que le ‘timing’ des élections municipales, déterminera les « cadeaux » que compte offrir le gouvernement à la population. « Tout porte à croire que certaines promesses pourraient être réalisées dans le courant de l’année prochaine et d’autres en 2024. Cela, en raison du contexte économique. D’un côté, le gouvernement est en train de promettre l’augmentation de la pension et de l’autre, les prix des carburants restent inchangés. Si ces derniers étaient ramenés à environ Rs 50, cela soulagerait tout le monde », avance-t-il. 
L’économiste, Manisha Dookhony, dit quant à elle craindre le pire au vu de la situation économique actuelle. « Les réserves de la Banque de Maurice sont à sec et rien que d’imaginer que la pension de vieillesse va très probablement connaître une augmentation en 2023, je trouve que c’est difficile. Il ne faut pas oublier que le paiement de la pension représente la plus grosse dépense de l’État », soutient-elle. 
Et d’ajouter que ce n’est pas que la pension de vieillesse qui sera revue à la hausse. « Bien souvent, lorsque la pension de vieillesse est augmentée, il y a aussi des ajustements qui se font pour les veuves, les autrement capables ainsi que ceux souffrant de maladies. Cela va faire beaucoup », indique-t-elle. 
Le politologue, Avinaash Munohur, qui pense aussi qu’il y a une limite à l’endettement, concède cependant que le gouvernement a déjà préparé son coup bien à l’avance. « Si on suit le fonctionnement des agences internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, on comprend qu’un gouvernement peut se permettre de s’endetter à condition qu’il investisse dans de nouveaux actifs ». 
Ainsi, la construction de projets tels que le Metro Express, par exemple, se trouve être des valeurs sûres pour le gouvernement, selon lui. « Ce sont donc les actifs dans lesquels le gouvernement a investi, qu’on pourra très certainement financer les autres promesses que compte accorder le gouvernement prochainement », déclare-t-il. 
Notre interlocuteur se veut aussi rassurant pour 2023. Il est en effet d’avis qu’il y a des signes de reprise dans plusieurs secteurs d’activité et que cela va faire du bien aux caisses de l’État. « La situation du tourisme à Maurice est presque revenue au même niveau qu’avant la période de Covid-19. Le secteur financier se porte aussi très bien depuis que nous sommes sortis des listes grise et noire, et le marché de l’immobilier de luxe va également très bien. Les revenus vont revenir », est-il d’avis.
Il s’agit de l’une des mesures phares du ministre des Finances, Renganaden Padayachy, lors de l’exercice budgétaire 2022/2023. En effet, afin de permettre aux Mauriciens à mieux faire face à la perte du pouvoir d’achat, le Grand argentier annonce que les employés du secteur privé aussi bien que du public, dont les revenus bruts ne dépassent pas la somme de Rs 50 000 par mois, seront éligibles à une allocation de Rs 1 000 chaque mois. Cette mesure concerne aussi ceux qui travaillent à leur propre compte. Selon la Mauritius Revenue Authority (MRA) qui est chargée d’assurer ce paiement, 350 000 personnes sont concernées par cette mesure sociale qui coûte Rs 4,6 milliards à l’État annuellement. 
Outre l’augmentation de Rs 1 000 pour les personnes âgées entre 60 et 65 ans, le ministre des Finances avait aussi, lors de son dernier grand oral, annoncé une hausse de Rs 2 000 à ceux qui sont âgés de 65 ans et plus. Ce qui fait que ceux âgés entre 60 et 65 ans touchent, depuis le 1er juillet 2022, une pension de Rs 10 000, tandis que ceux qui sont âgés entre 65 ans et plus ont vu leur pension passer à Rs 11 000. Il est aussi important de rappeler que le gouvernement avait, à la veille des élections générales de 2019, annoncé qu’il fera passer la pension à Rs 13 500 d’ici fin 2024 et tout semble indiquer que c’est lors du prochain Budget que cette mesure devrait enfin entrer en vigueur. 
Bien que les subventions de l’État sur sept catégories de denrées alimentaires ont pris fin le 30 juin dernier, le gouvernement avait, en 2021, accordé une subside de Rs 500 millions afin d’éviter que les prix de plusieurs produits de base ne prennent l’ascenseur. 
 110 000 citadins sont exemptés de la taxe immobilière depuis juillet 2022. Cette taxe qui revenait aux alentours de Rs 1 300 pour les citadins, s’est cependant révélée être un coup de massue pour les cinq municipalités du pays. En effet, la taxe immobilière rapportait un peu plus de Rs 233 millions aux villes.
Bien que plusieurs économistes et l’opposition reprochent souvent au gouvernement d’accorder des largesses à la population sans réfléchir, divers travailleurs sociaux et responsables d’organisations non gouvernementales (ONG), considèrent que ces aides sociales sont d’une grande aide pour les plus vulnérables. 
Patricia Adèle Fidèle, secrétaire générale de l’ONG Caritas, avance que les autorités sont en train d’aller dans le bon sens. « Outre le fait que les récentes mesures sociales proposées par le gouvernement sont d’un grand soulagement pour plusieurs familles vulnérables, on a aussi remarqué que de plus en plus de fondations et compagnies privées sont en train de se laisser inspirer. Elles viennent aussi en aide à ceux qui sont au bas de l’échelle. Bien souvent, certaines familles, pour des raisons administratives, n’arrivent pas à avoir accès à certaines mesures sociales. C’est là que différentes organisations du privé entrent en jeu afin de soutenir les plus vulnérables », explique-t-elle. 
Outre les mesures sociales directes sous forme d’argent, Patricia Adèle Fidèle indique que la création de la national database s’est révélée être une véritable bouée de sauvetage pour les plus démunis. « Il fallait dans le passé se reposer uniquement sur le Social Register of Mauritius (SRM). Celui-ci proposait des mesures d’accompagnement social uniquement à ceux qui touchaient des revenus ne dépassant pas Rs 11 000 par mois. Mais avec la création de la national database, ceux qui touchent entre Rs 11 001 et Rs 14 000 peuvent dorénavant aussi compter sur ces aides sociales », fait-elle part. 
Le secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM), Jayen Chellum, explique quant à lui que les aides sociales qui ont été accordées en 2022 relèvent de la responsabilité du gouvernement. « Il ne faut tout de même pas oublier que nous avons le statut d’un welfare state et que venir en aide aux plus vulnérables surtout par des moments difficiles est légitime », soutient-il. 
Faisant état de la situation de l’inflation ainsi que de la perte du pouvoir d’achat, il estime que la compensation salariale de Rs 1 000 est une bonne chose. « Il faut cependant faire ressortir que sur les trois dernières années, le pouvoir d’achat du Mauricien a baissé de Rs 3 000. Donc, les Rs 1 000 ne font que compenser une partie de cette perte de pouvoir d’achat », fait-il ressortir.
Comme chaque année, le rapport de l’Audit révèle une série d’anomalies, de gaspillages de fonds publics. Se comptant par plusieurs centaines de millions, voire quelques milliards, cet argent aurait pu être mieux utilisé dans l’État providence et pour assainir l’économie du pays. 
En effet, alors que le gouvernement s’efforce à revoir à la hausse la pension de vieillesse, force est de constater que c’est au niveau du ministère de la Sécurité sociale, que l’on observe, année après année, des paiements excédentaires ou encore le versement de la pension à des morts ou à des personnes qui ne sont pas éligibles. Cela a été souligné tout récemment lors d’une Private notice question (PNQ) du leader de l’opposition. 
Rien qu’en termes de paiement excédentaire de pensions, le bureau de l’Audit a révélé qu’un montant de Rs 41,7 millions a été payé pour la période allant de 2020 à 2021. Une somme de Rs 10,7 millions, soulève le rapport, a été déboursée pour payer 241 pensionnaires « décédés » et Rs 23,3 millions concernent 143 « cas de départ ». Le rapport a ensuite déploré le fait qu’il n’y a pas eu de « mesures rapides » visant à freiner le paiement aux pensionnaires décédés. Deux cas ont été pris en exemple. L’arrêt du paiement de la pension a été effectué trois mois après le décès du retraité. Dans un autre cas, précise le rapport, l’individu est mort en mars 2021 et le paiement de la pension a été déboursé jusqu’au mois de décembre de la même année.
Autre ironie, les gaspillages de fonds publics au niveau de la National Empowerment Foundation (NEF). Censé être un organisme ayant à cœur l’accompagnement social des plus vulnérables, celui-ci se voit souvent épinglé pour mauvaise gestion financière. L’acquisition de 1 500 tablettes par la NEF destinées aux enfants figurant sur le registre social scolarisés en Grades 10 à 13 a été pointée du doigt par les auditeurs. Le contrat avait été alloué pour un montant de Rs 17 millions, sans aucune étude appropriée. Le rapport stipule que 650 appareils, estimés à Rs 7,5 millions, pourraient être excédentaires. La raison ? L’évaluation gravite autour de l’âge des écoliers et non sur leurs classes. Le rapport précise par ailleurs que seuls 644 enfants, sur les 1 100 qui en avaient besoin, avaient bénéficié de leurs tablettes. 
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