Développement professionnel continu : les infirmiers libéraux attirés par le distanciel – ActuSoins

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L’Agence nationale du développement professionnel continu (DPC) a présenté en début d’année un bilan de l’année 2021 dans le domaine du DPC. Les infirmiers, qui restent bons élèves, s’orientent de plus en plus vers la formation à distance.  
Cet article a été publié dans le n°44 d’ActuSoins Magazine (mars-avril-mai 2022). Il est à présent en accès libre. 
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iStock/Aleksa_D
« L’activité de formation des professionnels de santé s’est maintenue en 2020 malgré la crise, et a repris en 2021, malgré la poursuite de la crise », s’est félicitée Michèle Lenoir Salfati, directrice générale de l’Agence nationale du DPC. Et de poursuivre : « Ce maintien est rendu possible notamment en raison d’une transformation assez forte de l’offre et de la demande avec l’arrivée du distanciel en synchrone ou asynchrone. »
Pour rappel, l’ANDPC finance la formation des libéraux conventionnés et des centres de santé conventionnés exclusivement, à savoir les biologistes, chirurgiens-dentistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, médecins, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues, pharmaciens et sages-femmes, soit 443 965 personnes selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). Les données de l’ANDPC ne concernent donc pas l’engagement global des professionnels de santé dans la formation, car elles excluent notamment le secteur salarié (dont les établissements de santé et médico-sociaux).
En 2021, 156 943 professionnels de santé étaient inscrits à l’ANDCP, soit 7 % de plus par rapport à 2020, dont 49 086 infirmiers. L’ensemble des professionnels de santé affichent 252 630 inscriptions à une action de DPC, soit une hausse de 7,1 % par rapport à 2020 (235 916 inscriptions). Néanmoins, concernant les infirmiers, ils accusent une petite baisse de 1.9 % avec 73 761 inscriptions en 2021 versus 75 224 en 2020.
« Pour l’ensemble des professionnels de santé, neuf actions proposées sur dix étaient de la formation continue, a fait savoir Béatrice Rolland, directrice de la stratégie financière et des opérations à l’ANDPC. De fait, certaines professions ont eu 100 % des actions proposées, uniquement en formation continue, les plaçant dans l’incapacité de valider leur DPC dans le cadre du triennal. »
En effet, l’obligation de DPC repose sur trois types d’actions : la formation, la gestion des risques (GDR) et l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP). Les infirmières libérales (idel) doivent donc s’engager dans une démarche de DPC comportant au moins deux des trois types d’actions et au moins une action s’inscrivant dans le cadre des orientations prioritaires. Bien entendu, les sections professionnelles ont été alertées de la problématique.
Les 2015 Organismes de DPC (ODPC) pour les infirmiers ne font pas exception. Les actions qu’ils ont proposées concernent principalement la formation continue (93,1 % des actions), et loin derrière l’EPP (2,7 %) et la GDR (0,6%). Certains ODPC ont toutefois présenté des programmes intégrés (formation + EPP) pour 3,7 % des actions. Les infirmiers ont néanmoins en majorité suivi des actions de formation continue (79,5 %). Et ils sont 20,4% à avoir fait le choix de programmes intégrés.
Concernant les modalités de formation, 77,1 % des actions ont été proposées en présentiel, classe virtuelle incluse, 14,5 % en non présentiel, et 8,3 % en mixte. En revanche, les infirmiers ont principalement suivi des formations en non présentiel (78,5 %), qu’en présentiel (17,2 %) ou en format mixte (4,3 %). Enfin, ils sont 79.6 % à avoir privilégié une formation monoprofessionnelle contre 20,4 % en pluriprofessionnelle.
« Pour la mise en œuvre des actions de formation, les demandes de e-learning ont vraiment explosé du côté des infirmiers, constate Caroline Guillot de Suduiraut, directrice de la communication au sein de l’organisme de formation La Formation Santé. A l’origine, les soignants ne voulaient plus suivre les formations à distance, car après la crise sanitaire, ils voulaient ″voir du monde″. Mais aujourd’hui, les infirmières libérales sont de nouveau attirées par le distanciel. Nous avons donc adapté notre offre, et le retour est positif sur la qualité de la formation. »
Cette orientation vers le distanciel s’expliquerait aussi par les conditions de prise en charge imposées par l’ANDPC. « Pour que la formation soit financée, l’ANDPC exige au moins cinq participants, ajoute Caroline Guillot de Suduiraut. Or, cette exigence est difficile à mettre en œuvre en présentiel car les demandes sont dispersées dans le temps et sur le territoire. Nous sommes donc parfois contraints de les annuler, ce qui conduit également les idels à s’orienter vers le e-learning, d’autant plus qu’elles ne veulent plus s’éloigner de chez elles. » Et ce, malgré le partage de pratiques et le recueil de conseils permis par le présentiel. 
De son côté, Santé Académie, ODPC qui s’est lancé en 2020, a justement misé sur le distanciel. « Nous constatons une forte appétence des infirmiers pour les formats numériques découverts avec la crise », confirme Clément Lhommeau, chief marketing officer chez Santé Académie. « A l’origine, les idel n’étaient pas nécessairement attirées par ce format, car certes elles ne voulaient plus se retrouver enfermées devant leur ordinateur, mais surtout, il n’y avait pas nécessairement d’offres de grande qualité dans le e-learning, poursuit Stanislas de Zutter, CEO de Santé Académie. L’objectif de notre démarche a justement été de repenser l’offre en ligne, ce qui nous a conduit à investir sur le développement d’une plateforme de qualité. »
Qu’en est-il des actions proposées ? Tous offrent bien entendu des actions de formation continue. L’EPP est également une action que Santé Académie cherche à développer notamment en full digital, à la fois pour varier l’offre mais surtout pour permettre aux idels de valider leur obligation. L’ODPC propose ainsi l’EPP pour le Prado insuffisance cardiaque (IC), la BPCO et pour les maladies rénales chroniques et dialyse péritonéale.
« Nous concevons la formation autour de cas cliniques afin d’être au plus proche de la pratique », rapporte Stanislas de Zutter. Les moments de formation sont également espacés dans la durée afin de leur permettre de mettre en pratique les apprentissages, puis de revenir sur le contenu du programme, pour ensuite effectuer un retour d’analyse de pratiques avec le formateur. »
Néanmoins, l’EPP peut présenter des difficultés pour la mise en œuvre. « Tout d’abord, les idels ne la demande pas nécessairement, et lui préfèrent les formations continues », observe Alexandra Zmuda, directrice de La Formation Santé. De plus, l’EPP repose sur deux à trois heures de présentiel auxquelles s’ajoutent du travail personnel. « Or, l’indemnisation versée pour l’EPP ne correspond pas à la quantité de travail demandé », ajoute-t-elle.
Enfin, concernant la gestion des risques, « elle est très compliquée à mettre en place car la démarche est plus personnalisée », reconnaît Stanislas de Zutter. Une offre possible à petite échelle mais qui engendre des coûts élevés, « c’est pour cette raison que pour le moment nous ne pouvons pas la proposer », conclut-il.   
Laure Martin
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« Pour ma formation, je recherche le distanciel »
Béatrice Zonfrilli, idel en Seine-Saint-Denis
« Lorsque l’obligation de formation a été mise en place, je dois reconnaître que j’ai grincé des dents. Car des obligations, nous en avons tellement. Mais finalement, c’est très positif. Suivre des formations me permet d’avoir des piqures de rappel sur des pratiques que je mets met en œuvre moins régulièrement et d’avoir toujours un pied dans la théorie. Nous pouvons bénéficier de quatorze heures de formation par an, ce qui me permet en moyenne de suivre deux formations par an.
Récemment, je me suis formée à la prévention des événements indésirables et à la surveillance infirmière des patients sous traitement anticancéreux. Cette année, je vais faire des évaluations des pratiques professionnelles sur le parcours de soins du patient insuffisance cardiaque et BPCO (Prado) et sur le parcours de soins du patient insuffisant rénal chronique.
Pour toutes mes formations, je recherche le e-learning car j’estime avoir passé l’âge d’aller m’asseoir derrière une table, et parce que cela m’évite les trajets en voiture jusqu’à Paris. Et ce d’autant plus que l’indemnité que nous percevons n’est déjà pas glorieuse et, souvent, elle nous est versée trois mois après la formation. Or, une formation en présentiel engendre des frais. »
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Proposition ridicule ,la solution est de suprimer votre nulerus clausus…
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