Decazeville dans 10 ans : « Il manque de l'audace, de l'imagination et de l'ambition » – LaDepeche.fr

l’essentiel Comment les élus de la minorité municipale (Pascal Mazet, Florence Bocquet, Jean-Pierre Vaur, Christine Couderc et Christian Roussel) voient l’évolution de Decazeville ? Critiques sur les choix de la majorité, ils parlent de leur vision de Decazeville dans 10 ans.
Votre perception de l’évolution de la ville depuis 10 ans ?

Pascal Mazet : La population a baissé, nous n’avons jamais été aussi bas à part les années 1880. Il faut vraiment réagir. À Decazeville, nous avons raté le coche sur les lotissements, avec un manque d’ambition concernant l’augmentation de population. Tous les villages alentour ont investi dans des lotissements et à Decazeville il n’y en a pas eu depuis très longtemps. Nous payons aujourd’hui les conséquences de ce manque. Il faut rectifier le tir pour les 10 ans prochains. Il faut aujourd’hui être réalistes et avoir des projets de lotissements ou de maisons individuelles pour attirer des familles. On paye les conséquences des F2 et F3 à Decazeville, il y a très peu de F4 et de maisons F4 : la conséquence est la baisse d’effectifs dans les écoles, la baisse de la population. C’est aussi la conséquence des démolitions des cités du Baldy, Combettes et Sailhenc. On a trop démoli sans penser à l’avenir. Avec des lotissements, des maisons individuelles, l’augmentation de la population reviendra.
Florence Bocquet : Il y a dix ans, il y avait un tissu associatif très riche, très important. Et j’ai l’impression qu’on les a un peu laissés tomber. J’aimerais dans dix ans que Decazeville soit plus accueillante, plus solidaire et plus innovante pour répondre aux nouveaux enjeux environnementaux en général. Et penser à d’autres types d’habitat social avec les nouvelles normes environnementales.
Christian Roussel : La population a baissé et continue de baisser. Je constate aussi qu’au niveau des mobilités douces et écologiques pas grand-chose ne se fait. J’espère que d’ici dix ans, ce problème sera revu avec l’objectif d’être peut-être aussi une ville modèle dans ce développement-là. En étant un modèle dans le bien vivre, on fera aussi revenir de la population. La démolition de logements sociaux a rendu le réseau de chaleur plus rentable du fait de la baisse de logements distribués. Il faudrait prévoir de le redéployer.
Jean-Pierre Vaur : Concernant l’aménagement du cadre de vie, nous avons une ville très peu aménagée, mis à part l’axe rue Cayrade / rue Gambetta. Très peu aménagée concernant les gens à mobilité réduite. Quand on sait que la population est âgée, pour que les habitants puissent continuer à vivre dans leur ville, il faudrait que des choses aient été faites en plus de l’axe principal. Or ces choses-là n’ont pas été programmées. C’est un peu dommage car ce ne demande pas des budgets extraordinaires, même si cela demande un investissement. Il n’y a pas eu une prise en compte à ce niveau-là.
Cela fait dix ans qu’il ne s’est rien passé sur les énergies renouvelables à Decazeville. Nous avons énormément de toits disponibles or nous n’avons pas de perspective de créer dessus soit des centrales photovoltaïques « industrielles » soit des centrales photovoltaïques gérées par la population. Je préférerais cette deuxième solution car les revenus liés à cette production d’électricité auraient des retombées immédiates sur le territoire. Pour se retrouver aujourd’hui dans une situation où le prix de l’énergie est quasi insoutenable, si on continue la progression actuelle, il faut que la ville fasse des efforts pour prévoir que cette énergie devienne soutenable. Il faut donc investir dans le photovoltaïque pourquoi pas ; investir aussi dans l’énergie géothermique, dans l’éolien pourquoi pas à l’échelle de la communauté des communes en ce cas car il y a peut-être des sites plus adaptés comme la Croix-de-Millagues ou ailleurs.
Nous avons par ailleurs le site de La Découverte qui est en reconversion depuis 20 ans et a peu évolué. J’aurai aimé qu’il évolue, même avec peu d’investissement on pourrait le rendre plus agréable à vivre pour la population. Qu’il puisse y avoir des équipements pouvant répondre aux besoins de chaque âge de la population decazevilloise (personnes âgées, familles, enfants, adolescents).
Quand on passe en ville, on est un peu désespéré de voir toutes ces vitrines vides, vieillissantes et délabrées. Il ne s’est pas fait grand-chose hormis quelques peintures rajoutées sur des vitrines aveugles, mais cela n’est pas suffisant. Il faudrait avoir une vraie réflexion sur la façon de faire en sorte que la partie commerciale qui occupait le centre-ville puisse être réaménagée sans les verrues qui finalement décrédibilisent la ville.
Christine Couderc : Decazeville s’est transformée ces dix dernières années. Quand je suis arrivée il y a une vingtaine d’années, je l’ai vu évoluer. Je constate qu’il y a une population vieillissante et nous sommes maintenant à un virage. Il faut repartir car si nous voulons que la jeunesse, des familles et des couples reviennent sur Decazeville, il faut agir sans tarder sans quoi il sera peut-être trop tard. Attirer avec de nouveaux logements qui correspondent à leurs besoins. Identifier ce qui pourrait amener les jeunes à s’installer ici. Nous avons une richesse à Decazeville avec une population multiculturelle ; je pense qu’il faut se saisir de cette opportunité pour développer des voies culturelles, associatives. Ce tissu peut créer des liens et amener une vitalité sur Decazeville. C’est à nous élus d’accompagner le tissu associatif pour aller de l’avant. Des choses comme le street art ont permis d’embellir la ville, mais il faut aller plus avant dans ce cadre-là. Sans oublier les services publics : la santé, raisonner en termes de territoire, renforcer le lien ville/ hôpital, pour répondre aux besoins de la population.

Y a-t-il des mesures indispensables qui devraient être prises dès maintenant ?

Pascal Mazet : Depuis que je suis élu conseiller régional, je constate qu’ailleurs on investit et qu’ici on n’investit pas. Ce n’est pas bon pour l’avenir : une ville qui n’investit pas ne vivra pas dans l’avenir. Qu’est-ce qui a été fait pour la jeunesse ? Pour avoir des animations ? Pour que les gens puissent se plaire à Decazeville ? Le street art ! Il n’y a que le street art ! C’était déjà il y a quelques années. C’est bien, mais il faut aussi passer à d’autres choses pour animer et amener de la population. Il faut réinvestir, il y a des aides financières régionales, départementales, nationales, sauf qu’à Decazeville on n’en bénéficie pas car on ne les fait pas, ou alors on les fait sur des choses qui ne correspondent pas à la population. La population c’est en majorité des plus de 70 ans. Il faut inverser la courbe. Mais pour cela, il faut un minimum d’audace et d’ambition, c’est ce qu’il manque à Decazeville.
Florence Bocquet : Je trouve dommage actuellement le discours qui se répète tout le temps auprès des élus de la municipalité, qui est de dire « On n’a pas d’argent, on ne peut rien faire, donc on stoppe les investissements ». Ce discours risque d’avoir des conséquences pour les années futures.
Christian Roussel : On ne prend pas la mesure de la pollution qu’il y a dans le Bassin. Le projet Soléna est à proximité et va amener encore d’autres pollutions routières. Au niveau énergétique, les municipalités à l’heure actuelle vont venir pleurer car l’énergie sera très chère cet hiver et dans les années qui viennent. Il faut vraiment investir sur la lumière, éteindre un peu plus tôt le soir, à Decazevill il n’y a plus personne dans les rues à 20 heures. Et puis remplacer les ampoules ; c’est un investissement tout de suite mais qui se retrouvera dans quelques années.
Jean-Pierre Vaur : Ce qu’il me semble manquer le plus dans cette majorité, c’est l’imagination. Or, on n’est pas toujours forcé d’avoir recours à des sommes considérables ou à des gros projets pour que les choses aillent mieux pour les uns et pour les autres. On ne peut pas reprocher une gestion de bon père de famille à la majorité, d’ailleurs elle la revendique. Le problème ce sont les actions qui ne sont pas produites, les innovations qui n’ont pas été recherchées, l’imagination qui n’a pas été sollicitée qui va manquer. On peut gérer au jour le jour, mais ce faisant on se retrouve le nez sur un mur infranchissable par rapport au coût de l’énergie. On dit alors qu’on a moins d’argent pour faire autre chose en raison du coût de l’énergie, mais on aurait pu l’anticiper.
Il faudrait solliciter le côté imaginatif et créatif, pour réaliser des choses sans budget considérable. On peut très bien dire que l’on ne dépense pas beaucoup d’argent parce qu’on n’en a pas, c’est le discours, mais en même temps comment dépense-t-on celui qu’on a ; qui fait que l’on ouvre ou pas des perspectives. Pour moi, il faudrait plus d’ouverture, d’imagination et de fantaisie. Cela aboutirait peut-être à une ville que j’espère l’on pourra améliorer. Cette gestion de bon père de famille a des qualités et des défauts ; la qualité étant de préserver les ressources financières ; le défaut étant de ne pas prévoir suffisamment l’avenir, et on n’invente pas suffisamment de choses pour donner envie.
Christine Couderc : Il existe une grande frilosité au niveau du tissu associatif. Or nous avons la possibilité de faire de belles choses. Il y a le site de la Découverte qui est extraordinaire mais sous-exploité. Faire des animations sur le site de la Découverte amènerait la population environnante à découvrir et à utiliser ce site. C’est dommage : on a du potentiel mais il n’est pas mis en avant, pas valorisé. Il faut élargir sa vision et parler en termes de territoire au niveau de la communauté des communes.

Comment imaginez-vous ou espérez-vous Decazeville dans 10 ans ?

Pascal Mazet : Je l’espère avec 7 000 habitants, et la courbe de la moyenne d’âge inversée avec le retour de la jeunesse. J’imagine Decazeville avec du monde dans les rues, avec des entreprises qui se développent, et un hôpital avec tous ses services pour que la population puisse se faire soigner comme elle le souhaite.
Florence Bocquet : Je l’imagine avec tous les services publics présents ; des animations dans la ville, plus de jeunes dans la ville, des commerces. Une ville très vivante.
Christine Couderc : J’imagine aussi Decazeville avec tous ses services publics ; un rajeunissement de la population, attirer des jeunes en réfléchissant à leur mode de fonctionnement dont le télétravail ou le coworking. Une dynamique pour Decazeville et le territoire.
Christian Roussel : J’espère Decazeville plus vivante. Dès cette fin 2022, nous allons déposer les statuts de l’association L’Anti R’Houille pour créer de l’animation régulièrement, et avec un espace de coworking qui va démarrer, et un projet en centre-ville.
Jean-Pierre Vaur : J’aimerais une ville plus organisée, plus moderne. Il faut prévoir, maintenant et dans les quelques années qui viennent, de transformer la ville pour devenir plus économe en énergie voire même productrice. J’aimerais une ville plus adaptée à ce que tous les habitants, y compris les personnes à mobilité réduite, les personnes âgées, les jeunes avec des poussettes, puissent pratiquer cette ville d manière beaucoup plus agréable ; moins de voitures en centre-ville et plus de mobilité pour les piétons. J’aimerais une ville plus inventive et plus imaginative, avec des espaces plus agréables à pratiquer collectivement.
 
Christian Roussel : « Sur le sujet environnemental, nous avons un bel exemple de non-sens avec la zone du centre.
Je pense que les responsables de l’entreprise privée du supermarché, idem pour les parties sous la responsabilité mairie / comcom, auraient dû suivre des formations en écologie. Un aménagement du passé pour ce qui est visible à ce jour. J’avais parlé de parkings enherbés pour ce qui est sous la responsabilité comcom dont le parking devant le cinéma, anciennement en terre battue. Il m’avait été dit qu’il y aurait des arbres pour amener de l’ombre sur les parkings. Si l’on regarde ce qui est planté, je pense que dans 10 ans, seuls les capots de voitures auront un peu d’ombre pour celles qui seront du bon côté. Il y a du bitume partout, environ + 10° à +15° en été ! C’est bien évidemment valable pour le parking du super U. Lorsqu’un épisode identique au mois de juin (orage et grêle) se renouvellera, les écoulements d’eau seront encore pires (il y avait bien 10 cm d’eau sur le parking du cinéma 1h après l’orage, coté axe).
Les bâtiments tout noir (je veux bien entendre ce que je suppose être le rapport avec le charbon) mais il y a des limites et des choix à faire pour l’avenir. Le noir absorbe la chaleur et les lieux vont demander plus d’énergies ! Dans certains endroits, cet été, des personnes ont peint leur toiture avec de la chaux, soit blanc, pour faire descendre la température à l’intérieur des maisons, et il me semble même qu’il y a eu des expériences sur les routes du tour de France sur le bitume ».
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