Débat de l'entre-deux-tours : Comment Macron a relégué son bilan au second plan en attaquant celui de Marine Le Pen lors du débat – L'Obs

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Mercredi soir, le président sortant s’est montré plus agressif que sa challengeuse, et a fait le choix de la dominer sur le plan technique plutôt que sur le fond de ses idées. Une stratégie « étonnante » pour Philippe Moreau-Chevrolet, spécialiste en communication politique.
Il était le président sortant et pourtant elle fut celle qui dut rendre des comptes. « Mais comment va-t-on financer cette mesure, madame Le Pen ? », « vous n’avez voté pour cette mesure à l’Assemblée » … Lors du débat de l’entre-deux-tours, le président candidat, a adopté un ton professoral tandis que Marine Le Pen devait se justifier sur d’anciens votes de son camp à l’Assemblée Nationale, comme si elle était elle-même comptable d’un bilan.
Une stratégie courante chez les partisans de LREM, qui consiste à renverser la charge du bilan, selon Philippe Moreau-Chevrolet, spécialiste en communication politique. Mais qui pourrait avoir des conséquences néfastes, notamment en termes de banalisation de l’extrême droite dans le paysage politique.
Comment expliquer que lors de ce débat Marine Le Pen n’ait pas attaqué le président sur son bilan ?
Marine Le Pen voulait surtout dérouler son programme et ne pas être systématiquement dans l’attaque, comme elle a pu l’être en 2017. Plus globalement, les deux candidats ont fait le choix de ne pas trop s’agresser. Ils ont chacun relevé les mensonges de l’autre et se sont envoyé des piques par moments, mais ont surtout tenté d’expliquer de manière positive pourquoi il fallait voter pour eux. On a plus assisté à deux monologues juxtaposés qu’à un vrai échange.
Vous avez expliqué sur Twitter que le président a retourné « la charge » du bilan, comme si son adversaire était la seule à en avoir un. Comment s’y est-il pris ?
La stratégie de Marine Le Pen de ne pas l’attaquer sur son bilan pour parler plutôt de son programme n’est pas mauvaise, mais elle aurait dû d’abord l’attaquer avant de proposer sa propre alternative. En face, le président sortant a eu un boulevard pour l’attaquer sur son propre bilan à elle. Manifestement, elle n’avait pas anticipé certaines pirouettes rhétoriques assez classiques chez les membres de LREM.
Lesquelles ?
Par exemple, Emmanuel Macron a reproché à Marine Le Pen ses votes passés comme député, alors qu’il est lui-même comptable des cinq dernières années. Il lui a aussi beaucoup coupé la parole pour la déstabiliser, ce que font systématiquement les membres de son parti. Enfin, il a répété à plusieurs reprises qu’il était d’accord avec elle. Ce faisant, il neutralise le débat et empêche son adversaire d’avoir une position radicale sur un sujet.
De son côté, Emmanuel Macron n’a pas mentionné une seule fois le fait que la candidate représentait l’extrême droite. Était-ce une stratégie ?
Il n’a pas attaqué le fond de son idéologie et le thème de l’immigration est arrivé assez tard dans la soirée. Au fond, on a l’impression d’avoir assisté à un débat entre un candidat social-démocrate, centriste, européaniste, et une candidate de droite traditionnelle, qui a été beaucoup moins extrême dans ses discours que Valérie Pécresse durant sa campagne, par exemple.
Qu’en est-il de la forme ?
Emmanuel Macron l’a traitée avec beaucoup d’arrogance, mais comme une adversaire normale, qu’il a méprisée comme il aurait pu mépriser n’importe quel autre interlocuteur. En restant sur les compétences techniques, qu’il maîtrise, le président sortant n’a strictement pris aucun risque puisque son adversaire est franchement mauvaise sur le fond des dossiers.
Cette stratégie aura-t-elle des conséquences ?
Au-delà du fait que c’est très étonnant, ça achève de normaliser la candidate du Rassemblement national. À ce stade, elle a perdu l’élection présidentielle – sauf énorme surprise -, mais elle a gagné en crédibilité. Maintenant, on peut penser que le RN est la deuxième force politique du pays, et Marine Le Pen pourrait prétendre au leadership de la droite et réaliser « l’union des droites », telle que la fantasmait Éric Zemmour.
La posture surplombante du chef de l’Etat ne risque-t-elle pas d’accentuer son image de président méprisant ?
Ce débat n’a fait que cristalliser les personnages d’Emmanuel Macron et Marine Le Pen et a confirmé ce que l’on savait déjà plus ou moins. Lui est quelqu’un d’extrêmement d’arrogant et incapable de donner le change là-dessus, tandis qu’elle n’a pas une bonne connaissance des dossiers mais semble convaincue de la cause qu’elle défend.
Emmanuel Macron a joué mercredi l’omniscience et le dédain. Ça peut avoir l’air d’une bonne idée au plan tactique, mais lorsqu’il méprise ostensiblement Marine Le Pen, il méprise aussi ses électeurs et passe pour un président écrasant.
Marine Le Pen sort-elle vraiment perdante de ce débat ?
Elle en sort complètement dédiabolisée, à des années-lumière de Jean-Marie Le Pen à l’époque. Si on a perçu les limites de la candidate Le Pen, le rempart qui la séparait du pouvoir a été remplacé part une passerelle, construite en partie hier par des intérêts politiques de court terme. Pour gagner les élections, Emmanuel Macron a privilégié Marine Le Pen comme adversaire. Sauf que cette dernière n’est pas statique, elle s’améliore. Cette évolution est préoccupante parce qu’à terme le mépris ne suffira pas et risque de devenir contreproductif. D’autant que, si le président sortant connaît ses fiches par cœur et s’est démarqué par sa technicité, cette logique est datée et ne correspond pas nécessairement à ce qu’attendent les Français.
On peut imaginer qu’avec un peu plus de travail, avec une meilleure stratégie et face à un candidat moins scolaire qu’Emmanuel Macron, Marine Le Pen soit en mesure de prendre le pouvoir.
Quelle influence ce débat peut-il avoir sur l’issue du scrutin ?
Il peut conforter l’image d’Emmanuel Macron et motiver son électorat. Il est plébiscité principalement par les retraités et les CSP +, pour qui l’arrogance et la supériorité ne sont pas nécessairement perçues comme des défauts. En miroir, la performance de Marine Le Pen l’aidera peut-être à neutraliser ses adversaires au sein de l’électorat populaire, à décomplexer une partie de son électorat qui peut se reconnaître en elle. Notamment grâce à l’empathie dont elle a essayé de faire preuve, renforcée par le fait qu’Emmanuel Macron, lui, est apparu peu empathique hier.
…et comment Le Pen l'a laissé faire sans protester.
J'ai l'impression qu'il a beaucoup appris en fréquentant si souvent Poutine …
Comment aurait-il pût défendre son bilan? La meilleure défense étant l'attaque, il s'y est donné à fond. D'où un débat inutile…
On se demande surtout comment il aurait pu attaquer le " bilan" de Marine Le Pen : n' ayant jamais été au pouvoir, elle ne peut pas avoir de bilan !!…
ce débat aurait du être arbitré par Cyrille Hanouna, avait décidé Marlène Schiappa : c'est celui qui connaît le mieux les problèmes des français ! Quand Brigitte Macron a entendu ça elle a donné un avis brutal :" "Hanouna ? un saltimbanque de génie, c'est sûr mais vulgaire et misogyne !!! " en privé elle aurait ajouté : "Hanouna ? un maghrébin bedonnant et arrogant " !!! et plus personne a parlé de lui comme animateur du débat !
et bien, merci pour cet article!

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https://https://www.a2forces.fr/bilan-de-competenc…

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