Danemark : la gauche ouvre des négociations ardues pour former un gouvernement – Le Point

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Arrivés en tête du scrutin législatif, les sociaux-démocrates danois doivent désormais trouver des alliés pour constituer un gouvernement.
Temps de lecture : 3 min
« Cela va être très, très difficile », ne cache pas Mette Frederiksen. La Première ministre sociale-démocrate danoise a présenté mercredi sa démission à la reine, comme le veut la coutume au lendemain des élections législatives. Si les sociaux-démocrates sont arrivés en tête du scrutin, ils n’en devront pas moins entamer des négociations pour dénicher des alliés prêts à gouverner à leurs côtés. « Nous ne savons pas si c’est possible, mais nous essayons tout ce que nous pouvons », a déclaré Mette Frederiksen lors d’un débat à la mi-journée.
Habitués à diriger des gouvernements minoritaires, les sociaux-démocrates, de loin le plus grand parti avec 50 sièges sur les 179 du Parlement, veulent désormais gouverner au-delà des clivages traditionnels, une gageure dans le pays scandinave. À l’issue du vote, le bloc de gauche, qui rassemble cinq formations auxquelles s’ajoutent trois mandats du Groenland et des îles Féroé, a obtenu la majorité absolue nécessaire de 90 sièges, contre 73 pour la droite et l’extrême droite et 16 pour le centre.
Après la démission du gouvernement, la reine Margrethe II va désormais discuter avec chaque chef de parti avant de charger, selon toute vraisemblance, Mme Frederiksen de commencer les discussions en vue de la constitution d’un gouvernement.
Les 11 autres partis désormais représentés au Folketing ont déjà fait savoir que c’était à la cheffe des sociaux-démocrates de devenir « négociatrice royale » à l’issue de cette « tournée de la reine » – dans le jargon local popularisé par la célèbre série danoise Borgen. Forte du meilleur résultat pour son parti depuis 2001, la dirigeante, âgée de 44 ans, est en position de force pour rester en poste.
Pour le politologue Rune Stubager, les discussions avec la droite ont peu de chances d’aboutir, les formations de ce côté-là de l’échiquier politique, qui ont jusqu’à présent refusé sa main tendue, n’ayant « pas de raison » de s’allier formellement avec elle.
Pour la forme, la dirigeante des sociaux-démocrates va pourtant « commencer les négociations pour former un gouvernement large et ça va prendre du temps, probablement plusieurs semaines », dit à l’AFP l’universitaire. « Ensuite, elle passera au plan B, qui est, je pense, plus réaliste, qui consiste à former un gouvernement avec les autres partis du camp de gauche. »
Elle va devoir aussi composer avec le nouveau parti centriste, les Modérés, nouvellement créé par l’ancien Premier ministre libéral Lars Løkke Rasmussen. Les sondages sortis des urnes et les premiers résultats lui prédisaient initialement un rôle décisif d’arbitre. Mais « le rêve n’a duré que quelques heures, résume le quotidien Jyllands-Posten. « Maintenant, Mette Frederiksen peut en théorie éviter Løkke ».
Les Modérés vont participer aux négociations et pourraient, s’ils le souhaitent, entrer au gouvernement, « s’ils sont prêts à suffisamment de compromis », estime M. Stubager. Mais « je ne pense pas qu’ils franchiront le pas car cela les exposerait à la critique de la droite », dont la majorité de leurs cadres est issue.
Les questions migratoires, absentes de la campagne, pourraient faire leur grand retour dans ces négociations. Les sociaux-démocrates, dont l’objectif est de n’accueillir aucun réfugié, travaillent à la mise en place au Rwanda d’un centre de gestion des demandeurs d’asile, un projet décrié par les sociaux-libéraux, dont les mandats peuvent s’avérer cruciaux pour la constitution du prochain gouvernement.
« Ça sera très difficile pour les sociaux-démocrates d’adoucir leur position sur l’immigration, car ça a été un pivot de leur stratégie les cinq-six dernières années », note toutefois M. Stubager.
L’extrême droite, divisée en trois partis, cumule 14,4 % des voix mais se retrouve affaiblie pour peser dans les tractations. Le parti du Peuple danois (DF), longtemps influent et qui caracolait au-dessus des 20 % il y a quelques années encore, chute autour de 2,6 %, son plus mauvais résultat depuis son entrée au Parlement, en 1998.
C’est un nouveau parti fondé par l’ancienne ministre de l’Immigration, Inger Støjberg, les Démocrates du Danemark, qui rafle la mise avec 8 % et 14 mandats.
Dans un pays où la participation est traditionnellement élevée, 84,1 % des quelque 4,2 millions d’électeurs se sont déplacés pour aller voter, une part en très léger recul et au plus bas depuis plusieurs décennies.
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Contrairement à la notre, c’est une vraie gauche, celle qui défend ses travailleurs « de souche » si j’en crois ses prises de position contre l’immigration.
Tout le contraire de la nôtre en somme…
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