Crise énergétique : « La sobriété s'est imposée comme une nécessité », a insisté Elisabeth Borne en clôture de l'événement de présentation du plan de sobriété – Le Monde

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« C’est une nouvelle manière de penser et d’agir. Ce n’est pas une question de principe ou d’idéologie. Il en va de notre transition écologique, il en va de notre souveraineté, il en va de notre pouvoir d’achat », a lancé la cheffe du gouvernement, répétant l’objectif du gouvernement que la France atteigne la neutralité carbone en 2050.
Merci de nous avoir suivis tout au long de cette demi-journée marquée par la présentation du plan de sobriété énergétique par le gouvernement.
Vous trouverez un récapitulatif, en deux parties, des principales mesures d’incitation contenues dans ce plan ici et ici, détaillées par secteurs et par postes de dépense énergétique. Très bonne soirée sur Lemonde.fr !
Tour d’horizon des grandes pistes proposées par le gouvernement aux entreprises, administrations et particuliers pour réduire de 10 % la consommation nationale en énergie, par rapport à celle de 2019. Des mesures incitatives, sans contrainte.
Lors d’une courte intervention, la première ministre, Elisabeth Borne, a rappelé les raisons de la crise énergétique en France et en Europe. Moscou, qui a déclenché la guerre en Ukraine, en février dernier, est pointée en grande responsable : « La Russie a choisi de faire de son gaz un objet de chantage, provoquant en Europe des risques de pénurie pour cet hiver et une envolée des prix de l’énergie. » La cheffe du gouvernement n’a toutefois pas omis de souligner les difficultés liées à la mise à l’arrêt pour maintenance d’une partie du parc nucléaire français.
La sobriété ? « Il y a quelques mois à peine, peu d’entre nous étions familiers [avec le] concept. Mais avec la guerre, avec l’urgence, la transition énergétique, puis l’appel du président de la République, la sobriété s’est imposée comme une nécessité », a reconnu Mme Borne. Au-delà des nécessités imposées par l’actualité, cette dernière a tenu à dire, après Mme Pannier-Runacher, sa volonté d’inscrire la sobriété « dans le temps long » pour guider les politiques publiques environnementales et énergétiques.
« C’est une nouvelle manière de penser et d’agir. Ce n’est pas une question de principe ou d’idéologie. Il en va de notre transition écologique, il en va de notre souveraineté, il en va de notre pouvoir d’achat », a lancé en fin de discours Elisabeth Borne, répétant l’objectif du gouvernement et de la France d’atteindre la neutralité carbone en 2050. « Ensemble, nous traverserons l’hiver sans coupure et nous bâtirons une société plus sobre et décarbonée », a-t-elle ajouté.
La première ministre vient d’arriver au Parc des expositions de Paris et de prendre la parole pour clôturer cet après-midi de discussions et de présentation du plan de sobriété énergétique.
Ce dernier a été élaboré par le gouvernement, après plusieurs mois de concertation avec des acteurs économiques, des experts, des représentants du monde associatif et les entreprises de production et de diffusion de l’énergie, pour faire face à la crise énergétique qui touche la France et l’Europe depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine.
Dernière à prendre la parole avant Elisabeth Borne, Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la transition énergétique, rappelle que ce plan de sobriété n’est « pas un plan gadget » : « C’est aujourd’hui des centaines d’entreprises, des milliers de salariés, des milliers d’agents publics qui sont mobilisés pour [le] déployer, le faire fonctionner. » Réclamant la « mobilisation générale » de tous les acteurs, la ministre a assuré que « la sobriété, ce n’est pas arrêter de vivre » : « La sobriété, ce n’est pas la décroissance. La sobriété, c’est, au fond, du bon sens, au service de la planète, contre le réchauffement climatique et au service de notre indépendance énergétique. »
Agnès Pannier-Runacher a confirmé le lancement d’une grande campagne de communication, sous le slogan « Chaque geste compte ». Un spot télévisé intitulé « Je baisse, j’éteins, je décale » a également été présenté. Cet appel aux efforts ne s’adresse toutefois pas aux plus précaires, a rappelé la ministre, qui a insisté : « On ne demandera jamais à des Français qui sont en situation de sobriété subie, qui ne sont pas en capacité de chauffer dignement leur logement, qui comptent pour aller faire leur plein, de faire des économies. »
Ralentissement des remontées mécaniques, abaissement de la température de l’eau des piscines, chauffage des salles de restaurant à 19 °C : cet hiver, les vacanciers seront aussi concernés par les mesures édictées par le gouvernement. « On va proposer d’adapter la vitesse des remontées mécaniques en fonction de la fréquentation », a annoncé Alexandre Maulin, président de Domaines skiables de France, jeudi. Les professionnels des stations d’hiver ont aussi annoncé vouloir produire moins de neige artificielle, deuxième poste de consommation électrique (25 %), sans entrer dans le détail.
Les 600 000 curistes annuels devront quant à eux faire avec un degré de moins lors des soins et seront invités à économiser serviettes et draps de bain. Attention avant les réservations : « Nous fonctionnons huit à neuf mois en moyenne dans l’année et nous pensons que nous pouvons avancer la date de fermeture d’une semaine dans la plupart des stations thermales et retarder de la même façon la date d’ouverture, de sorte à gagner une ou deux semaines sur des périodes très énergivores », a expliqué Claude-Eugène Bouvier, délégué général du Conseil national des exploitants thermaux.

Sénatrices et sénateurs, qui savent déjà s’équiper contre les courants d’air du Palais du Luxembourg, vont s’imposer de nouvelles mesures de sobriété énergétique. Cette « sobriété exceptionnelle », actée jeudi par le bureau du Sénat, le jour même de la présentation, par le gouvernement, de son plan de sobriété énergétique, s’appuie sur « les mêmes gestes que les gestes qui sont demandés aux citoyens », avait expliqué le président Gérard Larcher (Les Républicains) il y a quelques semaines.
La limite de température moyenne de chauffage sera ainsi fixée à 19 °C dans tous les locaux, des bureaux à l’Hémicycle, en passant par les vastes salles de réunion ou l’imposante salle des Conférences, dont la surface s’élève à près de 650 mètres carrés. « Nous ne garderons pas de chauffage d’appoint », prévient le questeur Vincent Capo-Canellas (centriste), chargé de la gestion de l’institution. Pour l’éclairage extérieur, extinction des feux dès 21 h 30, y compris les jours de séances nocturnes.
Avec une facture de 1,5 million d’euros par an (y compris les annexes et le Musée du Luxembourg), le Sénat n’a pas attendu la crise énergétique pour prendre des mesures de sobriété. Une délégation chargée du développement durable a ainsi été confiée il y a deux ans à la vice-présidente PS Laurence Rossignol. Après un bilan par un cabinet indépendant, un plan d’actions a été défini autour de deux objectifs : atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2040, grâce à une réduction des émissions de gaz à effet de serre et un mécanisme de compensation ; et faire du Sénat en 2026 une institution « zéro plastique, zéro gaspillage, zéro déchet ».
Lors d’une table ronde autour des efforts à fournir par le secteur des transports pour réduire la consommation d’énergie, le ministre Clément Beaune a avancé plusieurs mesures. « On est une partie du problème, on doit être une partie de la solution », a fait valoir le ministre délégué aux transports, à propos de ce secteur qui représente en France « plus de 30 % des émissions de gaz à effet de serre » et « 30 % de notre consommation d’énergie ».
M. Beaune a vanté « l’écoconduite », soit la réduction de la vitesse, pour consommer moins d’énergie, pour les transports collectifs et les véhicules particuliers. « Ça ne paraît pas grand-chose, mais ça peut permettre d’économiser 7 à 15 % de ce que l’on consomme aujourd’hui », a argué le ministre. Rappelant qu’une mesure spécifique pour les agents publics roulant en voiture de fonction a été présentée par le ministre Stanislas Guerrini – une incitation à rouler a 110 kilomètres à l’heure au lieu de 130 kilomètres à l’heure sur l’autoroute par devoir d’exemplarité –, il a ajouté : « C’est bon pour le climat et c’est bon pour le pouvoir d’achat. »
Ayant discuté avec le directeur général de l’entreprise de covoiturage BlablaCar, Nicolas Brusson, M. Beaune a également plaidé pour que les Français se tournent davantage vers les transports en commun et le covoiturage, alors que la voiture individuelle reste leur mode de transport privilégié. « Nous mettrons en place d’ici au 1er janvier 2023 un bonus pour que ceux qui rentrent dans le dispositif de covoiturage aient un avantage financier à le faire », a-t-il fait valoir. Une campagne d’incitation au covoiturage sera également mise en place à compter de cette date.
Parmi les autres mesures du plan de sobriété en matière de transports, un investissement de 250 millions dès 2023 pour renforcer le plan Vélo et mobilités actives a déjà été annoncé à la fin de septembre par le gouvernement. Concernant les transports collectifs et l’usage du vélo, et jusqu’à la fin de 2023, la prise en charge par l’employeur du forfait de transports en commun ou de service public de vélo (partagé ou en leasing) au-delà des 50 % minimum et jusqu’à 75 % sera exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations pour les salariés. Celle des frais liés aux services de location de vélo électrique par les employeurs sera élargie à des loueurs privés (conventionnés) dès janvier 2023.
La « sobriété énergétique » demandée par le gouvernement pour faire face à la crise énergétique pousse les particuliers mais aussi les collectivités à faire des efforts, dont certains hérissent les concitoyens.
Dans la Manche, à Périers, le maire, Gabriel Daube (UDI), a répondu favorablement à l’appel du gouvernement, rapporte Le Parisien.
Le chauffage des classes de la commune sera ainsi réglé à 19 degrés. Or, l’école est moderne, « très vitrée », explique l’édile, et selon les variations météo « il peut [y] faire très vite froid ». C’est pour « éviter que les enfants grelottent que la ville a investi dans les polaires made in France, d’autant plus, explique Gabriel Daube, que de nombreux enfants sont issus de familles défavorisées, alors l’enjeu est aussi social. »
Cette décision permet une économie de 4 000 euros (10 000 euros moins les 6 000 que coûteront les polaires). Les calculs peinent toutefois à convaincre. « C’est un canular ? », se demande Eric Labastie, coprésident de la FCPE, l’une des principales fédérations de parents d’élèves. « Et bientôt, ce sera quoi, des moufles ? Et à la cantine, un jour pas de dessert, le suivant pas d’entrée ? » Pour le représentant de familles, « les pouvoirs publics doivent s’assurer de chauffer correctement les écoles, et s’il faut rogner, ce n’est pas sur la santé des enfants ! »
A Rennes, la température de l’eau dans les piscines municipales a été baissée pour faire des économies d’énergie. La nouvelle à du mal à passer. L’entraîneur du pôle espoirs, Mathieu Burban, estime auprès de Ouest-France qu’« à 24 degrés aucune pratique n’est possible ». « 26,5 degrés, par exemple, c’est la température qui est préconisée en compétition, car on a besoin d’une eau fraîche du fait de l’intensité de l’effort. (…) Nager dans une eau à 24 degrés, cela correspond à essayer de travailler en slip à son bureau quand il fait 10 degrés. Tu ne vas pas travailler très longtemps… »
Après plusieurs tables rondes mêlant entrepreneurs, représentants de fédérations professionnelles et élus, le ministre délégué chargé de la ville et du logement, Olivier Klein, a présenté quelques mesures destinées aux bâtiments. Ces derniers cumulent 45 % de la consommation d’énergie finale du pays (construction comprise). Les Français sont incités à diminuer de 20 à 19 degrés la température de leur logement, ce qui permettrait d’économiser de 5 % à 10 % d’électricité.
« Ce ne doit pas être punitif », a affirmé M. Klein, soucieux, à l’instar de l’ensemble du gouvernement, de ne pas verser dans la contrainte et l’obligation. Le ministre du logement a tout de même annoncé un « bonus », sans en préciser le montant ni les contours, mais préparé par les énergéticiens à destination des « bons élèves ».
Parmi les autres dispositions du plan de sobriété en matière de bâtiments et logements, l’exécutif prévoit jusqu’à 9 000 euros d’aide en cas de changement d’une chaudière au gaz pour une pompe à chaleur, pour les logements individuels. Pour le collectif, le dispositif MaPrimeRénov’, associé à une nouvelle aide (nommée Coup de pouce chauffage), promet un reste à charge de 250 euros en moyenne par logement si la copropriété s’engage à raccorder l’immeuble à un réseau de chaleur.
Le montant du prix de gros de l’électricité en France a atteint, à la fin d’août, 1 000 euros le mégawattheure. Cela s’explique avant tout par la guerre en Ukraine, l’état du parc nucléaire national et la reprise économique et industrielle liée à la sortie de la crise économique due au Covid-19.
Pourquoi les tarifs de l’électricité sont-ils si volatils ? L’Union européenne peut-elle agir sur les prix ? Les Français paient-ils l’électricité au prix européen ? Les Décodeurs répondent à toutes ces questions.

Notre journaliste Nabil Wakim, spécialiste des questions climatiques et énergétiques, a répondu pendant près d’une heure à vos questions sur le plan de sobriété présenté aujourd’hui et les enjeux en matière énergétique et climatique en France, notamment à l’approche de l’hiver.
Merci à lui pour ses éclairages et merci à vous pour vos nombreuses questions ! Pas d’inquiétude : ce n’est pas encore fini pour nous. Nous poursuivons ce direct consacré à la présentation du plan de sobriété.
Dans cet épisode du podcast du Monde « Chaleur humaine », consacré au défi climatique, la sociologue Sophie Dubuisson-Quellier, membre du Haut Conseil pour le climat, aborde la question de la répartition, entre les individus et le collectif, des efforts à fournir face à l’urgence climatique.
Un entretien à retrouver ici (et ici en version écrite) :
Live animé par Marie Pouzadoux et Corentin Lesueur
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