Coopération France-Niger : Sylvain Itté et Moussa Tchangari face aux étudiants de l'Université de Niamey – ActuNiger

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L’Ambassadeur de la France au Niger, SEM. Sylvain Itté et l’acteur de la Société Civile nigérienne, M. Moussa Tchangari, Secrétaire Général de l’association Alternative Espace Citoyen, ont pris part mardi 15 novembre 2022 à l’Université Abdou Moumouni de Niamey, sur invitation du Comité Exécutif de l’UENUN, à une conférence-débat organisée par ce dernier sur la coopération Niger-France. À travers cette initiative, les représentants des étudiants de l’Université de Niamey, ont voulu donner à leurs camarades l’occasion de comprendre les contours et même l’historique de cette coopération entre les deux pays.
 

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L’amphithéâtre de 1000 places de la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université Abdou Moumouni de Niamey était plein à craquer pour cette occasion inédite offerte aux étudiants de l’Université par leurs responsables.
«La coopération Niger-France: Analyse et Perspectives», tel est le thème développé par l’Ambassadeur de la France au Niger, SEM. Sylvain Itté et « La Coopération Niger-France, quels déséquilibres ? », par l’acteur de la Société Civile nigérienne, M. Moussa Tchangari, Secrétaire Général de l’association Alternative Espace Citoyen.  
En prenant la parole le premier, l’ambassadeur SEM. Sylvain Itté a d’entrée de jeu, tenu à remercier les étudiants pour l’invitation à ce débat.
«J’ai bien conscience que je ne suis pas en terrain particulièrement profitable à mon endroit, j’ai bien conscience que la grande majorité des personnes qui sont aujourd’hui dans la salle, si elles ne me sont pas hostiles, ne me sont pas favorables, mais je pense, et je fais appel, d’abord et avant tout, à la conscience des étudiants que vous êtes et je pense qu’il est toujours préférable et souhaitable de débattre, d’échanger, de dialoguer, de se confronter, plutôt que de rester chacun de notre côté à dialoguer par réseaux sociaux interposés. J’ai donc accepté très volontiers de venir vous rencontrer.
Une coopération de soutien au développement
En abordant le thème proprement dit de son exposé, l’Ambassadeur a de prime à bord souligné qu’aujourd’hui, la présence de la France au Niger, est une présence de coopération, de soutien au développement du pays dans un certain nombre de programmes relatif à la santé, à l’éducation, au développement urbain, à l’hydraulique et à l’énergie et qui est basée sur 3 grands domaines de compétence. « L’un lié justement à l’hydraulique, qui est fondamentale. Aujourd’hui, l’action des opérateurs et des acteurs français dans le domaine de l’hydraulique, a permis l’accès à l’eau de plus d’un millions de personnes dans ce pays. Le deuxième secteur, c’est ‘’la grande muraille verte’’, qui plus généralement et plus précisément concerne l’agriculture dans tous ces domaines et l’agro-industrie et, enfin, le 3ème  secteur sur lequel nous nous sommes engagés concerne l’éducation dont le Président Bazoum a fait sa priorité absolue, sur le plan de son programme politique » a indiqué SEM. Sylvain Itté.
Selon le diplomate français, sur la base de ces 3 secteurs sur lesquels ils sont engagés, la France est aujourd’hui le premier bailleur bilatéral et premier partenaire bilatéral du Niger, avec directement ou indirectement, plus d’un milliard d’euros de financement sur différents projets.
En ce qui concerne l’action économique et «la prédation économique » longtemps reproché à la France en Afrique et au Niger, selon M. Itté, aujourd’hui, la France a aujourd’hui sur l’Afrique subsaharienne, moins de 0.2% de son chiffre d’affaire en matière économique.
« On reproche à la France d’avoir des entreprises qui feraient de la prédation des ressources et bien sûr au Niger, certains me parleront d’uranium et on pourra en reparler mais y’a des éléments extrêmement précis et chiffrés.. Aujourd’hui, il n’y a pas en Afrique subsaharienne, une seule entreprise française qui fait de l’extraction  minière à part ORANO au Niger. Au Mali dont on a beaucoup parlé ces derniers temps, et où on a reproché à la France de faire du pillage de  l’or et des ressources minières, vous allez sur le site du Ministère malien des Mines et vous regarderez la liste des entreprises qui aujourd’hui au Mali font de l’extraction minière, il y en a pas une seule qui est française » a-t-il poursuivi
S’agissant de la présence militaire française, qui continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive au sein de l’opinion publique, l’ambassadeur de la France au Niger a levé l’équivoque : « Au Niger, l’armée française est là, à la demande des autorités légitimes du Niger, elle est ici sur la base d’un vote du parlement nigérien dont je rappelle que même l’opposition sur ce vote s’est prononcée en s’abstenant… Il est tout à fait légitime de poser le débat, on peut la critiquer, on peut parfaitement être opposé à la présence d’armées étrangères sur son territoire mais une fois qu’on a posé ce principe politique et de souveraineté, la deuxième étape est de savoir si on est capable seul de pouvoir assurer sa sécurité et de pouvoir assurer la réalité de la défense et du soutien de ses frontières dans un pays qui est aussi gigantesque que le Niger ».
« Voilà un certain nombre d’éléments sur lesquels je voudrais simplement que l’on puisse revenir de manière posée et de manière objective. Il ne  s’agit pas de passer au compte des pertes et profits, les erreurs qui ont peut-être été commises par la France, il y en a beaucoup. La France-Afrique n’est pas un mirage de l’histoire… c’était un système qui aujourd’hui vous parait et nous parait totalement détestable, oui, personne ne le nie, mais ce système n’existe plus depuis de bien nombreuses années et s’il a existé, dans un système quel qu’il soit, pour être mis en œuvre, il faut être deux. Donc vouloir reprocher à la France le système de la France-Afrique, vous en avez non seulement le droit et la légitimité et ceci peut être compris, en revanche, si nous ne faisons pas collectivement, vous et nous l’effort de poser la problématique dans son ensemble, et de poser les responsabilités dans leur ensemble, de les analyser de la manière la plus objective possible, pour en retirer les éléments positifs pour l’avenir, je pense que nous rateront collectivement ce moment important de la jeunesse africaine qui veut construire son avenir sur de nouvelles bases. Mais construire son avenir sur de nouvelles bases, c’est vouloir regarder son présent et son passé de manière lucide, nous devons le faire et vous devez le faire, nous devons tous le faire », SEM. Syvain Itté, ambassadeur de  la France au Niger
En prenant la parole, M. Moussa Tchangari a également remercié l’UENUN pour cette opportunité. Pour le Secrétaire Général d’AEC, qui juge le lieu approprié pour les deux parties, ces échanges se doivent d’avoir un large écho.
«J’espère que vous êtes conscients de tout ce qui se dit, tout ce qui se passe dans la région sahélienne où la France est présente, y compris sur le plan militaire. C’est un sujet très sérieux et on espère que ce que nous sommes en train de débattre ici va aussi être relayé à Paris où les décisions se prennent et pourquoi pas ici aussi à la Présidence et dans toutes les enceintes où des décisions se prennent concernant notre coopération de manière générale avec tous les pays et en particulier avec la France » a adressé M. Tchangari qui, en suite, dans un exposé de près d’une heure d’horloge, a largement fait un tour d’horizon du thème à lui confié, « La Coopération Niger-France, quels déséquilibres ? », À travers un retour sur plusieurs éléments de l’histoire, pour beaucoup sombres, et des faits récents et d’actualité, qui constituent une véritable paume de discorde pour le commun des nigérien dans cette relation.
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Après les deux exposés, la parole a été donnée aux étudiants, qui n’ont pas déçu les attentes des conférenciers. Ils se sont en effets illustrés à travers plusieurs commentaires, analyses et interrogations, qui pour la plupart n’ont pas été tendre envers la France. La tension a monté d’un cran et était même palpable par séquence. Les étudiants ont défilé par dizaines devant la table des séances et ont exprimé leur préoccupation sur différents sujets en lien avec cette coopération.
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Abdoul Wahab Issaka (actuniger.com)


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