Conseil de sécurité: les femmes et la paix et la sécurité | UN Press – press.un.org

(Le résumé complet du communiqué sera disponible plus tard dans la journée.)
LES FEMMES ET LA PAIX ET LA SÉCURITÉ (S/2022/740)
Déclarations
« Nous ne pouvons séparer l’état périlleux de la paix dans notre monde des effets destructeurs du patriarcat et de la réduction au silence des voix des femmes », a déclaré à l’entame de son propos la Vice-Secrétaire générale de l’ONU.  Mme AMINA J. MOHAMMED, qui a expliqué ne pas porter de rose aujourd’hui, mais du noir en signe de dénonciation du destin tragique des femmes, a fait remarquer que les défis actuels, depuis la prolifération des conflits jusqu’à l’intensification des atteintes aux droits humains, sont connectés au piétinement des droits des femmes et à la misogynie, profondément ancrée partout dans le monde.  Il nous faut en finir avec cette misogynie sous ses différentes manifestations -dans la rue, au foyer, au travail et en ligne-, a-t-elle réclamé, ajoutant qu’il importe également de lever les obstacles posés par les structures et normes d’ordre social, politique et économique qui les maintiennent.  Nous devons nous ériger fermement contre les groupes armés qui se servent de la violence comme arme de guerre, de la misogynie comme propagande, et des tactiques de recrutement et de levée des fonds, a-t-elle déclaré sur un ton impératif.  Et de préciser que les femmes et les filles sont souvent les premières cibles de la violence et des abus dans des situations de conflit armé: elles doivent donc figurer en tête de notre riposte.
Maintes études ont démontré que lorsqu’on renforce la résilience et le leadership des femmes, tout le monde en tire profit, y compris les hommes et les garçons, a souligné Mme Mohammed.  Elle a expliqué que les femmes sont plus à même de recourir à des modes de gouvernance et de coexistence inclusifs, de bâtir la paix et de faire taire les armes, et plus à même d’investir dans le développement durable, pierre angulaire de communautés et de sociétés pacifiques et prospères.  La participation des femmes à tous les niveaux, depuis les communautés locales et jusqu’aux parlements nationaux, a-t-elle poursuivi, a joué un rôle central dans le changement d’approche de la paix et la sécurité au cours des 20 dernières années.  Mme Mohammed a noté néanmoins que les progrès sont lents.  Ainsi, entre 1995 et 2019, le pourcentage d’accords de paix incluant des dispositions liées à l’égalité des sexes est passé de 14 à 22%.  Par ailleurs, 4 accords de paix sur 5 ignorent encore cette égalité, tandis qu’au niveau de la prise de décisions, il existe encore une disjonction.  Au cours de la même période, a-t-elle indiqué, les femmes ont constitué en moyenne à peine 13% des négociateurs, 6% des médiateurs et 6% des signataires des principaux processus de paix.  De la même façon, 7 processus de paix sur 10 n’ont tout simplement pas intégré une femme médiatrice ou signataire.
Alors que la participation de femmes dans les processus de paix influent sur des décisions qui touchent leurs vies, ce rôle n’est toujours pas une réalité, ce qui constitue un véritable obstacle pour jeter les bases d’une paix inclusive, et durable, a regretté Mme Mohammed en appelant à mieux faire.  Partant, la Vice-Secrétaire générale a exhorté au démantèlement des normes patriarcales de pouvoir excluant les femmes et à ouvrir la voie pour davantage de médiatrices et négociatrices, en établissant des échanges formels et plus réguliers avec les médiatrices de sorte à, sans cesse, améliorer notre approche.  Pour ce faire, elle a requis des financement plus substantiels et plus prévisibles.
D’un autre côté, le Women’s Peace and Humanitarian Fund, qui a déjà appuyé plus de 600 organisations féminines locales dans des situations de crise, a ouvert une fenêtre spéciale pour épauler les militantes en danger, a-t-elle rapporté.  Parmi d’autres actions, elle a mentionné l’appui partout dans le monde en faveur d’une représentation et d’une participation active des femmes dans les efforts de paix, qui ont recueilli un certain succès.  Ainsi, au Soudan, la stratégie de la Mission des Nations Unies en faveur d’un processus sensible à l’égalité des sexes a inclus une cible de 40% de femmes dans les délégations aux pourparlers de paix.  Et cette année, la Mission a facilité la formation du Groupe des droits des femmes, lequel participe à la prochaine phase des pourparlers politiques.  Mme Mohammed a également mentionné des exemples en République centrafricaine et au Mali, avant de féliciter par ailleurs l’Union africaine (UA) qui redouble d’efforts sur le programme pour les femmes et la paix et la sécurité, en invitant les membres du Conseil à user de leur influence pour faire avancer ledit programme qui n’est pas uniquement une réponse aux torts et à la marginalisation historique des femmes, a-t-elle affirmé, mais l’occasion de faire les choses autrement.
Lorsqu’on ouvre la porte à l’inclusion et à la participation, on fait un pas de géant vers la prévention des conflits et de la consolidation de la paix, a-t-elle encore fait valoir, en réclamant une parité entière/totale, y compris à travers des quotas pour accélérer l’inclusion des femmes, dans le suivi électoral, la réforme du secteur de la sécurité, le désarmement, la démobilisation et les systèmes de justice.  En ces temps de dangers, conflits et crises, il nous faut appliquer des stratégies avérées pour la paix et la stabilité et la protection des droits des femmes ainsi que la promotion de leur inclusion.  La Vice-Secrétaire générale a appelé à mettre la participation des femmes au cœur de tout ce que l’on fait, partout.
Mme SIMA SAMI BAHOUS, Secrétaire générale adjointe, Directrice exécutive de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), a déclaré d’emblée que c’est un moment fondamental pour le programme « pour les femmes et la paix et la sécurité », faisant allusion au risque de réduire à néant les acquis dans le domaine des droits des femmes avec les menaces à la sécurité, les conflits violents, les répercussions de la pandémie mondiale et l’urgence climatique croissante, pour lesquels les femmes et les filles paient un lourd tribut.  La Vice-Secrétaire générale de l’ONU a, d’ores et déjà, démontré les corrélations évidentes entre les défis à relever, aggravés par les reculs contre les droits des femmes et des filles, a-t-elle rappelé, avant d’expliquer que le rapport du Secrétaire général (S/2022/740) décrit la manière dont l’agenda pour les femmes et la paix et la sécurité a été relégué, ainsi que les lacunes spécifiques dans sa mise en œuvre.  Cette tâche exige une attention collective urgente, a-t-elle affirmé, exhortant tous les acteurs de la paix et la sécurité à lire le rapport en entier.
La Directrice exécutive d’ONU-Femmes a présenté trois axes transversaux dégagés dans le rapport: protection et appui aux défenseuses des droits de l’homme en tant que force avec laquelle il faut compter en faveur de la paix; garantie d’un siège à la table pour les femmes lorsque l’on bâtit la paix; et l’assurance que ce que l’on dit sur les priorités dans le cadre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité, soient reflétées en termes de financement.  Nous sommes bien loin d’où nous aurions dû être au sujet des trois, a-t-elle constaté.
Concernant les défenseuses des droits de l’homme, elle a signalé que de l’Iran au Tigré, en passant par l’Ukraine, et ailleurs, celles-ci risquent leurs vies chaque jour au nom de la paix, des droits humains et pour leurs communautés et notre planète.  « Elle mériteraient d’être adulées par tout un chacun.  Au lieu de cela, elles sont de plus en plus attaquées », a commenté Mme Bahous, ajoutant que « les exemples sont tragiquement nombreux ».
À titre d’exemple, Mme Bahous a indiqué que Daniela Soto, une défenseuse autochtone des droits de l’homme en Colombie, qui plaide en faveur de ces droits depuis son adolescence, a été blessée par deux balles à l’abdomen tirées par des civils armés.  Elle a néanmoins survécu à cette attaque et est intervenue, cinq mois plus tard, devant le Conseil de sécurité pour attirer l’attention sur les meurtres des dirigeantes autochtones en Colombie.  Autre exemple: Siti Alnfor Ahmed Bakr, une infirmière militante soudanaise âgée de 24 ans, qui a été tuée, en novembre dernier, par les Forces de sécurité alors qu’elle participait à une manifestation pacifique à Bahry.
Mme Bahous a annoncé que nous entendrons bientôt Mme Zahra Nader, qui partagera les risques énormes et le prix que les défenseuses des droits humains paient en Afghanistan.  Elle a souligné que celles-ci continuent à manifester pour leurs droits face aux politiques et à la répression systématique des Taliban à l’encontre des femmes.  Pour cette raison, elles sont harcelées, détenues et torturées, a-t-elle déploré.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a récemment indiqué que 60% des 350 cas individuels d’intimidation ou de représailles pour avoir coopéré avec l’ONU au cours de l’année dernière concernaient des femmes, a précisé Mme Bahous, ajoutant que les sondages d’ONU-Femmes ont révélé qu’environ le tiers des représentantes de la société civile ayant fait un exposé devant le Conseil de sécurité avaient aussi subi des représailles.  « Savoir que le fait d’informer le Conseil engendre des représailles devrait être choquant et obliger à l’action », a-t-elle affirmé, en synthétisant les mesures prises par l’ONU: condamnations publiques de ces représailles, visites aux défenseuses des droits humains en danger, facilitation de l’établissement de réseaux des défenseuses et appui à l’élaboration de politiques et de lois améliorant la protection.  Elle a fourni, à cet égard, des exemples en Libye et en Colombie.
La Directrice exécutive d’ONU-Femmes a ensuite renvoyé au rapport du Secrétaire général et aux recommandations pour le renforcement des rapports et de la coordination au sein de l’ONU et de nouveaux partenariats avec les États Membres, les organisations régionales et celles de la société civile.  Elle s’est ensuite érigée contre la marginalisation des femmes qui ne peut que déboucher à l’effet inverse.  Nier aux femmes l’espace, l’accès ou le financement pour des raisons de sûreté ne fait qu’aguerrir les auteurs d’exactions à l’endroit des femmes, a-t-elle insisté, invitant à mettre les défenseuses des droits humains en première ligne et au cœur du travail à venir.
Elle s’est demandée pourquoi la représentation des femmes dans les processus de paix s’élève à 19% seulement, soit un pourcentage inférieur à celui de 2020, et pourquoi la représentation est encore inférieure dans les processus sous la houlette de l’ONU, ou encore pourquoi la proportion de femmes dans les équipes spéciales pour la COVID-19 dans les zones de conflit n’est que de 16% alors que celles-ci jouent un rôle prépondérant dans la réponse au nouveau coronavirus.  Mme Bahous a été d’avis que les quotas et les mesures temporaires spéciales restent le meilleur outil pour redresser ces déséquilibres et promouvoir l’égalité dans la prise de décisions.  À ce propos, elle a relevé que le Conseil de sécurité a utilisé un langage plus fort pour exiger une participation sur un pied d’égalité dans les processus de paix, comme à Chypre et au Yémen.
Mme Bahous s’est félicitée du fait qu’ONU-Femmes a rejoint le Comité directeur inter-institutions, en remerciant les membres du Conseil pour leur appui, car cela illustre la reconnaissance par les autres institutions du système des Nations Unies non seulement du rôle et de la contribution d’ONU-Femmes dans l’espace humanitaire mais également du caractère central de l’égalité des sexes pour une action humanitaire efficace.   En conclusion, Mme Bahous a invité à prendre une décision intelligente pour ce qui a trait au financement et à la priorisation des ressources pour l’agenda pour les femmes et la paix et la sécurité.  Les engagements déclarés sont bien loin de là où va l’argent à l’heure actuelle, a-t-elle signalé: « Cela doit changer ».
Mme BINETA DIOP, Envoyée spéciale de l’Union africaine pour les femmes et la paix et la sécurité, a déclaré que 22 ans après l’adoption de la résolution 1325 (2000) les femmes continuent d’être menacées, violentées, discriminées et sous-représentées.  Cela montre l’urgence de mobiliser les ressources et mécanismes pour répondre à leurs besoins et demandes, notamment investir davantage afin de renforcer leur résilience.  Pour l’Union africaine (UA), le programme pour les femmes et la paix et la sécurité est une priorité et elle dispose de plusieurs mécanismes de mise en œuvre, dont le réseau des dirigeantes africaines, très actif sur le continent.  Ce dernier a notamment été actif lors des négociations entre le Mali et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en vue de parvenir à la levée de l’embargo imposé par l’organisation régionale sur le pays.  Le continent africain dispose aussi de l’organisation FemWise-Africa, qui forme les femmes et participe aux processus électoraux.  C’est un modèle que l’Union africaine essaie de faire adopter par d’autres continent, a-t-elle dit.
Poursuivant, l’Envoyée spéciale a déclaré que pour accroître la résilience des femmes, il faut veiller à ce que les organisations des femmes aient accès à des financements.  Il faut également des mesures délibérées pour accroître la présence de femmes dans les processus de paix, notamment pour qu’elles occupent des postes et rôles de négociatrice.  Il faut par ailleurs protéger les ex-combattantes démobilisées afin de les préserver des discriminations et les insérer dans les sociétés, a plaidé Mme Diop.
Mme ZAHRA NADER, rédactrice en chef du Zan Times, une organisation multimédia dirigée par des femmes qui couvre la situation des droits humains en Afghanistan, a rappelé qu’il y a quelques semaines, l’attentat suicide contre le centre éducatif de Kaaj a tué 51 filles et femmes de la communauté hazara.  Elle a estimé que 20 millions de femmes et de filles sont privées de leurs droits fondamentaux sous les Taliban: elles doivent rester à la maison, ne peuvent aller à l’école au-delà de la classe de sixième, ne peuvent voyager seules, tandis que les mariages forcés et précoces ont augmenté.  Elle a affirmé que des femmes ont été battues, enlevées, torturées, emprisonnées et tuées pour leur rôle dans des manifestations pacifiques anti-Taliban, citant le cas de Frozan Safi, une militante de 29 ans, dont le corps en décomposition a été retrouvé quelques jours après une manifestation.  Si les femmes sont persécutées par les Taliban, c’est parce qu’elles sont l’opposition la plus constante et la plus pacifique à leurs politiques, a-t-elle déclaré.  Elle a exigé pour les femmes afghanes l’indépendance, le droit de travailler, de participer équitablement à la société et de prendre le contrôle de leurs propres vies.
Passant à la question des groupes ethniques et religieux et des personnes LGBTQI, Mme Nader a mis en garde contre le risque de génocide des Hazara.  De plus, les dirigeants pachtounes sunnites des Taliban mettent en péril les droits des musulmans chiites d’Afghanistan, mais aussi des soufis, des ahmadis, des hindous et des sikhs, a-t-elle alerté.  Elle a aussi attiré l’attention sur les personnes LGBTQI en Afghanistan qui sont attaquées, tuées, agressées sexuellement par les Taliban en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.  « La communauté internationale doit agir maintenant », a-t-elle plaidé.  Elle a rappelé que depuis la prise du pouvoir des Taliban, le Conseil de sécurité s’est réuni 11 fois au sujet de l’Afghanistan, a publié deux déclarations publiques et adopté trois résolutions réaffirmant l’importance des droits des femmes, sans résultat sur les Taliban.  Au contraire, dès le renouvellement du mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), ils ont mis en œuvre leurs politiques les plus restrictives, a déploré la militante en déduisant que le Conseil de sécurité ne semble pas disposé à utiliser les outils dont il dispose pour faire comprendre aux Taliban que la violation des droits des femmes est inacceptable.  « Lorsqu’il s’agit des femmes, de la paix et de la sécurité, il y a un écart important ici à l’ONU entre les paroles et les actes.  Et les Taliban n’ont aucun respect pour les mots. »
Mme Nader a demandé au Conseil d’appeler les Taliban à respecter les droits humains de tous les Afghans, y compris les femmes, les filles, les personnes LGBTQI et les autres personnes marginalisées en raison de leur religion ou de leur appartenance ethnique et de mettre fin à toutes les restrictions des droits des femmes.  Elle a demandé au Conseil d’exiger des Taliban qu’ils remplissent les obligations et les normes en matière de droits humains.  Elle a demandé expressément à ne pas accorder de reconnaissance officielle aux Taliban et a proposé de ne pas renouveler les exemptions aux interdictions de voyager existantes pour leurs dirigeants et d’ajouter à la liste des sanctions de l’ONU les dirigeants coupables de violations des droits.  En outre, la rédactrice en chef du Zan Times a demandé au Secrétaire général et à son représentant spécial en Afghanistan de faire pression sur les Taliban pour qu’ils respectent les droits de toutes les femmes, des filles et des autres groupes marginalisés.  « Si vous n’agissez pas en Afghanistan, les femmes d’Éthiopie, du Myanmar, du Soudan et du Yémen sauront qu’entre les mains du Conseil de sécurité de l’ONU, les femmes et la paix et la sécurité ne sont rien de plus que des promesses en l’air », a-t-elle conclu.
M. MICHEL XAVIER BIANG (Gabon) a souhaité que les femmes ne payent plus le lourd tribut dans les contextes de conflits armés, plaidant pour qu’elles participent à toutes les étapes du processus de prévention et de résolution des conflits.  Il a saisi l’occasion de ce débat pour réaffirmer la ferme volonté du Gabon de faire taire les armes, en particulier en Afrique, et ainsi éviter qu’elles attisent les conflits armés et favorisent la recrudescence des violences sexuelles et sexistes.  La mise en œuvre du Traité sur le commerce des armes en vue de prévenir les conflits est impérative, a asséné le représentant.  La boussole sociopolitique du Gabon demeure de réduire les inégalités femmes-hommes et de promouvoir la participation des femmes dans tous les processus de décision, avec comme outil le Programme de mentoring politique pour les jeunes femmes dont l’objectif est de les inciter à s’engager en politique.  En outre, le Gabon reste engagé en faveur de la reddition de comptes pour les auteurs de violences sexuelles en période de conflit, a dit le représentant, qui a invité le Conseil à plaider unanimement en faveur de l’accès des victimes à la justice internationale.  Enfin, il a appelé à l’intensification des efforts consentis à l’échelle nationale, régionale et internationale en faveur d’une mise en œuvre globale, inclusive et efficiente de la résolution 1325 (2000) et de ses résolutions connexes, ainsi qu’à un renforcement de la « dimension genre » dans toutes les étapes des processus de paix et dans les efforts de prévention, de maintien et de consolidation de la paix.
Mme LINDA THOMAS-GREENFIELD (États-Unis) a déclaré que les États-Unis ont pris la décision importante de codifier leur engagement en faveur de la participation et de la sécurité des femmes dans les processus de paix et de sécurité.  Ils appellent les autres pays à faire de même, à un moment où partout dans le monde, les femmes et les filles sont menacées par les conflits et les régimes répressifs, a dit la représentante.  Prenant exemple des situations en Éthiopie, Ukraine, Afghanistan, Haïti, Myanmar et République islamique d’Iran, elle a affirmé que les femmes de ce pays se tournent vers le Conseil de sécurité pour les soutenir dans leur bravoure.  Nous devons veiller, a poursuivi Mme Thomas- Greenfield, à ce que le langage sur le programme les femmes et la paix et la sécurité soit délibérément et stratégiquement intégré dans les résolutions par pays du Conseil de sécurité.  Nous devons promouvoir le leadership des femmes et profiter de ce moment critique pour nous unir en tant que communauté mondiale, non seulement pour porter du rose aujourd’hui en signe de notre soutien, mais aussi pour faire entendre notre voix, a-t-elle dit.
Mme MEGI FINO, Ministre adjointe de l’Europe et des affaires étrangères de l’Albanie, s’est inquiétée du recul des droits des femmes en raison de conflits ou de prises de pouvoir violentes dans de nombreux pays, évoquant notamment la situation en Afghanistan, en Éthiopie et au Myanmar, ainsi qu’en Ukraine et en République islamique d’Iran.  Elle a appelé à prendre des mesures concrètes pour octroyer des conditions propices à la protection des femmes consolidatrices de la paix, à l’abri de toute représailles.  Il convient de passer des paroles aux actes et de garantir leur place à la table des négociations, a-t-elle exigé.  Pour ce faire, la représentante a appelé à donner des ressources adéquates au Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) et à protéger les personnes qui sont en danger après avoir témoigné au Conseil de sécurité ou aux Nations Unies.  Il convient aussi de développer les partenariats avec la société civile pour aider les activistes, a ajouté la déléguée qui par ailleurs fait savoir que 70% du Gouvernement albanais est composé de femmes.
Mme LANA ZAKI NUSSEIBEH (Émirats arabes unis) s’est demandée si, à force de discrimination, on pouvait contraindre les femmes et les filles à « se retirer » dans l’espace virtuel.  Elle a dénoncé les groupes armés qui exacerbent les conflits dans le monde, abusent et détiennent les femmes, pour saluer ensuite les idéaux du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.  Elle a souligné que les réseaux et organisations de femmes sont la clef lorsque les violences font rage au sein des sociétés et dans les situations de crise et de conflit.  Cependant, ces réseaux font face à des obstacles de taille à l’heure des financements, a relevé la représentante qui a recommandé une « approche systématique » d’allocations de fonds aux organisations de femmes, invitant en outre la Cinquième Commission à se saisir de cette question.  Elle a indiqué que son pays avait lancé une initiative d’appui aux cadettes des opérations de la paix, ainsi que des mesures de renforcement des capacités dans plusieurs régions, au Moyen-Orient notamment, afin de changer la donne face aux menaces des groupes armés.  La communauté internationale et le Conseil de sécurité doivent faire preuve de plus de volonté, a-t-elle ajouté, invitant à cesser de parler de l’autonomisation des femmes et d’agir plus concrètement.
M. JAMES KARIUKI (Royaume-Uni) a indiqué que le 28 et 29 novembre, le Royaume-Uni accueillera une conférence internationale sur les violences sexuelles faites aux femmes.  À cette occasion, une déclaration politique sera soumise aux États afin qu’ils réaffirment leurs engagements à lutter contre cette violence et s’engagent à prendre des mesures nationales pour y remédier.  Il a appuyé la pleine participation des femmes dans les processus de paix, déplorant que malgré les discours, le nombre de femmes participant à ces processus n’a pas augmenté.  Il a également soutenu la participation des femmes aux travaux du Conseil de sécurité, dénonçant le fait que depuis 2018, un tiers des femmes ayant pris la parole au Conseil de sécurité ont été victimes de représailles.  Cela n’est pas acceptable, a-t-il dit.
M. FERGAL MYTHEN (Irlande) a déclaré que pour commencer à inverser la tendance décriée, chaque État Membre doit mettre en œuvre ce qu’il a convenu de faire dans le cadre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité.  Cela implique l’autonomisation et le renforcement du leadership des femmes.  Et pour y parvenir, il faut commencer par protéger ceux qui défendent les droits des femmes dans un contexte où des acteurs étatiques ou non s’attaquent à eux.  Le représentant a également appelé à faire pression pour que les femmes soient présentes à toutes les tables de prise de décision, y compris au sein du Conseil de sécurité.  Il faut en outre prévenir la violence à l’égard des femmes et des filles, a-t-il ajouté, relevant que les violences sexuelles liées aux conflits ont augmenté de 40%.  Enfin, il faut joindre l’argent à la parole, dans le contexte où, les dépenses militaires mondiales représentent plus de quatre fois le montant dépensé pour l’aide bilatérale.
M. GENG SHUANG (Chine) a estimé que si l’on veut renforcer la résilience des femmes, il importe d’établir un cap et des mesures de justice.  Prenant exemple sur le conflit palestinien, il a estimé que si l’on veut rendre justice aux femmes palestiniennes, en particulier celles vivant à Gaza, il faut avant tout régler la question palestinienne.  Le représentant a aussi dit espérer que les femmes afghanes pourront s’insérer dans la société et jouir de leurs droits, à travers la participation politique.  Enfin, le Conseil de sécurité devrait se concentrer sur l’Afrique et concourir à régler les conflits qui y sont actifs.  Il devrait aussi se pencher sur Haïti et garantir la sécurité aux femmes haïtiennes.
Mme ALICIA GUADALUPE BUENROSTRO MASSIEU (Mexique) a réitéré son soutien à toutes les femmes défenseuses de l’égalité entre les sexes dans le monde.  En Afghanistan, des violences atroces sont commises contre des femmes et filles depuis le retour des Taliban; au Myanmar, en République démocratique du Congo, en Éthiopie et dans bien d’autres pays, le manque d’accès des femmes victimes à la justice continue d’être la norme, a-t-elle déploré.  Cependant, leur résilience est une source d’inspiration, a indiqué la représentante qui a assuré qu’elle continuera à soutenir la participation des femmes aux processus de paix.  La formation d’un gouvernement paritaire en Colombie est encourageant à cet égard, a-t-elle déclaré.  Dans un monde où la misogynie et les dépenses militaires ont provoqué un retour en arrière, les droits des femmes ne sont pas négociables, a-t-elle insisté.  La représentante a par ailleurs affirmé que les femmes doivent avoir le droit d’accéder à des systèmes de santé afin de pouvoir disposer de leur corps et avorter si besoin.  De plus, garantir l’impunité aux groupes armés qui se rendent coupables de violence à l’encontre des femmes doit être non négociable.
Mme MELINA ESPESCHIT MAIA (Brésil) a indiqué que le concept de résilience est un concept scientifique qui décrit la capacité d’un matériau à reprendre sa forme initiale après déformation.  Aujourd’hui, c’est un concept qui décrit la capacité des femmes à résister à l’adversité.  À cet égard, il faut reconnaître que la résilience dont font preuve les groupes de femmes est présente partout, à l’image des réseaux de femmes qui utilisent les technologies modernes pour se mobiliser.  S’agissant des viols et autres formes de violence sexuelles dans les conflits, elle a appelé le Conseil de sécurité à transmettre un message sans équivoque condamnant les violences sexuelles, insistant sur l’importance de la communication stratégique.  Elle a également appelé à protéger les femmes qui veulent avoir accès à l’éducation, notant que leur protection permettra de promouvoir le développement économique durable.
Mme MONA JUUL (Norvège) a constaté que le quotidien des femmes, des filles et des défenseurs des droits humains s’est rapidement détérioré dans de nombreux pays.  Elle a plaidé pour l’inclusion formelle des femmes dans les processus de paix, notant que dans les contextes informels de négociation, au Yémen notamment, les femmes ont tout leur rôle à jouer.  Elle a aussi rappelé que des femmes afghanes demandent à la communauté internationale de leur permettre de créer une plateforme leur permettant de dialoguer avec les Taliban.  Elle a évoqué l’appui accordé par la Norvège aux organisations de femmes de Colombie dans la mise en œuvre des dispositions relatives au genre de l’accord de paix.  Elle a déploré la situation en Somalie, où les femmes et les filles restent largement sous-représentées dans les organes de décision formels et informels.  Elle a également indiqué que son gouvernement soutient le Conseil consultatif des femmes syriennes, ainsi que le travail des femmes au sein du comité de suivi de l’Accord de paix au Mali.  La représentante a soutenu la mise en œuvre de plans d’action nationaux sur la paix et la sécurité des femmes, insistant sur l’importance de l’engagement des États.
Mme NATHALIE BROADHURST ESTIVAL (France) a déclaré que son pays est mobilisé pour la pleine mise en œuvre de l’ensemble des résolutions du programme pour les femmes et la paix et la sécurité dans toutes leurs composantes.  Elle a appelé à mettre en place des mandats et des ressources robustes en matière de protection et de participation des femmes dans les missions et les opérations des Nations Unies.  Elle a également estimé que le Conseil de sécurité doit mettre plus systématiquement sous sanctions les auteurs de violences sexuelles commises en temps de conflit.  La représentante a ensuite engagé le Secrétaire général à intégrer le programme pour les femmes et la paix et la sécurité de façon transversale dans l’ensemble du système des Nations Unies.  Elle a aussi appelé tous les États à rejoindre le Pacte sur les femmes et la paix et la sécurité et l’action humanitaire, lancé en juin 2021 sous l’égide d’ONU-Femmes, lors le Forum Génération Égalité au cours duquel plus de 40 milliards de dollars de financements inédits ont été mobilisés.
Mme EVA NTHOKI (Kenya) a appuyé les initiatives menées par les points focaux de l’Union africaine sur le programme pour les femmes et la paix et la sécurité en Afrique.  Le plan d’action national à ce sujet a été appuyé par les électeurs kényans, a-t-elle fait savoir, en soulignant les progrès accomplis au Kenya dans le domaine politique, avec 30 femmes élues au Parlement et 7 occupant des postes de gouverneurs.  Il reste beaucoup à faire dans le secteur privé et au sein des entreprises, a-t-elle cependant relevé, tout en faisant remarquer que les femmes représentent 48% des dirigeants dans les micro-entreprises.  Le Kenya s’est également engagé à reconnaître les retombées « disproportionnées » des conflits sur les femmes et les filles et veillera à l’intensification de ses efforts dans toutes les étapes, notamment la transition postconflit, par exemple.  Étant donné que les femmes œuvrent « silencieusement » à la reconstruction des communautés détruites et luttent contre les violences sexuelles et sexistes dans le monde, elle a recommandé de faire entendre leur voix et de renforcer la résilience.  Il faut également garantir la gestion des conflits en employant des femmes et pour comprendre les causes et les accélérateurs des conflits.  S’agissant des groupes armés et des terroristes, « nous faisons trop peu pour les contrer », a-t-elle constaté, appelant à inclure les femmes pour jouer le rôle de médiatrice et d’alerte précoce contre les risques de radicalisation.  Un appui spécial aux violences sexistes et sexuelles est impératif, a-t-elle insisté, appelant à des financements garantis.
M. GENNADY V. KUZMIN (Fédération de Russie) a rappelé que le Conseil de sécurité a pour tâche principale de protéger les femmes contre les violences, notant que beaucoup reste à faire dans ce domaine.  Le délégué a appelé à pleinement prendre en considération les situations spécifiques.  Il a tenu à rappeler que la responsabilité première de cette protection incombe aux gouvernements nationaux.  Il a signalé que d’autres organes onusiens, comme l’Assemblée générale, le Conseil des droits de l’homme et la Commission de consolidation de la paix traitent de cette problématique, prévenant qu’il ne faut pas amener au Conseil des concepts contradictoires ne relevant pas de son mandat.  L’adoption de plans d’action pour la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) ne doit pas uniquement consister à « cocher des cases », a-t-il insisté, mettant l’accent sur l’importance d’investir dans l’éducation, la science et d’autres domaines.  Il a estimé « inabouti » le travail du Groupe d’experts sur la mise en œuvre du programme pour les femmes et la paix et la sécurité, situation qu’il a en particulier attribuée à une politisation de ses travaux et à un manque de transparence.  D’autre part, le travail du Secrétariat dans le domaine de l’égalité des sexes devrait prendre plus en compte le rejet des sanctions unilatérales qui empêchent les femmes d’élever leurs enfants dans des conditions et les privent de services vitaux parfois, a-t-il commenté.
Mme CAROLYN ABENA ANIMA OPPONG-NTIRI (Ghana) a déclaré qu’en dépit du recul par rapport aux acquis des dernières décennies, la résolution 1325 n’en reste pas moins un outil solide dans l’approche visant à comprendre et à reconnaître le rôle unique des femmes dans tous les domaines.  Le Ghana a adopté son deuxième rapport national, imprégné d’une dimension plus locale, notamment par l’emploi de langues vernaculaires.  L’Institut pour la paix et la sécurité du Centre international Kofi Annan continue de former des femmes au maintien de la paix, au rôle de médiatrice et en faveur de l’avènement de sociétés plus démocratiques et résilientes.  D’autre part, la politique de l’égalité des sexes a créé un organisme pour divulguer les informations sur la place des femmes dans tous les secteurs.  Le Ghana est convaincu que les femmes apportent un « point de vue unique » qu’il ne faut pas négliger, a-t-il affirmé, annonçant qu’il présidera le groupe africain sur les femmes et la paix et la sécurité à New York.  La déléguée s’est enorgueillie que son pays soit celui qui pourvoie le nombre le plus élevé de Casques bleus femmes.  Elle a appelé les Nations Unies, les États et les décideurs à renforcer leurs efforts devant les exactions commises par les groupes armés à l’encontre des femmes et des filles, en particulier dans les situations de conflit.
Une paix durable ne sera possible qu’avec la participation des femmes, a affirmé M. RAVINDRA RAGUTTAHALLI (Inde) insistant pour que le cadre pour les femmes, paix et la sécurité soit maintenu.  L’Inde a toujours appelé au renforcement du cadre démocratique et de l’état de droit, ce qu’elle a démontré dans son modèle de développement.  En tant que principale démocratie du monde, l’Inde a donné plus de pouvoir politique aux femmes, en mettant la technologie numérique à leur portée, avec l’ouverture de comptes bancaires à plus de 445 millions de femmes, près de 70% des propriétaires d’entreprises sont désormais des femmes, et un nombre de filles qui dépasse celui des garçons dans l’enseignement supérieur.  Au plan international, l’appui de l’Inde a permis à plus de 15 000 femmes d’origine rurale de bénéficier d’une formation pour l’utilisation de l’énergie solaire.  Le représentant a dit que son pays partage l’appel du Secrétaire général en faveur de l’action pour le maintien de la paix, la stratégie du personnel en tenue des Nations Unies et la participation accrue des femmes aux opérations de maintien de la paix.  L’extrémisme violent et le terrorisme supposent une approche de tolérance zéro et l’inclusion sur la liste des sanctions des individus et entités violant les droits des femmes, a-t-il ajouté, avant de relever les tentatives en Afghanistan de « gommer » les femmes des espaces publics.
Mme SYLVIE VALERIE BAÏPO-TEMON, Ministre des affaires étrangères de la République centrafricaine, de la Francophonie et des Centrafricains de l’étranger, a jugé important pour les pays en conflit d’œuvrer à renforcer le leadership des femmes afin qu’elles participent au processus de paix.  Il est regrettable et inacceptable qu’en 2022 les femmes demeurent autant exposées à la barbarie, a-t-elle déclaré, en ajoutant que faire taire les armes, notamment en Afrique, mais aussi partout dans le monde, doit être la priorité de tous.
La Ministre a de plus appelé à travailler davantage à la paix pour protéger celles qui donnent la vie.  Elle a critiqué « la volonté de domination », de « soumission de l’autre ».  Dans son pays, qui a connu un nombre impressionnant de crises, les conflits ont été d’une violence inouïe, particulièrement vis-à-vis des femmes et des enfants, a témoigné la Ministre, en évoquant, dans les années 2000, les exactions des « milices de Jean-Pierre Bemba venues de la République démocratique du Congo » et, en 2013, les « milices Seleka ».  La Ministre a décrit en détail des violences sexuelles et sexistes systématiques, leurs auteurs pratiquant le porte-à-porte pour tuer les hommes et violer les femmes sous les yeux de leurs enfants, avec les fils obligés d’avoir des rapports avec leur propre mère ou leur grand-mère.
La Ministre a poursuivi en saluant la « remarquable résilience des femmes centrafricaines », qui restent debout sans chercher la vengeance mais une issue pour se reconstruire.  Face à l’explosion des orphelins, les femmes centrafricaines se sont organisées sur le tas, parant à l’urgence.  Avec le temps, elles se sont organisées pour offrir des soins appropriés avec l’aide d’ONG plus organisées, a expliqué la Ministre, en saluant la société civile centrafricaine qui compte des femmes juristes, notaires et dirigeantes.  « Leur leadership et leur capacité à résister à la pression est remarquable. »  Sur le plan du leadership, la tendance à faire appel aux femmes à des postes à responsabilité remonte à loin dans l’histoire de la Centrafrique, jusqu’à l’ère de Jean-Bédel Bokassa, s’est félicitée la Ministre, en assurant que cela se poursuit aujourd’hui.
Mme GISELE NDAYA LUSEBA, Ministre du genre, de la famille et des enfants de la République démocratique du Congo, a assuré que son pays ne ménage aucun effort pour garantir la résilience et le leadership des femmes, mais a regretté que les investissements pour l’amélioration de la condition de la femme aient produit peu d’effets en raison de la recrudescence des groupes armés dans l’est du pays.  Toutefois, la République démocratique du Congo (RDC) dispose depuis 2020 d’un plan d’action de deuxième génération pour la mise en œuvre de la résolution 1325, par lequel elle pense pouvoir veiller à la sécurité des femmes et lutter contre les violences, notamment sexuelles, contre les femmes et les filles.  Les compétences des femmes congolaises sont renforcées sur les techniques de médiation et le réseau des femmes pour la paix est en gestation, a fait savoir Mme Ndaya Luseba.
La RDC a un cadre normatif de plus en plus favorable à la promotion de la femme et 27% des postes importants au Gouvernement sont occupés par des femmes, s’est enorgueillie la Ministre.  Elle a notamment indiqué qu’un fonds de réparation pour les survivantes de violences sexuelles liées au conflit armé a été mis en place.  Par ailleurs, la RDC assure la présidence du mécanisme régional de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, dans lequel la promotion de la participation des femmes aux processus politiques et de consolidation de la paix est une priorité.  En conclusion, la Ministre a reconnu que plusieurs défis restent à relever pour la mise en œuvre de la résolution 1325 dans son pays et a appelé au soutien de tous au plan d’action afin d’atteindre les résultats escomptés.
Mme JOHANNA SUMUVUORI, Secrétaire d’État au Ministère des affaires étrangères de la Finlande, a déclaré que les menaces, les violences et les discours haineux déployés face aux militants des droits de la personne sont inacceptables et peuvent entraver les efforts déployés pour mettre fin aux conflits.  La communauté internationale porte ici une lourde responsabilité, celle de les aider à faire face à de telles menaces et à de telles violences, a-t-elle rappelé.  Concernant les femmes, « le lien entre protection et participation est inextricable », a pointé la représentante.  Elle a appelé les États Membres à appliquer une politique de « tolérance zéro » face aux représailles, ainsi qu’une politique de reddition de comptes rigoureuse.  De même, l’augmentation des violences sexuelles et sexistes est une stratégie visant à ruiner la crédibilité des femmes et à les réduire au silence, a-t-elle fait remarquer avant de réclamer un appui constant aux organisations des droits des femmes.  La représentante finlandaise a conclu en rappelant que la lutte contre la fragilité des États Membres est aussi un instrument pour l’égalité des sexes.  Cela passe par un financement adéquat de l’aide publique au développement (APD), a-t-elle dit en lançant un appel clair aux délégations afin qu’elles respectent leurs engagements sur ce point.
Mme JACQUELINE O´NEILL (Canada), intervenant au nom du Groupe des Amis des femmes et de la paix et de la sécurité, a rappelé les sept engagements pris par les 64 États membres de ce groupe, dont celui de défendre et soutenir la participation et le leadership des femmes, à toutes les étapes et à tous les niveaux des processus politiques et de paix.  Nous assistons à une inversion des gains générationnels, s’est ensuite alarmé la représentante qui a exhorté la communauté internationale à agir pour combler le fossé entre les engagements énoncés dans les 10 résolutions du Conseil sur les femmes et la paix et la sécurité, et leur réalisation.
Intervenant ensuite en sa capacité nationale, la déléguée a indiqué que le Canada est en train de préparer son prochain Plan d’action nationale avec l’appui de Women, Peace and Security Network–Canada, un partenaire de la société civile.  En outre, le Ministère de la défense nationale a entrepris une évaluation indépendante des obstacles à la participation significative des femmes des Forces armées canadiennes aux opérations de paix en utilisant la méthodologie développée par l’Initiative Elsie pour la participation des femmes aux opérations de paix.
À suivre…

La version française du Point de presse quotidien ne paraîtra pas aujourd’hui. Voir la version publiée en anglais.

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